En route pour le causse de Gramat
DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS
Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du parcours. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.
Pour ce parcours, voici le lien:
| Ce n’est évidemment pas le cas pour tous les pèlerins d’être à l’aise avec la lecture des GPS et des cheminements sur un portable, et il y a encore de nombreux endroits sans connexion Internet. De ce fait, vous pouvez trouver sur Amazon un livre qui traite de ce parcours.
Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page. |
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Le causse de Gramat, vaste échine pierreuse appartenant aux Causses du Quercy, déploie un paysage âpre et lumineux, où la roche semble dicter sa loi et où la sécheresse sculpte chaque détail. En quittant Cahors, le chemin s’abandonne d’abord aux sinuosités paisibles du Lot, dont les méandres paresseux s’insinuent entre des falaises calcaires tantôt abruptes, tantôt adoucies par le temps. L’itinéraire épouse ces courbes liquides avec une fidélité presque contemplative, offrant au marcheur une succession de tableaux où l’eau sombre reflète les frondaisons, où les berges boisées s’épanouissent dans une quiétude presque secrète. Ici, la présence humaine se fait discrète, disséminée en quelques cultures généreuses et en sous-bois fertiles qui font de cette vallée un discret sanctuaire pour les maraîchers et les amateurs de jardins nourriciers. Puis, insensiblement, le décor se resserre et s’intensifie : les falaises se rapprochent, se dressent, et finissent par enfermer la rivière dans un véritable corridor minéral. La lumière, ricochets d’or et de craie, joue avec les parois claires, tandis que le contraste entre les eaux assombries du Lot et la blancheur des calcaires accentue la sensation d’un monde encaissé, presque secret.
Vient alors la rupture, franche et sans détour : quitter la rivière, c’est quitter un monde. L’ascension vers le causse s’amorce, brève mais décisive, et mène le marcheur vers un univers radicalement différent. Là-haut, le sol se fait avare, pierreux, presque austère ; les teintes s’éclaircissent, oscillant entre gris et ocre, relevées seulement par un vert discret et résilient. La végétation, humble et tenace, se plie à ces conditions exigeantes : elle se rabougrit, s’accroche, persiste. L’horizon, lui, s’ouvre largement, libérant le regard et installant un silence minéral que viennent seulement ponctuer les murets de pierre sèche et quelques bâtisses rurales, modestes gardiennes d’un territoire rude. Puis, comme un retour à une forme de douceur, la descente ramène peu à peu vers Vers. Le paysage se resserre à nouveau, les vallons se rejoignent, et la présence du Lot redevient familière, presque rassurante. Le village apparaît alors, blotti dans ce creux retrouvé, entre rivière et falaises, comme une halte naturelle après la traversée de ces mondes contrastés.
Cette étape correspond à la variante menant vers Rocamadour, généralement parcourue en sens inverse par les pèlerins, de Figeac à Cahors. Ici, le chemin s’inverse, et il suffit presque de lire le paysage à rebours pour en retrouver la logique. Vous cheminez sur le GR36/46, fil discret mais fidèle qui relie ces terres de pierre et d’eau.
Difficulté du parcours : La difficulté demeure modérée : une étape paisible, aux dénivelés mesurés (+229 m / –217 m), dont seule la montée vers le causse, aux abords des Mazuts, viendra légèrement échauffer les jambes.
État du parcours : Les chemins prennent nettement l’l’avantage sur les routes :
- Goudron : 6.3 km
- Chemins : 11.4 km
Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.
Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.
Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.
Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1 : Dans la banlieue de Cahors
Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.
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Le plus sage est de quitter Cahors à proximité de la cathédrale St Étienne, comme si l’on s’arrachait, non sans une certaine nostalgie, au cœur séculaire de la cité, pour glisser lentement vers la rivière, là où la ville se relâche et respire autrement. |
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Très vite, au fil des ruelles sinueuses aux murs chargés d’histoire puis du boulevard plus ouvert, le regard est irrésistiblement attiré par la silhouette du pont de Cabessut, qui se dresse devant vous comme une promesse de départ, un seuil à franchir vers autre chose. |
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Le Lot, cette rivière ample et souveraine, aux reflets changeants, vous accompagnera longtemps, tantôt compagne intime frôlant le chemin, tantôt présence plus lointaine mais toujours perceptible, jusqu’à ce que vous la retrouviez en fin d’étape à Vers, comme on retrouve une vieille connaissance,
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Après le pont, l’itinéraire traverse le quartier de Cabessut, moins séduisant que le cœur ancien, sans le charme des pierres patinées ni l’enchevêtrement des ruelles médiévales, mais animé d’une vie plus ordinaire, presque utilitaire ; il faut bien reconnaître que les sorties de ville éveillent rarement l’enthousiasme du marcheur. |
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Pourtant, très vite, le parcours se rapproche de la rivière, et sa présence apaise et embellit la progression : l’eau capte la lumière, le paysage s’ouvre, et même le goudron semble moins pesant sous les pas. |
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Un peu plus loin, au niveau de la piscine, le parcours s’écarte du Lot comme à regret, bifurquant à droite ; heureusement, les marques rouges et blanches du GR, fidèles et rassurantes, guident sans hésitation. |
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Peu après, l’itinéraire oblique à gauche, longeant des villas paisibles, presque assoupies derrière leurs clôtures, et leurs jardins soignés, où s’exprime, dans le détail des plantations, une forme de douceur domestique. |
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Vous progressez alors le long de la route du Payrat ; chemin faisant, vous croisez le chemin des Maraîchers de Cabessut, et l’on comprend sans peine pourquoi ces terres alluviales, riches et généreuses, attirent depuis toujours les jardiniers, qu’ils soient professionnels aguerris ou amateurs du dimanche. |
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La route, sans surprise mais non sans charme discret, déroule son étroit ruban entre de modestes maisons de campagne, leurs jardinets parfois foisonnants, parfois laissés à une douce liberté, tandis qu’en parallèle court l’ancienne voie ferrée, silencieuse et oubliée, à l’écart des regards. |
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Plus loin, le parcours change de nom pour devenir le chemin du Mas de Mansou, mais rien ne rompt vraiment cette atmosphère particulière : une banlieue rurale, faite de petites maisons isolées, de clôtures hésitantes et de parcelles inégales, qui peu à peu se dilue, s’effiloche et finit par céder la place à une nature plus ouverte. |
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Au terme de cette lisière habitée, après un peu plus de trois kilomètres de marche, le chemin tourne à gauche ; apparaissent alors les rails fatigués d’une ancienne ligne de chemin de fer, vestige d’un autre temps, abandonnée depuis longtemps, comme figée dans une lente disparition. Et l’on ne peut s’empêcher de songer qu’en France, ces lignes locales, pourtant si utiles, disparaissent peu à peu, sacrifiées au profit des grandes vitesses du TGV, qui traverse sans s’arrêter ces territoires devenus silencieux. |
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À partir d’ici, le chemin s’échappe franchement de l’emprise urbaine pour s’enfoncer dans la nature, longeant le fleuve comme on suit un fil tranquille ; le sol, sombre et compact, porte la mémoire des crues, façonné au fil des siècles par les alluvions patientes du Lot. |
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Les chênes y sont largement présents, solides et enracinés, mais ils partagent l’espace avec les érables, les aulnes et les frênes, qui trouvent eux aussi leur place dans cette végétation généreuse et variée ; de l’autre côté du Lot, se devine le château de Laroque, à demi dissimulé dans l’épaisseur d’un sous-bois compact, comme retiré du monde. |
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On pressent ici la force des vents qui traversent la vallée, à voir l’inclinaison obstinée de certains arbres, comme courbés sous une habitude ancienne ; et l’on observe également comment le Lot, au fil du temps, a entaillé les marnes, révélant par endroits des parois rocheuses abruptes qui surgissent au détour du regard. |
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Section 1 : Le long du Lot
Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.
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Le passage le long du fleuve offre une alternance subtile entre des chemins en sous-bois et des échappées plus ouvertes ; lorsque le sentier s’enfonce sous le couvert végétal, il se fait étroit, presque secret, serré sous un feuillage dense qui filtre la lumière et étouffe les bruits. |
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Mais dès qu’il retrouve le plein jour, le paysage se métamorphose : la vallée s’élargit, s’apaise, et s’ouvre sur des terres cultivées où la main de l’homme reprend ses droits ; ici, les maraîchers occupent l’espace dès que la forêt se retire, profitant d’une plaine d’une fertilité remarquable. La terre, sombre et profonde, mêlant limon et argile, semble tout offrir sans compter ; en saison, on y croise asperges, pois et même artichauts, dans une profusion presque généreuse. |
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Souvent, on aperçoit l’activité paisible des jardiniers du dimanche, penchés sur leurs parcelles, attentifs et appliqués ; ces jardins, alignés au bord de l’eau, composent de véritables petits paradis. |
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À la lisière de la plaine, le vert des frondaisons se fond peu à peu dans les dégradés de bleus et de verts profonds du Lot, qui s’étire avec lenteur, presque paresseusement, comme s’il prenait le temps de respirer ; ici, le fleuve est navigable, mais seulement pour de modestes embarcations de plaisance ou pour les amateurs de canoë-kayak. |
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Un peu plus loin, un ponton de béton s’avance sur la rive, et quelques pêcheurs y patientent en silence ; on dit que l’endroit est idéal pour taquiner la carpe, le sandre ou le brochet, tandis que d’autres leur préfèrent la perche ou le discret poisson-chat. |
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Ici, la plaine s’élargit sensiblement, comme si la vallée, soudain, reprenait son souffle ; les maraîchers professionnels y ont étendu leur domaine, gagnant peu à peu du terrain sur les marges naturelles. Le chemin, désormais, n’est plus qu’une bande de terre meuble, parfois lourde et poisseuse lorsque la pluie s’en mêle, rendant la progression plus lente, presque laborieuse. |
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Vous vous trouvez alors à proximité du lieu-dit La Bouriette ; de l’autre côté du Lot, se dévoile Laroque-les-Arcs, posé au bord de l’eau, dont les maisons semblent s’agripper à la rive dans un ensemble harmonieux. Pourtant, aucun pont ne permet ici de franchir la rivière avant d’atteindre Vers, comme si le passage devait encore se mériter. |
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Le chemin se poursuit à travers la plaine cultivée, où les parcelles, loin de toute rigueur géométrique, semblent s’organiser selon une logique plus instinctive, presque désordonnée. Rien ici ne paraît soumis à une stricte ordonnance, et cette irrégularité confère au paysage une forme de liberté. |
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Peu après, le chemin fait quelques incursions furtives dans le sous-bois, comme pour retrouver un instant l’ombre et la fraîcheur. |
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Mais ce n’est que passager, car il revient presque aussitôt vers les cultures. On perçoit alors clairement cette organisation du paysage : le sous-bois en lisière du Lot, fidèle à la rivière, et la plaine cultivée en retrait. Dès lors, le chemin longe fréquemment des haies d’arbres, fines frontières végétales entre deux mondes qui coexistent sans jamais vraiment se confondre. |
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Il faut ici prendre le temps de comprendre la manière dont les hommes ont façonné ce paysage. Ils n’ont pas installé les villages au bord même de l’eau ; ils ont au contraire préservé une lisière de haies, de sous-bois et d’arbres le long de la rivière, comme une zone de respiration, presque une frontière naturelle. En retrait, ils ont ouvert de vastes plaines vouées à la culture, tirant parti de sols riches et généreux. Puis, au-delà encore, ils ont laissé l’arrière-pays se développer vers les villages et la périphérie de Cahors, à la limite des causses sauvages et de leurs collines austères. |
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Plus loin, le chemin semble hésiter, oscillant entre la plaine cultivée et les sous-bois, comme s’il ne voulait renoncer ni à l’ombre ni à l’ouverture. |
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Peu après, le marcheur croise un panneau destiné à ceux qui parcourent l’itinéraire en sens inverse ; car ici, le GR46 adopte un tracé singulier, s’écartant largement vers le causse avant de revenir vers Cahors. Mais, bien sûr, la plupart des randonneurs choisit la variante qui longe la rivière, celle-là même que vous avez suivie, plus douce, plus directe, et sans doute sans gymnastique superflue. |
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Plus loin, le chemin se range à nouveau dans le sous-bois le long de la rivière. |
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Section 3 : Le parcours quitte la rivière pour le causse
Aperçu général des difficultés du parcours : en pente constante marquée, depuis Galessie Bas.
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Étroit, le chemin n’offre ici aucun répit véritable. Il ondule en douceur, épousant de modestes talus, franchissant çà et là quelques barres calcaires qui affleurent, comme autant de rides dans le paysage. |
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En quittant le sous-bois, le chemin débouche sur le débarcadère d’Arcambal, Il y règne une quiétude presque immobile. Les bateaux y sont rares, et la rivière semble abandonnée à elle-même. Seules quelques cannes à pêche, plantées au bord de l’eau, viennent troubler la surface calme du fleuve, y inscrivant de légers frémissements. |
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Depuis le débarcadère, le chemin s’élargit et suit désormais, avec une docilité tranquille, le cours du Lot ; au loin, une silhouette se dessine peu à peu, celle d’un pont qui vient rompre la ligne douce de l’horizon. |
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Ce large ouvrage, presque incongru dans la délicatesse du paysage, s’impose comme une excroissance moderne. Il ne sert pourtant qu’à porter le passage de l’autoroute A20, dite l’Occitane, traçant sa voie rapide au-dessus de cette vallée paisible. L’Occitane qui descend de Limoges, via Brive et qui va vers Toulouse passe ici, près de Cahors. Le chemin passe sous les piliers du pont de l’autoroute sur le Lot.
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Le chemin poursuit son jeu au bord de l’eau, passant sans cesse du sous-bois à la pleine lumière, d’un champ à l’autre, comme s’il hésitait entre ombre et ouverture ; lorsque nous sommes passés ici, le tournesol régnait en maître. |
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Mais les maraîchers n’ont pas totalement disparu pour autant ; ils demeurent nombreux en bordure du fleuve, fidèles à ces terres fertiles qui, saison après saison, offrent leurs promesses de récoltes. En saison, vous pourriez trouver d’importantes cultures d’asperges qui se délectent de la terre meuble. |
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De l’autre côté du fleuve s’étend Savanac. là-bas, les villages semblent avoir choisi une autre logique, s’approchant au plus près de l’eau, jusqu’à y tremper presque leurs fondations, comme en dialogue constant avec la rivière.
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Un peu plus loin, une bifurcation permet de rejoindre Arcambal. Pourquoi quitter l’itinéraire principal pour s’y rendre, alors que le parcours n’y conduit pas directement ? Sans doute parce qu’on peut y trouver de quoi se loger, et parfois même un petit restaurant ouvert, modeste mais bienvenu après la marche. Un point d’eau est également accessible aux toilettes publiques, ressource toujours précieuse pour le randonneur. Le balisage, lui, oriente plutôt vers Galessie Bas et les Mazuts, même si les kilométrages indiqués semblent approximatifs, peut-être les panneaux ont-ils été modifiés depuis. |
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C’est ici, en quelque sorte, que votre marche change de nature. Fini la relative douceur de la plaine : place aux causses, à leur rudesse minérale, à leurs reliefs plus heurtés et à leur caractère affirmé. Et comme une mise en bouche avant ce nouveau décor, le parcours propose d’emblée une montée raide, presque brutale, qui s’élève dans un sous-bois plus sauvage, en direction de Galessie Bas. |
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La montée, heureusement, reste brève ; le sentier, un peu diffus par endroits, retrouve rapidement le goudron en surplomb, marquant une transition nette entre deux mondes. |
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Ici, les moellons de pierre calcaire, aux teintes mêlant le gris et l’ocre, composent encore les murs des vieilles demeures, dont il serait bien difficile de dater l’origine avec précision. Elles semblent hors du temps, témoins silencieux d’un patrimoine rural profondément enraciné dans ces villages du Lot. |
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Bien sûr, tout n’est pas figé dans ce passé. Dans les parties hautes du village, quelques constructions plus récentes viennent s’ajouter à cet ensemble, marquant une continuité discrète entre héritage et modernité. |
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Plus haut encore, le goudron cède peu à peu la place à la terre battue, et le large chemin s’engouffre dans la forêt, comme avalé par la végétation. Vous entrez alors dans ces bois typiques des causses, où dominent les chênes pubescents et les érables de Montpellier. Plus rares, quelques hêtres ou frênes viennent enrichir cette diversité, tandis que les conifères, ici, restent en retrait, presque absents. |
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Pour l’instant, la pente demeure douce, laissant au marcheur le temps de s’imprégner des lieux, jusqu’à ce que le chemin débouche sur une petite clairière. Là, peut-être vient-on nourrir le bétail… ou bien est-ce un de ces espaces discrets où les chevreuils aiment à se retrouver ? À moins qu’ils n’y tiennent quelque mystérieux conseil, à l’abri des regards. |
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Un panneau signale encore Vers/Les Mazuts, un kilomètre à remonter le cours du causse.
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Ici, le décor se transforme sous vos pas. Le sentier se rétrécit, devient hérissé de pierres comme une arête rugueuse, et s’incline avec obstination sur le plateau calcaire. |
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On pourrait naïvement imaginer que les causses sont le royaume d’une sécheresse immuable. Certes, le sol apparaît sec, craquelé comme la peau d’un fruit ancien, mais les arbres se parent souvent de lichens grisâtres, de mousse veloutée et d’un lierre entêté, témoins que la pluie, parfois, daigne encore venir ici. |
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Sur ce sentier abrupt, la sauvagerie est à son comble. Hors du temps, le chemin semble plus fait pour éprouver les semelles que pour offrir la moindre caresse au promeneur. Les pierres cassantes crissent sous chaque pas, et c’est là une signature des causses : les pèlerins, bien souvent, savent apprécier cette épreuve comme un rite discret. |
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Pour les randonneurs amateurs de créations éphémères, l’endroit se prête parfois à quelques jeux : un cairn posé ici, un petit monument de pierres, hommage silencieux à la gloire du causse. |
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Au sommet de la montée, la pente se fait plus douce, le sentier s’élargit, et un chemin large s’étire, caressant la butte comme un ruban posé sur le paysage. |
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Section 4 : Ondulations sur le causse
Aperçu général des difficultés du parcours : en pente constante, en descente comme en montée.
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Cette large avenue de terre battue se déploie avec douceur sur la butte, comme un chemin qui aurait oublié toute rudesse. Les cailloux, pourtant, n’y font pas défaut et continuent de crisser sous les pas. |
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Mais un peu plus loin, ils se font rares, jusqu’à disparaître presque entièrement, comme effacés par le passage du temps. |
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La piste rejoint bientôt la route goudronnée, à l’entrée des Mazuts. Jadis, on pouvait loger ici, mais aujourd’hui, tout est terminé. La direction à suivre est celle de Pasturat, à 7 kilomètres, toujours fidèle au tracé du GR36. |
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Le parcours emprunte alors la petite départementale D49b, qui traverse le causse sans jamais véritablement s’attarder dans le village, resté en contrebas, comme à l’écart du monde. |
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Depuis la butte, le regard se perd dans la profondeur verdoyante du vallon et des immenses forêts qui s’étendent en contrebas. Ici, point d’horizon dégagé : seulement une succession inlassable de collines boisées, se répondant d’un causse à l’autre, à l’infini. Et, quelque part dans ce décor feutré, le Lot poursuit silencieusement son cours.
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Ici, plutôt que de suivre la route qui descend docilement vers le vallon, l’itinéraire propose une expérience à part. Un chemin qui mériterait sans doute le premier prix des variantes les plus audacieuses. Avec ses pentes frôlant les 25 %, ses petits cailloux blancs instables, ses herbes folles mêlées d’orties, et cet étroit passage à peine suffisant pour poser le pied, comment ne pas y voir une épreuve singulière ? Ces sentiers-là s’impriment durablement dans la mémoire, immuables, encadrés par des sentinelles de chênes et de buissons serrés. Le regard se fait attentif, presque inquiet : une vipère pourrait-elle surgir, lovée quelque part dans cette chaleur minérale ? Le lieu semble s’y prêter… mais aucune ne s’est montrée jusqu’ici. |
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Au bas de cette descente, aussi exigeante qu’envoûtante, le parcours rejoint la route, à proximité d’une superbe » caselle » ronde, semblable à un nid de guêpes posé sur la pierre. |
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La route s’incline doucement, dans une pente régulière jamais véritablement redoutable, et se laisse descendre à découvert vers le fond du vallon, serpentant entre des bosquets de chênes aux silhouettes familières. |
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Au terme de cette descente, le parcours ne s’attarde guère sur le goudron et retrouve bien vite un chemin qui s’élève à nouveau vers le causse. Les organisateurs de Compostelle ont, à juste titre, privilégié ce type d’itinéraire : dès que le choix s’offre à eux, ils guident les pèlerins vers ces chemins vivants. Et l’on ne peut que les applaudir sans réserve. |
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C’est là un chemin comme on les aime : une montée mesurée, jamais écrasante, une largeur rassurante, et sous les pas, l’alternance de dalles calcaires et de cailloux clairs. De gracieux murets de pierres sèches bordent parfois le tracé, où la mousse a patiemment pris racine, tandis que les chênes se multiplient à perte de vue, comme une foule tranquille. |
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En contrebas, le Lot s’écoule, digne et presque secret, dissimulé dans les hautes herbes et les buissons, poursuivant son chemin avec une discrétion feutrée. |
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La pente ne se fait jamais véritablement menaçante, et le pas progresse avec une aisance presque naturelle, comme porté par le rythme du chemin. Par endroits, les arbres, bénéficiant d’un peu plus d’espace pour s’épanouir, semblent gagner en hauteur et en majesté, étirant leurs silhouettes vers le ciel. |
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En contrebas, du côté de la rivière, les buissons ont pris le pouvoir, formant un enchevêtrement dense et indiscipliné qui semble vouloir reconquérir le terrain. |
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Bientôt surgit une bifurcation, lieu discret mais décisif : celui où se séparent les GR36 et GR46. L’enchevêtrement de ces deux itinéraires peut paraître déroutant, tant ils se croisent et se confondent au fil des kilomètres. Depuis Cahors, vous cheminiez en réalité sur leur tracé commun, le GR36/46. Ici, les lignes se délient : en poursuivant vers Pasturat, vous resteriez sur le GR36, emprunté en sens inverse par les pèlerins qui choisissent de rejoindre Cahors depuis Bouziès sans passer par St Cirq-Lapopie. Pour votre part, à partir de ce point, c’est le GR46 qui vous appelle, en direction de Vers et de Rocamadour, comme une nouvelle promesse inscrite dans le paysage. |
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Depuis ici la vue est magnifique sur Vers et la Vallée du Lot. On constate aisément que le Lot a entaillé les roches calcaires au cours des siècles.
Section 5 : Retour sur le Lot
Aperçu général des difficultés du parcours : encore un chemin en forte pente pour rejoindre la vallée.
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Depuis la bifurcation, un large chemin s’abandonne à la descente, plongeant dans une nature plus âpre, entre buissons serrés et chênes épars. Sous les pas, les pierres roulent parfois, traîtresses : par temps de pluie, l’endroit doit se muer en véritable cauchemar pour le marcheur. |
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Le chemin dessine bientôt une épingle dans le sous-bois. Ici, le sol change de teinte, brun profond, presque noir, comme gorgé d’ombre et d’humus. |
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Au bas de la descente, le chemin rejoint la route menant aux maraîchers de Béars. Le hameau apparaît alors, comme suspendu hors du temps, comme une remarquable collection de maisons de pierre, silencieuses et patinées par les années. |
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Une belle croix de pierre, dont l’origine se perd dans les siècles, veille sur le village, tandis que la route poursuit sa descente vers le fond du vallon. |
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La plaine qui s’étend en contrebas se compose de cultures éparses, disséminées sous les falaises claires que le Lot a patiemment entaillées sans jamais les faire disparaître tout à fait. |
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La route D49 franchit alors la rivière. Le cadre devient presque idyllique : quelques petits bateaux de croisière sommeillent sur l’eau, attendant les week-ends ou le retour des plaisanciers pour s’éveiller doucement à la vie. |
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Ici, le parcours rejoint la départementale D633 reliant Cahors à Figeac. Un regard se porte vers la voie ferrée toute proche, comme abandonnée à elle-même. Peut-être attend-elle, dans un silence obstiné, qu’un jour le gouvernement français redonne vie à ces petites lignes oubliées. On peut toujours rêver, les yeux grands ouverts. |
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La route atteint enfin Vers, où un pont est jeté sur le Vers, ce ruisseau venu d’un vallon voisin pour se livrer ici au Lot, son aîné plus puissant. |
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La route départementale traverse le village sans s’y attarder, poursuivant sa course vers Figeac avant de rejoindre, plus loin, les grands axes. Vers bénéficie toutefois d’un lien direct avec Cahors grâce à un service de bus, une rareté qu’il convient de souligner dans ces territoires. |
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Non loin de là, un hôtel de charme vient poser ses murs au bord du ruisseau, comme pour mieux écouter le murmure de l’eau qui accompagne les voyageurs de passage. |
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Logements répertoriés sur la Voie de Rocamadour
- Chambres d’hôtes Les 3 Cochons d’Olt, Arcambal ; 05 65 21 20 51/06 42 82 30 54 ; Ch. d’hôte, repas, petit déj.
- Gîte La Grange de Béars, Béars; 06 88 06 50 61 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
- Camping municipal de de l’Arquette, Vers ; 06 41 99 83 26/06 70 75 76 18 ; pas de service
- Gîte Le Monde Allant Vers, Vers; 06 85 65 30 78 ; Gîte, repas, petit déj.
- Hôtel*** La Truite Dorée, Vers; 05 65 31 41 61 ; Hôtel, repas, petit déj.
Ces données ont été actualisées en 2026. Si vous ouvrez ce site par la suite, il n’est pas sûr qu’il en sera toujours ainsi. Sur ces parcours, des établissements ouvrent chaque année, d’autres ferment. La solution est d’acheter, entre autres, Miam Miam Dodo, la bible pour manger et se loger, et qui donne aussi des logements hors du parcours. Pour notre part, nous ne donnerons que les logements sur le parcours, ou à proximité très immédiate. Il existe aussi d’autres possibilités, comme des guides, ou Internet, qui liste aussi les Airbnb. Cependant, même si la vallée est touristique, les logements Airbnb sont rares. Mais aucune application n’est aussi bien documentée que Miam Miam Dodo, d’autant que le petit livre, que vous trouvez aussi sur Internet est renouvelé chaque année. Si vous ne disposez pas de Miam Miam Dodo, on vous conseille de réserver et de vous renseigner chez les logeurs, des modalités de leur logement (repas, draps, WC, douche, autres commodités). De même, renseignez-vous à l’étape précédente sur les heures d’ouverture des épiceries, des bars, souvent fermés au cours de la journée ou de la semaine. Sur la variante de Rocamadour, les possibilités de logement sont très restreintes, mais il n’y a que peu de pèlerins qui passent par ici. Par contre, il y a aussi des randonneurs. Réservez donc, si c’est possible. Un lit trouvé au dernier moment est parfois un coup de chance ; mieux vaut ne pas s’y fier tous les jours.
Dans cette étape, le logement est minimal sur l’étape. Heureusement que l’hôtel de Vers dispose de 34 chambres, sinon vous auriez pu passer la nuit à la belle étole. Dans l’étape du jour, vous trouverez aussi de quoi faire une pause ou vous restaurer à Arcambal, mais c’est un peu hors du parcours. Il n’y a aucun point d’eau ni toilette sur le parcours. A Vers, vous trouverez aussi restaurants et une petite épicerie. Pour les gens qui veulent faire transporter le sac ou eux-mêmes, la Malle Postale est une bonne solution.
N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
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