22: Moissac à Auvillar

Le long des canaux de la Garonne

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DALLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien: hhttps://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-moissac-a-auvillar-par-le-gr65-30515206/

Tous les pèlerins ne sont pas forcément à l’aise avec la lecture des GPS ou la navigation sur un portable, d’autant plus qu’il existe encore de nombreuses zones sans connexion Internet. C’est pourquoi, pour faciliter votre voyage, un livre dédié à la Via Podiensis du Puy-en-Velay à Cahors est disponible sur Amazon. Bien plus qu’un simple guide pratique, cet ouvrage vous accompagne pas à pas, kilomètre après kilomètre, en vous offrant toutes les clés pour une planification sereine et sans mauvaises surprises. Mais au-delà des conseils utiles, il vous plonge dans l’atmosphère enchanteresse du Chemin, capturant la beauté des paysages, la majesté des arbres et l’essence même de cette aventure spirituelle. Seules les images manquent : tout le reste est là pour vous transporter.

En complément, nous avons également publié un second livre qui, avec un peu moins de détails mais toutes les informations essentielles, décrit le parcours global du Puy-en-Velay à St Jean-Pied-de-Port. À vous de choisir votre parcours.  

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, votre parcours est encore en Tarn-et-Garonne, entre Bas Quercy et Lomagne. La création de ce département est une longue histoire. Les gens du Lot et du Tarn-et-Garonne vivaient dans une grande province appelée Quercy. Leur origine était celte. Au Ve siècle, le pays fut envahi de hordes de vandales, de suèves et de wisigoths, avant d’être chassés par Clovis, puis envahis à nouveau par les normands. Le Quercy passa par la suite à la solde des anglais. Durant les Guerres de Religion, une grande rivalité vit le jour entre les catholiques du Haut Quercy, les gens de Cahors, et les protestants du Bas Quercy, autour de Montauban. Napoléon I trancha le nœud en détachant le Bas Quercy pour créer le Tarn-et-Garonne, et en limitant le Lot au Haut Quercy.

En 1681, le canal du Midi entre Sète et Toulouse fut achevé. L’idée était bien évidemment de prolonger le canal en direction de l’Atlantique pour acheminer les marchandises.  Mais Louis XIV ayant vidé les caisses du royaume, on abandonna donc le projet, faute de moyens. Et pendant encore deux bons siècles, on utilisa la bonne vieille Garonne et sa navigation si périlleuse pour le transport fluvial jusqu’à Bordeaux. Lorsqu’en raison des crues abondantes ou de la sécheresse, c’est selon, la Garonne ne devenait plus navigable, on passait par Gibraltar. Mais, il fallait braver les tempêtes et les attaques des pirates.

Avec la révolution industrielle, le projet refit jour. On inaugura le canal du Midi, “côté Atlantique” en 1856. Ce canal longe sur 193 kilomètres la Garonne. 53 écluses permettent une navigation agréable.  Le Canal des Deux Mers court sur plus de 450 km. Il est inscrit au Patrimoine de l’Unesco, avec ses écluses, ses ponts, ses aqueducs et ses barrages. Il n’est pas profond, 2 mètres de profondeur, posant des problèmes pour de plus gros bateaux. Dans les années 1970, on investit sur le canal du Midi de grosses sommes d’argent pour moderniser le réseau, augmenter la taille des écluses pour permettre le passage de péniches.  Arriva alors le choc pétrolier de 1973. Le trafic fluvial chuta de 50%. Et puis, on inaugura l’autoroute des Deux Mers. Cela signa l’arrêt de mort du trafic fluvial des marchandises sur le canal. En 1989, la dernière péniche livra sa cargaison de vins à Bordeaux. L’État arrêta de financer de futurs travaux. Le dernier voyage commercial eut lieu en 2000. De nos jours, ces canaux ne servent plus qu’à la batellerie de plaisance. Les rives ont été aménagées en voies vertes. Ils font le bonheur d’une armée de randonneurs et de cyclotouristes qui s’ébattent, à l’ombre des platanes et des peupliers centenaires. Le canal, on le baptise de plusieurs noms. Certains l’appellent le canal de Garonne, d’autres simplement le Canal latéral.  Son nom officiel est le Canal latéral à la Garonne. Mais comme il est le prolongement du canal du Midi, qui relie Toulouse à la Méditerranée, l’ensemble forme aussi le Canal des deux Mers, puisqu’il relie la Méditerranée et l’Atlantique.

Aujourd’hui, il y a deux façons de rejoindre Auvillar. Les pèlerins, en grande majorité se disent qu’il est grand temps de faire une journée calme, pour soulager un peu leurs articulations meurtries. Alors, ils se passeront à l’aise d’aller voir si le Tarn et la Garonne sont de plus beaux fleuves du sommet des collines. Ils ont lu leur carnet de route, et constaté qu’il n’y a pas un mètre de dénivelé important pour aller jusqu’au pied d’Auvillar si on suit la variante du canal.

Difficulté du parcours : Les dénivelés (+346mètres/-311 mètres) sont faibles aujourd’hui. Au niveau des difficultés du parcours, c’est une journée très tranquille, pour ceux qui choisissent la variante le long du Canal des Deux Mers jusqu’à Pommevic. Pour les autres, les deux bosses qui vont à Boudou et Malause cachent de sérieuses difficultés. Mais, sur le Chemin de Compostelle, rien n’est vraiment hors de portée. C’est un chemin pour tous.

État du GR65 : Pour ceux qui prennent la voie pus sportive, les parcours sur routes et chemins sont équivalents aujourd’hui. Mais, tout dépend de ce qu’on appelle goudron. Le chemin au bord du canal, ce n’est que de l’asphalte, mais il n’y a aucune circulation de véhicules :

  • Goudron : 10.9 km
  • Chemins : 10.4 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Section 1 : Une belle balade sur le canal des Deux Mers

Aperçu général des difficultés du parcours : sans difficulté, avant la montée sur La Roquette.

Quelle que soit la variante que vous choisirez, le parcours est commun jusqu’à la première écluse de l’Espagnette. Le GR65 quitte Moissac près de la gare.
Rapidement, il rejoint le Chemin de la Pointe et les longs canaux qui accompagnent le Tarn et la Garonne.
Le GR65 s’engage alors sur la véloroute des Deux Mers, qu’il suivra pendant de nombreux kilomètres. Sous les grands platanes règnent ici le calme et une douce sérénité. Pour simplifier la présentation, nous parlerons de « chemin », même si, sous les pas, c’est en réalité le goudron qui déroule son ruban.
Au départ, le chemin longe le Tarn sur sa gauche, mais pour très peu de temps. Le canal s’étire bientôt comme un long ruban au pied d’arbres majestueux. On a coutume de dire qu’il n’y a que des platanes le long du canal. Ce n’est pas tout à fait vrai. Certes, ils règnent ici en nombre, mais quelques grands érables sycomores tendent eux aussi leurs ramures vers le ciel, silhouettes torturées et silencieuses que le temps et les vents ont patiemment façonnées. Attention toutefois : les feuilles des érables et celles des platanes se ressemblent étrangement. Leurs fruits, en revanche, sont très différents et permettent aisément de les distinguer. Quelques grands frênes viennent également se mêler à cette longue procession végétale.
Le canal poursuit son chemin tel un long ruban, au milieu d’une palette de verts ponctuée de sentinelles tantôt claires, tantôt sombres : les majestueux arbres qui veillent sur ses berges. Les grands platanes, pareils à des mâts de navire, dressent leurs troncs énormes et semblent applaudir le pèlerin à son passage. Élancés comme des girafes, souples sous le frémissement du vent, ils balancent leurs branches, un coup à droite, un coup à gauche. Malgré leur taille immense, leur mouvement est d’une impressionnante légèreté. D’autres arbres, plus rares, frênes ou érables, montent eux aussi la garde le long du canal, mêlant leurs branches à celles des platanes jusqu’à former une véritable voûte de cathédrale, maternelle et protectrice.
Et pourtant, ce miracle de la nature pourrait ne pas être éternel. Plus bas, sur le canal du Midi, un redoutable champignon ronge les platanes, dont certains sont plusieurs fois centenaires. Pour l’heure, le seul traitement reste la tronçonneuse, qui laisse derrière elle d’affreuses trouées dans cet ordonnancement jusque-là si harmonieux. Affaire à suivre : peut-être existe-t-il un antidote, mais rien n’est encore certain. Alors, on replante par centaines d’autres espèces. Depuis 2006, sur les 42 000 platanes du canal du Midi, 25 000 ont été coupés et brûlés, tandis que 10 000 nouveaux arbres ont été replantés, principalement des chênes chevelus, des peupliers blancs et des micocouliers, espèces à croissance rapide dont certaines peuvent vivre plus de cinq siècles.
La vie s’écoule paisiblement le long du canal. Seuls quelques promeneurs accompagnés de leur chien et des joggeurs viennent troubler cette tranquillité. Sur la départementale, en revanche, l’activité est plus soutenue, signe des déplacements quotidiens vers les lieux de travail en ville. Le Tarn demeure invisible, bien qu’il coule parallèlement au chemin, sur la gauche, dissimulé derrière quelques vergers ou des pans de sous-bois. De l’autre côté du canal court la voie ferrée, d’où monte parfois le roulement d’un train qui s’éloigne vers d’autres horizons.
Quelques fermes occupent la rive gauche du canal, et l’activité agricole paraît ici assez développée, sur ces terres fluviales que l’on devine généreuses. Sur la droite, l’espace se resserre : il ne reste guère de place que pour la départementale et la voie ferrée.
L’eau du canal conserve sur toute sa longueur une teinte verdâtre. Peut-être, certains jours, sous une autre lumière, se risque-t-elle à virer au bleu. Nous l’ignorons. Dans cet étonnant jeu d’eau et de lumière, quelques bateaux passent parfois, presque silencieux. On les croirait au ralenti, comme si le temps lui-même avait décidé de ralentir leur course. Ils ont la vie devant eux. Ce sont de petits bateaux de croisière ; aucune autre véritable activité fluviale ne vient troubler la quiétude du canal. 
Le chemin arrive alors au pont-écluse de l’Espagnette. C’est l’écluse no 26. Sur le canal des Deux Mers, écluses et distances sont ainsi soigneusement numérotées. On imagine volontiers que, jadis, ces ouvrages étaient de véritables petites gares au fil de l’eau, lieux de passage, de manœuvres et de rencontres où battait la vie du canal.
C’est ici un carrefour stratégique. Par le GR65, il reste 18 kilomètres pour rejoindre Auvillar, contre 16 kilomètres par la variante. Mais la véritable différence ne tient pas à ces deux petits kilomètres : elle réside dans la nature même du parcours. Sur le GR65, l’itinéraire devient assez sportif. Sur la variante, il suffit de se laisser guider par le canal et son profil presque imperturbablement plat. De nombreux pèlerins choisissent donc cette dernière et poursuivent tranquillement au bord de l’eau. Les plus courageux s’engagent sur le GR65 traditionnel, qui délaisse le canal pour partir à l’assaut de la campagne dominant le Tarn et la Garonne. Ici, nous suivrons le GR65 des sportifs. Vous pourrez retrouver plus loin la description de la variante, lorsque les deux itinéraires se rejoignent à Malause.
Le GR65 traverse la voie ferrée, puis remonte quelque peu la route goudronnée qui retourne vers Moissac.
Rapidement, à un carrefour, il abandonne cet axe principal et s’engage dans les premiers lacets d’une route en pente qui grimpe vers La Roquette.
On comprend alors pourquoi certains habitants de Moissac ont choisi d’établir leur demeure sur ce coteau, à l’écart de l’agitation de la ville et des flots de touristes et de pèlerins qui la sillonnent. Ici, quelques dizaines de mètres d’altitude suffisent déjà à donner l’impression de s’éloigner du monde.
Le GR65 suit encore quelque temps la route avant de bifurquer sur un chemin qui s’élève en rude pente, à l’assaut de la colline. Le sous-bois referme bientôt son ombre sur le marcheur. Les chênes y règnent en maîtres, accompagnés çà et là de quelques charmes et d’érables qui viennent rompre leur domination.
Plus haut, le chemin s’arrache enfin au sous-bois et débouche dans la lande qui coiffe le sommet de la colline. Là-haut, le panorama est superbe, presque saisissant après l’intimité sombre des arbres. En contrebas, le Tarn déroule ses eaux et poursuit sa course vers la Garonne toute proche, tandis que celle-ci s’échappe déjà à travers la vaste plaine. Après l’effort de la montée, le paysage s’ouvre soudain comme un immense rideau que l’on aurait tiré devant le marcheur.

Section 2 : Bien au-dessus de la jonction du Tarn et de la Garonne

 

Aperçu général des difficultés du parcours : un gymkhana pas piqué des vers, avec des pentes souvent nettement supérieures à 15%, autant en montée qu’en descente, avec parfois des replats
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Ici, les coteaux ont quelque chose de riant et de généreux. Les vergers de pruniers et d’abricotiers, comme les vignes de chasselas, s’offrent largement au soleil et, sans doute, aux brumes d’automne qui viennent déposer leur fraîcheur bienfaisante à l’approche des vendanges.
Il fait bon, ici, respirer le chèvrefeuille, dont le parfum sensuel et fulgurant saisit le marcheur au passage. En contrebas, derrière le rideau des chênes et les lianes parfumées, le Tarn et la Garonne mêlent leurs eaux, s’étreignent et s’unissent pour ne plus jamais se séparer. Comment détacher son regard d’un tel spectacle ?
Pourtant, la réalité du chemin reprend bientôt ses droits. Après les vergers, les sous-bois referment leur ombre sur le marcheur, tandis que le chemin se remet à grimper pour gagner le sommet d’une petite côte.
Bientôt, le chemin débouche sur une route, où s’étire un petit plateau parsemé des fermes et des villas de Pinète.

Un dernier regard encore sur le ballet silencieux des deux rivières, enlacées au point que l’on ne saurait plus dire laquelle est la mère et laquelle est la fille, tant leurs eaux désormais se confondent. À l’horizon, la vaste plaine de la Garonne déploie son immensité.

La route goudronnée épouse un moment la ligne de crête, où le temps a semé, au fil des années, quelques petits hameaux et des villas isolées.

Et comment ne pas se sentir minuscule, presque un nain, au pied de ce tilleul gigantesque, colosse végétal dressé au bord de la route près d’une villa paisible ?

La route redescend alors doucement, entre villas et campagne. Dans le pays, on semble vouer une véritable passion aux roses : elles grimpent le long des murs, encadrent les fenêtres et habillent généreusement les façades des demeures. Près d’une ferme posée au bord de la route, le GR65 abandonne plus loin le goudron pour retrouver la terre du chemin.

En face, le regard devine déjà la suite : il faudra descendre, puis remonter sur l’autre versant du petit vallon. Au loin, le chemin dessine une sorte de « petite muraille de Chine », ondulant avec le relief avant de se perdre à l’horizon dans le vert des prés et l’épaisseur des feuillages.

Ici, vergers et vignes sont désormais derrière vous. Un chemin herbeux plonge entre prairies et sous-bois, sur une pente assez soutenue. Presque chaque fois que le Chemin de Compostelle descend à la rencontre d’un ruisseau, le paysage semble reprendre ses droits : les herbes folles gagnent du terrain, les buissons s’épaississent et la végétation devient soudain plus exubérante.
Le chemin atteint le fond du vallon, où il retrouve la terre après un bref passage sur une petite route qui doit rejoindre l’un des nombreux hameaux perchés sur les crêtes alentour.
Le chemin musarde alors quelque temps le long de haies de feuillus, comme s’il voulait offrir au marcheur un dernier répit avant l’épreuve qui l’attend.
Comme attendu, mais certainement pas espéré, la remontée du vallon réclame son tribut de sueur.
Le sol ocre paraît bien ingrat dans ces petits vallons. Finis les magnifiques vergers : leur succède la luxuriance brouillonne des buissons, rangés dans le plus parfait désordre le long de la lande, sur une pente qui ne fait guère de cadeau au marcheur. Dans ces terres arides, les chênes semblent presque les seuls arbres capables de s’accrocher au sol et de défier la sécheresse.
Le chemin se glisse dans une profusion de verdure et de fleurs blanches, étroit corridor que le printemps semble vouloir reprendre. Il monte vers la lumière, jusqu’à paraître se perdre dans le bleu du ciel.
La montée s’achève enfin au hameau de Delbrel, près du boulodrome de Boudou. Les pistes de pétanque y sont si nombreuses qu’on se prend à penser, avec un sourire, qu’il ne manquerait finalement pas grand-chose pour y organiser les championnats du monde. 
Boudou se niche juste en contrebas, au bord de la route.
L’activité demeure essentiellement agricole dans ce petit village blotti autour de l’église Saint-Pierre et de son élégant clocher-mur. Ici s’épanouit l’architecture si caractéristique des maisons du pays, où la brique rouge affleure dans les crépis et dessine sur les façades de chaleureuses touches de couleur. Boudou est connu depuis des temps anciens comme une étape du Chemin de Compostelle. Un hôpital y accueillait autrefois les pèlerins ; il a aujourd’hui disparu, comme tant d’autres établissements semblables qui jalonnaient jadis les routes de Compostelle.
À l’angle du village, le GR65 délaisse de nouveau le goudron et retrouve la terre battue.
Le chemin renoue un moment avec les vergers, riches en pruniers et en abricotiers, dont l’alignement presque géométrique tranche avec la fantaisie du paysage alentour. La terre doit être généreuse ici, à voir la promesse de beaux fruits portée par tous ces arbres soigneusement ordonnés.
Un ordre qui contraste singulièrement avec le fouillis végétal des taillis que le chemin retrouve un peu plus bas, comme si la nature, à peine les vergers dépassés, reprenait aussitôt sa liberté.

Section 3 : Montagnes russes au-dessus de la plaine

Aperçu général des difficultés du parcours : encore une belle rampe ici après Pugnal.

Le chemin perd doucement de l’altitude pour rejoindre le ruisseau de Sérène, dont les eaux discrètes se dérobent au regard derrière l’épaisseur des taillis. On en devine davantage la présence qu’on ne l’aperçoit véritablement.
Une fois franchi ce modeste cours d’eau, le tracé épouse les ondulations du terrain avant de reprendre, sans trop se faire prier, un peu de hauteur sur le versant opposé du vallon.
Une large piste de terre prend alors le relais, se faufilant sous les frondaisons des chênes et des châtaigniers jusqu’à la grande ferme de Pugnal. Autrefois, le pèlerin pouvait y trouver refuge et gîte, à l’ombre bienveillante des grands arbres.
Le lieu possède un charme pastoral auquel il serait difficile de rester insensible. Sous la voûte des grands arbres, les moutons semblent s’être donné rendez-vous pour accueillir le passant, lui réservant, avec cette indifférence majestueuse propre aux bêtes heureuses, une véritable haie d’honneur. Difficile d’imaginer tableau plus bucolique.
Au-delà de la ferme de Pugnal, les choses se corsent. Le chemin de terre attaque franchement la pente et s’enfonce dans le sous-bois. Bientôt apparaissent de profondes ornières, creusées par les roues des tracteurs dans une terre couleur d’ocre. On imagine sans peine ce que pareille montée peut devenir après une bonne averse : une longue épreuve de patience et d’équilibre. D’ailleurs, les passages répétés ont fini par dessiner, ici et là, un itinéraire parallèle, moins exposé aux caprices de la boue. Les pèlerins, à la différence des sangliers, n’éprouvent guère de plaisir à s’y vautrer.
Même si la pente met le souffle à rude épreuve, la nature conserve ici quelque chose de profondément sauvage. Aux chênes, souverains incontestés de ces bois, se mêlent érables, charmes et châtaigniers, composant une forêt touffue où l’homme semble n’être qu’un hôte de passage. À traverser ainsi le cœur de la France, on finit par croire que le pays tout entier n’est qu’une immense chênaie, royaume des sangliers et des sous-bois silencieux. Et dire que certains naïfs s’imaginent encore que la France se résume à Paris, avec quelques landes éparpillées autour ! 
L’ascension se prolonge sur près d’un kilomètre, entre feuillus et broussailles, sur une terre tassée par les passages successifs. Par endroits, le sol prend des allures de glaise, de cette matière collante qui, les jours de pluie, transforme la marche en exercice de haute voltige. Un vrai bonheur, naturellement, pour qui apprécie les semelles lestées de quelques kilos de terre.
À mesure que l’on gagne les hauteurs, la pente finit heureusement par s’assagir. Au sommet de la côte, le chemin retrouve le goudron d’une petite route, à proximité du lieu-dit Bourdailles.
La petite route amorce alors une descente tranquille vers Malause, se glissant entre les lisières boisées, les haies et les paysages ouverts de la campagne. Les horizons s’élargissent peu à peu, tandis que les sous-bois cèdent du terrain aux espaces cultivés.
Un peu plus bas, une autre route bifurque en direction de Sainte-Rose. La civilisation semble reprendre timidement ses droits. Encore faudrait-il pouvoir en rencontrer les habitants ! Car, sur ces petites routes de campagne, les autochtones brillent par leur absence. Seuls ou en petits groupes, les pèlerins poursuivent leur chemin, souvent silencieux, enfermés dans leurs pensées. 
La petite église Sainte-Rose semble s’être égarée au milieu des généreuses étendues de blé qui l’entourent. Édifiée entre les XIIe et XIIIe siècles, puis remaniée à maintes reprises au fil du temps, l’église Sainte-Rose-de-Viterbe a perdu depuis longtemps sa vocation première. Elle ne sert plus aujourd’hui que de modeste chapelle de cimetière, discrète sentinelle d’un passé dont elle conserve, malgré les siècles, quelques traces.
De ces hauteurs, le regard embrasse à nouveau la majestueuse plaine de la Garonne, immense mosaïque de terres cultivées que viennent doucement onduler les collines environnantes.
Au départ de Sainte-Rose, le GR65 se fraie d’abord un passage à travers les blés, avant de s’engager dans une descente herbeuse, entre taillis et sous-bois. Là, sous le couvert des feuillages, flotte encore le parfum suave du chèvrefeuille.

Au détour du chemin apparaît une superbe ferme, de celles qui donnent à l’architecture rurale de la région son caractère si singulier. Dans ses murs, les étroites briques rouges, assemblées à la chaux ou au ciment, alternent avec les moellons de calcaire, composant cette belle alliance de pierre et de terre cuite que le temps a patinée. La demeure semble désormais livrée au silence, comme si la vie s’en était retirée à pas feutrés.

Malause n’est plus qu’à une portée de fusil, blotti juste en contrebas. Une petite route y conduit sans détour, achevant la descente vers le village.
Dans les rues de Malause, on retrouve çà et là cette maçonnerie de briques étroites et de joints apparents, signature familière des constructions de la région. L’église Saint-Jean-Baptiste, avec ses lignes d’inspiration néo-romane, appartient en revanche à une époque bien plus récente. Édifiée au XIXe siècle, elle témoigne de ce goût pour les formes médiévales que l’architecture religieuse affectionnait alors.

Section 4 : Retour le long du magnifique Canal des Deux Mers

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté.

Le GR65 amorce alors sa descente vers les quartiers bas du village, abandonnant peu à peu les hauteurs pour gagner la plaine.
La pente s’efface bientôt, et les pas conduisent jusqu’à la voie ferrée, ultime frontière avant de retrouver les horizons paisibles du canal.

De l’autre côté du pont, le parcours rejoint la variante du GR65, venue elle aussi chercher refuge sur les berges du canal latéral à la Garonne. À en juger par le nombre de pèlerins qui s’y pressent, les charmes des coteaux ne font manifestement pas l’unanimité. Beaucoup préfèrent aux montées et descentes la tranquillité d’un cheminement sans relief, où les kilomètres s’égrènent sans trop solliciter les mollets. À chacun ses goûts, dira-t-on. Ou, plus prosaïquement, à chacun l’état de ses articulations !

Mais revenons quelque peu sur nos pas, jusqu’à l’écluse de l’Espagnette, pour découvrir ce que réserve cette variante à ceux qui ont choisi de laisser les collines à d’autres.
Sous la haute voûte des platanes et des peupliers, le chemin retrouve aussitôt sa paisible ordonnance, longeant le canal par le Chemin de la Pointe. Les arbres y dressent leurs silhouettes majestueuses, comme une haie d’honneur offerte aux marcheurs. D’ici, près de six kilomètres restent à parcourir avant de retrouver le GR65 à Malause.
Sur la rive gauche, les habitations se font si rares que la nature semble avoir repris possession des lieux. La vie humaine s’est plutôt réfugiée sur la rive droite, du côté de la route départementale, mais là encore, les maisons se comptent presque sur les doigts d’une main. Entre les deux berges, le canal poursuit son existence discrète, indifférent à cette parcimonieuse présence humaine.
Aujourd’hui, nulle embarcation de plaisance ne vient froisser la surface verdâtre du canal. L’eau paraît si immobile qu’on en vient à se demander si elle coule encore et, dans l’affirmative, dans quelle direction elle consent à s’écouler. Le silence règne avec une telle assurance que le léger bruissement des pneus d’une bicyclette suffit à annoncer, bien avant son arrivée, la présence d’un cycliste dans votre dos. Inutile de faire retentir une sonnette : le pèlerin, prévenu par ce discret murmure, s’écarte de lui-même.
Ici, rien ne presse. Il suffit de laisser les pieds poursuivre leur ouvrage tandis que le regard s’attarde sur les longues silhouettes des arbres. Leurs feuillages se mêlent aux reflets du canal, dans une profusion de verts où l’on ne distingue bientôt plus très bien ce qui appartient à la terre et ce qui relève de l’eau. Le paysage semble s’être composé tout seul, avec cette simplicité souveraine dont la nature garde jalousement le secret.
On pourrait croire ce petit paradis réservé aux promeneurs rêveurs et aux cyclistes du dimanche, seuls maîtres d’un domaine où la tranquillité paraît régner sans partage. Que nenni ! À deux pas de cette pastorale aquatique, EDF veille sur des installations d’une tout autre envergure. Une centrale nucléaire rappelle que l’industrie sait, elle aussi, se ménager une place au milieu des paysages les plus bucoliques. Voilà de quoi tempérer quelque peu l’illusion d’une nature abandonnée à sa seule fantaisie ! 
Ce n’est pas que la longue promenade au bord du canal manque de charme. Bien au contraire, sa monotonie même invite à la rêverie. Mais l’esprit humain, cet éternel vagabond, finit toujours par réclamer quelque nouveauté. Il lui faut un mouvement, une silhouette, un détail auquel accrocher ses pensées. Aussi la moindre présence humaine, aperçue sur la rive opposée, devient-elle soudain un petit événement, presque une distraction bienvenue dans cette succession de tableaux immobiles.
Par instants, le paysage touche presque au divin. Il est de ces moments privilégiés où tout semble trouver naturellement sa place, où les arbres, l’eau et le ciel se répondent dans une harmonie si parfaite qu’on hésiterait à la troubler d’un seul mot. Le temps paraît alors suspendre sa course, comme si ce modeste ruban d’eau, perdu sous les frondaisons, avait réussi à dérober au monde quelques instants d’éternité.
Puis, au loin, une mince barre métallique vient rompre la longue perspective du canal. D’abord simple trait posé en travers de l’horizon, elle prend peu à peu de l’épaisseur à mesure que l’on avance. Ses contours se précisent, sa structure se dessine : c’est un pont qui, lentement, émerge de la verdure et vient mettre un terme à cette longue échappée sous les arbres. 
Ses contours se précisent, sa structure se dessine : c’est un pont qui, lentement, émerge de la verdure et vient mettre un terme à cette longue échappée sous les arbres. Ce magnifique pont de fer, dont l’élégante ossature enjambe les eaux, ouvre la voie vers la base de loisirs de Saint-Nicolas-de-la-Grave et, au-delà, vers l’intérieur des terres.
Mais c’est aussi du haut de cette passerelle métallique que s’offre un spectacle autrement grandiose : les épousailles du Tarn et de la Garonne. Les eaux du grand fleuve remontent si loin dans celles de son affluent que leurs frontières se brouillent, au point qu’on ne sait bientôt plus à qui appartient quoi. Qu’importe, au fond ! Le spectacle de ces deux géants mêlant leurs destinées a quelque chose de magique. Une certitude demeure pourtant : ici s’achève l’existence du Tarn, dont les eaux se fondent désormais dans celles de la Garonne. Dorénavant, c’est elle qui accompagnera vos pas. Ainsi va la vie des fleuves : les gros finissent presque toujours par avaler les petits. 
Sur la piste cyclable, rien ne semble vouloir troubler l’immuable ordonnance des lieux. Seul, de temps à autre, un train lancé à vive allure surgit de l’autre côté du canal, déchirant un instant la quiétude ambiante avant de disparaître aussi brusquement qu’il était apparu. Puis le silence reprend ses droits, comme si rien ne s’était passé.
Et le canal poursuit son œuvre de séduction, distillant sans compter les charmes de ses longues perspectives ombragées. Derrière le rideau des arbres, la Garonne s’écoule, souveraine et impassible. On la sait toute proche, mais jamais elle ne se montre, pas même un murmure pour trahir sa présence. Étrange voisinage que celui de ce grand fleuve invisible, dont on longe les rives sans jamais surprendre le moindre éclat.
Sur la gauche du chemin, la Garonne poursuit pourtant bel et bien sa course. Encore faudrait-il pouvoir s’en assurer ! EDF semble avoir jalousement confisqué les vues sur le fleuve, ne concédant au promeneur que de rares échappées entre les feuillages. Il faut alors guetter la moindre trouée pour vérifier que le grand cours d’eau n’a pas mystérieusement disparu derrière les frênes, lesquels se permettent parfois de détrôner les platanes dans leur rôle de sentinelles des berges. 
Plus loin, le chemin rejoint le pont-écluse du Petit Bézy, rappel discret que ce long ruban d’eau, malgré ses airs d’abandon, n’est nullement livré à lui-même. À force de cheminer dans une telle solitude, on finirait presque par croire que personne ne se soucie plus de son entretien. Mais les apparences sont trompeuses, et l’animation des lieux doit varier au gré des jours et des saisons. Lors de notre passage, un employé s’affairait justement à dégager les feuillages prisonniers du mécanisme de l’écluse. 
Le long du canal, la campagne semble retrouver un peu de fantaisie. Les cultures se diversifient, et les champs de céréales viennent rompre la succession des paysages jusque-là traversés. 
Par endroits, les platanes déploient une majesté qui force l’admiration. Quel crève-cœur ce serait de voir disparaître ces vénérables géants, comme tant de leurs frères du canal du Midi, victimes du chancre coloré, ce redoutable champignon contre lequel la tronçonneuse demeure l’ultime recours. On aimerait croire ces patriarches à l’abri d’un pareil destin, tant leur présence semble indissociable de l’âme même du canal.
Plus loin, la silhouette d’un pont se dessine à l’horizon. Pour une fois, EDF n’a pas jugé nécessaire de dresser ses habituels panneaux d’interdiction. L’occasion est trop belle pour ne pas jeter un regard vers la Garonne et prendre enfin la mesure de sa largeur. Mais que l’on ne s’y trompe pas : si le fleuve consent à se laisser admirer, il demeure hors d’atteinte. Aucun accès ne permet d’en rejoindre les berges. Il faudra donc se contenter du plaisir des yeux.
Bientôt apparaissent les accès réservés aux pêcheurs, à proximité du pont de Malause qui franchit la Garonne. Quelques aménagements discrets rappellent que le fleuve, si longtemps dérobé aux regards, attire aussi d’autres visiteurs que les marcheurs de passage.
Le chemin se glisse alors sous l’imposant ouvrage, dont la masse tranche avec la paisible horizontalité du canal. Une fois le pont franchi par-dessous, Malause n’est plus bien loin.
Voici bientôt le pont-écluse de Malause, première invitation à quitter la rive pour gagner le village. Mais ne cédez pas à la tentation : ce passage n’est pas encore le vôtre. La variante a ses raisons, et elle entend bien vous faire prolonger quelque peu la compagnie du canal.
Pour un temps, l’itinéraire change de registre. Il délaisse le ruban d’asphalte, devenu presque une seconde nature sous les semelles, pour retrouver la douceur de l’herbe au plus près de l’eau. Le paysage prend ici des allures plus domestiques : une petite extension de Malause s’est installée sur les bords du canal, comme si quelques habitants avaient préféré la tranquillité de ses berges à l’animation du village.
Puis l’asphalte reprend ses droits, et la marche se poursuit le long de petites villas dont les jardins accompagnent désormais le canal. Mais ce n’est là qu’un avant-goût de Malause. L’essentiel du village se tient sur l’autre rive, au-delà de la voie ferrée, laissant à ce quartier riverain le charme un peu à l’écart des lieux où l’on ne fait que passer.
Au terme du lotissement apparaît enfin le pont Palor. C’est ici que les deux itinéraires renouent leurs fils : la variante, fidèle depuis des kilomètres aux eaux tranquilles du canal, retrouve le GR65, qui redescend des hauteurs après avoir préféré les ondulations des coteaux à la facilité des berges..
Pour tous, le chemin reprend bientôt ses droits, déroulant son ruban d’asphalte sous la voûte majestueuse des grands platanes. Le long des berges, les péniches se succèdent, amarrées bord à bord, comme une flottille condamnée à l’immobilité. Ont-elles simplement jeté l’ancre entre deux voyages, ou la crise du logement a-t-elle transformé ces anciennes reines du transport fluvial en demeures flottantes, plus accessibles que les maisons de la terre ferme ? La seconde hypothèse paraît la plus vraisemblable : les marchandises ont depuis longtemps déserté le canal. 
Le spectacle n’en demeure pas moins saisissant. À perte de vue, le canal étire ses perspectives interminables, longues avenues liquides que bordent d’énormes platanes. La monotonie de ces lignes droites, loin de lasser le regard, finit par exercer une étrange fascination.
De part et d’autre de cette artère paisible, la campagne appartient tout entière au monde agricole. Les cultures occupent le terrain, ordonnées et laborieuses, mais les prairies semblent avoir oublié leurs troupeaux.
À l’approche d’un pont jeté sur le canal, une silhouette immobile vient troubler cette longue procession de verdure. Un pêcheur a installé ses lignes au bord de l’eau. Sous la surface opaque se cache tout un petit peuple aquatique : carpes, brèmes, gardons, perches et poissons-chats. Ce dernier, reconnaissable à ses longues moustaches, est un familier des tables asiatiques. Introduit en France à la fin du XIXe siècle, il a depuis largement colonisé les eaux douces du pays. Réputé nuisible, mais parfaitement comestible, il appartient à la grande famille des siluriformes, dont font également partie les silures, ces monstres moustachus aux proportions parfois démesurées, qui traînent derrière eux une réputation de fléaux des rivières.

C’est dans ce décor presque irréel que surgit le Pont du Capitaine. Ces ouvrages, modestes sentinelles de pierre ou de béton, jouent ici le rôle des phares en mer. Ils scandent la marche, jalonnent les distances et donnent au voyageur le sentiment rassurant d’avoir gagné un peu de terrain sur l’infini des lignes droites.

Sur les berges, le ruban d’asphalte appartient à une petite humanité en mouvement : promeneurs du dimanche, cyclistes pressés, joggeurs appliqués et pèlerins au long cours. À première vue, rien ne distingue vraiment ces voyageurs, sinon peut-être le poids du sac et la manière d’habiter le temps. Les uns filent, avalant les kilomètres comme s’ils avaient rendez-vous avec l’horizon. Le pèlerin, lui, n’a guère de comptes à rendre à la montre. Il musarde. Là où d’autres cherchent à gagner du temps, il semble avoir choisi d’en prendre.
Un peu plus loin, une écluse vient rompre la tranquille continuité du canal. À contempler cette campagne plate comme la main, on pourrait croire que l’eau n’a qu’à suivre son chemin, sans jamais rencontrer le moindre obstacle. Mais le relief, si discret soit-il, impose parfois ses caprices.
Voici l’écluse n° 28, celle du Braguel, dernière halte de ce genre sur l’itinéraire du jour. Le temps des éclusiers semble ici révolu. Peut-être quelques étudiants viennent-ils, à la belle saison, prêter main-forte aux navigateurs de passage ? En dehors de ces hypothétiques renforts, les plaisanciers paraissent livrés à leur propre savoir-faire. Encore faut-il maîtriser le jeu des commandes hydrauliques, ouvrir et refermer les portes, laisser l’eau envahir le sas ou s’en retirer, jusqu’à ce que le bateau retrouve le niveau de son prochain horizon.
Sur les deux rives, la campagne déploie ses terres généreuses, livrées presque tout entières aux cultures, notamment aux oléagineux qui étendent leurs parcelles à perte de vue. Profitez encore de ce décor somptueux, de cette longue parenthèse de verdure et de silence, car les heures au bord de l’eau sont désormais comptées. Bientôt, le parcours tournera le dos à la magie du canal, à ses perspectives infinies et à l’ombre tutélaire de ses platanes.
Voici déjà le dernier ouvrage de cette longue promenade au fil de l’eau : le Pont de Pommevic. On aurait volontiers prolongé l’enchantement, suivi encore quelques kilomètres ces berges paisibles où le temps semble s’écouler aussi lentement que l’eau. Mais ici, le GR65 prend congé du canal et s’offre un léger crochet vers Pommevic, en franchissant le pont.
Pommevic n’est qu’à deux pas, blotti près du canal, le long de la grande route départementale. Le village présente çà et là quelques-unes de ces demeures qui font le charme discret de l’architecture locale. Le calcaire blanc et rose y dialogue avec la brique, dans un assemblage de matériaux et de teintes que les joints de chaux unissent avec une élégance sans prétention. Rien de monumental, mais cette harmonie tranquille des vieilles maisons qui semblent avoir emprunté leurs couleurs à la terre dont elles sont nées.
Non loin de là subsiste un lavoir d’un autre âge, humble témoin du temps où les lessives rassemblaient les femmes du village autour de l’eau et des nouvelles du jour. Le café voisin, lui, n’a rien perdu de sa vocation. Pèlerins de passage et habitués du pays s’y retrouvent.
Une grande croix métallique marque ensuite le départ d’un petit détour à travers le village. L’occasion de découvrir d’autres façades de briques, d’apercevoir la tour du château et de pousser jusqu’à l’église, comme autant de modestes jalons d’un passé qui n’a pas entièrement déserté les lieux.
L’église Saint-Denis remonte au XIe siècle, mais de son berceau roman ne subsistent guère qu’un pan de mur, la base du clocher et l’abside. Le reste a traversé les siècles au gré des transformations, sans que l’ensemble offre aujourd’hui de quoi retenir longtemps les amateurs de vieilles pierres. Pour le reste, le détour se laisse parcourir sans révéler de trésor véritablement exceptionnel.
Puis la route s’échappe progressivement du village, traverse les abords moins pittoresques de ses ronds-points et reprend sa course vers les canaux. 

Section 5 : Sur la morne plaine de la Garonne avant d’arriver à Auvillar

Aperçu général des difficultés du parcours : sans difficulté, si ce n’est la rampe vers le bourg.

Depuis le carrefour, le GR65 emprunte la route départementale qui file vers Auvillar. Il franchit successivement le canal latéral à la Garonne, puis le canal de Golfech, cette dérivation du fleuve qui alimente les installations de la centrale nucléaire. La Garonne, elle, a choisi de s’éloigner à travers la plaine, abandonnant pour un temps les marcheurs à leur sort. On retrouvera ses eaux du côté d’Auvillar.

Mais voici que surgissent à l’horizon deux silhouettes proprement monstrueuses : les tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Golfech. Monstrueuses, le mot n’a rien d’excessif. Avec ses deux réacteurs et ses tours culminant à 170 mètres, les plus hautes d’Europe, le complexe impose sa démesure à toute la contrée. De quelque colline que l’on contemple le pays, impossible d’échapper à ces deux gigantesques verrues de béton, coiffées de leurs éternels panaches de vapeur. Elles règnent sur l’horizon avec une insolence tranquille, comme si la technologie moderne avait décidé de rappeler à la campagne qui était désormais le maître des lieux.

Jusqu’à Espalais, les marcheurs devront prendre leur mal en patience. Le GR65 s’étire sur une petite route goudronnée, désespérément plate, qui traverse la campagne pendant de longs kilomètres.
Aujourd’hui, tournesols et maïs se partagent les terres, déployant leurs cultures jusqu’aux limites du regard. Demain, au gré des saisons et des rotations agricoles, le blé prendra peut-être leur place. Les récoltes changent, mais le décor conserve cette même géométrie obstinée, faite de grandes parcelles et de lignes qui semblent ne jamais vouloir finir.
Un peu plus loin, les aménageurs du GR65 ont tout de même consenti aux marcheurs une petite fantaisie : quelques centaines de mètres dans l’herbe, histoire de rompre avec la tyrannie du goudron et de frôler les rives d’un petit lac. La plaine, généreusement arrosée, est d’ailleurs semée d’étangs et de pièces d’eau, autant de miroirs épars dans cette vaste mosaïque agricole.
Mais l’illusion est de courte durée. Nulle berge accueillante pour étendre sa nappe de pique-nique, nul coin propice pour délasser dans l’eau des pieds échauffés par la marche. Le lac se laisse regarder, guère davantage. Et déjà, comme rappelé à l’ordre, le GR65 retrouve le goudron.
Dans cette immense plaine où se succèdent cultures oléagineuses et céréalières, le maraîchage occupe lui aussi une place de choix. La terre travaille, produit, nourrit, sans se soucier le moins du monde des états d’âme du pèlerin. Tout ici respire l’agriculture laborieuse, mais bien peu invite à la contemplation.
Peu à peu, la route se rapproche d’Espalais. Et voilà qu’au-dessus de la plaine, une silhouette vient enfin rompre la monotonie de l’horizon. Là-haut, perchée sur sa colline, Auvillar se dessine comme une promesse de relief, de vieilles pierres et, peut-être, de rues plus aimables.
Quant à Espalais, on l’attend désormais comme une délivrance. Non que le village promette nécessairement des merveilles, mais après cette longue traversée sans surprise, la simple perspective de retrouver quelques maisons, des rues et un semblant de vie suffit à ranimer les jambes. 
Dès l’entrée d’Espalais, une halte mérite tout particulièrement l’attention du pèlerin : le Par’Chemin, sans doute l’un des plus beaux gîtes de tout le Chemin de Compostelle. Ici, l’hospitalité n’est pas un vain mot.
Espalais surprend ensuite par sa propreté presque irréprochable. Pas une feuille égarée, pas le moindre papier abandonné au vent : les rues sont si impeccables qu’on pourrait presque y dresser la table. Faut-il voir dans cette perfection municipale la main généreuse d’EDF, soucieuse de faire oublier les deux géants de béton qui dominent le voisinage ? On serait tenté de le croire. La centrale de Golfech, qui emploie près d’un millier de personnes, fait vivre une partie du pays, et nombre de ses salariés doivent sans doute avoir élu domicile dans les environs.
L’église Saint-Orens, de construction relativement récente, ne prétend guère rivaliser avec les grands sanctuaires chargés de siècles. Pourtant, son petit parc attenant offre aux pèlerins une halte appréciable, un coin de repos où l’on peut déposer son sac et reprendre son souffle. Sous le regard de la Vierge et du Christ, une pensée vient presque malgré soi : puissent ces célestes protecteurs veiller sur les habitants d’Espalais et leur épargner à jamais les conséquences d’un hypothétique accident nucléaire ! 
À la sortie du village, le GR65 reprend sa course en direction du pont sur la Garonne. Voici enfin le grand fleuve, retrouvé comme une vieille connaissance dont on avait momentanément perdu la trace.
De l’autre côté du pont, Auvillar se dresse sur les hauteurs qui dominent la Garonne, offrant déjà la promesse d’un tout autre décor. Mais avant de gagner ses vieilles pierres, un dernier regard embrasse la plaine et, inévitablement, la centrale de Golfech. Ses gigantesques tours s’imposent encore à la vue, tandis que leurs panaches de vapeur s’élèvent dans l’azur, pareils à d’immenses colonnes d’encens offertes au firmament. Étrange prière que celle de ces cathédrales industrielles, dont les nuages artificiels semblent vouloir rivaliser avec ceux du bon Dieu.
Au-delà du pont, la route conduit au pied du bourg d’Auvillar, près de l’ancien port, où se dresse encore la chapelle Sainte-Catherine-du-Port. Il faut remonter loin dans les siècles pour retrouver les origines de cette activité fluviale, jusqu’aux temps où les rivières tenaient lieu de grandes routes commerciales. Bien avant que les chaussées modernes ne sillonnent le pays, la Garonne charriait déjà son cortège de marchandises, de bateliers et de voyageurs. Un péage est attesté ici avant le XIIe siècle, et l’on imagine sans peine l’animation qui devait régner sur ces berges. Les embarcations se succédaient, les hommes s’affairaient, les taxes se percevaient et les auberges prospéraient au rythme des passages obligés.
Au Moyen Âge, les bateliers avaient coutume d’élever, dans les cités fluviales soumises au péage, des chapelles dédiées à sainte Catherine, protectrice des gens de la rivière et patronne des philosophes. Celle d’Auvillar plonge ses racines dans une histoire particulièrement ancienne, que certaines traditions font remonter jusqu’à l’époque carolingienne, bien avant le Xe siècle. Les documents demeurent toutefois imprécis, et les pierres, si elles ont de la mémoire, ne livrent pas toujours leurs secrets. L’édifice aurait été partiellement reconstruit au XIVe siècle, sous l’impulsion du pape Clément V. Quoi qu’il en soit, il suffit de considérer l’usure de ses murs pour comprendre que cette vieille dame n’est pas née d’hier. Ses maçonneries portent l’empreinte de la brique, si familière à l’architecture de la région, et lui confèrent cette patine que les siècles seuls savent déposer. Un détail, pourtant, vient troubler cette évocation du passé : l’allée de la villa voisine, qui longe l’édifice avec une désinvolture toute contemporaine. Étrange voisinage que celui de cette demeure privée et d’une chapelle chargée de tant d’histoire.
Aux abords de l’ancien port, les maisons prolongent l’harmonie architecturale de la chapelle Sainte-Catherine. Partout, la brique se mêle à la pierre et aux enduits clairs, dans cette alliance de matières et de couleurs qui donne aux villages de la région leur physionomie si particulière.
Mais pour gagner le cœur d’Auvillar, il faut d’abord payer son tribut à la pente. Depuis le port, la route s’élève avec une sévérité peu commune.
À mi-pente, une belle surprise vient interrompre l’ascension. Presque suspendu au flanc de la muraille, un ancien lavoir semble s’être accroché à la pierre pour défier les années. Partiellement restauré, il conserve le charme de ces lieux où les lavandières échangeaient autrefois leurs nouvelles au fil de l’eau.
Au sommet de cette rude grimpée, la route passe au pied de la magnifique bâtisse du gîte communal. Puis les ruelles se resserrent, les pavés remplacent l’asphalte, et les hauts murs des demeures anciennes conduisent vers le centre du bourg. Les façades hésitent entre le jaune pâle, le rose, le blanc et l’ocre, dans une harmonie de briques, de pierres et de chaux.
Avec son millier d’habitants, Auvillar appartient au cercle prestigieux des Plus Beaux Villages de France. Et, pour une fois, le titre ne paraît nullement usurpé. Bien des villages arborent cette distinction sans posséder une telle unité d’ensemble. Au cœur de la place pavée trône une merveille : une halle circulaire édifiée en 1825, véritable bijou d’architecture, sans doute l’une des plus belles du Sud-Ouest, pourtant riche en halles remarquables. Ses proportions élégantes, la justesse de ses lignes et l’ordonnance des maisons environnantes composent un ensemble d’une rare cohérence. Ici, l’harmonie règne sans partage.
Tout autour de la place, les belles demeures anciennes s’alignent sous les arcades, mêlant la brique aux enduits de chaux. Leurs façades ont traversé plusieurs siècles, sans toutes remonter aux temps reculés du haut Moyen Âge. Peu importe leur âge exact : elles possèdent cette noblesse tranquille des architectures qui ont su vieillir ensemble, sans rompre l’accord des formes et des couleurs.
Face à la halle se dresse la superbe Tour de l’Horloge, porte monumentale du XVIIIe siècle qui marque l’entrée de la vieille ville. Dans une ruelle voisine, un petit musée rappelle la renommée des faïences d’Auvillar aux XVIIIe et XIXe siècles. Depuis le port, les bateaux emportaient alors cette précieuse vaisselle vers des destinations lointaines, au fil de la Garonne, grande artère commerciale de la région.
Et comment ne pas s’arrêter devant l’hôtel local, qui jouxte la tour ? Sa belle ordonnance et son élégance sans ostentation ajoutent encore au charme de cet ensemble remarquable. À Auvillar, les façades semblent rivaliser de grâce sans jamais tomber dans la démesure.
Un peu plus loin, l’église Saint-Pierre mérite également la visite. Héritière d’un ancien prieuré bénédictin du XIIe siècle, remaniée au fil du temps, elle marie les héritages roman et gothique, sans renier la brique rouge si chère aux bâtisseurs de la région. À l’intérieur, la lumière adoucit la solennité des volumes et confère à l’ensemble une belle sérénité.

Il ne reste plus qu’à flâner dans les ruelles, au gré des pavés et de la curiosité. Avant de quitter Auvillar, accordez-vous pourtant un dernier regard sur la Garonne. Là-bas, au pied des coteaux, le grand fleuve poursuit sa course vers Bordeaux, la Gironde et l’océan. Un dernier regard sur ses eaux, et il faut lui dire adieu,

Alloggi sulla Via Podiensis

  • Gîte La Dilettante, Philippe (pèlerin), 13 Avenue de Toulouse, Malause; 07 67 16 32 23; Gîte, cena, colazione, cucina
  • Gîte de l’Écluse 28, 7 Impasse du Canal, Pommevic; 06 63 40 04 90; Gîte, cena, colazione
  • Gîte Chez Yves, 8 Avenue de Toulouse, Pommevic; 06 62 40 10 55; Gîte, cena, colazione, cucina
  • Le Par’Chemin, 34 Avenue de Montplaisir, Espalais; 06 63 57 54 65; Gîte e tende, cena, colazione, cucina
  • Chambres d’hôtes Le Clos d’Espalais, 8 Route de Timbrune, Espalais; 06 19 10 91 28; Pensione, cena, colazione
  • Accueil Les Amis de St Jacques, Monique (pèlerine), 23 Blvd de la Papayette, Auvillar; 07 84 92 75 15; Gîte, cena, colazione, cucina
  • Gîte La P’tite Graine, Mathieu (pèlerin), 14 Place de la Halle, Auvillar; 07 89 31 42 59; Gîte donativo, cena, colazione, cucina
  • Gîte La Maison Necty, 6 Rue du Palais, Auvillar; 06 78 56 31 62; Gîte, cena, colazione, cucina
  • Gîte Sur le Chemin, 10 Rue du Palais, Auvillar; 06 83 41 17 03; Gîte e Pensione, cena, colazione, cucina
  • Gîte Little India, 6 Rue de la Sauvetat, Auvillar; 07 89 31 42 59; Gîte, cena, colazione, cucina
  • Gîte Communal, Ancien Presbytère, Auvillar; 05 63 39 89 82; Gîte, cucina
  • Gîte Le Clos d’Alange, 470 Chemin du Moulin, Auvillar; 05 63 94 76 84/06 75 49 14 57; Gîte, cucina
  • Gîte Cellario, 59 Chemin du Moulin, Auvillar; 06 33 15 86 18/06 95 63 91 82; Gîte, cucina
  • Gîte Desprez, 761 Chemin du Moulin, Auvillar; 06 10 93 56 25; Gîte, cena, colazione, cucina
  • Gîte Place du Château, Elisabeth (pèlerine), 2 Place du Château, Auvillar; 06 6693 30 74/06 04 02 98 36; Gîte, cena, colazione, cucina
  • Chambres d’hôtes Les Gîtes du Marchet***, 11 Rue Marchet, Auvillar; 06 19 10 91 28; Pensione, cena, colazione
  • Chambres d’hôtes Les Moines, 1 Impasse des Moines, Auvillar; 06 85 20 74 35; Pensione, cena, colazione
  • Hôtel-restaurant de la Tour, 2 Place de l’Horloge, Auvillar; 05 63 04 20 85; Hotel, cena, colazione

Di anno in anno, il Cammino di Santiago si trasforma e si reinventa seguendo il ritmo delle stagioni e dei passi dei pellegrini. Alcune strutture ricettive chiudono i battenti, mentre altre, modeste o inaspettate, vedono la luce. Sarebbe quindi illusorio pretendere di stilare un elenco immutabile ed esaustivo. Questa selezione comprende esclusivamente gli alloggi situati direttamente lungo l’itinerario o a meno di un chilometro da esso. È stata aggiornata nel 2026 e non dovrebbe quindi subire cambiamenti sostanziali nei prossimi anni. Per chi desidera approfondire la ricerca, una guida rappresenta un punto di riferimento imprescindibile: Miam Miam Dodo, facilmente reperibile online. Il suo principale pregio è l’aggiornamento annuale. La guida non si limita infatti agli alloggi situati direttamente lungo il percorso, ma segnala anche strutture più distanti dal tracciato, una risorsa particolarmente preziosa quando l’affluenza dei pellegrini rende più difficile trovare un posto nelle località di tappa abituali. Vi si trova inoltre una grande quantità di informazioni pratiche: bar accoglienti, ristoranti lungo il percorso e provvidenziali panetterie, tutte soste gradite che scandiscono il viaggio. A queste risorse tradizionali si aggiunge ormai una presenza divenuta imprescindibile: Airbnb. La piattaforma si è affermata come uno dei principali riferimenti nel panorama turistico, anche nelle regioni più tranquille o economicamente meno favorite. Tuttavia, come è noto, gli indirizzi esatti non vengono mostrati immediatamente, il che richiede una certa pianificazione. Sul Cammino, trovare un letto all’ultimo momento può talvolta dipendere da un fortunato colpo di sorte. Ma la fortuna, per sua natura, non può costituire una strategia. È quindi vivamente consigliato prenotare in anticipo. Infine, al momento della prenotazione, ricordatevi di chiedere se sono disponibili la cena e la colazione. Dettagli apparentemente insignificanti, ma che possono rendere molto più piacevole una lunga giornata sul Cammino.

Se si fa un inventario della capacità ricettiva, si contano circa 60 posti letto prima di raggiungere Auvillar, il che lascia supporre che molti pellegrini scelgano di fermarsi prima. Ad Auvillar stessa, l’offerta si amplia, con quasi 120 posti letto disponibili. Se la Via Podiensis registra generalmente tra i 100 e i 200 camminatori, dopo Cahors il numero dei pellegrini tende a diminuire. Trovare un alloggio durante questa tappa non dovrebbe quindi presentare particolari difficoltà, anche se è sempre consigliabile prenotare in anticipo.

Questi itinerari attraversano territori spesso scarsamente popolati, dove negozi e altri servizi sono piuttosto limitati. I ristoranti sono rari, così come i negozi di alimentari, che spesso non sono altro che piccoli punti vendita locali dove, oltre al pane, si trovano soltanto alcuni ortaggi e prodotti lattiero-caseari. A Malause si trovano un negozio di alimentari, una panetteria e una farmacia. È inoltre possibile mangiare a Pommevic. Sono disponibili punti d’acqua a Pommevic, dove si trovano anche servizi igienici, e a Espalais. Auvillar è un grazioso borgo dotato dei negozi e dei servizi essenziali. Infine, numerose aziende offrono servizi di trasporto bagagli o di trasferimento verso il punto di partenza. Tra queste, La Malle Postale rappresenta uno dei servizi di riferimento.

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Tappa prossima : Tappa 23: Da Auvillar a Miradoux
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