08: Nasbinals à St Chély d’Aubrac

Encore un jour dans la majesté de l’Aubrac

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-nasbinals-a-st-chely-daubrac-par-le-gr65-29858610

Tous les pèlerins ne sont pas forcément à l’aise avec la lecture des GPS ou la navigation sur un portable, d’autant plus qu’il existe encore de nombreuses zones sans connexion Internet. C’est pourquoi, pour faciliter votre voyage, un livre dédié à la Via Podiensis du Puy-en-Velay à Cahors est disponible sur Amazon. Bien plus qu’un simple guide pratique, cet ouvrage vous accompagne pas à pas, kilomètre après kilomètre, en vous offrant toutes les clés pour une planification sereine et sans mauvaises surprises. Mais au-delà des conseils utiles, il vous plonge dans l’atmosphère enchanteresse du Chemin, capturant la beauté des paysages, la majesté des arbres et l’essence même de cette aventure spirituelle. Seules les images manquent : tout le reste est là pour vous transporter.

En complément, nous avons également publié un second livre qui, avec un peu moins de détails mais toutes les informations essentielles, décrit le parcours global du Puy-en-Velay à St Jean-Pied-de-Port. À vous de choisir votre parcours.

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Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

L’Aubrac est un dépaysement absolu, grandiose et sévère. La solitude immense, l’absence de repères font de ce pays un non-lieu touristique, un de ces lieux magiques qui bercent notre imagination. C’est un pays aux frontières de l’irréel, un pays dont on ne sait préciser de quoi sa magie est faite. C’est un vaste plateau de schistes et de granites, recouvert ci et là de coulées de basalte, une grande ellipse de 55 km de long sur 40 km de large, rattachée aux monts de la Margeride, enserrée par les eaux souvent tumultueuses de la Tuyère et les eaux plus calmes du Lot.

Le chemin s’en va toujours direction sud-ouest dans la steppe nue. Et ceci jusqu’à Aubrac, où alors il quitte le plateau. Aujourd’hui, vous marchez d’abord en Lozère, presque jusqu’au village d’Aubrac, puis en Aveyron, sur les pentes descendantes des Monts d’Aubrac. 

Encore une journée à contempler, dans la première partie de l’étape, les images d’un pays presque dénudé, dans de douces ondulations de prairies, couvertes au printemps de milliers de fleurs sauvages, dans des plaines où d’autres milliers de vaches brunes broutent en silence. L’air y est pur et aucun arbre n’arrête le regard ni le vent. Parfois de petites tâches de forêts se lèvent au milieu de pâturages infinis. L’Aubrac, c’est le pays du bétail et les hommes sont presque absents. L’Aubrac, c’est un peu la pampa argentine, les savanes du Missouri, un “désert d’herbes” comme on l’a souvent aussi nommé. Rien ou si peu de chose ne rompent la monotonie et l’uniformité. Ces vastes solitudes où le pèlerin chemine des heures en n’apercevant au loin qu’un rare arbre ou un frêle buisson, étaient couvertes autrefois de vastes forêts. Il n’en reste que de modestes lambeaux. Ces hautes futaies à jamais disparues appartenaient à l’hôpital d’Aubrac, qui gérait aussi les forêts sises en dessus d’Aubrac et celles en dessous, jusqu’à St Chély d’Aubrac, forêts encore présentes de nos jours

Dans les collines arrondies, il arrive aussi que la lande remplace le pâturage. De nombreux blocs de granit sont placés ici et là, souvenirs d’une période où les glaciers y ont laissé des traces de leur passage. Aubrac signifie “Alto braco” (plaine haute). Les mêmes paysages de pâturages se succèdent, les hameaux s’espacent davantage. Le paysage est semé de vieux “burons”, des cabanes de pierre volcanique solide, aux toits pentus, où, il y a assez longtemps maintenant, les bergers y résidaient pour faire le fromage et se protéger des vents violents qui soufflent ici. Dans cet océan de verdure, les caprices des vents peuvent devenir terribles, sans rideau de montagnes pour réfréner leur élan. Un de ces vents est “Lo Biso”, la terrible bise qui vient du Nord. Un autre est “Lo Traverso”, un autre vent du Nord qui amène les nuages. “L’Olto” (aussi nommé l’autan) vient du Sud, un vent sec et violent. Parfois, un autre vent sec et chaud, “Lo Souledre”, souffle aussi violemment.

Difficulté du parcours : Les dénivelés aujourd’hui (+276 mètres/-642 mètres), sur le papier, ne sont pas imposants, mais c’est une étape assez difficile. Le début de l’étape, c’est une longue montée, parfois éprouvante, sur le plateau ondulant pour atteindre 1324 mètres d’altitude. Le parcours passe le plus souvent sur des “drailles” (chemins à bétail), dans d’immenses pâturages délimités par des murets de pierre et des fils de fer barbelés. Le pays appartient aux vaches et aux pèlerins. C’est juste extraordinaire. Parfois de petits cours d’eau surgissent ça et là. Après Aubrac, lorsque le parcours quitte le plateau, c’est une descente difficile, parfois très raide sur des chemins caillouteux, vers St Chély d’Aubrac. Cette descente peut être un peu ”terrible” par mauvais temps. Dans ces conditions, prenez plutôt la route qui descend à Chély-d’Aubrac.

État du GR65 : Voici une étape presque exclusivement sur les chemins, ce qui est assez rare sur le Chemin de Compostelle :

  • Goudron : 2.9 km
  • Chemins : 13.3 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les vrais dénivelés, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Section 1 : En route vers les grandes “drailles”

Aperçu général des difficultés du parcours : en montée constante vers le col de l’Aubrac, mais, malgré quelques bosses ci et là, la pente est très raisonnable.

 

Le GR65 traverse Nasbinals, puis s’étire en direction de la route départementale qui mène au col de l’Aubrac, comme une ligne discrète guidant le voyageur vers les hauteurs. Car ici, malgré l’appellation, l’Aubrac n’est point un massif farouchement montagneux, mais une terre de reliefs adoucis, aux élévations modestes et pourtant pleines de caractère.

La route se prolonge jusqu’à une bifurcation annonçant le col de l’Aubrac, seuil symbolique plus que véritable sommet, tant le paysage joue de nuances plutôt que de vertiges.

C’est là, au niveau du hameau du Coustat, à deux pas seulement de Nasbinals, que le GR65 abandonne le ruban d’asphalte pour retrouver la respiration plus libre des chemins.

Passé le hameau, l’itinéraire s’élève avec douceur, d’abord sur le goudron encore tiède, puis sur un chemin pierreux qui s’enfonce sous un couvert de feuillus. Les pins s’effacent peu à peu, cédant la place aux chênes, plus massifs, plus enracinés. Hêtres, érables et chênes entrelacent leurs branches et forment parfois de véritables voûtes végétales, tunnels d’ombre où la lumière se fait rare et précieuse.

Mais très vite, le paysage s’ouvre, comme si le regard lui-même reprenait son souffle, et les haies bocagères viennent remplacer les bois.

Ce changement de végétation trouble les repères : l’Aubrac semble s’être métamorphosé. Les pins ont disparu, quelques frênes apparaissent çà et là, et pourtant, immuables, les vaches continuent de paître derrière les murets de granite, coiffés de leurs lignes de barbelés.

Le chemin longe une croix dressée dans la pierre, témoin silencieux d’un autre temps, puis s’élève doucement à travers les pâturages, sous la garde lointaine des forêts épaisses de l’Aubrac. La terre y est grise, presque poudreuse, le sol proche du gravier. Une tonalité plus sombre semble gagner chaque élément, jusqu’au granite des murets lui-même.

Tout paraît assombri, comme si l’Aubrac avait changé de visage depuis la veille. Les arbres sont plus nombreux, la présence forestière plus insistante. Une question flotte alors, presque comme un murmure du paysage : les moines auraient-ils, en leur temps, choisi de laisser intact ce fragment de terre, renonçant à le défricher ? 

Le chemin hésite alors, comme indécis, entre l’ouverture lumineuse des pâturages et l’intimité plus sombre du sous-bois.

Bientôt, il rencontre le ruisseau du Pascalet, franchi sur un modeste pont, un cours d’eau modeste, aux ramifications plus nombreuses que son débit ne le laisserait croire, comme s’il se dispersait davantage qu’il ne s’écoulait.

Puis l’ascension reprend, douce mais constante, sur le flanc de la colline. Le chemin, rude sous le pas, se fait caillouteux, presque âpre, serpentant entre les buissons. Ici, la roche affleure autrement : ce ne sont plus tant les granites que les vestiges sombres du basalte qui dominent, donnant au sol une texture plus âpre, presque volcanique. 

Le chemin se glisse alors dans un paysage qui ne cède jamais à la banalité, tant il porte l’empreinte mêlée de la géographie, du temps et des hommes. L’agriculture, et plus encore l’élevage, y ont façonné chaque relief, chaque parcelle. Partout, le bétail rase une herbe rare, disputée au vent et aux saisons. De mai à octobre, jeunes vaches, taureaux et veaux occupent ces hauteurs avant de redescendre vers des terres plus clémentes à l’approche de l’hiver. Ici, point de bergers : les animaux évoluent librement dans les prairies et la lande, simplement contenues par les lignes austères de fils barbelés.

Les vaches de race Aubrac portent en elles une élégance singulière : leur museau, leurs paupières et le bord de leurs cils sont cerclés d’un halo clair, comme subtilement maquillé. Leur robe fauve capte la lumière, et leurs cornes dessinent des lignes nobles. Les taureaux, souvent plus pâles, ont perdu ces attributs majestueux. Aujourd’hui, sur le plateau, l’élevage est tourné avant tout vers la production de viande. La race demeure paisible, même si quelques individus plus ombrageux rappellent que la douceur n’exclut pas la vigilance : ici, une double clôture électrifiée dissuade le marcheur trop curieux d’aller contempler de trop près un taureau peu enclin à la compagnie.

Le chemin finit par pénétrer dans un domaine agricole d’une ampleur presque démesurée : la ferme de Pascalet-Ginestouse. Dire qu’elle est vaste relève de l’euphémisme. Les pâturages semblent s’étendre sans fin, jusqu’à la lisière des forêts qu’il faudra bientôt gravir. Le domaine, morcelé en bâtiments, fermes et burons disséminés, compose un ensemble complexe, presque labyrinthique. Et partout, les vaches observent le passage du pèlerin avec leur calme souverain, leurs grands yeux de velours empreints d’une placidité bienveillante. « Pèlerin, poursuis ta route », semblent-elles murmurer en silence.

Section 2 : Sur les grandes “drailles”

Aperçu général des difficultés du parcours : montée raisonnable, un peu plus rude au niveau du col.

 

C’est alors que se dévoilent les premières grandes “drailles“, ces sentiers indécis, tantôt ourlés d’herbe, tantôt griffés de pierres, qui longent les murets ancestraux et guident, depuis des siècles, le lent déplacement des troupeaux.

Le chemin s’élève au-dessus d’un corps de ferme, comme suspendu entre ciel et terre. L’espace, démesuré, ouvre un horizon si vaste que le regard du marcheur s’y perd, incapable d’embrasser la destination de ses propres pas. Plus bas, en contrepoint de la « draille », un autre ensemble de bâtiments se devine, éloigné, presque discret ; signe probable d’une terre partagée entre plusieurs maîtres. Bientôt, une barrière vient interrompre la progression : simples structures de métal, mobiles et dociles, que les paysans déplacent au gré de leurs nécessités, comme autant de seuils provisoires.

Ici, rien ne rappelle l’organisation rigoureuse de l’Aubrac d’avant Nasbinals. Les pâturages s’étendent sans morcellement, libres de toute entrave durable, à peine contenus par quelques fils électriques, discrets gardiens d’un ordre souple. Nulle ceinture de pierre infranchissable ni barbelés hostiles : seulement une frontière ténue, presque symbolique.

Ces “drailles“, justement, semblent se dérober à toute logique d’aménagement. Sont-elles l’œuvre des hommes, tracées avec intention, ou bien la lente écriture du bétail, inscrite par le piétinement obstiné des siècles ? Peut-être sont-elles les deux à la fois, alliance de volonté humaine et d’habitude animale. 

En Aubrac, un événement domine tous les autres : la transhumance, véritable rite saisonnier. Aux alentours de la Saint-Urbain, le 25 mai, les troupeaux se parent de plumes, de pompons, de rubans et de fleurs, comme pour célébrer leur départ. Ainsi ornés, ils prennent la route des hauts plateaux, où ils passeront l’été sous les vents vastes et les ciels changeants. Ils n’en redescendront qu’à la Saint-Guiral, le 13 octobre. Autrefois, les “buronniers“ vivaient ici le temps de l’estive. De simples abris précaires, dressés contre les éléments, naquirent peu à peu les « burons », bâtisses robustes aux toits d’ardoise, à la fois refuges et ateliers. C’est là que se fabriquait et mûrissait le fromage, sous la direction du  “cantalès“, maître fromager. Le “bedeliè“, lui, veillait sur les bêtes, les menant vers les pâturages les plus généreux, tandis que le “pastre“ assurait la traite, deux fois par jour, avec la régularité d’un rituel. À leurs côtés s’affairait encore le “rol “, jeune garçon à tout faire, apprenant le métier à l’ombre des anciens. À la fin du XIXᵉ siècle, quelque 1200 “buronniers“, répartis dans 300 burons, produisaient près de 700 tonnes de fromage ; une abondance qui supposait la présence d’au moins 15 000 vaches laitières sur le plateau. Mais dès les années 1930, ce monde entama son déclin : la production chuta inexorablement, et les burons actifs disparurent les uns après les autres. En 1950, il ne restait plus que 25 tonnes de fromage produites annuellement. L’isolement, la rudesse des conditions de vie, et l’attrait croissant du confort moderne rendaient difficile le recrutement de main-d’œuvre. Le fromage, devenu rare, en vint à atteindre des prix prohibitifs.

À cela s’ajoute une réalité plus discrète : les vaches d’Aubrac, pourtant célèbres pour la douceur sombre de leurs yeux d’andalouses, se révèlent de médiocres vaches laitières. Leur production annuelle, oscillant entre 1 550 et 2 000 litres, reste bien inférieure aux performances des grandes races laitières, capables d’atteindre les 10 000 litres. Peu à peu, les éleveurs se tournèrent vers d’autres lignées : la Holstein, venue des plaines du nord de l’Europe, et la Simmental, originaire de Suisse. Aujourd’hui, 90 % du lait destiné à la fabrication du Laguiole, fleuron fromager de l’Aubrac, provient de la race Simmental. Depuis 2004, une réglementation stricte limite d’ailleurs cette production aux seules vaches Aubrac et Simmental. Pourtant, sur ces plateaux battus par les vents, la présence de ces races laitières demeure rare. Et la vache d’Aubrac, elle, n’a rien perdu de ses partisans. Beaucoup ici nourrissent le désir d’un retour à la race originelle, fidèle au pays, et refusent de voir disparaître les burons, réduits aujourd’hui au rang d’attractions touristiques. Car malgré tout, plus de 150 000 individus de la race Aubrac continuent de parcourir ces terres, perpétuant, à leur manière, la mémoire vivante du plateau.

Les pâturages s’étalent à flanc de colline, à perte de vue, comme une mer immobile dont les ondulations se fondent dans l’horizon.

Encore une barrière, dressée près d’un “buron“, et déjà le paysage s’élargit davantage, gagnant en ampleur et en souffle. Le chemin poursuit sa lente percée au cœur des vastes “drailles“, croisant çà et là de modestes blocs de roche, arrachés au sol par les morsures du gel, témoins silencieux des rigueurs hivernales. 

Tout là-haut, dominant le monde, un “buron“ semble suspendu entre ciel et terre, posé comme au sommet du temps. 

Plus haut encore, la rudesse des “drailles“ s’apaise un instant à l’approche d’un bosquet. Les chênes y règnent en maîtres, accompagnés de châtaigniers et de frênes qui bordent ce refuge végétal. La terre, d’un rouge profond, se gorge d’eau ; celle-ci ruisselle en abondance, jaillissant des entrailles grasses du sol. Peut-être les paysans ont-ils préservé ce bois humide et presque marécageux pour épargner à leurs bêtes les pièges de la boue ? Car, ici, rien n’est laissé au hasard : chaque geste, chaque choix, obéit à une logique patiemment construite.

À la sortie du bois, le parcours reprend son fil, se déroulant à nouveau à travers l’étendue ouverte des pâturages.

Au-dessus des “burons“, dans le lointain, se détache la silhouette conique des Trois Évêques, point de rencontre de trois anciens diocèses, devenu aujourd’hui la frontière entre le Cantal, la Lozère et l’Aveyron. Les landes, nues et silencieuses, s’étirent jusqu’à la crête, où le regard vient buter sur la ligne du ciel.

Voici à nouveau ces magnifiques “drailles“, entailles patientes dans le paysage. Dans une telle immensité, la présence des murets de pierre ne saurait être purement décorative : elle répond sans doute à une nécessité plus discrète, plus ancienne. N’a-t-on pas élevé ces lignes minérales pour contenir les bêtes, pour les détourner du bois voisin ? Il y a fort à parier que oui. Plus haut, la montée se fait plus exigeante le long de la “draille“ ; pas à pas, le col se rapproche, gagné dans la lenteur et l’effort.

Encore une ultime “draille“ pour atteindre le point culminant, à 1364 mètres d’altitude. On quitte alors, non sans un pincement au cœur, ces profondes empreintes laissées par les hommes et le bétail, ces sillons où s’inscrit une histoire séculaire. Ce que la nature a mis tant de temps à façonner, l’homme, lui, sait parfois le dénaturer avec une troublante facilité. Près de la petite croix de pierre dressée au sommet, une cahute incongrue a surgi, évoquant davantage une arrivée de téléski qu’un refuge de montagne. Car oui, l’Aubrac se prête aussi aux plaisirs de la neige.

Le chemin, désormais, semble hésiter, flânant le long de la crête, guidé par les murets de pierre et leurs fils de fer barbelés, comme s’il prenait lui aussi le temps de contempler l’étendue.

Au bout de cette ligne sommitale, le regard s’ouvre sur le village d’Aubrac, lové en contrebas, que le chemin domine avec une tranquille majesté.

Section 3 : En passant par Aubrac, le mouchoir de poche et le petit joyau du plateau

Aperçu général des difficultés du parcours : après Aubrac, cela se complique progressivement et les pentes vont ne faire qu’augmenter. Les cailloux aussi.

Les tours aux ardoises grises d’Aubrac émergent bientôt en contrebas, se détachant avec sobriété sur l’horizon du plateau.

Une Vierge immaculée veille silencieusement sur le hameau, comme une présence tutélaire suspendue entre ciel et terre. 

Tout près s’impose la vaste silhouette du Royal Aubrac, édifice chargé de mémoire, vestige d’une splendeur ancienne en quête d’un nouvel avenir. Déjà, au temps d’Adalard, le couvent de Notre-Dame des Pauvres attirait en ces lieux non seulement les pèlerins, mais aussi les déshérités de toutes sortes, lépreux, tuberculeux, âmes errantes en quête de secours. Cette vocation d’accueil et de guérison se prolongea bien au-delà, jusque dans le XXe siècle, lorsque Aubrac devint à nouveau terre de convalescence. C’était l’époque, aujourd’hui révolue, des sanatoriums : on croyait alors aux vertus de l’air vif, chargé des senteurs de bois, pour réparer les poumons meurtris. L’histoire du bâtiment elle-même se teinte de mystère, à l’image du plateau qui l’abrite. Dès 1895, on conçut l’idée qu’un séjour au grand air, associé à une alimentation saine, notamment le lait, pourrait soulager les malades. En 1902, le lieu fut transformé en sanatorium sous la direction du docteur Saunal. Plus tard, il devint le Royal Hôtel, rattaché à l’Astoria et à l’International de Vichy. Avec ses plus de soixante chambres et ses équipements modernes pour l’époque, à savoir eau courante, électricité, sanitaires à chaque étage, il incarnait un certain luxe en plein cœur de l’Aubrac. Aujourd’hui, la commune ne compte plus que sept habitants inscrits. Dans les années 1960, le bâtiment changea encore de vocation, devenant centre de vacances et lieu de séminaires, avant d’être peu à peu abandonné aux rigueurs du climat. Racheté en 2008 par un particulier, il connaît désormais une nouvelle phase de transformation.

Le chemin traverse ensuite la D589, cette route départementale qui coupe l’Aubrac et vous accompagne depuis de longs kilomètres. Juste en contrebas, à l’entrée du hameau, une œuvre contemporaine de Jean-Claude Lanoix, sculpteur alsacien, invite à la contemplation. On peut y lire ces mots : « Dans le silence et la solitude, on n’entend plus que l’essentiel « . En glissant le regard dans le cercle de la sculpture, s’alignent alors la Vierge au-dessus et la Dômerie en contrebas, comme réunies dans un même souffle.

Aubrac est là, à portée de pas : mystérieux, austère et pourtant d’une beauté saisissante. C’est le cœur même du plateau. Le pèlerin qui arrive de l’Est découvre d’abord l’église Notre-Dame des Pauvres, avec ses arcs romans, son clocher sobre, puis la Tour des Anglais, sentinelle du passé. Le village tient dans un mouchoir de poche, modeste et ramassé, avec, en contrebas, un petit lac un peu à l’écart, comme oublié. Nul ne semble pouvoir dire pourquoi les moines n’ont pas choisi d’ériger leur monastère plus près de cette eau paisible. Quoi qu’il en soit, les pèlerins, eux, ne s’y aventurent guère.

Situé à 1260 m d’altitude, le hameau comprend aujourd’hui les restes de l’ancien monastère, quelques hôtels. Devant l’exiguïté de l’endroit, il est difficile de se faire une idée précise de l’ensemble que constituait le monastère au Moyen-Âge. Du monastère demeurent quelques bâtiments originaux. Un de ces édifices date du XIIe siècle ; c’était autrefois l’hôpital, avec ses belles fenêtres étroites. Un deuxième édifice est une grande tour de 30 mètres de hauteur, la Tour des Anglais, percée au Sud de six ouvertures. 

L’église du Chapitre, l’église de Notre-Dame des Pauvres, de style byzantin est intacte, avec une atmosphère feutrée, recueillie. Le presbytère, sans caractère particulier, complète l’équipage.  

Un peu d’histoire : le couvent d’Aubrac formait un vaste ensemble, ceint de murailles, où se côtoyaient logements monastiques, cloître, cimetière, forge, four et même prisons, un véritable village. Sur son portail était gravée cette formule saisissante : « In loco horroris et vastae solitudinis » (dans ce lieu d’horreur et de vaste solitude). À l’extérieur, auberge et écurie accueillaient pèlerins et voyageurs. Selon un document de 1216, vers l’an 1100, Adalard d’Eyne, en route vers Compostelle, traversa ces terres hostiles, infestées de brigands. Miraculeusement sauvé d’une attaque, ou, selon d’autres récits, bouleversé par la découverte d’un massacre de pèlerins, il fit le vœu de fonder ici un refuge. Ainsi naquit, vers 1120, un monastère-hôpital destiné à protéger et accueillir les voyageurs. Prêtres, chevaliers, frères laïcs et “donats“ y formaient une communauté organisée au service des pèlerins et des malades. Sous l’impulsion des moines, les forêts furent peu à peu défrichées, laissant place aux pâturages qui firent la richesse du domaine. Protégée par le pape et soutenue par les seigneurs locaux, la Dômerie prospéra durant des siècles, malgré pillages et violences, notamment pendant la guerre de Cent Ans. Mais à partir du XVe siècle, la mise en commende entraîna un lent déclin : les revenus furent détournés, la discipline relâchée, et la corruption s’installa. En 1792, la Révolution mit fin à l’institution : les religieux furent dispersés et l’hôpital abandonné. Autrefois, des milliers de pèlerins trouvaient ici refuge, guidés dans la brume par la “cloche des perdus“, dont le son appelait les égarés vers la sécurité. Aujourd’hui encore, une cloche moderne prolonge ce geste, rappelant l’ancienne vocation du lieu. Le paysage lui-même porte l’empreinte de cette histoire : la forêt originelle a disparu, remplacée par un plateau ouvert, façonné par le pastoralisme. Les moines développèrent un système agro-pastoral ingénieux, associant cultures de vallée et élevage d’altitude, contribuant à l’essor du fromage de Laguiole et de traditions comme l’aligot. Il ne reste désormais que le ciel immense, la nudité du plateau et ce silence profond qui invite au recueillement.

En 1353, une tour de 30 mètres fut édifiée pour protéger le site des brigands et des Anglais de la guerre de Cent Ans, d’où son nom de “Tour des Anglais“. Aujourd’hui reconvertie en gîte, elle offre un hébergement au confort sommaire mais au charme indéniable : pour un tarif modeste, les sanitaires se trouvent sur la place du village. Ceux qui recherchent davantage de confort trouveront refuge à l’hôtel de la Dômerie ou dans des lieux plus singuliers : l’Annexe de l’Aubrac, au décor baroque et enveloppant, ou encore la Colonie, où Cyrille a métamorphosé une ancienne colonie de vacances en un ensemble étonnant mêlant chambres, appartements et brocante.

Aujourd’hui, Aubrac se résume à une vaste place au croisement des routes, autour de la Dômerie et de quelques hébergements. La vie agricole a déserté les lieux depuis longtemps, même si l’on tente d’en conserver la mémoire à travers quelques aménagements destinés aux visiteurs.  Quel que soit le logis choisi, la nuit y est paisible pour les pèlerins qui font halte ici. Et ils sont nombreux.

À partir d’Aubrac, le paysage opère une métamorphose presque brutale. Le chemin délaisse les vastes étendues du plateau pour basculer, comme happé, vers les premiers contreforts boisés de la vallée du Lot. En suivant le GR65 traditionnel, l’itinéraire épouse un temps la D987 en direction d’Espalion : ultimes frémissements, derniers replis du haut plateau avant la descente.

Puis, soudain, il s’arrache à la route et s’engage dans une nouvelle aventure, plus secrète, plus intime.

Un sentier étroit, souvent caillouteux, s’incline doucement, serpentant entre noisetiers, buissons, genêts et charmilles. La végétation, plus dense et familière, s’enrichit d’herbes folles, d’églantiers, d’aubépines, de sorbiers et de prunelliers, comme un retour progressif vers une nature plus close, plus habitée.

Peu à peu, le chemin s’enfonce dans le sous-bois ; la pente se fait plus sensible, le sol plus tourmenté, marqué par les passages répétés.

Plus bas, le chemin gagne un petit replat dans la forêt dense où coule le discret ruisseau de l’Adrech.  Les pierres restent encore discrètes, mais les feuillus gagnent en hauteur et en présence, refermant lentement la voûte au-dessus du marcheur.

Ce sont surtout de grands frênes élancés, des charmes et des hêtres aux troncs clairs, presque argentés, des châtaigniers foisonnants et des érables imposants qui composent cette forêt. Les chênes et les conifères, plus rares, semblent ici en retrait. 

Plus bas, une croix surgit, comme pour ponctuer le paysage et rappeler la longue mémoire des chemins.

Plus bas encore, le chemin s’extrait du sous-bois et débouche sur une sorte de plateau, nu et silencieux, presque steppique, où une croix de bois, solitaire, semble mesurer l’étendue. Ici, le paysage s’ouvre largement et laisse entrevoir, au loin, les prémices de la vallée du Lot. Malgré cette transformation du décor, vous êtes encore en Aubrac et les murets de pierre et les fils de fer barbelés en portent la mémoire. Vous cheminez désormais à mi-côte, sur les ultimes vestiges du plateau. Le sentier, tel un toboggan naturel, se déploie en une succession de paliers, hésitant entre retenue et abandon. Mais la descente vers le Lot, elle, ne fait aucun doute : elle est inévitable, inscrite dans la pente même du paysage. 

Section 4 : De la pente et des cailloux, demandez le programme

Aperçu général des difficultés du parcours : descente vers la vallée du Lot, le plus souvent sévère, non pas toujours à cause de la pente, mais surtout à cause de l’état du chemin

 

Au départ, la descente se fait presque douce, longeant des murets envahis de genêts et de hautes herbes, comme si le chemin hésitait encore à quitter le plateau.

Mais bientôt, tout bascule : le randonneur s’engage dans une plongée franche vers le fond de la vallée, sur un chaos de pierres irrégulières. Des pierres, encore des pierres, toujours des pierres, de toutes tailles, jalonnent une pente sévère, bordée de murets moussus.

Chaque pas devient affaire d’attention : il faut choisir son appui, mesurer son geste. En contrebas, le regard glisse vers la faille où serpente la Boralde de St Chély ; en face, une colline se dresse déjà, promesse d’un effort à venir. Car on le sait : après la descente, il faudra remonter. Ainsi vont les chemins.

De rares maisons de pierre, désertées, ponctuent ce paysage austère où dominent rocaille et silence, comme des vestiges d’une présence humaine effacée.

Bientôt apparaît le hameau de Belvezet, modeste assemblage de bâtisses massives aux toits de lauzes, parfois inclinés jusqu’à frôler la terre.

Juste en contrebas, le sentier contourne d’imposants piliers basaltiques, vestiges d’une ancienne cheminée volcanique mise à nu par l’érosion, rappelant celles du Puy. Au sommet, subsistent les ruines d’un château féodal, accrochées à la roche comme un souvenir entêté.

Ici subsiste encore une vie pastorale discrète, paisible, avant que le chemin ne replonge dans le vallon avec une rudesse renouvelée.

Sur ce versant de l’Aubrac, les sentiers sont abrupts, pierreux, parfois traîtres, encaissés entre murailles et murets de pierres sèches. La boue peut les rendre glissants à l’excès. Pourtant, la végétation s’y fait généreuse : frênes, hêtres, chênes, érables et châtaigniers se pressent derrière les murets, dans une profusion presque sauvage.

Peut-être croiserez-vous ici la race bovine Salers : robe acajou ou noire, longs poils bouclés, cornes en lyre, une présence à la fois rustique et élégante, emblématique du Cantal. Certains éleveurs s’attachent à faire revivre la race originelle, plus sombre encore, venue du fond des âges. Les vaches brunes, dit-on, se montrent volontiers curieuses envers les marcheurs, nombreux sur cet itinéraire qui relie St Chély d’Aubrac.

Le chemin prend alors des allures de vieux chemin de meunier, bordé de pierres couvertes de mousse, entaillé dans les calcaires et les schistes. Roches et racines s’entremêlent sous les pas, formant un terrain chaotique. Et l’on songe, non sans étonnement, qu’autrefois des chars à bœufs empruntaient ces passages. Par endroits, il ne reste qu’un éboulis grossier où le pied glisse presque avec abandon.

Plus bas, quelques rares moments de répit offrent aux tendons une brève indulgence.

Et puis, comme par surprise, tout s’apaise : la pente s’adoucit véritablement, et le sentier s’étire à plat sous la voûte des feuillus, où dominent ici de nombreux châtaigniers.

Mais cette accalmie n’est jamais qu’une parenthèse. Très vite, la valse reprend.

Ces paysages racontent une descente lente, exigeante, presque initiatique, un passage entre deux mondes. Le sentier n’est plus qu’un lit de pierres irrégulières, polies par le temps et les pas, serpentant sous les arbres entre talus humides et racines apparentes. Chaque pas se négocie, se pèse, tant le terrain impose sa loi.

Plus loin, la pente se durcit encore ; le chemin devient incertain, entaillé dans la terre et la roche. Le sous-bois se resserre, mêlant fougères, herbes et jeunes pousses dans une fraîcheur presque protectrice.

Le sentier s’étire alors, sinueux, obstinément caillouteux, comme un ancien passage usé par les siècles. Les pierres, partout présentes, enchâssées dans le sol ou entassées dans les murets qui soutiennent les talus, témoignent d’un paysage façonné autant par la main de l’homme que par les forces naturelles. Les racines s’y glissent, s’y agrippent, tissant un réseau vivant au cœur même de la roche. C’est un lieu où l’on descend autant avec le corps qu’avec le regard, happé vers l’aval, vers ce qui se dévoile peu à peu.

Puis, soudain, l’horizon s’entrouvre à peine, ponctué de masses de pierres dressées comme des totems, déposées là par la nature elle-même. 

Un peu plus bas, apparaissent quelques traces de civilisation, comme oubliées du temps, vestiges silencieux d’une présence désormais effacée.

Le chemin atteint bientôt le ruisseau de l’Adret, et le parcours se fait plus délicat encore. Un panneau, sans ambiguïté, invite d’ailleurs les conducteurs d’animaux et les cyclistes à rejoindre St Chély d’Aubrac par la route. Par temps de pluie, la sagesse commande de suivre ce conseil.

Pour les amateurs de difficulté, la traversée du ruisseau, au milieu des herbes folles, sur une pente abrupte, ne laissera guère de place à l’agrément. Après ce passage incertain, où même la table de pique-nique n’incite guère à la halte, on peut enfin souffler : le goudron n’est plus très loin, promesse d’un terrain plus docile.

Pour les autres, moins téméraires, un joli chemin s’enfonce plus doucement dans le bois, offrant une descente plus clémente et apaisée.

Il rejoint rapidement la route : c’en est fini des sentiers pierreux et tourmentés. La descente, de 1366 à 875 mètres d’altitude, se mérite, et le goudron se charge désormais de conduire sans effort jusqu’au village.

La route descend à travers une végétation luxuriante, laissant deviner, par instants, le village blotti en contrebas. 

À l’approche des premières maisons, un sentier s’échappe de la route pour rejoindre plus directement le cœur du village.

St Chély d’Aubrac s’étire largement dans la plaine. Le parcours longe longtemps les habitations avant d’atteindre le centre. C’est un village plein de charme, fort d’environ 530 habitants, où font halte de nombreux pèlerins. Il constitue également un point de départ privilégié pour explorer les multiples sentiers de l’Aubrac. Le tronçon reliant Nasbinals à Saint-Chély d’Aubrac est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998, tout comme le Pont des Pèlerins et sa croix de pierre, que vous franchirez demain.

L’église romane, dont les origines remontent aux XIe et XIIe siècles, fut reconstruite au XVe siècle après un incendie survenu durant la guerre de Cent Ans. Subsistent encore une tour des anciennes fortifications et un beffroi. À l’intérieur, on découvre notamment une copie d’un Rubens ainsi qu’un bas-relief gothique représentant le Christ entouré de quatre apôtres. 

Le village conserve également une tour du XVe siècle, autrefois propriété des « Chapelains de Cuisinis ». Aujourd’hui privée, elle a été transformée en une élégante maison d’hôtes.

En saison, l’office de tourisme insuffle une douce animation : au pied de la tour, de charmantes villageoises tricotent et échangent, perpétuant un art de vivre simple et chaleureux.

Ici, même les bûcherons et les pèlerins ne sont pas toujours de chair, silhouettes figées ou œuvres discrètes, ils peuplent le village d’une présence inattendue.

Section 5 : Une alternative par gros temps

Il existe une alternative au GR65 pour les gens qui n’apprécient guère les descentes raides sur les chemins caillouteux et les grosses pierres, ou alors par temps de pluie. Il suffit de suivre la D533, la route goudronnée qui descend directement à St Chély d’Aubrac. Le parcours est de 8. 4 km. La circulation des véhicules est très tranquille. La route suit une belle vallée où coule la Boralde de Chély, une petite rivière qui rejoint plus loin le Lot.  Voici quelques images de ce parcours.

Logements sur la Via Podiensis

  • Gîte communal La Tour des Anglais, Aubrac ; 05 65 44 28 42/05 65 44 27 08 ; Gîte, cuisine
  • La Colonie, Cyrille Lérisse, Aubrac ; 05 65 51 64 79 ; d’hôte, repas, petit déj.
  • L’Annexe de l’Aubrac, Aubrac ; 06 75 88 41 19 ; d’hôte, repas, petit déj.
  • La Dômerie de l’Aubrac**, Aubrac ; 05 65 44 28 42 ; d’hôte, repas, petit déj.
  • Gîte Lo Masuquet, Aubrac ; 06 48 26 32 30 ; Gîte, repas, perit déj.
  • Camping Au Bord de la Boralde, St Chély d’Aubrac; 06 32 90 71 64 ; tentes, cuisine
  • Gîte St André, Victoria et Michel (pèlerins) Chemin de la Vallée Libre, St Chély d’Aubrac; 07 67 17 54 43 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Gîte Le Relais St Jacques, Mme Vidal, 85 Route de la Baraquette, St Chély d’Aubrac; 06 47 32 04 08 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Gîte La Belle Etoile de Compostelle, Hélène et Guillaume (pèlerins), Place de l’Église, St Chély d’Aubrac; 06 85 22 69 00 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Gîte L’Oasis del Camino, Éric (pèlerin), 62 Rue du Château, St Chély d’Aubrac; 07 66 77 77 80 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • Gîte Comme à la Maison, Malvina et Baptiste, 103 Route de la Baraquette, St Chély d’Aubrac; 06 32 90 71 64 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • Gîte Chez Janny et Jeremy, 226 Route de la Baraquette, St Chély d’Aubrac; 06 29 83 58 82 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • La Tour des Chapelains, Christine Brunier, St Chély d’Aubrac; 06 69 14 33 38/05 65 61 64 80 ; d’hôte, repas, petit déj.
  • La Carderie, Patricia Henry, St Chély d’Aubrac; 05 65 44 12 96 ; d’hôte, repas, petit déj.
  • Côté Boralde, Mmw Azzam, 102 Rue du Pont Neuf, St Chély d’Aubrac; 05 65 44 26 05/06 78 13 46 47 ; d’hôte ou roulotte, cuisine, petit déj.
  • Hôtel-Restaurant des Voyageurs**, St Chély d’Aubrac; 05 65 44 27 40/06 61 84 14 09 ; Gîte et Hôtel, repas, petit déj.
  • Hôtel-restaurant Les Coudercous***, St Chély d’Aubrac; 05 65 44 27 40/06 61 84 14 09 ; Hôtel, repas, petit déj.

 D’année en année, le Chemin de Compostelle se transforme, se réinvente au gré des saisons et des pas des pèlerins. Certains hébergements ferment leurs portes tandis que d’autres, modestes ou inattendus, voient le jour. Il serait dès lors illusoire de prétendre en établir une liste immuable et exhaustive. Celle-ci ne recense que les logements situés directement sur l’itinéraire ou à moins d’un kilomètre de celui-ci. Cette sélection a été actualisée en 2026 ; elle ne devrait donc pas connaître de bouleversements majeurs dans les prochaines années. Pour qui souhaite aller plus loin, un seul ouvrage fait figure de référence incontournable : Miam Miam Dodo, aisément accessible en ligne. Ce guide, dont le mérite essentiel réside dans sa mise à jour annuelle, ne se limite pas aux hébergements du tracé strict, mais mentionne également des adresses en dehors du parcours, comme ressource précieuse lorsque l’affluence rend les étapes plus incertaines. On y trouve en outre une mine d’informations pratiques : bars accueillants, restaurants de passage et boulangeries providentielles, autant de haltes qui ponctuent le voyage. À cette cartographie traditionnelle s’ajoute désormais une présence devenue incontournable : Airbnb. Cette plateforme s’est imposée comme une référence majeure dans le paysage touristique, y compris dans les régions les plus discrètes ou les moins favorisées. Toutefois, comme chacun le sait, les adresses exactes n’y sont pas directement visibles, ce qui suppose une certaine anticipation. Car sur le Chemin, trouver un lit à la dernière minute relève parfois du hasard heureux. Mais le hasard, par nature, ne saurait constituer une stratégie. Il est donc vivement recommandé de réserver en amont. Enfin, lors de vos démarches, prenez soin de vous renseigner sur les possibilités de repas ou de petit-déjeuner : ces détails, en apparence anodins, peuvent grandement adoucir une étape.

Si l’on dresse l’inventaire des capacités d’accueil, on dénombre environ 80 lits à Aubrac et 200 lits disponibles à St Chély d’Aubrac. D’ailleurs de nombreux pèlerins font étape à Aubrac, pour le site. Or, la fréquentation de la Via Podiensis oscille généralement entre 100 et 200 marcheurs : dans ces conditions, cette étape ne devrait pas poser de difficulté particulière en matière d’hébergement. Il reste néanmoins prudent de réserver, par simple précaution.

 Ces itinéraires, qui serpentent à travers des territoires souvent peu densément peuplés, offrent peu de commerces. Souvent les restaurants y sont rares, tout comme les épiceries, et celles-ci prennent souvent la forme de modestes dépôts de pain, proposant quelques légumes et produits laitiers. Mais dans cette étape, pas de problème. Aubrac et St Chély d’Aubrac offrent un assez bon choix de possibilités. Enfin, de nombreuses entreprises proposent des services de transport de bagages ou de rapatriement vers le point de départ. Parmi elles, une s’impose comme une référence incontournable : La Malle Postale.

 

N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
Etape suivante : Etape 9: De St Chély d’Aubrac à St Côme d’Olt 
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