24: Miradoux à Lectoure

Une journée en Lomagne

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DALLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-auvillar-a-lectoure-par-le-gr65-30586915/

Tous les pèlerins ne sont pas forcément à l’aise avec la lecture des GPS ou la navigation sur un portable, d’autant plus qu’il existe encore de nombreuses zones sans connexion Internet. C’est pourquoi, pour faciliter votre voyage, un livre dédié à la Via Podiensis du Puy-en-Velay à Cahors est disponible sur Amazon. Bien plus qu’un simple guide pratique, cet ouvrage vous accompagne pas à pas, kilomètre après kilomètre, en vous offrant toutes les clés pour une planification sereine et sans mauvaises surprises. Mais au-delà des conseils utiles, il vous plonge dans l’atmosphère enchanteresse du Chemin, capturant la beauté des paysages, la majesté des arbres et l’essence même de cette aventure spirituelle. Seules les images manquent : tout le reste est là pour vous transporter.

En complément, nous avons également publié un second livre qui, avec un peu moins de détails mais toutes les informations essentielles, décrit le parcours global du Puy-en-Velay à St Jean-Pied-de-Port. À vous de choisir votre parcours.  

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, nous traversons une bonne partie de la Lomagne gersoise, le territoire le plus au Nord du Gers. La Lomagne gersoise se caractérise par de larges vallées qui ont creusé un vaste socle calcaire, avec aussi d’amples coteaux surmontés de crêtes et petits plateaux. Le paysage ressemble souvent à de grandes étendues dénudées, avec ci et là quelques affleurements calcaires blancs et quelques bosquets épars, où le chêne domine encore, que l’on appelle ici “canteros”. Les terres de Lomagne sont très fertiles, le calcaire ayant enrichi les argiles, donnant de formidables terres à blé.

Les anciennes constructions sont faites souvent de moellons, la plupart du temps dissimulées sous la chaux qui ne laissent paraître que les belles pierres de taille des encadrements de portes et de fenêtres. Les bastides, comme Lectoure, Flammarens, Miradoux ou Auvillar, semblent figées dans le temps. D’allure fortement médiévale, elles sont perchées sur des promontoires stratégiques. Tours, remparts, fossés, chemins de ronde, tout y est. Mais ces bourgs et ses villages ont nettement souffert de l’exode rural et sont aujourd’hui grandement désertés. Souvent, le tissu urbain s’est dégradé, de nombreuses maisons restent vacantes ou en ruine. Groupé autour de Lectoure, capitale historique et culturelle de la Lomagne, le Lectourois est à lui seul un concentré des paysages lomagnols.

Difficulté du parcours : Les dénivelés du jour (+229 mètres/-262 mètres) sont encore très faibles, d’autant que nous avons choisi de couper la longue étape que font certains pèlerins ente Auvillar et Lectoure. Car, à Lectoure, on prétend que les pèlerins arrivent ici sur les genoux, étant donné la longueur de l’étape et la dernière montée vers le bourg.  L’étape du jour ne propose aucune grande difficulté de parcours. On ne dépassera guère les 200 mètres d’altitude, et seules quelques petites montées ou descentes marquent le parcours. Aucun pèlerin ne prétendra que c’est la plus belle étape du Chemin de Compostelle.

État du GR65 : Les parcours du jours sont nettement à l’avantage des chemins, bien que ce soit parfois des chemins dessinés le long des routes :

  • Goudron : 3.8 km
  • Chemins : 11.7 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Section 1 : Dans la campagne de Lomagne

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté.

Le GR65 prend congé de Miradoux depuis la place des petits commerces, à deux pas de l’église où veille l’inévitable Vierge, drapée de bleu et de blanc, fidèle à son poste depuis des lustres.
La traversée du village s’achève par une descente le long de la route départementale, qui entraîne peu à peu le pèlerin vers les dernières maisons.
À la sortie de Miradoux, le ruban d’asphalte reste encore quelque temps à portée de main. On le longe désormais sur une bande herbeuse, sous l’ombre encore timide des jeunes érables plantés en grand nombre dans cette région.
Mais attention ! Les habitudes ont changé par ici. Autrefois fidèle à la départementale, le GR65 lui tourne aujourd’hui le dos pour emprunter une petite route en direction du hameau de Caouze. Une modification du tracé dont il serait dommage de ne pas tenir compte.
Ce détour offre au moins le plaisir de retrouver, dans toute son ampleur, cette campagne gersoise qui semble ne jamais vouloir finir. Les collines ondulent doucement, les champs s’étirent à perte de vue et, sur l’une des hauteurs, un moulin règne sur les alentours. À en juger par l’étendue des terres qui l’entourent, il ne devait guère manquer d’ouvrage.
Gardez-vous pourtant de trop vous abandonner à la contemplation. Sous les belles allées de chênes, alors que le paysage invite à poursuivre sans se poser de questions, un signe presque furtif, sur la droite, vient rappeler le marcheur à l’ordre. C’est précisément dans ces endroits où tout paraît si évident que l’on risque de s’égarer.
Il faut en effet avoir l’œil : fixé à un chêne, un modeste écriteau indique la direction à prendre. Le GR65 abandonne ici la petite route pour s’échapper sur la droite, par un chemin qui s’enfonce au milieu des champs.
Commence alors une traversée en bordure des blés, accompagnée d’une haie où se mêlent chênes, érables, noyers et prunelliers sauvages. Cette agréable parenthèse champêtre finit pourtant par ramener le marcheur à la route départementale. Tout ça pour ça ! Mais vous connaissez la chanson : les responsables du Chemin de Compostelle semblent nourrir une aversion tenace pour les départementales, quitte à imposer quelques détours aux pèlerins.
La réconciliation avec la route est néanmoins de courte distance, mais de longue durée. Un étroit passage herbeux en épouse d’abord le tracé jusqu’à un carrefour, avant de poursuivre, toujours en parallèle, vers Castet-Arrouy. Légèrement surélevé sur sa petite butte gazonnée, le GR65 garde ainsi ses distances avec la chaussée, sans jamais vraiment la quitter des yeux.
Cette marche en marge de l’asphalte se prolonge sous la compagnie bienveillante des frênes et des érables, jusqu’à une ferme blottie près d’une petite réserve d’eau. Là, enfin, le GR65 paraît se lasser de ce voisinage routier et prend résolument le large à travers les champs.
Un large chemin herbeux entreprend alors l’ascension de la colline, à la lisière des champs de céréales, avec pour point de mire un château d’eau dressé sur la hauteur. La pente ne ménage guère les mollets. De jeunes érables champêtres accompagnent la montée, plantés là, sans doute, pour donner à cet itinéraire un peu d’ombre dans les années à venir et lui promettre une longue existence.
À mi-pente, quelques vénérables tilleuls offrent une halte bienvenue sous leur généreuse ramure. Qui saurait leur donner un âge ? Ces vieux compagnons des campagnes traversent les générations avec une tranquille majesté, et l’on ne se lassera jamais de célébrer leur beauté.
L’ascension reprend à travers les hautes herbes des terres laissées en jachère. Mais le décor agricole n’a rien d’immuable : une autre année, le blé pourrait bien reprendre possession des lieux, ou les tournesols y déployer leurs grandes corolles jaunes, au gré des rotations culturales. Ainsi va la campagne, qui change de visage au fil des saisons et des années, sans jamais renoncer à sa vocation nourricière.
Au sommet, la récompense est à la mesure de l’effort. L’horizon se déploie soudain, immense, sur cette campagne gersoise dont les collines semblent se succéder à l’infini, dans un vaste mouvement de terres cultivées et de lointains à peine dessinés.

Mais une autre silhouette retient bientôt le regard : celle du château de Gachepouy, dont vous n’avez pas fini de contourner les vestiges, tout en gardant vos distances. Son nom, hérité du gascon, associerait gachar (« guetter « ) et pouy (« hauteur « ), une appellation qui sied à merveille à cette ancienne sentinelle des collines. Édifié, semble-t-il, au XIVe siècle à des fins défensives, le château passa de famille en famille, se transformant au gré des siècles pour demeurer habité jusqu’au début du XXe siècle. La Première Guerre mondiale sonna l’heure de son abandon. Depuis, le temps a poursuivi son œuvre, aidé par les hommes qui vinrent y prélever des pierres. De cette longue histoire ne subsistent aujourd’hui que des ruines, derniers témoins d’une grandeur passée.

Sur ces collines aux rondeurs paisibles, quelques fermes émergent çà et là de l’océan des céréales. Elles semblent bien seules dans cette immensité où les habitations se comptent presque sur les doigts de la main. Ici, la terre ne manque pas : on dit que nombre d’agriculteurs exploitent plus de 150 hectares, à la mesure de ces vastes espaces voués aux grandes cultures. Le pays de Miradoux compte d’ailleurs parmi les territoires les moins peuplés et les plus agricoles du Gers. Pourtant, au détour d’une rue de village, ne soyez pas surpris d’entendre résonner la langue de Shakespeare. Séduits par la douceur de vivre et des prix immobiliers longtemps abordables, des retraités britanniques sont venus poser leurs valises dans ce coin de Gascogne, comme dans bien d’autres campagnes du Sud-Ouest. Une présence inattendue qui donne parfois à ces villages profondément gascons un petit air d’Angleterre.
Un large chemin amorce la descente entre les champs de céréales et les terres en jachère. En contrebas, une retenue d’eau vient rompre l’uniformité de cette campagne qui semble n’en jamais finir de dérouler ses cultures. Les champs épousent les ondulations du relief, souples comme des vagues. Rien de spectaculaire, et pourtant quelle beauté tranquille dans ces paysages où le regard se repose autant que l’esprit.
La descente s’étire longuement sur le flanc de la colline. À force de parcourir ces campagnes, l’œil finit par s’exercer à reconnaître, même de loin, les cultures qui composent cet immense patchwork agricole. Les parcelles se succèdent en larges ondulations, chacune avec sa couleur, sa texture, sa manière d’accrocher la lumière.
Dans sa longue courbe à travers les champs, le chemin contourne le château de Gachepouy, que l’on découvre maintenant sous un autre angle. Là-haut, sur sa colline, la vieille demeure reste seule, comme oubliée au milieu de cette immensité agricole.
D’une haie à l’autre, des tournesols aux blés, la descente perd peu à peu de son ampleur. La retenue d’eau se rapproche, discrètement installée au creux du vallon. On imagine sans peine l’utilité de ces réserves dans un pays où les grandes cultures réclament parfois de généreux apports d’eau.
La longue dégringolade prend finalement fin sur une petite route goudronnée, qui rejoint bientôt la départementale. 
Le GR65 franchit alors l’Auroue, modeste rivière aux eaux troubles, presque dissimulée sous l’exubérance des herbes folles. Rien ici des grands cours d’eau majestueux : l’Auroue poursuit discrètement son chemin, comme si elle cherchait à se faire oublier dans la verdure.
À peine la rivière franchie, un sentier se glisse dans les broussailles, par un étroit passage parallèle à la route. De temps à autre, une trouée dans la végétation laisse entrevoir le ruisseau, avant que les feuillages ne referment le décor. Et si la saison s’y prête, la marche pourrait bien prendre des allures de cueillette gourmande : les pruniers sauvages, assez généreux dans la région, offrent leurs fruits à qui veut bien ralentir le pas.

Section 2 : Des longueurs près de la route départementale

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté.

Le sentier prolonge encore quelque temps son cheminement à l’abri des haies, fidèle à la route qu’il accompagne sans jamais tout à fait la rejoindre.
Puis, délaissant ce couloir de verdure, il s’offre une dernière escapade parmi les champs de céréales, avant de retrouver les prairies qui annoncent les premières maisons de Castet-Arrouy.
Une petite route prend alors le relais, musardant à travers les quartiers périphériques du village, où les maisons soignées et leurs jardins bien entretenus donnent déjà le ton de cette paisible bourgade gasconne.
On pénètre bientôt dans Castet-Arrouy, modeste village de quelque 180 âmes, dont la rue principale, pleine de charme, semble avoir conservé quelque chose de la douceur des bourgs d’autrefois.
Sur la place de l’église, aussi accueillante que pittoresque, le restaurant fait souvent salle comble à l’heure où arrivent les pèlerins. Ces haltes sont de véritables havres de paix sur le Chemin, des lieux où l’on dépose enfin son sac, où les jambes trouvent un repos bien mérité et où les conversations vont bon train. On y refait l’étape, on échange ses impressions, on raconte ses petites aventures et l’on retrouve parfois des visages croisés plusieurs jours auparavant. Car le Chemin de Compostelle se raconte presque autant qu’il se marche.
Castet-Arrouy ne manque décidément pas de charme. Son église Sainte-Blandine, édifiée au XVIe siècle et remaniée au fil du temps, arbore un élégant clocher octogonal qui lui donne fière allure. L’intérieur, en revanche, surprend par sa pénombre et une décoration peut-être un peu trop généreuse, où les ornements semblent se disputer le regard. Mais cette profusion fait aussi partie du caractère de ces vieilles églises de campagne, façonnées par les siècles, les goûts et la ferveur des générations successives.
À la sortie du village, une Vierge monte la garde à un carrefour, veillant à son tour sur les habitants et les voyageurs de passage. Décidément, ces statues semblent toutes sorties du même moule ! D’un village à l’autre, on retrouve la même silhouette, la même pose, le même uniforme bleu et blanc, comme si un sculpteur particulièrement consciencieux avait reçu mission de peupler toutes les campagnes de ces sentinelles célestes, sans jamais se permettre la moindre fantaisie.
À partir d’ici, autant vous prévenir : le Chemin s’apprête à traverser une période de relative disette paysagère. Lectoure n’est plus qu’à une dizaine de kilomètres, mais il faudra encore faire preuve d’un peu de patience avant de retrouver des horizons plus réjouissants. Pour l’heure, le GR65 se contente de longer la route départementale sur quelques centaines de mètres, par une étroite bande herbeuse qui n’a guère d’autre ambition que de tenir les marcheurs à l’écart de l’asphalte.
Commence alors un curieux jeu de saute-mouton avec la départementale. Tantôt à droite, tantôt à gauche, le tracé semble prendre un malin plaisir à faire changer les pèlerins de bord. Pour leur sécurité, sans doute ! Encore faudrait-il que la circulation justifie tant de précautions : avec un véhicule tous les quarts d’heure, les embouteillages ne sont pas précisément le fléau de ces campagnes. Mais voici tout de même une diversion bienvenue : une longue allée herbeuse s’ouvre dans les broussailles, parallèle à la chaussée, offrant au moins l’illusion de s’en être échappé.
La promenade se poursuit sans grand événement, à moins de se découvrir une passion soudaine pour les broussailles qui bordent le passage. Puis, presque à l’improviste, un petit bois vient rompre cette monotonie. Le sentier s’y faufile en quelques courbes entre les chênes et les érables. Enfin un peu de fantaisie ! De quoi espérer que le paysage a décidé de changer de registre.
Mais l’espoir est de courte durée. Le sous-bois n’aura été qu’une brève parenthèse, et voilà déjà le chemin qui retrouve sa vieille connaissance, la route départementale. On croyait lui avoir faussé compagnie ; elle nous attendait simplement un peu plus loin.
Le sentier herbeux poursuit son interminable compagnonnage avec la départementale jusqu’à un carrefour, près d’un petit lac, au lieu-dit Sainte-Marie-du-Gajan. Ici, les cultures semblent avoir perdu un peu de leur démesure. Les parcelles se font plus modestes et quelques prairies pointent timidement leur nez entre les champs, là où la terre, peut-être moins généreuse, se prête davantage à l’herbe qu’aux grandes cultures.
Mais la punition n’est pas terminée ! Le GR65 s’obstine à suivre la départementale, toujours sur son étroite bande herbeuse, avec une fidélité dont on se passerait volontiers. Le décor, lui, ne fait guère d’efforts pour distraire le marcheur. Seuls les tournesols ont pris la relève des broussailles, dans un terrain qui paraît volontiers marécageux. La route file droit à travers une campagne plate comme une crêpe, où les champs de tournesols alternent avec les terres en jachère, couvertes d’engrais verts. À défaut de relief, il reste au moins les couleurs pour rompre cette longue monotonie.
Et puis, au détour d’un virage, la délivrance ! La départementale cesse enfin d’imposer sa présence, et le parcours retrouve des allures plus champêtres. Ne jetons pourtant pas trop vite la pierre aux aménageurs du Chemin : ils doivent bien composer avec les contraintes du terrain, les routes et les propriétés agricoles. Cette fois, la géographie leur vient en aide. Un chemin s’échappe de la chaussée et entreprend, en pente douce, l’ascension d’une colline. Voilà qui promet des horizons un peu moins avares de surprises.
Le GR65 reprend ainsi son petit bonhomme de chemin, gagnant tranquillement de la hauteur sous la compagnie des érables et des chênes. La montée, sans grande difficulté, conduit au lieu-dit La Peyronelle, où les arbres semblent vouloir rendre à la promenade un peu de l’intimité perdue le long de la route.
À la lisière du bosquet, un panneau invite à remonter le fil des siècles. Il rappelle qu’ici se dressait, dès le XIIe siècle, un hôpital de campagne, de ces modestes établissements qui jalonnaient autrefois les routes et offraient refuge aux voyageurs. Le temps a presque tout emporté, mais quelques fragments de maçonnerie et des colonnettes ont survécu, incorporés aux bâtiments d’une grande ferme installée sur le coteau. Étrange destin que celui de ces vieilles pierres, passées de l’hospitalité médiévale aux nécessités de la vie agricole, sans jamais tout à fait disparaître.
Le chemin traverse ensuite le sous-bois, avant de poursuivre sa course vers le ruisseau de Pitrac. Aujourd’hui, ce sont les tournesols qui l’accompagnent, Une autre année, les céréales auront peut-être repris possession de ces terres. Dans cette campagne soumise aux rotations agricoles, le décor change au gré des récoltes, et le pèlerin qui reviendrait quelques saisons plus tard pourrait bien ne plus reconnaître les champs qu’il traverse.

Section 3 : Par monts et par vaux le long du ruisseau de Pitrac

 

Aperçu général des difficultés du parcours : un peu de montée, tout de même, mais rien de difficile, du moins par beau temps ! 

Les chemins de Compostelle ne sont pas toujours pavés de roses, loin s’en faut ! Permettez-nous de vous raconter une petite mésaventure, histoire de rappeler ce que peut devenir cette paisible campagne lorsque le ciel décide de se fâcher. Nous sommes passés ici, un jour, au lendemain d’un violent orage qui avait copieusement arrosé la région. Les terres avaient été ravinées, les champs gorgés d’eau et le modeste ruisseau de Pitrac, d’ordinaire si discret, était sorti de son lit en plusieurs endroits. L’avertissement avait pourtant été donné dès Miradoux : mieux valait renoncer au sentier et rejoindre Lectoure par la route. Nombre de pèlerins, raisonnables et disciplinés, avaient suivi la recommandation, se résignant à avaler plus de huit kilomètres de départementale. Mais pas tous, évidemment ! Il reste toujours quelques marcheurs pour qui la perspective de patauger dans la boue ne constitue pas un argument suffisant pour abandonner le Chemin. Après tout, les chaussures sont faites pour marcher, et il sera toujours temps de les laver à l’arrivée ! Encore fallait-il savoir dans quoi l’on s’engageait. Non content d’avoir débordé dans les champs, le Pitrac avait reçu le renfort des eaux de ruissellement, qui avaient lessivé les terres meubles et transformé les passages en véritables bourbiers. La boue ne montait certes pas beaucoup plus haut que les chevilles, mais elle possédait cette consistance tenace, presque amoureuse, qui semblait décidée à garder nos chaussures pour elle. Chaque pas devenait une petite négociation avec le sol, et il fallait parfois tirer ferme pour récupérer un pied que la glaise refusait obstinément de rendre. Inutile d’espérer trouver le salut dans les herbes voisines. Gorgées d’eau, spongieuses à souhait, elles n’offraient guère de meilleure assise que les terres inondées. Par endroits, le ruisseau, habituellement si sage qu’on le remarque à peine, s’était répandu en de véritables petits lacs. Ces débordements avaient au moins une vertu : ils permettaient de débarrasser partiellement nos chaussures de leur gangue de terre. Car à force d’accumuler cette glaise collante, elles avaient fini par se transformer en deux énormes sabots informes, pesant leur poids de misère à chaque enjambée. Dans pareilles circonstances, on découvre aussi l’utilité insoupçonnée des grosses pierres. Sur un chemin détrempé, elles deviennent de précieux refuges où poser le pied, reprendre appui ou tenter de se débarrasser de la boue. Mais ici, point de ces providentiels rochers ! Rien que de la terre, de l’herbe et de l’eau, dans un paysage qui semblait avoir décidé de se liquéfier tout entier. À l’arrivée, il nous fallut un bon quart d’heure pour décrotter nos chaussures et les laver à grande eau. Elles n’étaient toujours pas sèches le lendemain. Voilà qui donne une idée de ce que peut réserver le Chemin lorsqu’il se met en tête d’éprouver la patience des pèlerins. Que l’on ne se méprenne pas : nous n’avons guère l’habitude de nous plaindre. Les étapes que nous vous présentons se déroulent le plus souvent sous un ciel clément, dans des paysages baignés de lumière. Mais chacun sait que cette image souriante n’est pas toujours celle du quotidien des marcheurs. La pluie, la boue et les chaussures trempées font aussi partie de l’aventure, et parfois même de ses souvenirs les plus tenaces.

Revenons donc à notre parcours, par une journée plus calme, sans être pour autant ensoleillée. Le terrain conserve ici une humidité presque permanente, tant le ruisseau de Pitrac chemine à proximité. Les herbes sont grasses, les sols volontiers spongieux, et l’on devine sans peine qu’il suffit de quelques pluies généreuses pour que les eaux reprennent possession des lieux. La frontière entre le sentier et le marécage est parfois bien mince.

Le chemin passe ensuite à proximité de la ferme de Barachin, autrefois une adresse bien connue des pèlerins de Compostelle. Le gîte a disparu avec le décès de ses propriétaires, mais leur souvenir mérite de ne pas s’effacer. Car ces derniers avaient largement contribué à l’aménagement du parcours actuel, permettant aux marcheurs de retrouver les chemins de terre là où, jadis, il fallait subir le goudron presque jusqu’à Lectoure. Une belle contribution à la vie du Chemin, dont profitent encore aujourd’hui ceux qui passent par ici. À ces bienfaiteurs des pèlerins, adressons donc un grand merci, jusque là-haut, du haut du Ciel ! 
Ici, le chemin semble retrouver des jambes et cavalcade à la lisière des sous-bois, en compagnie du ruisseau de Pitrac qui, lui aussi, s’autorise quelques cabrioles. L’un serpente entre les arbres, l’autre se faufile dans la végétation, tandis que les champs continuent de déployer leurs vastes étendues tout autour. Une promenade autrement plus réjouissante que les interminables tête-à-tête avec la départementale.
Plus loin, le sentier prend de la hauteur et entreprend l’ascension de la colline, par une trace herbeuse qui hésite entre la campagne ouverte et l’intimité des sous-bois.
La nature prend ici des allures plus farouches. Rien de vraiment apprivoisé dans ces sous-bois touffus, ces herbes généreuses et cette végétation qui semble n’en faire qu’à sa tête. Le paysage a quelque chose de sauvageon, presque austère par endroits, comme si ce petit coin de Gascogne avait tenu à préserver son caractère, loin des campagnes soigneusement ordonnées que l’on vient de traverser.
Un peu plus haut, une superbe maison de maître apparaît, perchée sur le flanc de la colline. Avec ses airs de château et sa position dominante, elle semble vouloir régner sur les alentours.
Le parcours rejoint ensuite un ravissant petit lac, presque secret, blotti sous les frênes, au milieu des roseaux et des hautes herbes. Le ruisseau de Pitrac y poursuit discrètement son cours, dans un décor où l’eau et la végétation semblent se disputer chaque parcelle de terrain. L’endroit aurait tout d’un refuge idéal pour une halte au bord de l’eau, mais les panneaux rappellent que la pêche et la baignade y sont interdites. Il faudra donc se contenter du plaisir des yeux, ce qui, ma foi, n’est déjà pas si mal.
Peu après, le GR65 débouche sur une piste de terre battue. Une indication signale la direction de Boué, où les pèlerins peuvent trouver un gîte, à condition de consentir à un petit détour hors de l’itinéraire principal.
Mais le GR65 ne s’attarde guère sur cette route qui, de toute façon, finit en impasse. Presque aussitôt, un chemin caillouteux prend le relais et s’élève en direction du sous-bois. Voilà de nouveau la promesse d’une marche à l’écart du goudron, même si les pierres sous les semelles annoncent déjà que la montée ne sera pas de tout repos.
Bientôt, le sentier s’enfonce sous la voûte des arbres, où la pente se fait un peu plus exigeante. Chênes, châtaigniers et charmes mêlent leurs feuillages au-dessus du passage, composant un couvert végétal qui dispense une ombre bienvenue. L’ascension se poursuit dans cette intimité forestière.
Plus haut, les arbres finissent par céder la place aux haies et aux terres cultivées. Le paysage s’ouvre de nouveau, comme si la colline, après avoir gardé quelque temps ses secrets derrière les feuillages, consentait enfin à dévoiler ses horizons. On retrouve les grandes étendues agricoles, les ondulations du terrain.
Mais il reste encore à gagner de la hauteur, et la colline n’entend pas se laisser conquérir sans effort. Une large piste caillouteuse attaque franchement la pente, qui frôle par endroits les 15 %. Aujourd’hui, les tournesols et les céréales encadrent cette rude montée, offrant au moins quelques distractions au regard tandis que les mollets, eux, ont d’autres préoccupations.
Plus haut, le chemin traverse une vaste exploitation maraîchère, véritable jardin nourricier au milieu de ces campagnes surtout vouées aux grandes cultures. Ici, la diversité reprend ses droits : fraises, courgettes, artichauts et bien d’autres légumes ou petits fruits se partagent les parcelles. Les artichauts, surtout, ne manquent pas de surprendre dans ce coin de Gascogne. On les imaginerait plus volontiers du côté de la Bretagne, leur terre de prédilection. Mais après tout, pourquoi les Bretons auraient-ils le monopole de ce légume à la silhouette si singulière ? 
Au-delà de l’exploitation, le chemin rejoint la nationale N21, grand axe routier venu d’Agen et poursuivant sa course vers le sud, en passant par Lectoure. Après la tranquillité des champs et des sous-bois, le retour à cette artère fréquentée marque un changement d’ambiance assez brutal.
Le GR65 traverse la nationale pour reprendre, de l’autre côté, un large chemin qui file à travers la campagne en direction du lieu-dit Tarissan.
Le GR65 se met alors à musarder sur un vaste plateau, presque à plat, parfois en très légère descente, au milieu d’un océan de céréales et de tournesols. Au loin, Lectoure se laisse déjà deviner, avec le clocher de sa cathédrale qui émerge au-dessus des collines. On la croirait presque à portée de main. Mais méfiez-vous de ces mirages gascons ! Vous avez peut-être gardé le souvenir de l’interminable approche de Lauzerte, dont les dernières maisons semblaient reculer à mesure que l’on avançait. Eh bien, ici, le Chemin fait encore mieux ! Il vous faudra parcourir quelque cinq kilomètres avant de pouvoir enfin fouler les rues de Lectoure. La ville se montre volontiers, mais elle ne se laisse pas approcher si facilement.
Pour l’heure, la promenade se poursuit tranquillement dans l’herbe, à la lisière des champs et des prairies, sous l’alignement de jeunes érables plantés pour accompagner et signaler le passage des marcheurs. Et voici même quelques vaches ! Une rencontre presque inattendue après tant de journées passées au milieu des grandes cultures. Il faut dire que, dans cette partie du Gers, les troupeaux se font plutôt discrets : la terre est surtout consacrée aux céréales et aux oléagineux, et les pâturages n’occupent qu’une place modeste dans le paysage.

Mais ne vous attendez pas à retrouver exactement le même décor si vous repassez par ici une autre année. Dans cette campagne soumise aux caprices des rotations culturales, les champs changent volontiers de visage. Vous pourriez ainsi vous retrouver au milieu des cultures de melons charentais, l’une des grandes spécialités du pays de Lectoure. Le spectacle ne manque pas d’étrangeté : sous leurs longues bâches alignées à perte de vue, les parcelles évoquent presque les ondulations d’un désert, comme si de petites dunes avaient poussé au milieu des terres gersoises. Ici, les melons sont souvent cultivés sous des tunnels bas, appelés aussi « chenilles », protégés par des arceaux recouverts de plastique ou de toile. D’autres poussent à l’air libre, selon la saison et les pratiques des producteurs.

Section 4 : A travers les grands champs de Lectoure

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours aisé avant la pente assez sévère qui mène à la citadelle.

Peu après, le chemin se décide à perdre de l’altitude, et pas à moitié ! La descente est franche, au milieu des blés et des parcelles couvertes d’engrais verts. Une autre année, ce seront peut-être les tournesols ou le soja qui auront pris possession de ces terres, au gré des rotations agricoles. Le maïs, lui, se fait encore plutôt discret dans cette partie du Gers. Mais rassurez-vous, ou plutôt préparez-vous : il vous attend plus loin sur le Chemin, et vous aurez tout le loisir d’en contempler les interminables alignements, jusqu’à la nausée peut-être. Chaque chose en son temps, patience !  
Au creux du vallon, le GR65 retrouve une petite route qui repart aussitôt à l’assaut de la colline opposée. La pente est tout aussi soutenue, et les champs de céréales accompagnent cette nouvelle montée. Dans ce pays de collines, chaque descente semble décidément n’être qu’une manière détournée d’annoncer la suivante montée.
La route poursuit son ascension entre quelques fermes et les lotissements de Petit Vaucluse. Aux grandes étendues agricoles succèdent peu à peu les premières marques d’un habitat plus résidentiel, signe que l’on se rapproche, malgré les apparences, de la ville.
Lectoure se montre à nouveau, perchée sur sa hauteur, avec cette manière un peu provocante qu’ont les villes de colline de paraître toutes proches lorsqu’elles sont encore bien loin. La cité occupe un plateau dominant la campagne, et il suffit d’observer le relief pour comprendre ce qui vous attend. Entre elle et vous se creuse encore un vallon qu’il faudra bien descendre avant de remonter vers les maisons. Le pèlerin commence à connaître la chanson : ce que l’on gagne d’un côté, il faut souvent le rendre de l’autre.
Et c’est exactement ce qui se produit. À peine dépassées les dernières fermes du hameau, le GR65 abandonne la route pour un chemin qui plonge dans un sous-bois de feuillus. Les chênes et les érables, fidèles compagnons de ces collines gersoises, y règnent toujours en maîtres, mais les noyers sauvages ont cette fois pris la place des châtaigniers.
Mais ne vous imaginez pas une forêt profonde, où les arbres refermeraient leurs frondaisons au-dessus de vos têtes. Ici, le sous-bois se résume plutôt à de longues haies qui accompagnent les champs et soulignent les ondulations du terrain. Les céréales se réservent les hauteurs, tandis que les tournesols occupent le bas des pentes, comme si chaque culture avait choisi son étage dans cette campagne soigneusement partagée.
Par endroits, pourtant, la nature reprend ses aises et se fait plus sauvageonne. Le sentier s’efface presque sous les herbes folles, On avance alors dans une végétation moins disciplinée, où le Chemin lui-même paraît hésiter sur la direction à suivre.
Et voici que le GR65, toujours friand de ces petites fantaisies dont lui seul semble connaître la nécessité, s’offre un nouveau détour par le sous-bois. Une brève escapade sous les arbres, quelques courbes dans la verdure, et le voilà qui retrouve la route une centaine de mètres plus loin. Tout cela pour si peu ! Mais il faut croire que, sur le Chemin de Compostelle, la ligne droite n’a pas toujours bonne réputation.
Au bout de cette parenthèse terreuse, le GR65 rejoint une petite route goudronnée qui dévale vers le fond du vallon. Lectoure, elle, continue de jouer les mystérieuses, quelque part au-dessus de la colline, invisible derrière les replis du relief. Voilà longtemps qu’elle se fait désirer, cette cité ! Mais gardons espoir : à force de descendre pour mieux remonter, on finira bien par lui mettre la main dessus.
Au creux du vallon, la route passe devant La Mouline de Belin, une magnifique maison de maître en pierre où les voyageurs pouvaient autrefois trouver à se loger. La demeure ne manque pas d’allure, avec cette élégance tranquille des belles propriétés anciennes qui semblent avoir traversé les siècles sans rien perdre de leur caractère. Vous voici désormais au pied même de Lectoure. Pourtant, on a beau lever les yeux et chercher ses murailles, rien n’y fait : elles se dérobent encore au regard, cachées par la pente. Jamais ville n’aura autant fait languir ses visiteurs ! 
Ici encore, les aménageurs du GR65 ont cru bon de dessiner un chemin dans l’herbe, juste au-dessus de la belle demeure, histoire d’épargner aux randonneurs quelques mètres de goudron. Une précaution dont on peine à saisir l’utilité, tant la circulation est inexistante sur cette petite route. Vous pouvez d’ailleurs fort bien y rester, sans vous exposer à quelque péril que ce soit. Le GR65 lui-même, comme à regret, finit par s’y résoudre et retrouve presque aussitôt la chaussée. Mais c’est alors que les choses se corsent. La route se cabre brusquement, avec une pente qui avoisine les 15 %. La côte est rude, heureusement assez courte. À Lectoure, on raconte volontiers que les pèlerins partis d’Auvillar le matin, après plus de 32 kilomètres de marche, arrivent ici sur les genoux. À voir cette dernière rampe, on veut bien les croire ! 
Et puis, au terme de cette ultime épreuve, voici la délivrance, sous la forme la plus modeste qui soit : un petit banc, installé près du cimetière. On s’y pose volontiers, ne serait-ce que pour laisser les mollets retrouver un semblant de sérénité.
Le cimetière, lui, mérite bien davantage qu’un regard distrait. Magnifique dans son ordonnance et son étagement, il dévale le flanc de la colline, ses tombes et ses monuments funéraires se succédant dans la pente comme les gradins d’un vaste amphithéâtre de pierre.
Et cette fois, plus de mirage ni de promesse trompeuse : Lectoure est là, juste au-dessus du cimetière, retranchée derrière ses vieilles murailles. Lectoure est à vous ! 
Une rue étroite vous entraîne alors vers le cœur de la vieille cité, à deux pas de la cathédrale. Après les longues errances à travers champs et vallons, quel plaisir de retrouver enfin les vieilles pierres et l’animation des rues.
Perchée sur son promontoire, Lectoure, petite cité de quelque 3 700 habitants, ne manque ni d’allure ni de caractère. La rue Nationale, ancienne artère royale puis impériale, la traverse de part en part, comme une longue épine dorsale autour de laquelle s’ordonne la vieille ville. Les remparts ceinturent encore la cité, mais les portes qui en commandaient jadis les accès ont toutes disparu. À l’intérieur de cette enceinte, l’animation surprend agréablement.
De la rue Nationale s’échappe tout un lacis de ruelles étroites, parfois sombres, qui se faufilent entre les vieilles demeures jusqu’aux remparts.
La cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais porte dans ses pierres les marques d’une longue et mouvementée existence. De ses origines romanes, remaniées au fil des siècles, elle a peu à peu glissé vers les audaces du gothique flamboyant, mêlant les époques dans une architecture où chaque génération semble avoir voulu laisser son empreinte. Sa puissante tour, autrefois couronnée d’une flèche, a perdu de sa superbe au cours des siècles, notamment à la Révolution. Elle domine pourtant toujours fièrement les toits de Lectoure, même privée de son ancien couronnement. À l’intérieur, l’édifice conserve les reliques de saint Clair d’Aquitaine, figure des premiers temps du christianisme régional, traditionnellement associé aux sièges épiscopaux d’Albi et de Lectoure.
Les maisons elles-mêmes racontent une part de cette histoire. Derrière leurs façades de pierre brute, souvent patinées par les siècles, se devinent de belles demeures bourgeoises et quelques hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles. Portails ouvragés, hautes fenêtres et nobles proportions témoignent d’un passé où Lectoure ne manquait ni de notables ni de familles soucieuses d’afficher leur rang.
Il faudrait encore s’attarder devant la tour du Bourreau, vestige du XIVe siècle et rare survivante des anciennes tours de l’enceinte fortifiée, ou évoquer le Carmel, derrière les murs duquel se poursuit la vie discrète des religieuses carmélites. Mais Lectoure n’a pas encore livré tous ses secrets. D’autres merveilles se cachent en contrebas des remparts, là où la vieille cité descend vers la campagne. Nous les découvrirons à la prochaine étape. Après tout, il serait dommage de dévoiler d’un seul coup tous les charmes d’une ville qui s’est fait si longtemps désirer ! 

Logements sur la Via Podiensis

  • Gîte Domaine de Gachepuy, marie et Jean-Pierre (pèlerins) Gachepuy ; 07 59 59 34 01 ; Gîte donativo, cuisine
  • Gîte Le Temps de l’Escargot, 10 Rue des Glycines, Castet-Arrouy; 06 11 44 80 53 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Gîte Communal, Place de la Mairie, Castet-Arrouy; 06 54 92 73 96/05 62 29 28 43 ; Gîte et tentes, repas, petit déj., cuisine
  • Chambre d’hôtes Au Musée d’Albert, 1 Place de l’Église, Castet-Arrouy; 06 22 18 42 76/09 83 35 28 31 ; Ch. d’hôte, petit déj.
  • Chambre d’hôtes Le Boué, Le Boué; 05 62 68 89 49 ; Ch. d’hôte, repas, petit déj.
  • Chambre d’hôtes le Tarissan, Le Tarissan; 06 78 38 60 60 ; Ch. d’hôte, cuisine
  • Accueil Presbytère, Rue St Gervais, Lectoure; 06 17 06 09 24 ; Gîte donativo, repas, petit déj.
  • Gîte Le Pas Sage,29 Rue des Frères Danzas, Lectoure; 07 62 20 89 83 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • Gîte L’Etoile Occitane, Isabel (pélerine), 140 Rue Nationale, Lectoure; 05 62 68 82 93/06 7445 11 17 ; Gîte et Ch., d’hôte, petit déj., cuisine
  • Gîte La Manufacture Royale de Lectoure, Chemin Claude Ydron, Lectoure; 06 83 51 26 67 ; Gîte, petit déj., cuisine
  • Gîte A2 Pas, 56 Rue Nationale, Lectoure; 06n70 9937 79 ; Gîte, petit déj., cuisine
  • Chambres d’hôtes Édredon et Coccinelle, 20 Rue du Corhaut, Lectoure; 06 66 10 95 76 ; Ch. d’hôte, repas, petit déj.
  • Chambres d’hôtes Le Clos de Lectoure, 87 Rue Nationale, Lectoure; 06 18 32 42 42 ; Ch. d’hôte, petit déj.
  • Chambres d’hôtes Les Capucins, Françoise (pélerine), 1 Rue des Capucins, Lectoure; 06 27 36 07 21 ; Ch. d’hôte, petit déj.
  • Chambres d’hôtes St Gervais, 17 Rue St Gervais, Lectoure; 06 61 17 45 01 ; Ch. d’hôte, petit déj.
  • Hôtel -restaurant de Bastard***, Rue Lagrange, Lectoure; 05 62 68 82 44 ; Hôtel, repas, petit déj.

D’année en année, le Chemin de Compostelle se transforme, se réinvente au gré des saisons et des pas des pèlerins. Certains hébergements ferment leurs portes tandis que d’autres, modestes ou inattendus, voient le jour. Il serait dès lors illusoire de prétendre en établir une liste immuable et exhaustive. Celle-ci ne recense que les logements situés directement sur l’itinéraire ou à moins d’un kilomètre de celui-ci. Cette sélection a été actualisée en 2026 ; elle ne devrait donc pas connaître de bouleversements majeurs dans les prochaines années. Pour qui souhaite aller plus loin, un seul ouvrage fait figure de référence incontournable : Miam Miam Dodo, aisément accessible en ligne. Ce guide, dont le mérite essentiel réside dans sa mise à jour annuelle, ne se limite pas aux hébergements du tracé strict, mais mentionne également des adresses en dehors du parcours, comme ressource précieuse lorsque l’affluence rend les étapes plus incertaines. On y trouve en outre une mine d’informations pratiques : bars accueillants, restaurants de passage et boulangeries providentielles, autant de haltes qui ponctuent le voyage. À cette cartographie traditionnelle s’ajoute désormais une présence devenue incontournable : Airbnb. Cette plateforme s’est imposée comme une référence majeure dans le paysage touristique, y compris dans les régions les plus discrètes ou les moins favorisées. Toutefois, comme chacun le sait, les adresses exactes n’y sont pas directement visibles, ce qui suppose une certaine anticipation. Car sur le Chemin, trouver un lit à la dernière minute relève parfois du hasard heureux. Mais le hasard, par nature, ne saurait constituer une stratégie. Il est donc vivement recommandé de réserver en amont. Enfin, lors de vos démarches, prenez soin de vous renseigner sur les possibilités de repas ou de petit-déjeuner : ces détails, en apparence anodins, peuvent grandement adoucir une étape.

Si l’on dresse l’inventaire des capacités d’accueil, on dénombre environ 40 lits avant d’atteindre Lectoure, ce qui laisse entrevoir que nombre de pèlerins choisissent de faire halte en amont. À Lectoure même, l’offre s’étend à 150 lits disponibles, dont un bon hôtel avec 26 chambres. Si la fréquentation de la Via Podiensis oscille généralement entre 100 et 200 marcheurs, depuis Cahors il y a moins de pèlerins. Cette étape ne devrait poser aucun problème majeur de logement, bien qu’il soit toujours mieux de réserver à l’avance.  

 Ces itinéraires, qui serpentent à travers des territoires souvent peu densément peuplés, offrent peu de commerces. Les restaurants y sont rares, tout comme les épiceries, et celles-ci prennent souvent la forme de modestes dépôts de pain, proposant quelques légumes et produits laitiers. On peut se restaurer sur le parcours à Castet-Arrouy, Ou il y a aussi un point d’eau, sans sanitaire. A l’arrivée, Lectoure offre toutes possibilités de restauration et de commerces. Enfin, de nombreuses entreprises proposent des services de transport de bagages ou de rapatriement vers le point de départ. Parmi elles, une s’impose comme une référence incontournable : La Malle Postale.

N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
Etape suivante : Etape 25: De Lectoure à La Romieu 
Retour au menu
Back to Top