Etape 2: De Vers à Labastide-Murat

 Dans la Vallée du Vers

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du parcours. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien:

 

hhttps://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-vers-a-labastide-murat-par-le-gr46-variante-de-rocamadour-251688120

Ce n’est évidemment pas le cas pour tous les pèlerins d’être à l’aise avec la lecture des GPS et des cheminements sur un portable, et il y a encore de nombreux endroits sans connexion Internet. De ce fait, vous pouvez trouver sur Amazon un livre qui traite de ce parcours.

 

 

 

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

La vallée où s’écoule le ruisseau du Vers constitue un paysage à la fois discret et profondément représentatif des reliefs calcaires du causse de Gramat, un territoire marqué par une géologie particulière et une forte identité paysagère. Le Vers prend naissance dans ces plateaux calcaires, façonnés par des millions d’années d’érosion. En s’écoulant, il a progressivement creusé une vallée étroite et encaissée, bordée de falaises claires et abruptes. Ces parois rocheuses contrastent avec le fond de vallée, plus humide et verdoyant, où se développent prairies, bosquets et une végétation typique des zones fraîches. Ce contraste entre la sécheresse des plateaux et la fraîcheur du fond de vallée est une des caractéristiques les plus marquantes du paysage. Le ruisseau lui-même, modeste par sa taille, joue un rôle essentiel dans cet équilibre naturel. Son eau limpide, souvent légèrement teintée de nuances turquoise, circule paisiblement entre les pierres calcaires. Par endroits, son cours est ponctué de petites cascades et de zones plus calmes, créant une grande diversité de micro-milieux. La vallée du Vers n’est pas seulement un espace naturel ; elle est aussi habitée et façonnée par l’homme depuis longtemps. Les habitations traditionnelles en pierre, les anciens moulins et les petits ponts s’intègrent harmonieusement dans le paysage. Le patrimoine rural y est encore bien conservé, donnant à la vallée une atmosphère authentique et paisible.

En fin d’étape, vous arriverez chez Joachim Murat (1767–1815), l’un des personnages les plus flamboyants de l’époque napoléonienne. Maréchal d’Empire et beau-frère de Napoléon Bonaparte, il s’est illustré comme un chef de cavalerie exceptionnel, réputé pour son courage spectaculaire sur les champs de bataille. Reconnaissable à ses uniformes extravagants et à son style audacieux, Murat menait souvent ses charges en première ligne. Il participa à de nombreuses campagnes majeures de l’Empire et joua un rôle important dans plusieurs victoires. En 1808, il devint roi de Naples, où il tenta de moderniser le royaume. Cependant, après la chute de Napoléon, il fut capturé et exécuté en 1815.

Cette étape correspond à la variante menant vers Rocamadour, généralement parcourue en sens inverse par les pèlerins, de Figeac à Cahors. Ici, le chemin s’inverse, et il suffit presque de lire le paysage à rebours pour en retrouver la logique. Vous cheminez sur le GR36/46, fil discret mais fidèle qui relie ces terres de pierre et d’eau.

Difficulté du parcours : Les dénivelés aujourd’hui sont moyens (+445 m/-139 m). Si la journée est tranquille, il y a néanmoins deux bosses marquées : celle qui mène à Cras, et la montée finale vers Labastide-Murat.

État du parcours : Dans ce beau décor, les chemins ont la prépondérance :

  • Goudron : 7.8 km
  • Chemins : 16.2 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1 : Dans le vallon du Vers

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

Le parcours quitte Vers au cœur même du village, frôlant le murmure discret du ruisseau du Vers, avant de s’élever doucement, en pente régulière, le long des dernières maisons comme pour saluer une dernière fois la présence humaine.

Très vite, le ton est donné : une étape de retrait et de solitude, où les villages se feront rares et presque lointains. Cras, premier jalon, n’apparaît qu’après 12.3 kilomètres, et Labastide-Murat, terme du jour, se tient à 24.4 kilomètres, une distance qui ôte d’emblée toute illusion de facilité.

Bientôt, le goudron s’efface, cédant la place à une terre battue, rugueuse et vivante, qui serpente sur une voie à peine carrossable, guidant le marcheur vers les hauteurs silencieuses du vallon.

Au terme de cette montée, surgit une demeure blanche, presque irréelle, évoquant un château assoupi derrière ses grilles, abandonné peut-être, ou simplement retiré du monde. De là, le tracé s’échappe dans un chemin d’herbe, se livrant à une nature plus libre, sous les falaises creusées par le ruisseau qui murmure au fond du vallon.

Le chemin conduit alors au moulin de Raffy. Cette ruine magnifique semble déjà à demi soustraite au monde, comme si elle persistait par oubli plus que par résistance. Les pierres, encore dressées mais vacillantes, portent les marques d’un temps patient. Épaisses, disjointes, fissurées, elles semblent peu à peu céder à une lente dissolution. Les lichens y déploient leurs tons pâles, gris, verts, jaunes, tandis que la mousse, dense et humide, s’accroche aux creux comme pour retenir ce qui s’efface. Ici, la ruine ne s’effondre pas : elle se dissout. L’air lui-même paraît immobile, presque pesant, et une étrange impression s’installe, celle que ces pierres ne sont pas seulement abandonnées, mais reprises, absorbées. Les formes se brouillent, les contours vacillent, comme si d’invisibles gorgones dévoraient peu à peu jusqu’au souvenir de ce qui fut bâti.

Le ruisseau du Vers, long de 23 kilomètres, prend sa source sur la commune de Labastide-Murat. On lui prête volontiers un caractère sauvage, intact, presque originel. Pourtant, il n’en fut pas toujours ainsi, bien au contraire. Plus de cinquante moulins animaient jadis son cours, témoins d’une activité aujourd’hui disparue. Dès le Ier siècle après J.-C., la partie aval du Vers fut aménagée pour alimenter, par un aqueduc romain, l’actuelle ville de Cahors. De cet héritage, il ne subsiste presque rien : les moulins ont disparu ou se délitent lentement, à l’image du moulin de Raffy. Aucun ne fait plus entendre le bruit des meules, seulement celui, plus discret, du temps qui efface. .

Juste au-dessus, le chemin s’avance le long des vestiges d’un mur adossé à la falaise. Ce n’est point une simple demeure troglodytique, ni une grotte préhistorique, comme figée dans le temps. Serait-ce là la trace du deuxième moulin de Raffy, évoqué dans les récits de la région ? 

Le chemin, dit ici Chemin des Moulins, s’enfonce ensuite dans le sous-bois. La terre y est sombre, riche d’humus, et les cailloux, épars, reposent sans ordre apparent. C’est la végétation typique des causses, mais ici adoucie par l’eau : un cortège de chênes pubescents se mêle aux érables de Montpellier. Frênes, aulnes et hêtres prospèrent également, profitant de l’humidité qui nimbe le sous-bois. Fougères et mousses tapissent les talus, donnant aux lieux une aura presque mystique, où chaque pas semble éveiller un secret ancien.

Plus loin, le chemin débouche sur les clairières et s’étire dans les prés, où le terrain ondule avec une douceur mesurée, sans ostentation, comme pour offrir au regard un vaste théâtre naturel, paisible et respirant.

Au bout de la clairière, le chemin s’échappe des fûts d’arbres serrés, comme s’il cherchait à reprendre son souffle, et s’élargit légèrement. Il passe alors devant une grange de pierre, ouverte aux quatre vents, témoin silencieux d’un labeur ancien dont il ne reste que l’empreinte.

Un peu plus loin, une autre demeure de pierre apparaît, adossée à la falaise. Là encore, la vie semble s’être retirée, laissant derrière elle un décor immobile, presque suspendu. Pourtant, voir défiler ce patrimoine fragile, qui tente de subsister malgré les assauts et l’oubli de la civilisation moderne, demeure une expérience saisissante.

Puis le chemin, comme pris d’un goût pour l’alternance, replonge dans le sous-bois, retrouvant l’ombre protectrice des arbres. Le sol s’y fait plus rude, plus pierreux, rappelant à chaque pas la nature profonde de ces terres.

Peu après, un frémissement de vie réapparaît : au lieudit La Carderie, près du ruisseau où jadis se tenait sans doute une papeterie exploitant la force de l’eau. Une petite route venue de la route de Figeac toute proche vient s’y raccorder. Et soudain, des signes simples mais éloquents : une machine à fendre le bois, un tas de bûches soigneusement empilé. Preuves modestes, mais indéniables, qu’ici la vie persiste encore.

Puis le chemin, désormais élargi et connu sous le nom de Chemin des Candets, s’enfonce à nouveau dans une chape de chlorophylle dense, comme happé par la profondeur du vallon. L’humidité y règne en maître, nourrie par la présence discrète du ruisseau ; elle se devine à la mousse qui tapisse les troncs, les pierres, et jusqu’aux replis du sol. Paradoxe subtil de ce parcours : l’eau est partout, et pourtant le ruisseau ne se laisse voir que par instants, presque à regret.

Plus loin, le chemin s’élargit encore, prenant l’allure d’une route carrossable, mais toujours de terre battue, douce sous le pas et ombragée par la voûte des arbres. La pente s’y fait presque imperceptible, comme si le paysage lui-même retenait son souffle.

Par endroits, l’étreinte des arbres se desserre légèrement, laissant filtrer davantage de lumière. Mais la nature demeure souveraine, intacte, indomptée. Nulle présence humaine ne semble habiter ces lieux, sans doute depuis que les moulins ont définitivement cessé leur activité, emportant avec eux les derniers échos de vie laborieuse.

Puis, comme pour rappeler son existence, le ruisseau consent à réapparaître, esquissant quelques cascades délicates sur les pierres polies, dans un murmure presque confidentiel. 

Ici, vous êtes au lieu-dit Bénédecty, à 8,8 kilomètres de Cras, toujours sur le Chemin des Candets. La route départementale D653 n’est en réalité qu’à quelques pas, de l’autre côté du ruisseau ; elle remonte le vallon en suivant fidèlement le cours de l’eau. Et pourtant, elle demeure invisible, comme tenue à distance par l’épaisseur du paysage.

Section 2 : Un peu plus de présence dans le vallon du Vers

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

Le chemin reste large, étiré sur sa terre battue aux teintes grises, dans une nature désormais plus ouverte, bien que les bosquets persistent à ponctuer l’espace. Un autre bâtiment de pierre brute surgit alors au regard : silhouette énigmatique dont on ne sait plus très bien si elle sert encore, ou si elle s’est déjà retirée dans le silence du passé.

Le chemin des Candets, toujours aussi large, mêlant herbe tendre et terre battue, s’étire à présent à plat au cœur d’une clairière. Pourtant, tout autour, le paysage demeure accidenté : des talus abrupts, hérissés de falaises grises, se dressent, à demi dissimulés sous un manteau de végétation.

Un panneau discret indique désormais le village de Cras, à 6.5 kilomètres, sur le GR46, comme une promesse encore lointaine.

Bientôt, le chemin se resserre, devient plus étroit, plus pierreux, et s’élève avec une certaine rudesse, s’enfonçant dans une nature toujours aussi dense, presque farouche.

Derrière les frênes, légèrement en retrait, le paysage se dévoile par fragments : relief tourmenté, falaises grisâtres, et, au loin, la ligne ténue de la route départementale que l’on devine sans jamais vraiment la saisir. 

Encore quelques pas dans cette nature profonde et mystérieuse, et le chemin finit par rejoindre la route départementale D653.

Le parcours emprunte alors un court tronçon goudronné, se dirigeant vers le lieu-dit Moulin de Guillot, comme un retour momentané à un monde plus ordonné.

Le paysage s’adoucit alors, presque à contrepoint de ce qui précédait : apparaissent, çà et là, de magnifiques et rares maisons de pierre, témoins silencieux et précieux du patrimoine du Lot. 

Peu après, le tracé bifurque à gauche, s’engageant sur la route de Saint-Julien, poursuivant ainsi son fil entre mémoire et paysage.

Il quitte la route pour enjamber le Vers, franchissant un vieux pont de pierre, posé là comme un trait d’union entre deux rives, dans un paysage d’une douceur presque irréelle, empreint d’un charme discret. .

Puis le parcours change de ruisseau, passant sur celui de la Rauze, qui vient ici mêler ses eaux à celles du Vers, au niveau du Pont du Gendarme. Le décor s’y fait délicieusement bucolique, presque idéalisé : une belle maison de pierre se niche dans une clairière, comme protégée du monde. Il est étonnant de constater à quel point, en quelques pas à peine, le paysage peut se métamorphoser, devenant plus ordonné, plus apaisé, presque domestiqué, tout en demeurant profondément ancré dans une nature dense.

Mais cette parenthèse de douceur s’efface rapidement : le chemin reprend aussitôt son cours dans une nature plus sauvage, longeant le ruisseau que l’on devine plus qu’on ne le voit, au gré des murmures et des éclats furtifs entre les feuillages. 

Section 3 : Le long du ruisseau de Rauze avant la montée vers Cras

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours plus accidenté, parfois en forte pente.

Le chemin ne demeure guère fidèle au ruisseau : souvent, il s’en écarte, s’aventurant à travers des clairières boisées où la lumière filtre avec parcimonie.

Il se permet même de franchir un bel éboulis, puis de longer des bancs de schistes ; pourtant, le parcours reste ici peu accidenté, lové dans la douceur relative du vallon sauvage.

Puis vient un retour plus apaisé : le chemin traverse la Rauze, que l’on devine glisser avec légèreté entre les pierres, comme dans un murmure discret.

Bientôt, le ruisseau disparaît à la vue, et le chemin se dessine à travers les prés, au pied de falaises qui, loin d’être austères, se font ici presque bienveillantes, douces et reposantes.

C’est comme si la nature elle-même s’était soudain apaisée, s’offrant dans un horizon plus ouvert, presque lumineux.

Plus loin, une bifurcation apparaît, indiquant le village de Cras à 2.8 kilomètres. Le parcours oblique alors vers la droite, abandonnant le vallon de la Rauze comme on quitte un monde familier pour en rejoindre un autre.

Alors le chemin modifie subtilement son registre paysager. Si la végétation du causse de Gramat porte l’empreinte d’un territoire rude, façonné par la pierre, avec ses sols calcaires, secs et peu profonds, où la forêt ne s’épanouit jamais tout à fait librement mais compose avec la contrainte, les chênes pubescents, noueux et résistants, accompagnés d’érables de Montpellier formant des bois clairs, semblent ici peu à peu s’effacer. Car, à l’abri des vallons humides, là où l’eau s’attarde plus qu’on ne l’imagine, érables, aulnes et hêtres ont trouvé refuge, conférant au paysage des accents plus frais, presque inattendus.

Le chemin s’enfonce alors davantage dans un sous-bois dense, où la lumière peine à percer et où l’atmosphère se fait plus feutrée.

Mais plus haut, le paysage s’ouvre de nouveau. Le causse de Gramat révèle toute son ambivalence, oscillant sans cesse entre rudesse et finesse, entre austérité minérale et richesse vivante. Le chemin s’élève sur des pelouses sèches, dans une herbe rase où le thym et les buissons épineux composent un tapis végétal discret, parfaitement adapté à la sécheresse.

Ainsi, de clairière en sous-bois, le chemin poursuit sa progression dans cet univers contrasté, tandis que la pente se fait plus exigeante, atteignant désormais 10 à 15 % d’inclinaison, imposant au marcheur un effort plus soutenu. 

Plus haut, le chemin s’extrait enfin du sous-bois et s’ouvre sur un paysage dégagé de prairies, où vaches et moutons semblent accrochés à la pente, défiant avec une tranquille assurance la rudesse du relief.

Peu à peu apparaissent les premiers signes de présence humaine : quelques maisons dispersées, posées au sommet des collines comme des vigies silencieuses, annoncent le retour d’un monde habité.

Section 4 : Sur les plaines du causse de Gramat

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

Ici, l’on annonce le village de Cras, tout proche désormais, comme une promesse, après cette longue traversée des vallons sauvages, un retour attendu vers une forme de civilisation.

Ici, de belles demeures de pierre jalonnent le paysage et accompagnent le marcheur, comme des présences silencieuses qui veillent sur le chemin. Le parcours s’attarde un instant à leur proximité, offrant au regard le détail de leurs murs patinés et de leur ancrage dans la terre. 

Par la suite, il serait possible de poursuivre simplement par la route jusqu’au village. Mais l’itinéraire propose une alternative plus douce, plus fidèle à l’esprit du lieu : suivre le chemin de Maille, qui s’en écarte légèrement et s’insinue dans les prés, comme pour prolonger encore un peu la marche avant le village.

Ce détour ramène ensuite, presque naturellement, vers la route en pente qui s’élève en direction du village, comme un dernier effort avant l’arrivée.

Cras apparaît alors comme une révélation, presque une récompense au terme du chemin. Le village se dévoile avec une simplicité majestueuse, tout entier bâti de moellons de pierre aux teintes chaudes, où chaque mur semble porter la mémoire du temps. Ici, rien ne semble avoir été laissé au hasard : les bâtisses, solides et harmonieuses, s’ancrent dans le paysage comme si elles en étaient nées. La pierre, omniprésente, capte la lumière et la restitue avec douceur, donnant au village une aura à la fois paisible et intemporelle. On devine, dans l’agencement des maisons, dans l’épaisseur des murs et la sobriété des lignes, une intelligence ancienne, une manière d’habiter en accord avec la rudesse du causse. Cras ne s’impose pas au paysage : il s’y fond, il en prolonge l’âme. C’est un lieu où le regard s’attarde, où chaque détail, une façade, un muret, une toiture, raconte une histoire silencieuse, comme un écho discret à la longue traversée sauvage qui y mène.

Derrière le cimetière, un chemin s’échappe en pente douce, glissant dans l’herbe et les herbes folles, comme s’il cherchait à se faire oublier.

Il mène bientôt à un plateau où se dresse une magnifique demeure, semblant dormir d’un sommeil paisible au milieu du bétail, indifférente au passage du temps et aux saisons qui défilent.

Plus loin, la route goudronnée se poursuit en direction de l’oppidum de Murcens, à l’écart du parcours principal, comme une invitation discrète à l’exploration.

Mais très vite, l’itinéraire quitte le goudron pour retrouver un sentier de pleine nature, en direction de Labastide-Murat, encore distante de 11.6 kilomètres, toujours sur le GR46. Ici, aucune raison de s’égarer : le tracé est évident, presque guidé, et la marche s’y déroule avec une certaine sérénité.

Le sentier se fait alors plus intime, serpentant sur un sol sombre, sous la protection des arbres.

Comme pour en souligner le passage, de petits cairns s’élèvent sur les talus, discrets mais rassurants, ponctuant le chemin de leur présence minérale. 

Peu après, le chemin s’élargit et rejoint brièvement une petite route départementale qui ondule à travers la région.

Ce passage sur le goudron n’est qu’une parenthèse : bientôt, le parcours retrouve un nouveau chemin, renouant avec la nature et le silence des sous-bois. 

Ainsi s’étire un vaste chemin qui serpente entre prairies ouvertes et sous-bois ombragés, ponctué çà et là de ces modestes murets de pierres moussues qui font tout le charme discret des causses. Ici, les chênes retrouvent vigueur, à la fois dans leur taille et dans leur nombre, comme s’ils reprenaient possession du paysage.

Le paysage, souvent ample et généreux, déploie à perte de vue ses étendues paisibles. Le regard n’embrasse bien souvent que des prairies, peut-être parfois mises en culture, où quelques céréales tentent de s’accommoder de ce sol austère.

Plus loin, le chemin change encore de visage et rejoint brièvement la route goudronnée. En ces lieux, le parcours ondule à peine, comme assoupi dans la douceur du relief. 

Mais cette incursion sur le goudron n’est qu’un instant fugace : bien vite, l’itinéraire s’en détourne pour retrouver un chemin plus intime, lové sous le couvert des arbres.

Ce détour n’existe d’ailleurs que pour éviter la courbe d’une route voisine, simple précaution dans la trame du parcours.

Le châtaignier, essence peu commune sur les causses, surgit alors comme une exception presque insolente, démentant les habitudes du lieu. Et quel spécimen : un individu remarquable, hors du commun. Un vieux châtaignier ne se contente pas d’être un arbre, il affirme une présence, presque une autorité. Son tronc, large et tourmenté, semble façonné par le lent travail des siècles. Son écorce, profondément crevassée, s’enroule en spirales rugueuses, comme si le bois cherchait patiemment à s’extraire de lui-même. Par endroits, elle s’ouvre en failles sombres, dévoilant un cœur dense, presque noir, mémoire silencieuse des saisons traversées.

Plus loin, le GR46 atteint un carrefour directionnel, point de décision au cœur du cheminement. Labastide-Murat se situe encore à 9.3 km d’ici. Le message est clair ici : suivre la D13 vers la RN20

Il convient alors de poursuivre tout droit jusqu’au prochain carrefour, en prenant soin d’éviter surtout la tentation de s’engager à gauche sur la route secondaire Il faut éviter à tout prix la Route des Combes

Section 5 : Sur les douces collines du causse de Gramat

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté, si ce n’est la descente sevré vers le ruisseau de Puyclavel.

La route traverse ici le discret hameau de Farges, dont les belles maisons semblent posées avec harmonie au cœur des prés environnants.

Un peu plus loin, il ne faut pas manquer la bifurcation d’une petite route qui s’échappe de l’axe principal pour s’enfoncer, sur la droite, vers le sous-bois.

Cette route s’oriente en direction de Puycalvel, traversant d’abord les prairies ouvertes.

Cependant, le parcours ne mène pas jusqu’à ce village : assez rapidement, il oblique à droite en direction des Besses, délaissant l’itinéraire initial.

La route s’engage alors sous un couvert boisé, doux et apaisant, où le relief s’efface presque totalement, offrant un passage sans la moindre difficulté.

Mais la route des Besses n’est qu’une transition : bientôt, le tracé abandonne le goudron pour une piste de terre battue, large et aisément praticable.

Cette piste traverse une campagne paisible, presque immobile, où ne s’étendent à perte de vue que des prairies. Au loin, sur votre droite, se détache la silhouette du clocher de Puycalvel, point de repère discret dans l’horizon.

Le chemin se prolonge ensuite en une longue ligne droite, s’étirant avec constance le long de haies d’arbres, dans une progression tranquille et presque méditative.

Peu après, le chemin croise une route transversale qu’il se contente de traverser, sans s’y attarder, poursuivant sa trajectoire comme indifférent à cette rencontre fugace. .

Le large chemin de terre reprend alors sa lente progression, alternant avec une régularité presque apaisante entre sous-bois discrets et campagne ouverte. Ici dominent les prairies, mais une exception vient rompre cette monotonie : quelques rangs de vigne apparaissent, premiers témoins inattendus d’un vignoble dans cette région.

Plus loin, le chemin s’enfonce de nouveau dans un sous-bois discret, comme pour renouer un instant avec l’âme plus austère des causses, leurs terres arides, leurs murets de pierres moussues et ces chênes obstinés qui s’accrochent au paysage.

Mais cette parenthèse est brève : bien vite, le chemin retrouve la douceur ondoyante de la campagne, où paissent les troupeaux sous les lignes paisibles des collines, dans une atmosphère tranquille et presque hors du temps. 

Plus loin, le parcours retrouve le goudron en rejoignant la route du Causse de Montcuq, une voie étroite et paisible où la circulation se fait rare, réservée sans doute presque exclusivement aux fermes disséminées alentour.

Ici, l’itinéraire change de tonalité : la route s’incline et entame une descente vers le fond d’un vallon retiré, où la présence humaine se fait discrète, presque effacée.

La descente s’étire, longue et parfois sévère, sans pour autant exiger d’effort particulier. Le goudron se révèle ici précieux, facilitant la progression sur des pentes qui, par endroits, dépassent les 15 %. 

Au terme de cette déclivité, la route croise le ruisseau de Puycalvel, dont les eaux vont bientôt rejoindre celles du ruisseau de Vers, à quelques pas de là. 

À cet endroit, le parcours abandonne la route pour retrouver un large chemin de terre, qui ondule doucement le long des lisières du sous-bois, au cœur d’une campagne paisible, lovée sous des collines aux formes arrondies.

Section 6 : En montée vers Labastide-Murat

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : quelques pentes soutenues en fin de parcours.

Peu après, le chemin croise une route transversale sans s’y attarder, la franchissant simplement avant de poursuivre son cours, fidèle à sa direction initiale. 

Bientôt, un large chemin, dont la teinte brune trahit la richesse en humus, s’enfonce à nouveau sous le couvert des bois. De grands arbres y déploient leur ombre, principalement des chênes et quelques peupliers, qui élèvent leurs silhouettes élancées au-dessus du chemin.

Ici, la pente commence déjà à se faire sentir, discrètement d’abord, puis avec davantage d’insistance. Par endroits, le chemin se hérisse de pierres nombreuses, rendant la progression plus minérale, presque rugueuse.

Plus haut, le tracé serpente un instant avant de rejoindre la route de la côte de la Fouine, une modeste départementale menant à Labastide-Murat. Mais cette incursion demeure brève : bien vite, le parcours quitte de nouveau le goudron pour retrouver le chemin. 

C’est alors le retour à ces chemins caractéristiques que l’on retrouve inlassablement sur le causse de Gramat. Le chemin se faufile avec souplesse entre sous-bois et clairières, dans une alternance paisible. Ici, la terre, sombre et profonde, est gorgée d’un humus issu de lentes décompositions, comme une mémoire silencieuse du végétal.

Plus loin, la pente s’accentue à vue d’œil, atteignant fréquemment des inclinaisons supérieures à 15 %, sous le couvert des feuillus. Le chemin, parfois, se charge de pierres acérées, rendant l’ascension plus exigeante, presque âpre.

Cette montée progressive s’étire sur près de deux kilomètres. Par moments, le paysage retrouve la rudesse typique du causse : chênes rabougris, fûts d’érables et de hêtres alignés le long des talus, murets diffus à demi engloutis dans la végétation.

Plus haut encore, le causse prend une dimension presque grandiose sous les frênes, tandis que la pente atteint son point culminant.

Et l’effort se prolonge, plus loin encore, cette fois dans l’herbe folle, au milieu des buissons, où le chemin semble se dissoudre dans une nature plus libre, presque indomptée.

Puis, peu à peu, tout s’apaise : l’horizon s’ouvre largement, et le chemin de terre rejoint la route à l’entrée de Labastide-Murat, comme une transition douce entre campagne et village.

De belles maisons de maître, empreintes d’une certaine noblesse discrète, jalonnent la périphérie du bourg, qui compte environ 700 habitants.

Le village repose sur une petite plaine du causse, et ses abords s’étendent avec ampleur, offrant une impression d’espace et de respiration.

Un mémorial dédié aux soldats disparus, puis, un peu plus loin, une croix, marquent avec solennité l’entrée dans le village.

L’église Sainte-Catherine, église paroissiale située au cœur du bourg, s’élève avec élégance. Construite au XIXe siècle dans un style néogothique, elle a pris la place d’un ancien édifice médiéval, dont elle perpétue la vocation spirituelle.

Le village est également indissociable de la figure de son enfant le plus illustre : Joachim Murat. Maréchal d’Empire et roi de Naples, il naquit ici en 1767, fils d’un aubergiste et maître de poste. Par décret impérial, Napoléon III donna à Labastide-Fortunière son nom actuel de Labastide-Murat, en hommage à cette destinée hors du commun. Sa maison natale, typique du Quercy, constitue aujourd’hui un témoignage rare, demeuré dans un état proche de celui d’origine depuis plus de deux siècles. Transformée en musée, elle conserve mobilier, objets et peintures, retraçant la vie et l’époque de Murat. Le musée est accessible durant la période estivale.

Le village se révèle particulièrement agréable, structuré autour de vastes places qui lui confèrent une respiration rare : ici, l’espace ne manque pas, et l’on y ressent une certaine aisance, presque une quiétude.

Et, bien sûr, une statue monumentale de l’enfant du pays veille sur les lieux, rappelant avec éclat la mémoire de Joachim Murat, figure indissociable de l’identité du village.

Logements répertoriés sur la Voie de Rocamadour

  • La Commanderie de Cras, Cras ; 06 52 68 15 93 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • Gîte Les Volets Rouges, Natalie et Benoit (pèlerins), 58 Gd Rue, Labastide-Murat; 07 84 84 90 10 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • Gîte Le Retour des Gazelles, 6 Rue du Foirail, Labastide-Murat; 06 85 64 62 07 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • Gîte communal Auberge du Roi de Naples, 3 Square Daniel Roques, Labastide-Murat;  07 63 42 45 47 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • Gîte Le Savitri, 64 Gd Rue, Labastide-Murat; 06 74 40 14 15 ; Gîte, petit déj., cuisine
  • Gîte Le Carrerot, Le Carrreot, Labastide-Murat; 06 43 94 22 84 ; Gîte, petit déj., cuisine
  • Chambres d’hôte de Cathy, 323 Chemin Font Albe, Labastide-Murat; 07 69 95 98 24 ; Ch. d’hôte, repas, petit déj.

Ces données ont été actualisées en 2026. Si vous ouvrez ce site par la suite, il n’est pas sûr qu’il en sera toujours ainsi. Sur ces parcours, des établissements ouvrent chaque année, d’autres ferment. La solution est d’acheter, entre autres, Miam Miam Dodo, la bible pour manger et se loger, et qui donne aussi des logements hors du parcours. Pour notre part, nous ne donnerons que les logements sur le parcours, ou à proximité très immédiate. Il existe aussi d’autres possibilités, comme des guides, ou Internet, qui liste aussi les Airbnb. Cependant, même si la vallée est touristique, les logements Airbnb sont rares.  Mais aucune application n’est aussi bien documentée que Miam Miam Dodo, d’autant que le petit livre, que vous trouvez aussi sur Internet est renouvelé chaque année. Si vous ne disposez pas de Miam Miam Dodo, on vous conseille de réserver et de vous renseigner chez les logeurs, des modalités de leur logement (repas, draps, WC, douche, autres commodités). De même, renseignez-vous à l’étape précédente sur les heures d’ouverture des épiceries, des bars, souvent fermés au cours de la journée ou de la semaine. Sur la variante de Rocamadour, les possibilités de logement sont très restreintes, mais il n’y a que peu de pèlerins qui passent par ici. Par contre, il y a aussi des randonneurs. Réservez donc, si c’est possible. Un lit trouvé au dernier moment est parfois un coup de chance ; mieux vaut ne pas s’y fier tous les jours.

Dans cette étape, le logement est sans problème, sauf si forte affluence. Il y a 60 lits disponibles à Labastide-Murat. On peut aussi faire halte à Cras sur le parcours. Il n’y a qu’un seul point d’eau et une toilette à Cras. Labastide-Murat offre toutes les disponibilités. Pour les gens qui veulent faire transporter le sac ou eux-mêmes, la Malle Postale est une bonne solution.

N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
Etape suivante : Etape 3: De Labastide-Murat à Rocamadour
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