D’un bourg à l’autre, perchés sur les collines
DIDIER HEUMANN, MILENA DALLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.
Pour ce parcours, voici le lien:
https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-lascabannes-a-lauzerte-par-le-nouveau-gr65-54196085
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Tous les pèlerins ne sont pas forcément à l’aise avec la lecture des GPS ou la navigation sur un portable, d’autant plus qu’il existe encore de nombreuses zones sans connexion Internet. C’est pourquoi, pour faciliter votre voyage, un livre dédié à la Via Podiensis du Puy-en-Velay à Cahors est disponible sur Amazon. Bien plus qu’un simple guide pratique, cet ouvrage vous accompagne pas à pas, kilomètre après kilomètre, en vous offrant toutes les clés pour une planification sereine et sans mauvaises surprises. Mais au-delà des conseils utiles, il vous plonge dans l’atmosphère enchanteresse du Chemin, capturant la beauté des paysages, la majesté des arbres et l’essence même de cette aventure spirituelle. Seules les images manquent : tout le reste est là pour vous transporter.
En complément, nous avons également publié un second livre qui, avec un peu moins de détails mais toutes les informations essentielles, décrit le parcours global du Puy-en-Velay à St Jean-Pied-de-Port. À vous de choisir votre parcours.
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Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.
La journée se passe encore dans le Quercy Blanc, ce vaste plateau, avec parfois des collines, ayant pour assise de larges bancs de calcaires et de marnes. Les sols, souvent faits de calcaires tendres, d’argile ou de sable, vont du blanc le plus soutenu au brun clair. La lumière flatte souvent les moellons calcaires blancs de maisons assez cossues. La végétation devient déjà presque méditerranéenne. Les petits chênes dominent encore le paysage, mais on voit aussi des érables, des châtaigniers, des buis touffus, et des herbes folles. Si, de Cahors à Lascabannes, les terres gagnées sur les sous-bois, étaient avant tout des prés, ici les espaces dévoués aux cultures surpassent les surfaces fourragères. La forêt disparaît grandement. Aujourd’hui, le parcours se balade entre les départements du Lot et du Tarn-et-Garonne. Quelques petits vallons taillent un paysage assez horizontal. On se rapproche peu à peu des vastes champs de blé et de tournesol du département du Tarn-et-Garonne, que vous rejoindrez en fin d’étape. La succession des plateaux et des vallées fait toute la richesse du paysage. Les coteaux présentent des courbes douces, mises en valeur par les sillons des labours. Dans les vallées humides, de nombreux peupliers, aulnes et platanes rivalisent avec les haies, les bouquets d’arbres autour des fermes, et les très nombreux bosquets de chênes. Les pâturages apportent au paysage une note méditerranéenne et sauvage, implantés sur de petites collines hérissées de petits chênes dont la silhouette rabougrie se découpe sur fond de ciel, piquetée de genévriers et de genêts, qui au printemps ondulent sous le vent. Les paysages cumulent des horizons dégagés sur les plateaux, des passages ombragés dans les sous-bois, et de belles perspectives sur les vallons et les combes. En fait, les paysages des plateaux forment une sorte de toile de fond dans laquelle viennent s’inscrire les motifs des vallées. Le pays hésite entre une tradition de polyculture et d’élevage. La diversité et la richesse des sols favorisent une polyculture qui se décline en céréales et fourrage.
L’architecture des maisons et des fermes qui forment l’héritage rural du Quercy Blanc est caractérisée par des toits à faible pente couverts en tuiles canal, faites de moellons blancs équarris. Le paysage médiéval trouve confirmation dans la traversée des bourgs, avec leurs ruelles étroites, leurs petites bastides, leurs fenêtres ogivales. Ici, la blancheur du calcaire éclate encore, nuancée parfois de jaune, de rose, voire de bleu. De nombreux pigeonniers sont encore visibles.
Ici, encore les organisateurs se sont laissés aller à modifier le GR65. Cela va faire maintenant près de 5 étapes que le parcours a été changé ces dernières années. Bon, pas toujours de manière majeure, mais tout de même ! Ici, aussi, contrairement à l’étape de Livinhac, on dira que le changement a été salutaire. Jadis, avant Montcuq, il fallait suivre la route départementale sur une grande distance. Maintenant, le parcours a été remplacé par un très beau gymkhana dans la nature sauvage. Merci.
Difficulté du parcours : Les dénivelés du jour sont assez raisonnables (+538 mètres/-516 mètres)pour une longue étape. Au niveau des difficultés du parcours, c’est une journée tranquille. Il n’y a guère à signaler qu’une montée raide au débute de l’étape, puis une montée sévère et une descente rude près de Montlauzun, auxquelles il faut ajouter la montée pentue sur la colline de Lauzerte en fin de journée.

Etat du GR65: Les parcours sur chemins sont nettement à l’avantage :
- Goudron : 6.6 km
- Chemins : 18.2 km
Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.
Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.
Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Section 1 : Jusqu’au bout du Causse du Quercy

Aperçu général des difficultés du parcours : quelques pentes assez prononcées pour monter à la chapelle St Jean, puis parcours sans aucune difficulté.

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Aujourd’hui, le GR65 prend congé de la place de l’église et met le cap sur St Géry et Sabatier. À peine les dernières maisons derrière soi, une petite route se laisse doucement glisser vers la campagne, entre les prés, les tournesols et les céréales, avant de venir mourir devant l’entrée du domaine de St Géry.
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Mais les pèlerins n’en franchiront pas les portes. Et puis, franchement, qu’iraient faire dans cette noble retraite ces voyageurs au long cours, avec leurs sacs sur le dos et leurs souliers crottés par des centaines de kilomètres ?

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À eux la route, donc, qui ne tarde pas à perdre son goudron et ses bonnes manières pour devenir un chemin de cailloux bien décidé, lui, à prendre de la hauteur.
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En contrebas se dévoile alors le Domaine de St Géry, auguste demeure de charme où gens fortunés et têtes couronnées viennent, paraît-il, mettre un peu de distance entre leur tranquillité et les objectifs des paparazzi. De là-haut, l’ensemble prend des airs de minuscule village : une maison seigneuriale, une grange, un pigeonnier et, posé au milieu de la verdure comme une pierre précieuse, un ravissant petit lac. Deux mondes se regardent ainsi sans vraiment se rencontrer : en bas, le refuge des privilégiés ; en haut, les pèlerins et leur maison portée sur le dos. Autant dire que ces derniers ne doivent guère s’attarder ici. Pour ne pas dire jamais.
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La terre battue prend bientôt le relais et déroule son long ruban couleur d’argile à l’assaut de la colline.
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Chênes et frênes forment bientôt une garde d’honneur au-dessus de la montée, qui conduit jusqu’au lieu-dit Sabatier, où les marcheurs en quête d’une nuit un peu différente pourront troquer, le temps d’un soir, dortoir et chambre contre une yourte. Mais après cette parenthèse, les causses reprennent leurs droits. Et avec eux leurs fameux « délices » : sous les semelles, la pierre ; devant les mollets, une pente qui dépasse allègrement les 10 %.
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Le décor n’a d’ailleurs rien oublié de la panoplie locale : de la caillasse à profusion, des chênes serrés et drus, de la pierre encore, et puis des cailloux pour ceux qui n’en auraient pas eu assez. Le causse ne fait jamais les choses à moitié.
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C’est toujours lui, avec sa beauté austère et son inévitable rudesse. Mais voilà qu’au bord du chemin surgit une vieille connaissance : une « caselle » aux lourds blocs de pierre que les années et la mousse ont patiemment grignotés. Tiens donc ! On les avait presque oubliées, ces sentinelles de pierre sèche rencontrées si souvent auparavant. Celle-ci semble ouvrir sa porte au passant comme pour un dernier salut, car il y a peu de chances d’en retrouver beaucoup plus loin sur le parcours.
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| Un dernier muret couvert de mousse accompagne encore quelques pas le marcheur, ultime frontière d’un monde minéral qui bientôt s’efface. Puis le causse se retire et, sous les semelles, revient cet ingrat compagnon dont on se passerait volontiers : le goudron. |
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La pente, heureusement, s’assagit. Entre chênes et frênes, la petite route se hausse tranquillement à travers la campagne jusqu’au sommet de la colline.
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Là-haut, un panneau vient offrir au pèlerin l’un de ces petits dilemmes dont le chemin a le secret. D’un côté, Le Clos de Gamel, hébergement accueillant mais situé à l’écart du parcours. Or huit cents mètres, dans la vie ordinaire, ce n’est presque rien ; au terme d’une journée de marche, ils peuvent soudain prendre des allures de bout du monde. Les pèlerins hésitent donc souvent avant de consentir à ce genre d’escapade et ne s’y résolvent généralement que lorsque les lits se sont faits rares ailleurs. Miam Miam Dodo, fidèle ange gardien des ventres creux et des marcheurs en quête d’un toit, répertorie justement ces hébergements qui obligent à quelques infidélités au chemin. Dans l’autre direction, nul besoin de négocier avec ses jambes : la chapelle de St Jean Le Froid n’est qu’à deux pas.
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Encore faut-il lever les yeux pour la découvrir. Belle et majestueuse, la chapelle se tient juste au-dessus du chemin, presque secrète sous la grande voûte des arbres qui la soustrait aux regards pressés.
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Récemment restaurée, la chapelle de St Jean Le Froid veille sur un lieu auquel les hommes ont longtemps prêté des vertus qui dépassaient largement celles de la prière. Pendant des siècles, on est venu jusqu’ici boire l’eau d’une source voisine ou s’en frictionner le corps, avec l’espoir de voir les rhumatismes s’évanouir comme par enchantement. La foi aidant, peut-être le miracle opérait-il parfois. Quant aux pèlerins d’aujourd’hui, après quelques centaines de kilomètres avalés à pied, ils seraient bien capables de demander à la source un prodige plus modeste : faire disparaître ampoules, cors et autres misères du marcheur !
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Dès que l’on quitte la chapelle, le paysage se métamorphose. Pour quelques centaines de mètres au moins, on laisse derrière soi les derniers relents du causse, ses pierres et ses bosquets de chênes, pour les grandes cultures du Quercy Blanc, aux confins du département du Lot. Les horizons, moins découpés, s’ouvrent soudain et le regard porte si loin qu’il semble se perdre dans un inaccessible infini. Le Chemin de Compostelle tourne ici définitivement le dos aux contreforts du Massif Central. Désormais, ce seront les collines, jusqu’à ce que surgissent, au bout du voyage, les Pyrénées.
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Une large piste de terre file droit entre les cultures. Sous les pas, le sol est si pâle qu’on se croirait presque sur du sable. Mais après tout, ne traverse-t-on pas le Quercy Blanc ?
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Depuis Le Puy, le pèlerin avait surtout connu landes, alpages, rochers et futaies : cette nature un peu sauvage où il fait bon méditer, rêvasser et cheminer parmi les troupeaux. D’autres préfèrent à cette aimable anarchie la géométrie des champs, les longues perspectives et la belle ordonnance des vignes, des blés et des vergers. Ceux-là trouveront ici leur Éden. Quelques chênes et frênes solitaires hantent encore l’immensité des cultures.
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Peu après, de nouvelles directions indiquent le Clos de Gamel et Escayrac, où les sœurs accueillent les pèlerins, tous deux légèrement à l’écart du parcours.
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Bien sûr, le paysage change de visage au fil des saisons. Il suffit parfois de quelques semaines pour ne plus reconnaître un lieu que l’on croyait familier.
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Alors, jouons un peu avec le calendrier. Nous sommes au début de l’été et une grande partie des blés a déjà été récoltée : le paysage a perdu de ses couleurs. Revenons quelques semaines en arrière, à la fin du printemps. La terre est toujours aussi blanche, mais les genêts sont encore en fleurs et les jeunes blés déroulent leur tapis vert. Beaucoup les préfèrent ainsi, lorsqu’ils ondulent sous le vent comme une mer végétale.
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Les parcelles s’étendent ici à perte de vue, à peine ponctuées de quelques bosquets et alignements d’arbres. L’espace paraît moins morcelé, presque linéaire. Début juillet, les blés d’hiver et de printemps ont déjà été récoltés ; seuls l’avoine et le triticale attendent encore la moisson. Ailleurs se succèdent chaumes, jachères et terres en attente d’une nouvelle culture.
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Un peu plus loin, le relief recommence à onduler. On croirait presque le causse revenu nous faire ses adieux : pins, frênes et même quelques charmes, rares dans la région, se mêlent à nouveau aux chênes.
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Mais ce retour est de courte durée. Bientôt, le causse s’efface une nouvelle fois et rend le paysage aux cultures.
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Peu après, le chemin gravit une petite butte et rejoint une route agricole, qu’il ne suivra que quelques instants.
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Section 2 : Dans les céréales du Lot

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

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Et le jeu se perpétue le long de la crête, sur ce chemin de terre qui épouse les ondulations du relief, passant de butte en butte entre les haies et les champs de céréales. Tantôt il s’élève légèrement, tantôt il s’abaisse, comme s’il se plaisait à suivre les caprices de cette campagne doucement vallonnée.
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Puis, le GR65 change une nouvelle fois de visage. La terre battue cède la place à un sentier plus discret, qui se glisse dans les herbes folles avant de chercher refuge sous les arbres. C’est ici encore que le tracé a été modifié. Jadis, l’itinéraire traversait les champs un peu plus haut, sur un large chemin de terre ouvert sur la campagne. On lui a préféré aujourd’hui une ligne plus directe, qui s’enfonce dans les sous-bois par un étroit sentier. Le raccourci est pourtant bien modeste : à peine deux cents mètres gagnés sur l’étape.
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C’est un peu comme un retour du causse, avec cette végétation familière qui reprend ses droits sous la voûte des feuillages. De grands chênes dominent le sous-bois, accompagnés de cornouillers, d’érables de Montpellier, de charmes et de châtaigniers. Le marcheur retrouve ici, l’espace d’un instant, quelque chose des paysages traversés plus tôt, comme un dernier écho de ces terres calcaires avant que le décor ne change à nouveau.
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À la sortie du couvert, la lumière revient et le sentier rejoint la départementale D4. Changement de décor assez brutal : après l’intimité des arbres et le fouillis végétal du sous-bois, vous voici désormais à hauteur de la déchetterie de Montcuq.
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Autrefois, le chemin descendait d’un peu plus haut, à travers un océan de céréales où dominaient les blés. Les champs s’étendaient à perte de vue, déroulant leurs vagues blondes sur les ondulations du paysage : un spectacle simple et majestueux, de ceux qui arrêtent un instant le regard et presque le pas. Pourquoi le tracé a-t-il été déplacé ? Les paysans se sont-ils lassés de voir passer, saison après saison, le long cortège des pèlerins au milieu de leurs terres ? Nul ne le saura sans doute jamais. Mais qu’importe finalement. Si la traversée des champs avait de l’allure, elle conduisait plus bas jusqu’à la départementale, qu’il fallait ensuite longer. Un autre passage a donc été imaginé : il sacrifie certes les grandes perspectives sur les blés, mais ne manque pas pour autant de charme.
Aujourd’hui, sitôt la route atteinte, un large chemin s’en échappe à angle droit et entraîne de nouveau le marcheur vers la campagne.
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La piste de terre file maintenant à plat au milieu des prés, dans une campagne qui retrouve un instant ses horizons ouverts. Et le chêne n’est pas seul maître des lieux : çà et là, frênes et noyers viennent rompre son règne et mêler leurs silhouettes à celles des haies qui bordent le chemin.
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Puis, peu à peu, la campagne s’efface. Le chemin délaisse les prés et se glisse sous les arbres, comme happé par l’ombre du sous-bois.
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Il pénètre bientôt sous une belle voûte de feuillus, où la lumière ne descend plus qu’avec parcimonie. Au bord du passage surgit alors un imposant rocher de calcaire, lentement travaillé par les siècles, creusé jusqu’à prendre les allures d’une grotte naturelle.
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La marche prend ici une tout autre saveur. Sous l’épaisseur des feuillages, le large chemin se resserre peu à peu et devient simple sentier. Chênes, châtaigniers, charmes, érables et cornouillers composent désormais un décor plus secret, presque enveloppant. Sous les pas, la terre se fait plus humide : quelque part, invisible encore, l’eau n’est certainement pas loin.
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Un peu plus loin, elle finit justement par se révéler. Le chemin rencontre une fontaine qui semble appartenir à un autre temps. L’eau y suinte directement de la roche, goutte après goutte, dans la fraîcheur du sous-bois. À l’écart de tout, au cœur de cette nature devenue presque sauvage, l’endroit ressemble à une petite oasis de fraîcheur et de paix.
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Au-delà, la forêt resserre encore son étreinte. Le sentier s’enfonce sous une voûte toujours plus dense, là où l’ombre finit presque par éteindre la lumière. Il s’élève doucement en longeant une discrète barre rocheuse, à peine visible derrière le rideau des arbres.
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Bientôt, la pente se redresse et le sous-bois gagne encore en épaisseur. L’ascension devient plus franche, dans cette forêt qui ne laisse guère deviner ce qui se cache au-dessus. Ici aussi, le tracé a été récemment modifié, ajoutant une nouvelle variante à l’histoire mouvementée du GR65.
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Au sommet de la rampe, la forêt desserre enfin son étreinte. Le goudron réapparaît et le parcours longe les robustes maisons de pierre du Bousquet, bâtisses austères et solidement ancrées dans le paysage, comme si elles avaient poussé là avec les rochers eux-mêmes.
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Le chemin contourne alors le village, accompagné encore quelque temps par les murs et les ouvrages de pierre qui en dessinent les contours. Puis les dernières maisons s’effacent à leur tour et une petite route s’échappe vers la campagne, rouvrant devant le marcheur l’espace et l’horizon.
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Section 3 : Par monts et par vaux aux alentours de Montcuq

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours vallonné, plat jusqu’à Montcuq ; avec des pentes marquées à la sortie de Montcuq, souvent plus de 15% dans le sous-bois, quand le chemin remonte sur la colline.

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À partir d’ici, le GR65 entreprend de rejoindre son ancien tracé. Très vite, le goudron s’efface sous les pas et la terre battue reprend ses droits.
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Mais à l’approche de la départementale, le bitume revient déjà. La petite route longe ici une vaste campagne, plate comme la main, ponctuée de quelques fermes posées au milieu des terres. Les causses sont désormais loin derrière vous. Le paysage s’est assagi, les reliefs se sont effacés : vous marchez dans les dernières campagnes du Lot.
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Le GR65 retrouve alors son ancien tracé sur la départementale D4, à près de deux kilomètres de Montcuq.

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Aujourd’hui, les aménageurs cherchent de plus en plus souvent à ménager une bande réservée aux marcheurs le long des routes départementales. C’est heureux pour la sécurité, même si, reconnaissons-le, la circulation n’a rien ici d’exubérant : les voitures ne sont guère nombreuses à venir troubler la quiétude des lieux.
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Le GR65 accompagne quelque temps la départementale avant de lui fausser compagnie pour une route plus modeste, le Chemin du Rouquet.
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Commencent alors deux kilomètres de mélancolie. Rien de spectaculaire, aucun accident de terrain, guère de surprise pour distraire le marcheur. Il ne reste plus qu’à mettre un pied devant l’autre et à laisser filer les pensées. De temps à autre, un arbre mérite peut-être un regard ; ailleurs, ce sont les champs, certains encore debout, d’autres déjà moissonnés, qui occupent l’horizon. Le cheminement se réduit presque à sa plus simple expression : avancer.
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Il faut bien pourtant meubler ce qui, pour le pèlerin, pourrait ressembler à un grand espace vide. Vide, vraiment ? Certainement pas pour ceux qui vivent et travaillent ici. Derrière cette apparente monotonie se déploie le territoire quotidien des paysans, avec ses prés, ses cultures et le lent calendrier des travaux agricoles.
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Dans cette partie du pays, la terre se partage ainsi entre prairies et cultures. À cette période de l’année, les grandes moissons sont pour l’essentiel achevées et seules quelques céréales plus tardives attendent encore leur tour. Mais pour l’œil profane, reconnaître ce qui pousse dans les champs devient vite un petit jeu hasardeux. Le blé lui-même se décline aujourd’hui en une multitude de variétés, panifiables ou non, hautes ou plus courtes, certaines choisies aussi pour la paille qu’elles fourniront. Parmi toutes ces céréales, l’avoine est souvent l’une des dernières à passer sous la moissonneuse.
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Puis vient enfin la délivrance pour ceux que ces longues lignes droites auront gagnés à l’ennui. Au terme de ce petit pensum champêtre, la terre commence à s’incliner et le chemin amorce sa descente vers Montcuq. Après tant d’horizontalité, la moindre pente prend presque des allures d’événement.
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Sans véritable transition, Montcuq apparaît bientôt. Le chemin débouche sur les hauteurs de la petite cité, près d’une modeste halle couverte. Devant vous, le vieux bourg s’accroche aux pentes et étire ses maisons jusqu’au sommet de la colline.
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Au bas de la descente, sous le regard de la Vierge qui veille sur la cité, se dresse l’austère église Saint-Privat, édifice du XVIIe siècle dont la sobre silhouette marque l’entrée de Montcuq.
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Le GR65, lui, ne s’aventure pas dans la vieille ville. Ce serait pourtant dommage de passer son chemin : la petite cité, qui compte moins de 2 000 habitants, mérite largement le détour. Montcuq doit d’ailleurs une part inattendue de sa célébrité dans le monde francophone à un fameux sketch télévisé diffusé en 1976 dans Le Petit Rapporteur, l’émission humoristique de Jacques Martin. Daniel Prévost s’y amusait avec une grivoiserie malicieuse, mais jamais pesante, de la consonance équivoque du nom de Montcuq. Loin de s’en offusquer, la cité a fini par faire de cette plaisanterie un morceau de son histoire : la première rue qui grimpe vers le vieux bourg porte aujourd’hui le nom de Rue du Petit Rapporteur.
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Dès les premières maisons, les ruelles étroites prennent des allures médiévales. Elles grimpent à l’assaut de la colline, se faufilent entre les vieilles façades et les murs de pierre, entraînant peu à peu le visiteur vers l’église et les vestiges du château qui dominent la cité.
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Tout en haut de la colline se dresse l’église Saint-Hilaire, reconnaissable à son clocher octogonal. Ses origines remontent au XIIe siècle, mais l’édifice a traversé une histoire mouvementée. Au XVIe siècle, pendant les guerres de Religion, les protestants l’incendièrent, n’épargnant que le chevet, le chœur et les absides. L’église fut reconstruite et complétée au fil des siècles, tandis que l’actuel clocher-porche ne vint couronner l’ensemble qu’au XIXe siècle. À quelques pas de là, juché sur son dôme rocheux, le donjon de La Roque monte encore la garde. Avec ses vingt-quatre mètres de hauteur, cette puissante masse de pierre est tout ce qui subsiste de l’ancien château fort. Solitaire au-dessus des toits, elle rappelle qu’avant de prêter son nom à l’une des plaisanteries les plus célèbres de la télévision française, Montcuq fut d’abord une place forte solidement campée sur sa colline.
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Après cette parenthèse dans les hauteurs de la vieille cité, il faut retrouver le fil du chemin. Le GR65 laisse Montcuq derrière lui et redescend au bas du village, prenant désormais la direction de Rouillac.
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Au bas de la descente, le GR65 franchit le modeste ruisseau de Nègue Vieille, mince filet d’eau qui marque presque, à lui seul, un changement de décor.
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Ici s’achève la longue alternance, parfois monotone, des champs de céréales. Le paysage retrouve soudain davantage de mystère : les prairies se blottissent contre les futaies, les arbres referment peu à peu l’horizon et l’ombre recommence à disputer le terrain à la lumière. Après les espaces largement ouverts, le marcheur renoue avec un pays plus secret.
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Très vite, un petit chemin caillouteux attaque franchement le flanc de la colline. La pente se glisse entre les érables, les chênes rabougris, les châtaigniers chétifs et les charmilles qui composent ici un sous-bois sans majesté, mais plein de caractère. C’est là qu’un compagnon inattendu vient se joindre à la marche : un Golden rencontré à Montcuq nous a tout simplement pris en charge et semble bien décidé à faire un bout de chemin avec nous. Il faut croire que la race a le goût du pèlerinage : ces chiens sont de grands amateurs d’escapades et volontiers compagnons des marcheurs de passage.
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Le sentier, désormais étroit, devient un vrai régal pour les pèlerins sportifs et sans doute un peu moins pour les retraités aux jambes déjà lourdes. Sous les semelles, les cailloux ajoutent leur grain de sel à l’affaire, tandis que la pente dépasse souvent les 10 % pendant près d’un demi-kilomètre. De quoi rappeler que, même loin des grands reliefs, le chemin sait encore montrer les dents. .
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Par endroits, de petits murets de pierre surgissent sous leur manteau de mousse, comme oubliés là depuis des générations. L’humidité, l’ombre, les vieilles pierres, le silence des arbres : il ne manque vraiment que quelques champignons pour parfaire le tableau. Presque le bonheur, quoi ! Enfin, à condition d’oublier un instant la rude pente qui continue de tirer sur les mollets.
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Section 4 : En passant par la belle église de Rouillac

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans problème, mais avec toutefois une montée assez rude vers Bonal.

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Au sommet de la montée, le paysage change encore de visage. La haute futaie s’efface et la végétation se fait plus basse, presque rampante. Buissons, graminées, cornouillers et genêts se partagent désormais le terrain, accrochés aux dernières pentes de la colline.
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Puis le relief s’assagit enfin. Arrivé sur les hauteurs, le GR65 abandonne ses velléités de grimpeur et gagne un petit plateau où s’étendent à nouveau les prairies.
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Lauzerte est encore à plus de treize kilomètres d’ici. Pour l’heure, le GR65 file à plat à travers les prés, sur une petite route goudronnée. Il en va souvent ainsi sur le chemin de Compostelle : les sous-bois et les flancs des collines semblent appartenir au pèlerin, tandis que les plateaux sont le royaume des paysans.
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À la bifurcation conduisant au hameau de Charry, le GR65 fausse compagnie à la route. Un sentier s’en échappe et ramène bientôt le marcheur vers l’ombre des arbres.
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Quant à notre compagnon à quatre pattes, aucun doute : il connaît le chemin de Compostelle. Toujours devant, notre Golden semble savoir mieux que nous où porter ses pas. Le sentier commence à serpenter entre les prés, frôle la lisière des sous-bois, puis se laisse peu à peu engloutir par une forêt plus dense.
Nous avons déjà rencontré à maintes reprises l’érable de Montpellier. En voici justement un beau spécimen. À la différence des grands érables, comme le sycomore, sa feuille ne déploie pas la silhouette profondément découpée que l’on associe volontiers à la feuille du drapeau canadien. Peu exigeant, rustique et parfaitement à son aise sur les sols secs et calcaires, il trouve dans les causses une terre à sa mesure. Rien d’étonnant, dès lors, à le voir si souvent accompagner les pas du pèlerin.
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Parfois, le chemin se rapproche des fermes et retrouve pour quelques instants la présence des hommes. À l’orée des bois, une grande propriété apparaît derrière son imposant portail de fer forgé. Des chevaux y vivent paisiblement, et notre compagnon semble les avoir repérés bien avant nous.
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D’ailleurs, il se retourne souvent pour vérifier que nous suivons toujours. Son regard en dit presque long : « N’as-tu donc rien de mieux à faire que de t’arrêter sans cesse pour photographier des choses sans grand intérêt ? » doit-il penser en nous voyant encore à la traîne.
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Un peu plus loin, le chemin se charge de rappeler que la promenade n’est pas toujours bucolique. Le sentier plonge brusquement sur une pente qui frôle les 20 %, parmi les pierres instables qui roulent volontiers sous les semelles.
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Heureusement, l’épisode est bref. Le sentier débouche bientôt sur la route, au lieu-dit Roux. Un chien peu accueillant veille sur les lieux et manifeste bruyamment sa présence. Celui-là, assurément, n’a rien de commun avec notre placide compagnon de route.
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De là, de l’autre côté de la route, on aperçoit déjà Rouillac. Le hameau semble tout proche, mais le GR65 a encore quelques détours en réserve avant de vous y conduire.

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Après un bref passage sur la route qui remonte, le GR65 lui fausse rapidement compagnie et plonge dans un sous-bois bucolique à souhait. Le décor change encore. Ici, plus question des arbres souvent modestes et tourmentés des causses : la terre plus fraîche nourrit de grands érables sycomores et des charmes qui dressent au-dessus du chemin des ramures majestueuses.
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L’un de ces charmes mérite à lui seul que l’on ralentisse le pas. Un arbre de cette taille et d’une telle majesté n’est pas chose courante sur le chemin de Compostelle. Le charme s’y rencontre bien plus volontiers sous la forme modeste de la charmille, serrée dans les haies et les sous-bois.

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Un peu plus bas se cache un véritable bijou de petit étang, posé dans son écrin de verdure. Entre l’étang, les vieilles pierres, les grands arbres et cette eau qui affleure partout, il règne dans ce petit coin perdu une grâce singulière.
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Après cette parenthèse de fraîcheur et d’ombre, le chemin reprend doucement de la hauteur et remonte vers le hameau de Rouillac.
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L’arrivée réserve une nouvelle surprise. Rouillac constitue une halte bienvenue pour son point d’eau, certes, mais surtout pour le petit trésor que renferme son église. L’édifice roman, dont les origines remontent au XIIe siècle, conserve de remarquables peintures murales aux teintes encore étonnamment vives. Ce sont de véritables écritures du passé.
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Le GR65 quitte Rouillac en descendant sous les dernières maisons du coquet hameau. Leurs murs de moellons clairs, parfois presque blancs sous la lumière, rappellent que nous sommes désormais au cœur du Quercy Blanc, cette terre qui doit justement son nom à la pâleur de sa pierre.
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La pente ne laisse guère le temps de s’attarder sur le paysage. La route plonge franchement vers la plaine, avec une déclivité qui dépasse les 10 %.
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Au bas de la descente, au lieu-dit Berty, changement de rythme. Une route goudronnée prend le relais et file désormais à plat entre prairies et champs de céréales. Le relief s’efface, l’horizon s’élargit et la marche retrouve pour un temps une tranquille horizontalité.
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La route se prolonge ainsi assez longuement, placide et sans grande surprise.
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Mais notre ami, lui, a décidément le compas dans l’œil. À croire qu’il connaît le GR65 par cœur. Sans la moindre hésitation, il nous devance jusqu’à l’endroit précis où le chemin abandonne enfin le goudron pour retrouver les prés. Un peu plus loin coule le ruisseau de Tartuguié. Voilà peut-être l’explication de son assurance : notre compagnon doit connaître les lieux et venir volontiers y barboter lorsque l’occasion se présente.
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Le GR65 retrouve alors une allure plus sauvage. Il s’engage dans les hautes herbes, longe les haies qui dessinent les limites des parcelles, puis commence à prendre de la hauteur..
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À mi-pente, une étendue d’eau apparaît presque par surprise, perdue au milieu des hautes herbes. À demi dissimulée par la végétation, elle forme une petite parenthèse immobile dans la montée.
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Section 5 : Du département du Lot à celui de Tarn-et-Garonne

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours plus exigent, pour passer d’un département à l’autre.

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Au-dessus du petit lac, la pente retrouve soudain du mordant. Avec près de 15 % de déclivité, le chemin grimpe sans détour vers le sommet de la colline, se faufilant parmi les feuillus et les noyers avant d’atteindre la ferme de Bonal.
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Bonal n’est guère plus qu’une poignée de fermes posées sur les hauteurs. Autour des bâtiments, quelques parcelles consacrées au maraîchage apportent une touche différente dans ce pays où prairies et grandes cultures occupent l’essentiel de l’espace.
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Depuis Bonal, une petite route redescend tranquillement dans la campagne en suivant la lisière des sous-bois. Ici, la forêt déploie presque toute la palette de ses feuillus. Chênes, érables, charmes et noyers se mêlent aux frênes, toujours nombreux au bord des routes, tandis que quelques tilleuls viennent çà et là compléter cette belle diversité.
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Quelques belles fermes de pierre jalonnent également la descente. Massives et solidement campées au bord de la route, elles semblent faire corps avec cette campagne qu’elles accompagnent depuis des générations.
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Plus bas apparaît le petit lac du Sorbier. La végétation s’y reflète dans une véritable symphonie de verts, tantôt profonds, tantôt lumineux, Un de ces petits paysages sans prétention qui suffisent pourtant à faire ralentir le pas.
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Au bas de la descente, le décor agricole reprend ses droits. Cette année, la route traverse des champs de tournesol et de soja ; une autre fois, ce seront peut-être des céréales. Ainsi va la campagne, au gré des rotations et de l’alternance des cultures. Jusqu’ici, nous n’avons guère rencontré de grandes étendues consacrées aux oléagineux dans le Lot. Elles deviendront beaucoup plus familières dans le Tarn-et-Garonne, dont la frontière n’est désormais plus très loin.
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La route recommence ensuite à grimper sur le flanc de la colline. Et voilà qu’au bord du chemin apparaît l’une de ces visions qui réjouissent immédiatement le pèlerin : une ferme, quelques tables et une buvette installée sous les tilleuls. Dans ces endroits bénis, rares sont ceux qui trouvent encore une raison valable de poursuivre tout droit. Halte officielle ou simple initiative de passage, peu importe : après quelques heures de marche, il existe des bonheurs très simples, et celui de s’asseoir à l’ombre pour siroter un café ou un sirop, ou grignoter quelque chose, en fait assurément partie.
Cette halte nous rendra d’ailleurs un service d’une tout autre nature. C’est ici que s’achève notre compagnonnage avec le Golden de Montcuq. Notre ami porte bien un collier, mais aucun numéro de téléphone ne permet de retrouver son propriétaire. Le patron des lieux connaît manifestement ce genre d’aventure : il suffit, nous explique-t-il, de garder quelque temps ces chiens voyageurs avant de les relâcher. Habitués à emboîter le pas aux pèlerins, ils savent ensuite retrouver seuls le chemin de leur maison. .
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Au départ, la route prend doucement de la hauteur, presque sans en avoir l’air. Elle se déroule dans une campagne paisible où alternent les cultures et les lisières de sous-bois.
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Mais peu à peu, la colline montre davantage ses exigences. La pente s’accentue progressivement tandis que la route poursuit son ascension entre les champs de céréales et d’oléagineux. De rares fermes ponctuent cette campagne largement ouverte.
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Le dernier assaut vers le sommet ne s’embarrasse plus de douceur. La pente se cabre franchement et atteint par endroits les 20 %. Quelques efforts encore et l’on débouche à l’intersection de Montlauzun, où la route retrouve enfin des inclinaisons plus raisonnables. Le GR65 n’y passe pas. Pourtant, ceux qui disposent encore d’un peu de courage dans les jambes pourront s’offrir ce petit détour. Montlauzun séduit moins par quelque monument spectaculaire que par la sérénité de son site : une petite église posée au milieu de la place, quelques maisons autour d’elle et cette impression que le temps, ici, a choisi de ralentir son cours.
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Depuis Montlauzun, une route plonge vers un petit vallon avec une pente qui dépasse les 10 %.
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Au fond du vallon, à l’intersection avec une route plus importante, nouveau changement de décor et de terrain. Le GR65 abandonne enfin le goudron, tourne le dos à la route et repart à l’assaut de la colline par un chemin qui s’enfonce dans les sous-bois. Après la campagne ouverte et le bitume, l’ombre des arbres reprend ses droits.
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Au départ, le sentier se faufile avec douceur vers le sous-bois. Il semble presque vouloir se faire oublier, gagnant tranquillement l’ombre des arbres avant que la colline ne rappelle au marcheur qu’elle n’a pas encore dit son dernier mot.
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Très vite, en effet, la pente se fait plus sévère et dépasse les 10 %. La forêt elle-même paraît changer de visage. Le chêne n’y règne plus sans partage : érables et châtaigniers se font désormais tout aussi nombreux.
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Puis, sur un court tronçon, la colline se cabre pour de bon. La pente dépasse les 20 %, peut-être davantage encore par endroits, tandis que les rochers affleurent sous les pas et transforment le sentier en un petit escalier minéral improvisé par la nature. Jadis, une corde avait même été installée pour prêter main-forte aux marcheurs les moins assurés. Elle a depuis disparu, les aménageurs ayant sans doute estimé qu’après tout, nous n’étions pas en train de franchir les Alpes. Il n’empêche : par temps de pluie, lorsque la roche devient glissante et la terre traîtresse, ce petit morceau d’escalade doit perdre une bonne part de son caractère plaisant.
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Plus haut, la pente desserre un peu son étreinte tandis que la végétation gagne encore en densité. Au bord du chemin apparaît alors une vieille « caselle », ou plutôt ce qu’il en reste : quelques pierres encore assemblées, d’autres effondrées, lentement reprises par les herbes et les broussailles. Le temps poursuit ici, pierre après pierre, son patient travail de démolition.
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À l’approche du sommet, la colline se montre enfin conciliante. Le sentier débouche dans la lande et retrouve des inclinaisons plus paisibles. C’est ici, presque sans cérémonie, que s’achève notre longue traversée du Lot. Quelques pas encore, et voici le Tarn-et-Garonne. Un panneau planté au bord du chemin annonce déjà les merveilles qui attendent le pèlerin : Lauzerte, Moissac, Auvillar.
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Les frontières, chacun le sait, ont quelque chose d’artificiel : elles sont des conventions commodes, des lignes que les hommes ont tracées sur les cartes pour mettre un peu d’ordre dans le monde. La nature, elle, s’en fiche comme de sa première chemise. Ici, rien ne change vraiment. Les petits chênes continuent de proliférer avec la même obstination et défileront encore pendant des kilomètres, presque sans interruption, jusqu’à Lespinasse.
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À croire que les causses eux-mêmes ont migré jusqu’ici. Le même sol maigre, les mêmes arbres modestes, la même végétation obstinée semblent avoir franchi la frontière sans même s’en apercevoir.
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Un peu plus loin, le sentier s’élargit et devient une large piste de terre battue qui se promène tranquillement à plat entre les sous-bois et quelques champs d’avoine, comme si elle seule acceptait de composer avec l’aridité du sol.
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Mais les cultures restent ici l’exception. Ce sont les sous-bois qui occupent l’essentiel du paysage, déroulant de part et d’autre du chemin leur rideau presque continu de feuillages.
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De temps à autre, une minuscule route de campagne s’échappe du chemin et disparaît au détour d’un bois. Elle conduit à quelque maison isolée, résidence secondaire cachée dans la verdure ou vieille demeure paysanne encore habitée par ceux qui ont choisi de vivre sur ces terres discrètes.

Section 6 : Lauzerte, tout là-haut, perchée sur la colline

Aperçu général des difficultés du parcours : d’abord une descente raide, ici sur les escaliers, puis une montée lancinante au sommet de la colline à Lauzerte.

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Puis le large chemin poursuit pendant près d’un kilomètre sa promenade tranquille à travers ce paysage de causse qui semble ne jamais devoir finir. Toujours les mêmes terres maigres, les mêmes sous-bois, les mêmes petits chênes obstinés.
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Par endroits, le chemin semble même avoir trouvé refuge sous une véritable cathédrale de verdure. De vieux chênes, noueux et puissants, étirent leurs branches au-dessus du marcheur. Sur le tronc de l’un de ces vénérables gardiens, une petite ardoise glisse au passant cette phrase malicieuse : « Le chemin d’hier passe par ici et par là ». Comme si, dans ce pays où les arbres paraissent plus anciens que les routes, le chemin lui-même avait perdu la mémoire de son âge.
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Le chemin peut bien continuer : sous ces grands chênes baignés de lumière, on aurait presque envie, pour une fois, de ne pas être pressé d’arriver.
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Puis, miracle ! Au détour du chemin apparaît un premier véritable verger. Et pas quelques arbres dispersés au hasard des parcelles : de longues rangées impeccablement ordonnées, des arbres alignés avec une discipline presque militaire. Cette fois, plus de doute : nous sommes bien entrés dans le Tarn-et-Garonne.
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On pourrait alors croire que le paysage va brusquement basculer dans un autre univers, que les vergers vont désormais succéder aux vergers et que le causse appartient déjà au passé. Il n’en est rien. Cette apparition n’était qu’une avant-garde. Sitôt le verger dépassé, les petits chênes reprennent possession du terrain et le chemin retrouve la rudesse familière du causse.
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Mais cette fois, ses heures sont comptées. Peu après, le sentier commence à perdre de l’altitude et amorce sa descente vers la plaine.
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Vous arrivez alors au lieu-dit Lespinasse. Ici s’achève véritablement la longue traversée de la crête et, avec elle, tout un chapitre du voyage. Après plus de dix jours à marcher parmi les pierres, les chênes rabougris, les murets, les caselles et les terres calcaires, vous laissez définitivement derrière vous le monde des causses. Devant, la plaine ouvre un autre horizon et le Tarn-et-Garonne peut enfin commencer.
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À partir d’ici, le chemin ne plaisante plus avec la descente. Il plonge franchement vers les terres basses, abandonnant pour de bon les hauteurs du causse et entraînant le marcheur vers une campagne d’un tout autre visage.
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La dégringolade s’effectue en grande partie sur de gros escaliers de béton qui dévalent la pente.
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Au bas de la descente, le GR65 retrouve une allure plus champêtre. Il traverse les prés, passant d’un sous-bois à l’autre dans une campagne où la végétation se fait désormais particulièrement généreuse.
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Il faut pourtant déjà remonter. Au sommet d’une côte assez pentue, le chemin atteint le petit hameau agricole de Montjoie. Là, un simple robinet d’eau a été généreusement mis à la disposition des marcheurs. Sur le chemin de Compostelle, il suffit parfois de bien peu pour faire naître une gratitude immense : quelques gorgées d’eau fraîche au terme d’une montée peuvent valoir tous les trésors du monde.
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Au-delà de Montjoie, le GR65 poursuit son jeu de cache-cache entre les cultures et les arbres. Tantôt il longe les grandes têtes des tournesols, tantôt il disparaît sous des sous-bois touffus. Les chênes sont encore bien présents, comme s’ils rechignaient décidément à nous abandonner, mais les frênes deviennent à leur tour de plus en plus nombreux.
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Entre deux sous-bois, le rideau des arbres s’entrouvre parfois et rend soudain l’horizon au marcheur. Quelques instants seulement, la campagne se déploie au loin avant que le chemin ne replonge sous les feuillages.
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Et puis, au détour d’un sous-bois, elle apparaît enfin : Lauzerte, perchée sur sa colline, se découpe à l’horizon. À la voir ainsi, on la croirait toute proche, presque à portée de fusil. Mais le pèlerin expérimenté se méfie de ces mirages du chemin. Lauzerte n’est encore qu’une promesse posée sur l’horizon. C’est un peu comme dans le désert : on franchit une dune, persuadé d’être arrivé, pour découvrir qu’une autre se cache derrière.
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Le chemin poursuit sa route sous les arbres ou, plus souvent, à la lisière des sous-bois. Champs de céréales, tournesols et jachères se succèdent dans une campagne désormais largement ouverte. Et à chaque détour, Lauzerte réapparaît sur sa colline, un peu plus proche, comme si la vieille cité jouait avec l’impatience du marcheur.
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Mais n’en doutez plus : cette fois, vous finirez bien par l’atteindre. Une large piste de terre battue s’engage dans la descente et se rapproche peu à peu de la cité.
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Au bas de la descente, Lauzerte se dévoile désormais sans détour, campée tout là-haut sur sa colline. Avant d’en gagner les hauteurs, le GR65 rejoint la route départementale et conduit vers Auléry, où s’est installée la zone commerciale de la cité.
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À sa fin, vraiment ? Pas tout à fait. Il suffit de lever les yeux pour comprendre ce qu’il reste à accomplir : la vieille cité est perchée là-haut, et il va bien falloir aller la chercher. Une route goudronnée commence par s’élever en pente douce vers le bourg, laissant encore croire que les derniers mètres seront une formalité.
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Lauzerte se mérite. Bientôt, le GR65 abandonne la route et choisit une manière beaucoup plus directe de gagner la vieille ville : un sentier part franchement à l’assaut de la colline.
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Plus haut, l’effort s’apaise quelque peu. Le parcours hésite encore entre goudron et terre battue et se faufile dans les premières hauteurs de la cité. Il passe bientôt près du gîte des Figuiers, véritable point de ralliement des pèlerins à Lauzerte.
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Mais l’effort n’est pas encore tout à fait terminé. La citadelle se refuse encore un peu au marcheur. Il faut poursuivre la montée dans le sous-bois, sur un large chemin qui gagne patiemment les hauteurs de la colline.
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Puis vient l’ultime rampe. Le goudron reprend ses droits et la pente se redresse une dernière fois vers les murailles.
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Le parcours débouche alors presque théâtralement sur la place des Cornières, véritable joyau d’architecture au cœur de la vieille cité. L’église Saint-Barthélemy, dont les origines remontent au XIVe siècle, a été profondément remaniée au fil du temps ; son sobre clocher carré domine la place sans ostentation. Autour d’elle subsistent également des bâtiments liés à un ancien établissement religieux fondé au Moyen Âge. Pierres blondes, arcades et façades anciennes composent ici un décor où plusieurs siècles semblent s’être donné rendez-vous.
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Lorsque les terrasses sont ouvertes, la place change de visage. Les conversations rebondissent sous les arcades, les verres tintent et, après les kilomètres de solitude relative du chemin, le pèlerin retrouve soudain le brouhaha délicieux des hommes. Encore faut-il tomber au bon moment ! Il aurait presque fallu mener l’enquête pour percer le mystère des jours et des heures d’ouverture des restaurants de la place. Ce jour-là, ils étaient fermés, abandonnant les Cornières à un silence quelque peu inattendu.
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Lauzerte appartient au cercle des Plus Beaux Villages de France, et il suffit de parcourir ses rues pour comprendre ce qui lui vaut cette distinction. Une tradition fait volontiers remonter son nom à Lucerna, la lampe ou la lumière : une image qui convient merveilleusement à cette ville perchée, visible de très loin dans le paysage. Le pèlerin en sait quelque chose. Pendant des kilomètres, il l’a vue apparaître puis disparaître à chaque détour du chemin, là-haut sur sa colline, comme une lumière obstinément posée sur l’horizon. La cité fut autrefois beaucoup plus peuplée qu’elle ne l’est aujourd’hui. En parcourant ses rues, on devine encore sans peine la prospérité des siècles passés. Derrière les façades gothiques ou Renaissance, les portes ouvragées et les maisons à colombages, tout raconte une ville qui fut riche, commerçante et animée. Certaines rues sont magnifiques.
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Et pourtant, derrière cette splendeur demeure une certaine mélancolie. Lauzerte paraît parfois assoupie dans sa propre beauté. Il suffit de descendre la magnifique Grand Rue : ici un volet reste clos, là une demeure superbe semble attendre depuis longtemps qu’une fenêtre s’ouvre à nouveau. Sur quelques façades, les pancartes « À vendre » ajoutent leur petite note de tristesse au décor. La pierre raconte avec éclat ce que fut la cité, tandis que le silence de certaines maisons rappelle combien il est difficile de maintenir la vie dans ces vieux bourgs perchés. Beauté et fragilité cheminent ici côte à côte.
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Tout en bas de la Grand Rue, une ancienne tour des fortifications veille encore sur la cité. Vestige des murailles qui protégeaient autrefois Lauzerte, elle referme presque naturellement la promenade dans le vieux bourg.
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Logements sur la Via Podiensis
- Chambres d’hôtes Le Petit Bousquet,402 Chemin du Bousquet, Montcuq ; 06 75 15 47 10/05 65 31 85 86 ; d’hôte, repas, petit déj., cuisine
- Gîte le Souleillou, 356 Rue du Souleillou, Montcuq; 0761 51 69 41 ; Gîte, repas, petit déj.
- Gîte le Cantourel, Pierre (pèlerin), 32 Rue du Faubourg St Privat, Montcuq; 07 61 51 69 41 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
- Gîte L’Évidence, 8 Rue du Couvent des Cordeliers, Montcuq; 06 06 48 03 88 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
- Gîte de la Tour, 20 Allée des Platanes, Montcuq; 07 84 95 09 65 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
- Chambre d’hôtes Chez Jane, 22 Rue du Pontet, Montcuq; 05 65 21 15 29/06 63 15 16 56 ; Ch. d’hôte, petit déj.
- Chambre d’hôtes Le Coucou, 4 Rue droite, Montcuq; 06 08 66 71 30 ; Ch. d’hôte, petit déj.
- Chambre d’hôtes Maison St Privat, 12 Rue du Faubourg St Privat, Montcuq; 06 52 39 99 38/09 53 52 06 90 ; Ch. d’hôte, petit déj.
- Chambre d’hôtes La Grandmaison, 8 Allée des Marronniers, Montcuq; 06 87 93 57 46 ; Ch. d’hôte, petit déj.
- Hôtel-restaurant La Barguelonne, 2281 Avenue St Jean, Montcuq; 05 65 31 84 45 ; Hôtel, repas, petit déj.
- Gîte du Tuc de St Paul, Tuc de St Paul, Lauzerte; 06 32 14 64 95 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
- Gîte Chez Serge, 12 Rue de la Garrigue, Lauzerte; 06 72 24 19 85 ; Gîte, repas, petit déj.
- Gîte l’Abeille Lulu, 1 Chemin de la Fontaine, Lauzerte; 06 87 05 53 60 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
- Gîte la Luciole du Chemin 3 Rue de la Brèche, Lauzerte; 07 78 47 63 77 ; Gîte, repas, petit déj.
- Gîte l’Esquirol, 23 Chemin du Coudounié, Lauzerte; 06 76 82 66 52 ; Gîte, cuisine
- Gîte-Chambre d’hôtes Les Figuiers, 25 Chemin du Coudonié, Lauzerte; 05 63 29 11 85/06 85 31 71 31 ; Gîte et Ch. d’hôte, repas, petit déj.
- Gîte-Chambre d’hôtes Pastel, 38 Rue du Meillet, Lauzerte; 06 58 20 19 58 ; Gîte et Ch. d’hôte, repas, petit déj.
- Gîte-Chambre d’hôtes Oasis de Compostelle, 16 Route de Moissac, Lauzerte; 06 80 33 69 18/06 32 89 68 321 ; Gîte et Ch. d’hôte, repas, petit déj.
- Hôtel-Restaurant du Query, Faubourg d’Auriac, Lauzerte; 05 63 94 66 36 ; Hôtel, repas, petit déj.
D’année en année, le Chemin de Compostelle se transforme, se réinvente au gré des saisons et des pas des pèlerins. Certains hébergements ferment leurs portes tandis que d’autres, modestes ou inattendus, voient le jour. Il serait dès lors illusoire de prétendre en établir une liste immuable et exhaustive. Celle-ci ne recense que les logements situés directement sur l’itinéraire ou à moins d’un kilomètre de celui-ci. Cette sélection a été actualisée en 2026 ; elle ne devrait donc pas connaître de bouleversements majeurs dans les prochaines années. Pour qui souhaite aller plus loin, un seul ouvrage fait figure de référence incontournable : Miam Miam Dodo, aisément accessible en ligne. Ce guide, dont le mérite essentiel réside dans sa mise à jour annuelle, ne se limite pas aux hébergements du tracé strict, mais mentionne également des adresses en dehors du parcours, comme ressource précieuse lorsque l’affluence rend les étapes plus incertaines. On y trouve en outre une mine d’informations pratiques : bars accueillants, restaurants de passage et boulangeries providentielles, autant de haltes qui ponctuent le voyage. À cette cartographie traditionnelle s’ajoute désormais une présence devenue incontournable : Airbnb. Cette plateforme s’est imposée comme une référence majeure dans le paysage touristique, y compris dans les régions les plus discrètes ou les moins favorisées. Toutefois, comme chacun le sait, les adresses exactes n’y sont pas directement visibles, ce qui suppose une certaine anticipation. Car sur le Chemin, trouver un lit à la dernière minute relève parfois du hasard heureux. Mais le hasard, par nature, ne saurait constituer une stratégie. Il est donc vivement recommandé de réserver en amont. Enfin, lors de vos démarches, prenez soin de vous renseigner sur les possibilités de repas ou de petit-déjeuner : ces détails, en apparence anodins, peuvent grandement adoucir une étape.
Si l’on dresse l’inventaire des capacités d’accueil, on dénombre environ 100 lits à Montcuq avant d’atteindre Lauzerte, ce qui laisse entrevoir que nombre de pèlerins choisissent de faire halte en amont. À Lauzerte même, l’offre s’élargit avec près de 135 lits disponibles. Si la fréquentation de la Via Podiensis oscille généralement entre 100 et 200 marcheurs, depuis Cahors il y a moins de pèlerins. Cette étape ne devrait poser aucun problème majeur de logement, bien qu’il soit toujours mieux de réserver à l’avance.
Ces itinéraires, qui serpentent à travers des territoires souvent peu densément peuplés, offrent peu de commerces. Les restaurants y sont rares, tout comme les épiceries, et celles-ci prennent souvent la forme de modestes dépôts de pain, proposant quelques légumes et produits laitiers. Aujourd’hui, Montcuq et Lauzerte offrent toutes les possibilités de restauration. Les points d’eau sont à Rouillac et Montlauzun. Il n’y a aucun sanitaire. Enfin, de nombreuses entreprises proposent des services de transport de bagages ou de rapatriement vers le point de départ. Parmi elles, une s’impose comme une référence incontournable : La Malle Postale.
N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
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Etape suivante : Etape 21: De Lauzerte à Moissac |
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