Etape 4: Rocamadour à Gramat

 L’incroyable travail d’un petit ruisseau

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du parcours. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-rocamadour-a-gramat-par-le-gr6-variante-de-rocamadour-237805085

Ce n’est évidemment pas le cas pour tous les pèlerins d’être à l’aise avec la lecture des GPS et des cheminements sur un portable, et il y a encore de nombreux endroits sans connexion Internet. De ce fait, vous pouvez trouver sur Amazon un livre qui traite de ce parcours.

 

 

 

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Du haut des remparts de Rocamadour, le regard embrasse la profonde vallée de l’Alzou. Durant des millions d’années, cette modeste rivière a patiemment entaillé le plateau calcaire des Causses, creusant un spectaculaire canyon de près de 150 mètres de profondeur. Ce lent travail de l’eau a façonné les falaises abruptes sur lesquelles Rocamadour semble aujourd’hui suspendue. Sans l’érosion obstinée de l’Alzou, le site n’aurait jamais offert ce refuge naturel exceptionnel qui favorisa l’installation des ermites, puis l’essor du sanctuaire médiéval. L’Alzou, modeste cours d’eau avait une puissance qui ne se mesure pas à son débit actuel. Goutte après goutte, siècle après siècle, rivière après rivière, il a sculpté la falaise calcaire, creusant un canyon vertigineux où Rocamadour paraît défier les lois de l’équilibre. Ce patient travail de l’érosion, poursuivi pendant des millions d’années, a donné naissance à l’un des plus impressionnants paysages du Quercy.

L’Alzou est une rivière typiquement karstique. Une partie de ses eaux disparaît régulièrement dans les fissures du calcaire pour circuler dans un vaste réseau souterrain avant de réapparaître par des résurgences. C’est cette géologie particulière qui explique à la fois son faible débit apparent en été et la richesse en grottes, gouffres et sources qui caractérise toute la région de Rocamadour et du causse de Gramat.

Cette étape correspond à la variante menant vers Rocamadour, généralement parcourue en sens inverse par les pèlerins, de Figeac à Cahors. Ici, le chemin s’inverse, et il suffit presque de lire le paysage à rebours pour en retrouver la logique. Vous cheminez sur le GR6, fil discret mais fidèle qui relie ces terres de pierre et d’eau.

Difficulté du parcours : La difficulté demeure modérée : une étape paisible, aux dénivelés mesurés (+321 m / –145 m), dont seule la montée vers le Moulin du Saut, viendra fortement échauffer les jambes.

État du parcours : Les chemins prennent nettement l’avantage sur les routes :

  • Goudron : 3.6 km
  • Chemins : 8.6 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1 : Le long des anciens moulins de l’Alzou

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté.

Au petit matin, lorsque les pèlerins quittent Rocamadour, les touristes dorment encore d’un profond sommeil. La cité retrouve alors une sérénité que l’on peine à imaginer quelques heures plus tard. 
Le parcours quitte la cité par une petite route qui descend vers le ruisseau en longeant les parkings aménagés à l’extérieur du site. Il est en effet impossible de stationner dans le village médiéval.
Depuis le fond de la vallée, la vue reste saisissante sur le village, les sanctuaires et le château, tous accrochés à la falaise comme suspendus dans le vide.
Très vite, le goudron laisse place à une large piste de terre qui chemine presque à plat, puis en légère montée, au fond du vallon.
Le sol prend ici une teinte gris clair, caractéristique des terrains calcaires. La forêt est dominée par les feuillus, principalement des chênes pubescents et des érables, tandis que les conifères sont pratiquement absents. Le sous-bois, clair et bien aéré, laisse largement pénétrer la lumière.
Au fond du vallon serpente l’Alzou. Pendant des millions d’années, cette modeste rivière a lentement entaillé le plateau calcaire, creusant la vallée qui borde les impressionnantes falaises de Rocamadour. Aujourd’hui encore, malgré son faible débit, elle poursuit inlassablement son œuvre d’érosion, rappelant que les plus grands paysages sont souvent le fruit d’une patience infinie.
Apparaissent alors les premiers vestiges des anciens moulins qui jalonnaient autrefois le cours de l’Alzou. Leurs ruines témoignent de l’activité qui animait jadis cette vallée, où la force de l’eau faisait tourner les meules, les foulons et d’autres installations indispensables à la vie quotidienne. 
Le chemin suit paisiblement le fond de la vallée. Entre les éboulis calcaires d’un gris soutenu et le vert profond de la forêt, la lumière compose un tableau d’une grande douceur. Chaque pas s’éloigne un peu plus de l’agitation de Rocamadour. Ici, seuls le murmure du vent dans les feuillages et le crissement des pas viennent troubler le silence d’une vallée que l’Alzou façonne patiemment depuis des millions d’années.
Au détour du chemin, la vallée s’ouvre comme un amphithéâtre de pierre. Les falaises calcaires dominent une mer de verdure où les chênes s’accrochent aux pentes les plus escarpées. Depuis des millions d’années, l’eau, le gel et le vent façonnent inlassablement ce paysage, faisant lentement glisser les pierres jusqu’au chemin. Le marcheur avance dans ce décor où la force des éléments se conjugue à la douceur de la marche.
Sans toujours s’en apercevoir, on emprunte un chemin privé. Une discrète pancarte rappelle que les propriétaires n’engagent pas leur responsabilité en cas d’accident. 
Un peu plus loin, le chemin vient presque effleurer la falaise. Le calcaire domine le marcheur, tandis que la végétation reprend peu à peu possession de la roche.
La large piste laisse ensuite place à un sentier plus étroit qui s’enfonce dans un sous-bois devenu plus dense.
Enfin apparaît l’Alzou. Aujourd’hui, le ruisseau se fait d’une grande discrétion, presque silencieux. À ses côtés subsistent les ruines du moulin de Sirogne, dont les murs, le canal d’amenée et le vieux pont de pierre à deux arches évoquent encore l’activité qui animait jadis cette vallée. Restauré après l’effondrement de l’ouvrage d’origine, ce pont constitue l’un des sites les plus pittoresques du canyon de l’Alzou.
L’histoire du moulin de Sirogne est peu connue, mais sa fonction ne fait guère de doute. Construit probablement au Moyen Âge, puis remanié au fil des siècles, il utilisait la force motrice de l’Alzou pour moudre les céréales des habitants de la vallée. Comme les autres moulins de la rivière, il s’appuyait sur un ingénieux réseau de digues et de canaux d’amenée permettant d’exploiter un cours d’eau au débit souvent irrégulier. Ces ruines rappellent qu’avant de devenir un haut lieu de randonnée, la vallée de l’Alzou était un espace de vie et de travail. Jusqu’au XIXe siècle, près d’une trentaine de moulins jalonnaient la rivière. Si beaucoup produisaient de la farine, certains alimentaient également d’autres activités artisanales. Malgré les faibles débits estivaux, les habitants avaient appris à maîtriser l’eau grâce à des retenues et à une gestion remarquable de la ressource. Aujourd’hui, plusieurs de ces moulins subsistent à l’état de vestiges, témoins d’un patrimoine aussi discret que fascinant.
Ici, le sentier franchit l’Alzou et gagne l’autre rive. Peu à peu, il s’enfonce dans la fraîcheur d’un sous-bois de plus en plus profond.
Sous les grands feuillus, généreux dispensateurs d’ombre, il serpente au pied des falaises plissées, dont les strates calcaires racontent des millions d’années d’histoire géologique. 

Section 2 : La valse des anciens moulins de l’Alzou

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : pentes souvent sévères dans le vallon.

Le sentier accompagne ensuite le ruisseau, souvent réduit à un mince filet d’eau en été, jusqu’aux ruines du moulin de la Mouline.
Ici, le lieu dégage une atmosphère magique. Les ruines du moulin de la Mouline comptent parmi les plus évocatrices de toute la vallée. On y distingue encore les meules, le bief qui amenait l’eau ainsi que le compartiment des turbines qui fournissaient l’énergie nécessaire à la mouture. Ces vestiges permettent d’imaginer l’ingéniosité des meuniers, capables de tirer parti d’une rivière au débit capricieux grâce à un savant réseau de canaux et de retenues. Le silence qui règne aujourd’hui contraste avec l’animation qui occupait autrefois les rives de l’Alzou. L’abandon progressif de ces installations au XXe siècle accompagna le déclin de la meunerie traditionnelle et l’exode rural. Face à ces pierres envahies par la végétation, il est difficile de ne pas imaginer le bruit des meules, le grondement de l’eau et l’activité des hommes qui firent vivre cette vallée.
La pente se fait un peu plus soutenue sous les grands feuillus qui bordent le ruisseau. Les chênes, les érables et les frênes composent une voûte végétale qui protège le marcheur de la chaleur. 
Par endroits, l’étroit sentier longe les falaises calcaires, lentement rongées par l’eau, le gel et les intempéries. Les plis de la roche témoignent de l’immense travail de la nature au fil des millénaires. 
Pourtant, l’Alzou demeure d’une étonnante discrétion. Son faible débit contraste avec l’ampleur du canyon qu’il a creusé. Ici, la vallée a conservé un caractère profondément sauvage. La nature y évolue librement, suivant son propre rythme, sans chercher à séduire autrement que par son authenticité.
Un peu plus haut, le ruisseau forme une paisible retenue d’eau. En observant attentivement les berges, on distingue encore les vestiges des aménagements qui alimentaient autrefois les moulins de la vallée.
Le sentier s’amuse ensuite à franchir le ruisseau ou à le longer au plus près. Les tempêtes ont parfois couché de grands arbres en travers du vallon, laissant la nature reprendre ses droits. Dans cette atmosphère fraîche et humide, fougères, mousses et lichens colonisent les pierres, les troncs et les vieux murs.
L’abandon se lit parfois dans les détails les plus inattendus. Au milieu de la végétation, un arbre a poussé au cœur d’une immense cuve métallique rouillée. Ses branches s’élèvent comme les mâts d’un navire échoué au fond de la vallée, offrant au promeneur une scène presque irréelle.
est des promenades qui possèdent une âme. Celle-ci en fait incontestablement partie. La pente s’adoucit, le silence devient presque palpable et le temps semble suspendu. On ne marche plus seulement dans une vallée, on chemine dans un paysage où la nature, l’histoire et les souvenirs des hommes se mêlent avec une étonnante harmonie.
Peu après, le sentier franchit un pont de pierre,  Vous avez déjà parcouru près de 5 kilomètres depuis Rocamadour ; il en reste encore environ 8,5 pour rejoindre Gramat.

Les ruines du moulin de Tournefeuille apparaissent soudain dans une vaste clairière dominée par les falaises calcaires. Plus imposantes que celles des autres moulins de la vallée, elles témoignent de l’importance qu’eut autrefois cet établissement. Le petit pont de pierre, les hauts murs encore debout et les vestiges des bâtiments rappellent qu’ici l’Alzou faisait vivre toute une activité meunière. Aujourd’hui, la forêt enveloppe progressivement les ruines, offrant au lieu une atmosphère paisible et presque hors du temps. Le moulin de Tournefeuille est souvent considéré comme le plus photogénique de la vallée de l’Alzou, tant les hautes falaises qui le dominent composent un décor spectaculaire.

À partir d’ici, la pente se redresse sensiblement. Le sentier longe les gigantesques falaises gris clair, dont les parois verticales dominent la vallée de toute leur hauteur.

Un panneau confirme que le moulin du Saut est encore loin devant vous.  La randonnée est loin d’être terminée.

Le sentier reprend alors de la hauteur par une montée régulière, soutenue, dont la pente oscille souvent entre 10 et 15 %. Chaque lacet permet de gagner quelques mètres sur le fond de la vallée.
Le sous-bois devient plus dense. Sous les feuillus aux troncs tourmentés, mousses et lichens recouvrent les écorces, témoignant de l’humidité permanente qui règne au pied des falaises.
La lumière peine parfois à traverser cette épaisse voûte végétale. Pourtant, malgré l’effort imposé par la montée, la marche demeure particulièrement agréable, portée par la fraîcheur du sous-bois et le calme profond de la vallée.
Plus haut, afin d’adoucir les passages les plus pentus, des rondins de bois ont été disposés en travers du sentier. Ils retiennent la terre ocre, enrichie par des siècles de feuilles décomposées, et facilitent la progression.
Le sentier poursuit inlassablement son ascension. Peu à peu, la forêt s’éclaircit et la lumière réapparaît au niveau des falaises. Après les longues heures passées dans l’ombre du vallon, retrouver le ciel bleu procure un véritable sentiment de liberté.
Le sentier longe alors les falaises dans une atmosphère qui évoque les premiers âges du monde. Le calcaire, la forêt et le silence composent un décor d’une étonnante puissance, où la nature semble n’avoir jamais été troublée.
Quelques centaines de mètres plus loin apparaît l’extraordinaire moulin du Saut. Niché au bord d’une petite cascade et d’un vaste bassin naturel creusé par l’Alzou, le site surgit presque par surprise au cœur de la végétation.
Les ruines du moulin du Saut rappellent qu’autrefois chaque mètre du cours de l’Alzou était mis à profit. Grâce à un ingénieux système de digues, de biefs et de vannes, les meuniers parvenaient à exploiter une rivière pourtant souvent peu abondante. Le nom du moulin provient probablement du « saut » d’eau, cette petite chute qui augmentait la puissance hydraulique nécessaire au fonctionnement des meules.

Si Tournefeuille impressionne par l’ampleur de ses bâtiments, le moulin du Saut est sans doute le plus spectaculaire de toute la vallée. Ses ruines épousent admirablement le relief et semblent ne faire qu’un avec la forêt. Les escaliers de pierre qui descendent vers le bief donnent l’impression de plonger dans le vide, comme suspendus entre la falaise et la rivière. L’ensemble compose un décor romantique où la pierre, l’eau et la végétation s’unissent avec une rare harmonie. On comprend aisément pourquoi tant de randonneurs considèrent ce lieu comme le plus beau moulin de l’Alzou.

À proximité des ruines repose une gigantesque meule de pierre, témoin silencieux du savoir-faire des anciens meuniers. Son diamètre impressionne autant que les fines rainures gravées à sa surface, destinées à guider le grain entre les deux pierres afin de le transformer en farine. Aujourd’hui immobile, recouverte par endroits de mousses et baignée d’une lumière tamisée par les feuillages, elle semble raconter à elle seule plusieurs siècles de vie au bord de l’Alzou.
Le sentier frôle ensuite les derniers murs du moulin avant de venir s’appuyer contre la falaise. Pendant quelques instants, le promeneur chemine entre la roche verticale et les vestiges de l’œuvre des hommes, dans un paysage où le temps paraît suspendu. 
Vous atteignez alors le lieu-dit de la Croix Blanche, à proximité de la Méjangerie Basse. Il ne reste plus que cinq kilomètres avant de rejoindre Gramat.
À partir du moulin du Saut, le sentier s’élargit. Plus pierreux, il poursuit encore quelque temps sa remontée au cœur d’une nature demeurée sauvage, où la forêt et les falaises semblent régner sans partage.
Mais, assez rapidement, le paysage évolue. Les premiers murets de pierre sèche, les prés soigneusement entretenus et les chemins mieux aménagés annoncent peu à peu le retour de la présence humaine. Après de longs kilomètres passés dans la solitude du canyon de l’Alzou, la civilisation réapparaît discrètement, comme une transition naturelle entre le monde sauvage de la vallée et les paysages ouverts du causse qui conduisent à Gramat.

Section 3 : Une promenade vers Gramat

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté.

Puis, le chemin rejoint une petite route goudronnée qui traverse un paysage plus organisé. L’homme y est davantage présent, mais l’âme du causse demeure intacte.
Quelques centaines de mètres plus loin apparaît le hameau de Lauzou, avec ses maisons de pierre blonde coiffées de tuiles rouges. Un habitat simple, parfaitement intégré au paysage qu’il habite depuis des siècles.
Pourtant, la vie s’y est peu à peu estompée. Certaines maisons sont désormais fermées, d’autres tombent lentement en ruine, témoins silencieux d’un monde rural qui s’efface.
Après un court passage sur la route, le parcours retrouve rapidement la terre battue. À l’ombre des grands feuillus, le chemin s’éloigne de nouveau des habitations.
La vallée a disparu derrière le marcheur. Les hauts murets de pierre sèche réapparaissent, dessinant les anciennes limites des parcelles que les générations passées ont patiemment conquises sur le causse. Le chemin serpente entre ces ouvrages séculaires, aujourd’hui recouverts de mousses, tandis que les racines des chênes semblent enlacer les pierres pour les retenir. Le sentier devient alors un passage entre deux mondes : derrière soi s’évanouissent les ombres profondes du canyon ; devant s’ouvre le causse, plus lumineux et plus apaisé. Les vieux murets, patinés par les siècles, guident le marcheur comme les pages d’un livre ouvert sur l’histoire du Quercy.
On avance avec le sentiment que le temps s’est arrêté depuis bien longtemps. Le silence est maître des lieux.
Pourtant, la vie ne s’est pas complètement retirée du causse. Le chemin longe un élevage de chevaux dont les prairies apportent une touche de douceur à ce paysage minéral.
Un peu plus loin apparaît une vaste ferme, accompagnée d’une élégante maison de maître entourée d’un jardin remarquablement entretenu. Cette demeure rappelle que le causse fut aussi une terre de prospérité agricole, où certaines familles surent tirer parti de ce territoire pourtant austère.
Mais cette parenthèse habitée est de courte durée. La route de terre s’éloigne bientôt des bâtiments pour retrouver les broussailles, les chênes et les pierres blanches qui caractérisent le causse.
Puis vient le retour à l’immensité du causse. Ici règnent de nouveau les grands espaces, les murets de pierre sèche, les chênes rabougris et le silence. Le causse retrouve son caractère mystérieux, austère et profondément attachant, offrant au marcheur cette impression rare de cheminer dans un paysage demeuré fidèle à lui-même au fil des siècles.
Dans l’épaisse forêt apparaît, au loin, le lac de Picarel, que le chemin n’approche pourtant jamais. Cette paisible étendue d’eau surprend dans ce paysage calcaire où l’eau est habituellement si discrète. Pourtant, le lac n’est pas d’origine naturelle. Dans les années 1950, un barrage fut aménagé afin de retenir les eaux d’une résurgence karstique et de créer une réserve destinée à l’agriculture, tout en offrant aux habitants de Gramat un agréable lieu de promenade. Mais le causse retient difficilement son eau. Peu à peu, les fissures du calcaire ont laissé s’échapper une partie de la retenue, si bien que le lac a retrouvé des dimensions beaucoup plus modestes. Il illustre parfaitement le fonctionnement des Causses : ici, l’eau est partout… mais le plus souvent cachée sous terre.
Le parcours hésite ensuite entre terre battue et petites portions goudronnées, mais demeure presque constamment à l’abri du sous-bois.
Le marcheur accompagne toujours l’Alzou, dont les eaux discrètes se frayent un chemin au fond de la vallée. Née en amont de Gramat, la rivière s’écoule vers Rocamadour, où elle a patiemment creusé le spectaculaire canyon qui fait aujourd’hui la renommée du site. Mais l’Alzou est une rivière typiquement karstique. En période sèche, une grande partie de son eau disparaît dans les fissures du calcaire à l’aval de Gramat pour poursuivre son chemin dans un réseau souterrain. C’est pourquoi son lit paraît souvent presque à sec durant l’été. Après de fortes pluies ou en hiver, les pertes ne suffisent plus à absorber tout son débit et la rivière retrouve un écoulement de surface jusqu’à Rocamadour. Ce comportement singulier rappelle combien le sous-sol des Causses est un immense monde caché, où l’eau poursuit inlassablement son œuvre loin des regards.
Le GR6 rejoint alors progressivement le monde des hommes. La route de terre battue passe sous la grande arche de la ligne de chemin de fer qui relie Brive-la-Gaillarde à Figeac en passant par Gramat. Cette ligne dessert la gare de Rocamadour-Padirac, située à plusieurs kilomètres de la cité médiévale. C’est pourquoi les voyageurs arrivant en train doivent encore marcher ou emprunter une navette pour atteindre la cité médiévale.
Le chemin franchit ensuite une dernière fois l’Alzou, qui poursuit discrètement son voyage vers Rocamadour avant de rejoindre l’Ouysse.
Au détour d’un virage apparaît une ancienne ferme en ruine, adossée à un vaste éboulis calcaire. Les murs tiennent encore debout, mais une partie de la toiture s’est effondrée et la végétation reprend peu à peu possession des lieux. Les mêmes pierres ont servi à bâtir la maison et à former la falaise qui la domine. On ne sait plus très bien où s’arrête l’œuvre de l’homme et où commence celle de la nature. Le silence qui entoure ces ruines leur confère une beauté discrète, presque émouvante, comme si elles conservaient la mémoire de ceux qui vécurent autrefois sur ce causse austère.
Le chemin remonte ensuite en pente douce vers Gramat. Peu à peu, la vallée disparaît derrière le marcheur et le paysage s’ouvre à nouveau sur les espaces du causse.
En chemin apparaît le plan d’eau du Tumulus, à proximité immédiate de Gramat. Cette retenue artificielle contraste avec l’univers karstique environnant, où les étendues d’eau sont rares. Peu profond et largement envasé, le plan d’eau constitue aujourd’hui un agréable espace de promenade, tandis que les roseaux et la végétation aquatique gagnent progressivement ses berges.
Un large chemin, assez pierreux, poursuit enfin son ascension à travers les prairies en pente douce qui annoncent l’arrivée prochaine à Gramat. Après les gorges encaissées de l’Alzou, le causse retrouve toute son ampleur et son horizon.
Ce qui ressemble à une grosse ferme entourée d’un beau jardin se dresse au sommet de la montée, annonçant l’entrée de Gramat.
Peu après, une petite route se dirige vers le cimetière, légèrement à l’écart de la ville.
Le parcours longe ensuite ce lieu de silence avant d’aboutir sur une agréable place ombragée par de grands arbres.
La traversée de Gramat peut paraître quelque peu déroutante. Le chemin serpente dans les rues sans véritable direction apparente, car le balisage du GR6 ne va pas au centre-ville. Avec ses quelque 3 500 habitants, Gramat est la principale commune du causse qui porte son nom.

À l’entrée de la ville s’élève l’église Saint-Pierre. Reconstruite au XIXe siècle sur l’emplacement d’un sanctuaire plus ancien, détruit lors des guerres de Religion, elle domine paisiblement Gramat. Son élégante silhouette néogothique, ses hautes fenêtres en arc brisé et son clocher élancé contrastent avec la sobriété des maisons quercynoises. Édifiée dans la même pierre calcaire que les falaises de Rocamadour et les murets du causse, elle prolonge au cœur de la ville le paysage minéral que le marcheur vient de traverser,

Gramat est une ville discrète, souvent éclipsée par la renommée de Rocamadour. Pourtant, elle constitue depuis des siècles la véritable capitale du causse du Quercy. Pour rejoindre son cœur historique, il faut gravir quelques ruelles en pente où la vie s’écoule paisiblement, loin de l’agitation des grands sites touristiques. Seuls les jours de marché viennent animer les places et les rues. 
Au centre de la ville se dresse la halle, véritable symbole de son histoire commerçante. Depuis le Moyen Âge, éleveurs et paysans des Causses s’y retrouvaient pour vendre céréales, moutons, fromages, volailles et autres produits du terroir. La halle actuelle, construite au XIXᵉ siècle sur l’emplacement des anciennes halles, perpétue cette vocation. Ses élégantes arcades de pierre calcaire, soulignées de briques rouges, lui confèrent un caractère typiquement quercynois. Aujourd’hui encore, elle accueille le marché hebdomadaire et demeure le cœur vivant de Gramat.
Autour de la halle, le centre ancien conserve de belles maisons en pierre blonde, témoins d’un bourg qui fut longtemps le principal carrefour commercial du causse. Sans posséder le prestige de Rocamadour, Gramat séduit par son authenticité et sa douceur de vivre. C’est une ville à découvrir en prenant son temps, au rythme de ses places ombragées, de ses ruelles tranquilles et de ses marchés, qui perpétuent une tradition vieille de plusieurs siècles.

Logements répertoriés sur la Voie de Rocamadour

  • Gîte Les Petits Cailloux, 1 Avenue Louis Mazet, Gramat ; 05 65 40 79 36/06 58 12 11 83 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Gîte-Hôtel Le Grand Couvent, 33 Avenue Louis Mzet, Gramat; 06 65 38 73 29 ; Gîte et hôtel, repas, petit déj., cuisine
  • Chambres d’hôte Chervet, 191 Route d’Areuilles, Gramat; 07 84 79 30 34 ; d’hôte, repas, petit déj., cuisine, donativo
  • Domaine de la Croze, 4 Rue Luis Fajolles, Gramat; 06 77 99 57 97 ; d’hôte, petit déj., cuisine

Ces données ont été actualisées en 2026. Si vous ouvrez ce site par la suite, il n’est pas sûr qu’il en sera toujours ainsi. Sur ces parcours, des établissements ouvrent chaque année, d’autres ferment. La solution est d’acheter, entre autres, Miam Miam Dodo, la bible pour manger et se loger, et qui donne aussi des logements hors du parcours. Pour notre part, nous ne donnerons que les logements sur le parcours, ou à proximité très immédiate. Il existe aussi d’autres possibilités, comme des guides, ou Internet, qui liste aussi les Airbnb. Cependant, même si la vallée est touristique, les logements Airbnb sont rares.  Mais aucune application n’est aussi bien documentée que Miam Miam Dodo, d’autant que le petit livre, que vous trouvez aussi sur Internet est renouvelé chaque année. Si vous ne disposez pas de Miam Miam Dodo, on vous conseille de réserver et de vous renseigner chez les logeurs, des modalités de leur logement (repas, draps, WC, douche, autres commodités). De même, renseignez-vous à l’étape précédente sur les heures d’ouverture des épiceries, des bars, souvent fermés au cours de la journée ou de la semaine. Sur la variante de Rocamadour, les possibilités de logement sont très restreintes, mais il n’y a que peu de pèlerins qui passent par ici. Par contre, il y a aussi des randonneurs. Réservez donc, si c’est possible. Un lit trouvé au dernier moment est parfois un coup de chance ; mieux vaut ne pas s’y fier tous les jours.

Dans cette étape, le logement est sans problème. Il n’y rien avant d’arriver à Gramat, où on dénombre 45 lits en gîte et 15 en chambres d’hôte. De plus, il y a 7 hôtels-restaurants (voir Internet). Il n’y a ni point d’eau ni toilette sur le parcours. Gramat offre toutes les disponibilités. Pour les gens qui veulent faire transporter le sac ou eux-mêmes, la Malle Postale est une bonne solution. Et en prime, le train SNCF passe ici.

N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
Etape suivante : Etape 5: De Gramat à Lacapelle-Marival
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