Etape 5 : Gramat à Lacapelle-Marival

 Souvent dans un causse magnifique

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du parcours. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-gramat-a-lacapelle-marival-par-le-gr6-variante-de-rocamadour-237830741

Ce n’est évidemment pas le cas pour tous les pèlerins d’être à l’aise avec la lecture des GPS et des cheminements sur un portable, et il y a encore de nombreux endroits sans connexion Internet. De ce fait, vous pouvez trouver sur Amazon un livre qui traite de ce parcours.

 

 

 

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Cette étape est très différente de celle entre Rocamadour et Gramat. Si la vallée de l’Alzou est spectaculaire et intimiste, le parcours de Gramat à Lacapelle-Marival est celui de la découverte du causse du Quercy, ici encore le causse de Gramat, dans toute son authenticité.

En quittant Gramat, le parcours abandonne progressivement les vallées encaissées pour retrouver les grands espaces du causse. Le relief devient plus doux, les horizons s’élargissent et la lumière reprend toute sa place. C’est une randonnée moins spectaculaire que celle de Rocamadour, mais plus représentative du Quercy rural. Ici, les murets de pierre sèche, les chênes rabougris, les prairies d’élevage et les anciennes fermes racontent des siècles d’adaptation à un territoire où la pierre est omniprésente et l’eau souvent rare. L’ambiance est beaucoup plus agricole que touristique.  Le chemin traverse plusieurs petits villages typiques, où le temps semble s’être arrêté. Les fermes quercynoises témoignent d’une architecture parfaitement adaptée au climat du causse. Les toitures de tuiles plates ou de lauzes, les pigeonniers et les granges constituent un patrimoine rural remarquablement préservé. À mesure que l’on s’approche de Lacapelle-Marival, le paysage devient un peu plus vallonné. Le village apparaît enfin, dominé par son remarquable château médiéval, l’un des plus beaux du département du Lot. Avec ses tours massives et son élégante silhouette, il annonce la fin d’une étape placée sous le signe du patrimoine rural plus que des grands sites naturels.

On dira que cette étape est celle de la quiétude. On ne vient pas y chercher les émotions que procurent les falaises de Rocamadour ou le canyon de l’Alzou, mais la beauté discrète d’un territoire façonné par des générations de paysans. C’est un Quercy plus secret, plus intime, où l’on marche longtemps dans le silence, entre les chênes, les murets et les prairies, avec l’impression que le paysage a très peu changé depuis des siècles.

Cette étape correspond à la variante menant vers Rocamadour, généralement parcourue en sens inverse par les pèlerins, de Figeac à Cahors. Ici, le chemin s’inverse, et il suffit presque de lire le paysage à rebours pour en retrouver la logique. Vous cheminez sur le GR6, fil discret mais fidèle qui relie ces terres de pierre et d’eau.

Difficulté du parcours : Les dénivelés du jour sont très raisonnables (+338 mètres/-282 mètres), d’autant plus que l’tape est assez longue, avec près de 25 km. Rares sont les pentes sévères sur une étape, qui ondule doucement à travers le causse.

État du parcours : L’alternance entre routes et chemins est assez bien balancée  :

  • Goudron : 11.6 km
  • Chemins : 12.8 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1 : Dans un causse d’une beauté incroyable

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté.

Il faut une véritable gymnastique de l’esprit pour quitter Gramat, surtout lorsque la nuit précédente s’est dissoute dans les lumières du centre-ville. Il faut revenir sur ses pas, tourner là d’où l’on était venu la veille, près du vieux cimetière. 
Là commence la Rue du Barry, une artère discrète qui glisse lentement vers les bas-fonds de la ville. 
La pente entraîne le voyageur à travers une banlieue ancienne, bordée de vieilles maisons de pierre pleines de charme et d’histoires silencieuses. Peu à peu, la rue descend vers le ruisseau de l’Alzou, ce compagnon d’errance déjà longé depuis Rocamadour. 
Ici, l’Alzou a perdu les emportements qui animaient son cours la veille. Il s’abandonne désormais à une nature presque sauvage, où l’eau semble rêver sous le poids du temps. 
Le parcours épouse alors les méandres du ruisseau, se faufilant dans les herbes hautes comme s’il cherchait à ne pas troubler la quiétude des lieux. 
Puis l’itinéraire bifurque encore, retraverse le cours d’eau et rejoint une petite place à la sortie de la ville, comme un dernier seuil avant la campagne. 
Le GR6 s’enfonce ensuite sous un tunnel au bout de la Rue du Barry avant de retrouver la Rue d’Arruflens. 
Cette rue traverse un entrelacs de maisons de pierre qui semblent avoir vu défiler plusieurs siècles. Elle longe également le couvent de la ville, austère et immobile dans le silence des vieilles pierres. 
Dans cette banlieue venue d’un autre âge, tout respire la solidité minérale : les demeures, les murs, les murets, jusqu’au paysage lui-même qui paraît façonné dans la pierre. 
Le patrimoine local conserve même le souvenir du moulin d’Arruflens, vestige d’un monde disparu depuis des temps immémoriaux. 
Ici, la banlieue s’efface définitivement derrière vous. Les dernières traces de vie s’éloignent pour laisser place à une nature intacte. Une route fatiguée longe le ruisseau, tandis que, çà et là, quelques demeures de pierre se dissimulent timidement derrière leurs jardinets. 
L’eau sommeille désormais à l’ombre des grands feuillus, enveloppée d’une douceur paisible qui donne au paysage des allures de songe. 
Puis le parcours abandonne le murmure du ruisseau pour rejoindre une route plus large qui contourne la ville, dans cette région où se niche le village d’Aureilles, à l’écart du parcours. 
La pente commence alors à se faire sentir, discrète mais persistante, comme une lente invitation à quitter les derniers replis habités pour gagner les hauteurs. 
Ici, la route longe des maisons de pierre venues d’un autre temps, certaines déjà rongées par les ruines et le silence. Partout, les murs de pierre sèche semblent garder des secrets anciens que le pèlerin n’est pas destiné à connaître, comme si chaque façade portait en elle la mémoire effacée de vies oubliées. 
Vous atteindrez alors un point où il vaut mieux ne pas céder à l’inattention. Le parcours semble vouloir vous entraîner tout droit sur la route, dans une trompeuse évidence. Mais non : un panneau vient barrer cette illusion et indique, presque discrètement, un sentier qui s’échappe sur la droite, en contrebas de la route. 
Un étroit sentier se faufile sous la route avant de plonger dans le vallon, longeant patiemment les vieux murets de pierre qui dessinent le paysage depuis des générations. 
Ici, l’ombre généreuse des grands feuillus déploie une fraîcheur bienveillante, comme une voûte protectrice au-dessus du sentier. 
Par instants, lorsque le bois s’éclaircit et laisse filtrer davantage de lumière, le regard s’échappe vers la droite, où apparaît le village de la Ginestie, blotti dans le paysage.  
Au bas de la descente, le sentier rejoint une route de terre battue, discrètement réservée aux propriétaires des somptueuses demeures de pierre taillée qui reposent ici. Dans cette région, le calcaire règne partout, déclinant ses nuances entre l’ocre chaleureux et le gris minéral. 
Commence alors une traversée enchanteresse du causse, au milieu des herbes folles, des buissons et des talus vivants. À cette période de l’année, les bas-côtés se couvrent de carottes sauvages et de grandes berces dont les inflorescences, délicatement déployées, évoquent des ombrelles végétales offertes au vent. 
Derrière les murets de pierre où la mousse a pris racine depuis belle lurette, le village de la Ginestie demeure toujours présent, comme un repère silencieux dans le paysage. 
Au lieu-dit Le Gravier, une nouvelle et magnifique maison de pierre apparaît derrière son jardinet, discrète et élégante dans son écrin de verdure.  
Puis revient un sentier étroit qui guide vos pas entre les murets de pierre, les champs d’ombellifères frémissant sous la brise et les broussailles sauvages qui bordent le chemin. 
Ces chemins semblent avoir été dessinés pour les pas des rêveurs. Ils serpentent entre les murets de pierre nappés de mousse, sous la haute garde des arbres dont les branches s’entrelacent comme les voûtes d’une cathédrale végétale.  
Ici, un couple se glisse silencieusement sous la voûte des arbres, tandis que l’homme tire derrière lui une modeste charrette à bagages. Le sous-bois est dominé par les chênes puissants et les érables aux feuillages légers ; aucune silhouette de conifère ne vient troubler cette harmonie de feuillus, où règnent partout la douceur des ombres et les nuances profondes du vert. 
Peu après, le sentier vient buter contre une route de terre battue à la sortie du sous-bois, comme si la forêt, soudain, consentait à rendre le voyageur au grand paysage du causse. 
Une indication apparaît ici en direction de la ferme et du camping du Gravier, repère précieux pour les marcheurs, tant les possibilités de logement demeurent rares sur cette portion du parcours. . 
La route de terre s’étire alors dans une campagne plus ouverte, où le regard respire davantage après les passages boisés. En contrebas du chemin, vous apercevez la ferme du Gravier, posée au milieu des prairies et des murets, dans la tranquille simplicité des paysages du causse. 
Plus loin surgit la bifurcation menant au camping, lui aussi légèrement à l’écart du parcours principal, comme caché dans la quiétude de la campagne.  
Le chemin poursuit ensuite sa course durant plusieurs centaines de mètres sur cette route de terre battue, toujours protégée par l’ombre bienfaisante des feuillus. 
Puis la route de terre battue se resserre de nouveau en un sentier plus étroit qui retourne sous la fraîcheur du sous-bois, à proximité d’un parc à bétail dont on devine la présence sans jamais apercevoir la ferme qui lui appartient. Ici, vous marchez presque seul sur le parcours, ne croisant que quelques rares randonneurs égarés dans l’immensité paisible du causse. 
À mesure que vous avancez sur ce chemin sans difficulté, la lumière s’amuse avec les feuillages, filtrant par éclats mouvants sur les pierres blanches et les herbes folles qui bordent le passage. 
Le sentier, étroit et sinueux, s’efface parfois dans un véritable tunnel de verdure avant de réapparaître plus loin, comme s’il invitait le voyageur à poursuivre quelque secret ancien dissimulé au cœur des bois. 
Ici, tout semble murmurer la lente patience des siècles : les pierres couvertes de lichens, les troncs noueux penchés au-dessus du passage, la mousse qui enlace les murets depuis des générations. Même le silence paraît habité, seulement troublé par le froissement des feuilles, le rare cri lointain d’un oiseau. 
Marcher sur ces chemins du causse, c’est pénétrer dans une terre secrète où la nature compose, à chaque détour, un tableau vivant mêlant l’ombre, la lumière et les parfums sauvages des sous-bois. 

Section 2 : Dans un causse d’une beauté incroyable

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté.

Entre les murets de pierre sèche épaissis par des mousses veloutées, le sentier, parfois un peu caillouteux, serpente doucement sous la voûte éclatante des feuillus. 
Par endroits, une rare trouée dans le sous-bois ouvre soudain une petite clairière, comme une respiration lumineuse au cœur de cette mer de verdure. 
Chaque pierre semble avoir été déposée là par le temps lui-même, comme si la nature et les hommes avaient façonné ensemble, siècle après siècle, ce paysage silencieux et immuable. 
La poésie du lieu naît de cette alliance subtile entre la rudesse minérale du causse et la douceur presque irréelle du sous-bois. Les mousses épaisses enveloppent les vieux murs d’un manteau vivant, tandis que les arbres étendent leurs branches au-dessus du chemin comme pour préserver le voyageur du tumulte du monde. 
Pourtant, l’homme n’est jamais tout à fait absent de ces solitudes, comme en témoignent les panneaux de chasse qui apparaissent parfois au détour du chemin, rappel discret que cette nature demeure aussi un territoire vivant et partagé. Mais chaque virage continue malgré tout de donner l’impression d’entrer un peu plus profondément dans l’âme secrète du causse. 
Encore quelques pas dans cette nature sauvage, et le sentier surgit soudain à l’air libre pour rejoindre une petite route goudronnée baignée de lumière. Après les profondeurs du sous-bois, cette ouverture donne presque l’impression de revenir au monde des hommes. 
Le chemin ne fait pourtant que traverser la route avant de poursuivre tout droit. On s’étonne alors que quelques paysans aient choisi de vivre ici, à l’ombre de leurs hauts murs de pierre, dans cette solitude minérale que le causse semble protéger depuis toujours. 
Très vite reviennent les murets de pierre couverts de mousse, bordant un sentier étroit qui se faufile de nouveau entre les arbres et les broussailles. 
Ici, cependant, le causse paraît un peu moins sauvage. Peu à peu, le chemin se rapproche d’un monde plus habité, plus civilisé, où la présence humaine se devine davantage derrière les murs, les chemins et les toitures de pierre. 
Le sentier rejoint alors le goudron à proximité de fermes et de demeures qui ressemblent presque à des forteresses, tant leurs murs imposants semblent avoir été dressés pour défier le temps et les saisons. 
Bientôt, la route atteint le carrefour de St Chignes, discret point de rencontre, perdu au cœur du causse. 
Là, une croix de fer veille silencieusement sur les rares habitants qui vivent encore dans cette campagne austère et paisible. Il existe bien ici une église, celle de Saint-Aignan, mais elle paraît aujourd’hui abandonnée au silence, presque délaissée, comme si le temps avait lentement déserté les lieux, ne laissant subsister qu’une présence humaine de gens qui y logent. 
Derrière la partie habitée de l’église, à côté d’un vieux puits desséché par les étés successifs, quelques roulottes aux couleurs vives signalent un hébergement disponible pour les voyageurs de passage. Cette présence inattendue apporte soudain une touche bohème et presque joyeuse à la solitude minérale du causse. 
Vous retrouvez alors ces chemins irrésistibles qui donnent à cette traversée du causse son charme si singulier. 
La nature redevient aussitôt sauvage et ébouriffée, comme livrée à elle-même depuis des siècles. Les herbes hautes débordent sur les talus, les broussailles gagnent les abords du sentier. 
Plus loin, le chemin quitte enfin le sous-bois pour déboucher dans une clairière lumineuse. C’est presque la première véritable ouverture dans le paysage depuis le départ, comme une respiration soudaine après la longue intimité des chemins forestiers. 
Un large chemin s’élève alors en pente douce sur la colline, au milieu des herbes et des talus fleuris, parfois accompagné par l’ombre majestueuse de grands chênes isolés. 
Au sommet de cette montée paisible apparaissent une ferme de bois puis une belle bâtisse de pierre, annonçant l’entrée sur le goudron dans le hameau de Gary, discrètement posé sur les hauteurs du causse. 
Gary est un hameau particulièrement agréable, où de belles maisons cossues témoignent d’une douceur de vivre discrète. On devine ici la présence de retraités heureux d’avoir choisi ce coin de causse paisible, partageant le paysage avec quelques fermes et les paysans du pays. 
Un joli parc, abrité sous les arbres, offre une halte bienvenue avec sa table de pique-nique installée dans la fraîcheur des feuillages. 
À la sortie du hameau, réapparaissent les éternels murets de pierre qui accompagnent désormais le voyageur comme un fil conducteur. Mais cette fois, le chemin traverse une nature plus ouverte, où le regard peut s’échapper davantage vers les prairies et les collines du causse. 

Au coin d’un bois surgit une caselle, posée là comme un gros champignon de pierre oublié au milieu des herbes et des broussailles.

Le chemin descend alors doucement entre prés et bosquets pour rejoindre la plaine, avant d’aboutir sur une discrète route de campagne dominée par une croix de fer solitaire.  
Cette petite route tranquille longe ensuite les bosquets et de rares maisons dissimulées dans les feuillages, en direction d’Issendolus, dont la présence semble assez voisine dans le calme immense du paysage. 

Section 3 : Des petits villages à la limite du causse

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

La route semble s’attarder un moment avant d’atteindre enfin les premières maisons du village, comme si le causse hésitait encore à quitter ses espaces sauvages pour rejoindre les terres habitées. 
Les demeures apparaissent alors, solides et cossues dans leurs pierres anciennes, avec cette austérité élégante propre aux villages du Quercy. L’église elle-même semble respirer la mémoire des siècles, toute imprégnée de la présence des vieilles pierres blondes patinées par le temps.  
À la sortie du village, près du monument aux morts, le parcours rejoint une route plus importante qui file en direction de L’Hôpital-Beaulieu.  
Ce n’est sans doute pas la portion la plus séduisante de la journée, car il faut marcher le long de la chaussée. Pourtant, la circulation y demeure rare, et le calme du causse continue d’accompagner le voyageur malgré le goudron. 
Au bout de cette ligne droite survient la jonction avec la D840, grande départementale qui descend en longs traits rectilignes depuis Gramat jusqu’ici, traversant le causse comme une entaille moderne dans l’antique paysage de pierre. 
Le parcours tournicote alors dans le village de l’Hôpital-Beaulieu, dont le nom porte encore la mémoire des pèlerins et des voyageurs du Moyen Âge. Ce lieu isolé fut jadis un important hospice fondé au XIIIe siècle pour accueillir et soigner ceux qui empruntaient les chemins menant à Rocamadour ou à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il dépendait de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ces religieux-chevaliers qui protégeaient les routes de pèlerinage à travers l’Europe chrétienne. Aujourd’hui encore, malgré le silence des pierres et les ruines éparses, le site conserve quelque chose de profondément spirituel et mystérieux. L’Hôpital-Beaulieu demeure également intimement lié à une communauté de religieuses hospitalières. Bien que l’établissement fût placé sous l’autorité des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, il abrita très tôt des sœurs chargées de l’accueil des pauvres, des malades et des pèlerins traversant les solitudes du causse. Le site formait autrefois un vaste ensemble monastique avec cloître, murailles, bâtiments conventuels et salles d’accueil, véritable refuge de pierre perdu au milieu des plateaux du Quercy. Mais cette cité religieuse fut emportée par la tourmente révolutionnaire. L’église et le monastère furent incendiés puis dépouillés de leurs richesses. Aujourd’hui, il ne subsiste que quelques portions des anciens murs d’enceinte ainsi que de remarquables clés de voûte sculptées. 
Le GR6 rejoint alors de nouveau la route départementale, retrouvant pour un instant le monde plus banal du goudron et des lignes droites. 
Mais cette portion ne dure guère, et il faut ici rester particulièrement attentif au risque de poursuivre trop loin sur la départementale. Après quelques centaines de mètres seulement, juste avant le camping, un discret chemin s’échappe vers la gauche près d’un poteau électrique, presque caché dans le paysage, comme une invitation secrète à retrouver aussitôt le charme du causse. 
Un chemin de terre folâtre à travers un parc paisible dominé par une belle maison de pierre, posée là avec une élégance tranquille. On imagine sans peine la douceur de vivre qui habite ces lieux, au milieu des arbres et du silence du causse. 
Puis le parcours retrouve les éternels murets du causse du Quercy, compagnons fidèles du voyageur dont on ne saurait se lasser tant ils semblent faire corps avec le paysage lui-même. 
Plus loin, le chemin débouche sur le petit hameau de Vernique, discrètement installé dans la campagne quercynoise.  
Comme toujours dans cette région, le balisage demeure irréprochable malgré les nombreux changements de direction imposés par les chemins et les parcelles du causse. Ici, les prairies accueillent surtout des moutons, bien davantage que des vaches ; le sol pierreux et sec paraît peu adapté aux grands troupeaux bovins. 
La route entraîne alors doucement le marcheur entre prairies et bosquets, dans cette alternance paisible d’espaces ouverts et de petits bois qui caractérise si bien le paysage. 
Parfois, un muret de pierre sèche ourlé de mousse rappelle aussitôt que l’on marche toujours au cœur du causse, dans ce pays de pierre où la nature et les hommes ont façonné ensemble les chemins.  
Comme partout sur le plateau, les chênes règnent en maîtres, mais l’on rencontre aussi des érables, des frênes et parfois même quelques châtaigniers qui apportent d’autres nuances aux feuillages. 
Sans même y prêter attention tant la marche se fait paisible et régulière, la route finit par atteindre Soulestrein, presque naturellement, au détour des prairies et des arbres. 
C’est encore ici un hameau paisible, où de nombreuses belles maisons de pierre semblent vivre à l’écart du tumulte du monde, dans un calme presque intemporel.  
À partir de là, le parcours suit la modeste route au goudron usé qui s’enfonce dans la campagne tranquille. La pente se fait un peu plus marquée à la montée, tandis que la route dessine un large virage au milieu des prairies et des bosquets. 
Au sommet de cette côte apparaît le hameau de Grufiel, discrètement posé sur les hauteurs du causse.  
Ici encore, la route est bordée de murets de pierre derrière lesquels s’alignent les rares fermes et habitations aux belles pierres taillées, solides et lumineuses sous le ciel du Quercy. 
On devine également la présence de retraités venus chercher dans ces paysages la paix et la lenteur d’une vie plus simple, loin des villes et de leur agitation. 
Depuis le hameau, la route poursuit son chemin le long des murets, à travers une campagne rustique mais plus ouverte, où les horizons du causse semblent peu à peu reprendre leur ampleur. 

Section 4 : En traversant l’Ouysse, le gros ruisseau de la région

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté.

Rien ne semble troubler ces beaux paysages presque vides. Ici, il n’y a guère que la beauté rustique du causse, les étendues pierreuses, les herbes sauvages et parfois quelques rares moutons occupés à brouter dans le silence. La présence humaine demeure infime, limitée à quelques habitants discrets et aux randonneurs de passage qui traversent ces solitudes paisibles. 
Peu après, la route traverse le hameau du Cossoul, posé avec simplicité dans la campagne quercynoise.  
On retrouve ici les mêmes demeures de pierre, le même charme discret et minéral que dans tous les hameaux de la région, cette alliance de rudesse et d’élégance qui finit par devenir familière au marcheur. 
Le parcours tourne alors à angle droit sur la route, près d’une caselle dissimulée derrière les arbres, comme un dernier témoin silencieux de la vie ancienne du causse. 
Après un passage un peu monotone sur le goudron, le chemin abandonne la route près d’une ferme plus moderne pour retrouver, vers la droite, le chemin de Ladoasse et le plaisir des chemins plus sauvages. 
C’est alors un chemin assez large et quelque peu caillouteux qui s’élance doucement à l’assaut d’une petite colline, dans la lumière tranquille du causse. 
Le chemin gagne ensuite un sous-bois typique des plateaux quercynois. Pourtant, ici, les éternels murets de pierre ont disparu, comme si le paysage changeait peu à peu sans que l’on s’en aperçoive vraiment. 
À la sortie du bois, quelques panneaux invitent le voyageur à découvrir les richesses et le patrimoine de Thémines, annonçant peu à peu le retour vers des lieux davantage habités.  
Une route de terre battue prend alors le relais du chemin forestier. 
Mais elle ne dure guère avant d’aboutir sur une vaste esplanade aménagée de tables de pique-nique, installée sur les hauteurs de Thémines, dans une atmosphère paisible ouverte sur les paysages du causse.  
Dans toute cette région, les villages conservent d’anciens bassins, parfois d’anciens lavoirs ou des réserves d’eau destinées à recueillir les eaux de ruissellement, témoins d’un temps où chaque source était précieuse sur les causses secs et pierreux. Ici, pourtant, le site possède quelque chose d’exceptionnel : le lac du Bout du Lieu, modeste bassin aménagé pour abreuver les animaux et retenir les eaux du plateau. Même les noms des rues semblent écrits en lettres anciennes, comme pour prolonger encore davantage l’impression de remonter le temps. 
Une grande croix de granit s’élève au milieu du site, gardienne silencieuse des lieux et des siècles passés qui continuent d’habiter les pierres du causse. 
La route s’incline abruptement vers le village, où un habitant singulier s’est fait le maître d’un étonnant art naïf sur catelles : une mosaïque foisonnante où se mêlent signes du zodiaque, objets insolites et fantaisies presque hérétiques, comme échappées d’un songe populaire. 
La chaussée en pente rejoint bientôt le cœur du village, blotti dans un repli du causse. 
Au centre se dresse une halle du XVIIe siècle, coiffée de lourdes lauzes et inscrite aux monuments historiques. Sous sa charpente patinée par les siècles résonne encore l’écho des anciens marchés dont les chroniques attestent l’existence dès le XIIIe siècle. 
Dominant la halle comme un discret promontoire spirituel, l’église St Martin du XIXe siècle veille sur les toits du village. 
Le GR6 quitte rapidement les dernières maisons, non sans laisser entrevoir une demeure singulière dont le pigeonnier semble avoir été absorbé par la maison elle-même, comme si l’architecture paysanne avait voulu jouer avec ses propres codes.  

Un chemin franchit alors l’Ouysse, rivière aussi secrète qu’imprévisible. Affluent de la Dordogne, elle lacère le causse de Gramat de canyons profonds, semblables à ceux de Rocamadour. Pourtant, par endroits, son cours s’efface et disparaît dans les entrailles calcaires. Nul ne sait vraiment suivre son cheminement souterrain, tant les causses ressemblent ici à un immense emmental minéral percé de grottes, de failles et d’abîmes invisibles.

Au-delà de la rivière, le GR6 reprend son ascension en douceur sous la voûte des feuillus, d’abord sur une terre battue souple et silencieuse, puis sur une pente plus soutenue où le goudron vient durcir la marche. 
Ici, les sols, un peu plus généreux que sur le reste du causse, laissent apparaître quelques cultures de maïs qui contrastent avec l’austérité minérale des plateaux. Car la terre demeure pauvre dans les causses : les paysans n’y arrachent le plus souvent que quelques céréales maigres, et plus rarement encore du maïs.
Puis le parcours regagne le sous-bois. Entre les fougères et les jeux d’ombre réapparaissent les vieux murets de pierre moussus, vestiges silencieux d’un patient labeur paysan que la forêt semble peu à peu vouloir engloutir. 
Le chemin se met alors à serpenter doucement dans ce bois encore empreint de la magie sauvage des causses, où chaque détour paraît dissimuler un secret. 
Chemin faisant, un panneau indique la direction d’Aynac. Pourtant, jamais le village ne se dévoilera réellement au voyageur du GR6, comme s’il demeurait volontairement à l’écart du monde et du chemin. 

Peu après surgit, au lieu-dit Mas del Sol, une belle maison de pierre que le temps semble lentement reprendre à lui, dans un silence presque mélancolique.

A Mas del Sol, le village de Ruyère n’est plus qu’à quelques pas, mais le parcours l’ignore délibérément. Le chemin rejoint alors la discrète départementale 238, qu’il accompagne sur une centaine de mètres seulement. 
Là, le GR6 retrouve ces chemins de causse que l’on aime aussitôt : étroits, pierreux, bordés de végétation libre et baignés d’une tranquille solitude.  
Revient alors toute la magie du causse, dans un sous-bois plus sombre où dominent les chênes innombrables. S’y mêlent aussi des frênes et même quelques noyers sauvages, tandis que les érables se font ici plus discrets. 
Mais la traversée forestière n’est pas éternelle, et bientôt le goudron remplace à nouveau le chemin de terre et d’herbe, ramenant peu à peu le marcheur vers des paysages plus ouverts. 

Section 5 : Balade entre prés et sous-bois

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté.

C’est alors une petite route disloquée, presque rendue à la nature, où l’herbe pousse entre les pierres et file à travers les prés. Les Aubrac, fidèles à leur réputation placide, s’y abandonnent volontiers à la sieste. Peut-être boudent-elles encore les cornes qu’on leur a ôtées. 

Plus loin, le GR6 atteint un carrefour de routes entremêlées, veillé par une humble croix de fer plantée au bord du chemin.

Mais le parcours délaisse ici l’axe principal pour poursuivre sa route en pleine campagne, sur une route hésitant entre goudron fatigué et terre battue. Dans ces paysages plus ouverts, les chênes cèdent peu à peu leur royaume aux frênes. 
Le GR6 s’enfonce alors dans un sous-bois clair, où alternent herbe tendre et terre battue. Ici, les chemins se montrent étonnamment peu caillouteux, fait assez rare dans les causses pour être remarqué. Dans ces bois, la végétation paraît désormais moins exubérante. C’est presque comme si le causse sauvage s’était peu à peu éloigné derrière vous. Pourtant demeurent encore les chênes, les érables et les frênes, mêlés aux ronces, aux cornouillers, aux troènes, aux viornes et aux prunelliers sauvages. Et si vous passez ici au début de l’été, les fruits des prunelliers offrent au marcheur gourmand une halte gratuite et savoureuse. 
Il faut dire que le registre du paysage a changé. Plus tôt régnaient les immensités austères du causse sauvage ; ici, la nature devient plus généreuse, presque plus hospitalière. À l’horizon apparaît parfois un petit troupeau, perdu dans les prés. Les vaches, qui ont remplacé les moutons, semblent avoir trouvé davantage d’espace, un territoire plus doux où s’épanouir librement. 
Le chemin traverse alors un petit plateau paisible où surgissent çà et là quelques noyers, des frênes et plusieurs champs de maïs. On y remarque même de vieux châtaigniers centenaires, témoins silencieux d’une terre sans doute moins ingrate qu’au cœur du causse. D’ailleurs, les pierres se font ici étonnamment rares sous les pas du marcheur. 
Là, il rejoint une petite route solitaire.
La route descend ensuite doucement de la colline au milieu des jeunes Aubrac, dont la curiosité tranquille accompagne le passage du marcheur. 
Elle frôle bientôt le hameau de Peyrou, que l’on distingue à peine derrière quelques fermes éparses, modestement posées dans le paysage. 
Puis la descente se poursuit sous de grands feuillus, généreux dispensateurs d’ombre, dont les silhouettes espacées accompagnent la route jusqu’à un carrefour marqué par une haute croix de pierre. 
Le petit village de Rudelle n’est alors plus qu’à quelques pas, avec ses lumineuses maisons de calcaire qui captent la clarté du jour. Ici, aucun commerce : une absence devenue presque familière dans ces campagnes discrètes du Quercy. 
Mais la véritable singularité du lieu demeure son église fortifiée. Dédiée à Saint-Martial, elle n’était à l’origine, au XIIIe siècle, qu’une simple chapelle liée à une bastide et à un hôpital accueillant les pèlerins de passage. Au fil des siècles et des guerres qui meurtrirent la région, l’édifice fut profondément transformé : le toit fut supprimé afin d’aménager des fortifications destinées à protéger les habitants. Les dernières retouches remontent à la fin du XIXe siècle, ajoutant encore une strate à cette longue histoire de pierre et de refuge.  

Section 6 : Le beau bourg de Lacapelle-Marival au bout du parcours

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

Le GR6 quitte Rudelle par la route, longeant un parc presque démesuré au regard de la modestie du village, comme une vaste respiration verte aux portes des maisons. 
Mais très vite, il abandonne l’axe principal pour une petite route plus discrète. Ici s’élèvent de belles demeures de pierre calcaire soigneusement taillée, dont les façades lumineuses témoignent d’une certaine aisance rurale. Dans les propriétés les plus cossues, les pigeonniers dressent encore leurs silhouettes élégantes au-dessus des toitures. 
Peu après apparaît le hameau de La Montagne, avec ses modestes cultures éparses et ses maisons de pierre grise à demi englouties dans les arbres. 
Encore une petite caselle veille au bord de la route avant que le goudron ne s’efface enfin sous un chemin mêlant terre et herbe. 
Le chemin grimpe alors en pente douce le long de haies épaisses, ponctuées de quelques feuillus enracinés sur les talus. Ici poussent des céréales maigres, parfois même quelques parcelles de tournesols qui apportent au paysage une touche plus méridionale. 
Plus haut, l’herbe du chemin disparaît à son tour pour laisser place à une étroite voie de terre battue. 
Le parcours ondule alors longuement entre les haies, les frênes et les noyers, au cœur d’une campagne largement ouverte. Le marcheur comprend aisément qu’il a, pour un temps du moins, quitté l’austérité minérale des causses et leurs terres arides pour entrer dans un paysage plus doux, fait de cultures, de prairies et d’horizons apaisés.
Puis, fidèle à cette alternance qui rythme la journée de marche, le chemin de terre rejoint une modeste route de campagne.  
Derrière la croix de fer plantée sous les arbres, la route semble s’ébrouer doucement avant de s’abandonner sous les grands feuillus qui l’enveloppent d’ombre et de silence.
La marche devient ici d’une facilité presque désarmante : il suffit de poser un pas devant l’autre et de se laisser porter par le calme du paysage.
On remarque même quelques rares noyers ainsi que de beaux tilleuls dont les larges ramures adoucissent encore l’atmosphère. En contrebas de la route, un petit lac tente vainement d’apporter un peu de fraîcheur à l’aridité persistante du causse. 
Puis la route traverse le lieu-dit de Borie Haute, glissant sous de grands tilleuls avant de s’abaisser doucement dans la vallée.  
Rapidement, Lacapelle-Marival apparaît devant vous, posé dans le paysage avec cette tranquille évidence des vieux bourgs quercynois. 
La route traverse alors une zone agricole prolongée d’une modeste périphérie artisanale et industrielle, transition un peu brusque entre la campagne et le bourg.  
L’arrivée dans Lacapelle-Marival se fait sans heurt, à plat. Mais il suffit d’abandonner l’axe routier principal pour gagner aussitôt les ruelles étroites et silencieuses du centre ancien. Le bourg, qui compte environ 1 200 habitants, affiche depuis longtemps une remarquable stabilité démographique, loin de l’exode massif qui a vidé tant de villages français. Son histoire demeure intimement liée à la puissante famille des Cardaillac, qui régna ici durant des siècles jusqu’au XVIIeᵉ siècle, avant que la famille des Montet ne prenne le relais. Au XIXe siècle, Lacapelle-Marival devint un important centre de foires agricoles où se négociaient noix, céréales et bétail. Le village connut aussi des heures sombres pendant l’Occupation allemande. Aujourd’hui encore, malgré son classement parmi les Plus Beaux Villages de France, le bourg conserve une atmosphère étonnamment paisible : beaucoup de ses ruelles pleines de charme semblent presque désertes, comme retenues dans une lenteur provinciale d’un autre temps.  
Lacapelle-Marival possède également une importante maison de retraite installée dans les bâtiments de l’ancien couvent des bénédictines du Calvaire, appelé le Moutier-Notre-Dame. Les cellules des religieuses ont laissé place aux chambres des anciens, et le silence monacal semble s’être transformé en une paisible retraite pour les vieillesses du causse. Le village compte d’ailleurs plusieurs structures pour personnes âgées, et les services liés aux retraités occupent aujourd’hui une place importante dans la vie locale. Les pensionnaires venus de tout le département forment une part notable de la population, ce qui explique peut-être cette impression de calme presque immobile qui flotte dans le bourg. 
Au centre du bourg se dresse une magnifique halle du XVe siècle, largement ouverte aux quatre vents, dont la vaste charpente semble encore attendre les anciennes foires paysannes. L’activité sociale, lorsqu’elle anime encore le village, paraît surtout se concentrer autour de l’église et de la grande place. 
L’église de l’Assomption, édifiée au XVIe siècle puis remaniée au XIXe siècle, mêle discrètement influences néogothiques et vestiges romans plus austères. Elle frappe par sa sobriété robuste, presque paysanne, parfaitement accordée à l’esprit du Quercy. À l’intérieur règne une pénombre douce, tamisée par les vitraux, où le silence semble naturellement trouver sa place. 
Lacapelle-Marival apparaît ainsi comme l’un de ces bourgs du Quercy déposés entre deux mondes : d’un côté les causses pierreux et austères, de l’autre les terres plus grasses et verdoyantes du Limargue et du Ségala. Ce contraste explique sans doute l’atmosphère particulière du village, moins rude que les grands plateaux calcaires mais encore profondément rurale et médiévale. Sa renommée vient surtout de l’imposant château des Cardaillac, vaste masse de pierre dominant toujours les maisons du bourg. L’édifice actuel fut élevé après la guerre de Cent Ans, à partir des années 1460, par la puissante famille des Cardaillac-Lacapelle. Le donjon carré, massif et presque intimidant, avec ses mâchicoulis, conserve toute l’allure d’une forteresse médiévale. Pourtant, derrière cette apparence guerrière se cache déjà une résidence seigneuriale plus raffinée, annonçant les demeures nobles de la Renaissance. 
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