Des steppes de l’Aubrac à la végétation luxuriante du Lot
DIDIER HEUMANN, MILENA DALLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS
Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.
Pour ce parcours, voici le lien:
https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-chely-daubrac-a-st-come-dolt-par-le-gr65-51220823
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Tous les pèlerins ne sont pas forcément à l’aise avec la lecture des GPS ou la navigation sur un portable, d’autant plus qu’il existe encore de nombreuses zones sans connexion Internet. C’est pourquoi, pour faciliter votre voyage, un livre dédié à la Via Podiensis du Puy-en-Velay à Cahors est disponible sur Amazon. Bien plus qu’un simple guide pratique, cet ouvrage vous accompagne pas à pas, kilomètre après kilomètre, en vous offrant toutes les clés pour une planification sereine et sans mauvaises surprises. Mais au-delà des conseils utiles, il vous plonge dans l’atmosphère enchanteresse du Chemin, capturant la beauté des paysages, la majesté des arbres et l’essence même de cette aventure spirituelle. Seules les images manquent : tout le reste est là pour vous transporter. En complément, nous avons également publié un second livre qui, avec un peu moins de détails mais toutes les informations essentielles, décrit le parcours global du Puy-en-Velay à St Jean-Pied-de-Port. À vous de choisir votre parcours. . |
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Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.
Aujourd’hui, vous avez laissé l’Aubrac derrière nous, presque à regret. Mais le Chemin de Compostelle est si varié que d’autres horizons attendent le pèlerin. Le Lot n’en finira pas de tourner dans le centre de la France. Vous marchez en Aveyron pour plusieurs jours. Et la direction demeure toujours sud-ouest. L’étape est entièrement en Haute Rouergue, la région Nord de l’Aveyron, coincé entre le Cantal du Massif central auvergnat et les causses du sud de l’Aveyron. Le parcours passe sur les hauts de la Boralde de St Chély, qui se jette dans le Lot près de St Côme d’Olt.
Dans ces régions, l’élevage (surtout bovin, parfois ovin) prédomine, dans un paysage géologiquement complexe, dans un réseau de petites rivières. C’est le pays des “boraldes”, de petites rivières ou torrents rapides qui coulent dans des vallons très encaissés. Ces petites rivières ont entaillé le socle de l’Aubrac, qui est ici formé de schistes et de gneiss, qui sont des roches transformées à partir du granite, le socle de base de l’Aubrac, qui lui est, en surface, recouvert de roches volcaniques basaltiques. La vallée du Lot forme nettement une frontière vers le Sud de l’Aveyron.
Difficulté du parcours : Les dénivelés aujourd’hui (+288 mètres/-711 mètres), sont importants, surtout en descente. L’étape n’est pas longue, même si de nombreux pèlerins poussent jusqu’à Espalion. Il n’en demeure pas moins que, même raccourcie, c’est une étape difficile pour de nombreux pèlerins retraités ou peu sportifs. Le début de l’étape, c’est une montée raisonnable sur le haut plateau. Puis l’étape est une longue descente vers la vallée du Lot sur des chemins caillouteux vers la végétation exubérante de la Boralde de Chély. Vous partez tout de même à plus de 800 mètres d’altitude à St Chély d’Aubrac pour arriver à la fin de l’étape à moins de 400 mètres. En fin de parcours, attendez-vous à un petit effort quand vous devrez remonter à la Rozière. Certains esprits fâcheux diront, avec un léger parti pris, que ce n’est pas la plus belle étape du Chemin de Compostelle. Mais les forêts ici sont belles et la végétation exubérante.
Etat du GR65 : L’étape du jour est nettement à l’avantage des passages sur chemins :
- Goudron : 6.0 km
- Chemins : 10.0 km
Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.
Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.
Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.
Section 1 : Le parcours remonte sur le haut plateau
Aperçu général des difficultés du parcours : quelques pentes sérieuses pour monter à Le Recours, puis montée assez raisonnable.
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Le parcours quitte rapidement la place centrale du village pour descendre vers la rivière. |
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La pente se fait raide dans les ruelles sinueuses, comme si le village lui-même s’accrochait encore à la colline. |
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À la sortie de St Chély, un pont enjambe la Boralde de St Chély, petite rivière vive qui serpente en contrebas. |
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Sur ce pont, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, se dresse un ancien calvaire du XVIe siècle. La figure du pèlerin y est sculptée, une main posée sur son bâton, comme pour tenir à distance les ombres et les peurs, l’autre serrant un rosaire, geste de foi autant que de protection. |
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La rivière, aujourd’hui gonflée par les pluies et les neiges récentes, s’écoule avec abondance. Ses abords offrent un tableau plein de charme : une fontaine, des maisons de pierre, et ce murmure d’eau qui accompagne le regard. |
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Très vite, le parcours laisse la rivière en contrebas pour s’élever à nouveau. Le chemin grimpe en lacets serrés, traçant ses lignes sur le flanc de la colline, près du cimetière. Là, les défunts reposent face au paysage, bercés par le murmure discret de la Boralde. St Chély d’Aubrac dévoile alors toute son harmonie, dans la sobriété de ses pierres grises. |
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Au-delà du cimetière, le chemin se fait plus caillouteux et s’élève avec lenteur, oscillant entre ombre et lumière, sous la protection des grands arbres. |
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Les pins ont disparu : l’Aubrac est désormais derrière vous. Place à la richesse des feuillus, tout aussi majestueux. Les frênes élancés rivalisent avec les hêtres, les charmes et les chênes rouvres, tandis que noisetiers et jeunes érables viennent compléter cette trame végétale. Les châtaigniers, pour l’instant, se font plus discrets sur ce versant. |
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La forêt est belle ici, silencieuse et profonde, ponctuée de blocs de granite que la mousse vient lentement apprivoiser. |
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Le chemin marque alors une pause, rejoignant une route qui surplombe le village. |
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Attention ici : le parcours prête à confusion. Il faut descendre de quelques dizaines de mètres pour retrouver le sentier, plutôt que de monter sur la route. Cela dit, en suivant la route bordée de hauts frênes, vous rejoindrez un peu plus haut le même point que le sentier. |
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Le chemin reprend alors sa montée, pierre après pierre, au-dessus de la route. Les frênes aux silhouettes chevelues et les grands charmes dominent le sous-bois, entourant des blocs de pierre nappés d’une mousse épaisse et veloutée. Une croix, plantée dans un amas de pierres, invite autant à la prière qu’à la rêverie, ouvrant peut-être la porte à quelque monde invisible, peuplé de légendes et de lutins. |
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Encore quelques pas, dans l’odeur profonde de la terre humide, sous la voûte des grands arbres, et le sentier retrouve la route laissée un peu plus bas. |
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La première montée de la journée s’achève au hameau du Recours, lové dans une nature foisonnante, d’un vert généreux. |
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Suit alors un moment de répit, presque une halte offerte : un passage plus plat longe quelques fermes de pierre, dont certaines, partiellement abandonnées, témoignent d’un monde rural en retrait. |
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Au Recours, le GR65 s’étire un temps sur le goudron, passant devant une fontaine d’eau fraîche, simple et bienvenue. |
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Le parcours suit la route avant de retrouver la terre battue et de s’engager dans la montée vers la forêt de Grausmaurel, en direction des Cambrassats. |
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Un panneau, planté sur le talus, indique la direction de St Côme d’Olt, comme une invitation à poursuivre l’ascension.
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Le décor devient souvent majestueux, formant une sorte de tunnel végétal sous les grands charmes et les hêtres, qui jouent avec la lumière, hésitant entre ombre et clarté. Les charmes et les hêtres dominent largement, laissant parfois apparaître quelques chênes, bouleaux ou châtaigniers plus discrets. |
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La nature, ici, oscille entre sauvagerie et harmonie. Le sol, recouvert d’un tapis de feuilles mortes, amortit les pas et adoucit la marche. Plus de chaos de pierres ni de racines traîtresses : le chemin invite à une progression paisible, presque méditative, épousant avec souplesse les courbes du relief. |
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Le chemin, large et régulier, s’enfonce doucement dans une forêt claire, presque ordonnée, où les troncs élancés des hêtres se dressent comme une colonnade naturelle. La lumière filtre en nappes légères à travers le feuillage, dessinant sur la terre brune de délicats jeux d’ombre et de lumière. Tout semble apaisé, comme si la forêt elle-même offrait un moment de repos au marcheur. |
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Mais plus haut, les pierres reprennent leurs droits et reconquièrent peu à peu le chemin. |
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Puis, à la manière d’un animal quittant son refuge, le chemin s’extrait progressivement du bois. En contrebas, le village de St Chély d’Aubrac se devine à peine, noyé dans le feuillage dense, tandis qu’au-dessus se dessinent encore les vastes plateaux dénudés de l’Aubrac.
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Le chemin s’extrait peu à peu des broussailles et débouche sur un petit plateau, où il rejoint une route paisible bordée de hauts frênes. Quelques signes discrets d’activité agricole apparaissent : des vaches, pour la plupart de race Aubrac, paissent tranquillement dans de modestes parcelles. |
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Le GR65 s’étire alors presque à plat, sur le goudron, en direction du hameau des Cambrassats. |
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Certains, il faut bien le reconnaître, se lassent parfois de cette profusion de vert, de cette douce anarchie végétale que seule la nature sait orchestrer. Le regard, en quête de nouveauté, se pose alors avec plaisir sur les Cambrassats : une poignée de maisons de pierre, aux toits d’ardoise pentus, parfois si inclinés qu’ils semblent vouloir toucher la terre. On pourrait croire à du basalte, mais il s’agit en réalité de grès aux teintes variées, signe que l’on a quitté ici le socle granitique. |
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Le GR65 quitte bientôt le hameau par un étroit sentier qui longe la dernière maison, comme s’il s’échappait discrètement de ce bref retour à l’habité. |
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C’est ici que passait autrefois une voie romaine, dont il ne subsiste que de vagues traces. Le chemin actuel, étroit et parfois caillouteux, ondule doucement sur une terre sombre, longeant par endroits des murets de pierre à l’ombre des feuillus. Une activité agricole subsiste, discrète, mais le pays demeure largement ouvert et silencieux, une terre où les hommes n’ont jamais été très nombreux. |
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Section 2 : Vers une petite halte à l’Estrade avant d’aborder une longue descente, souvent pentue
Aperçu général des difficultés du parcours : sans difficulté jusqu’à L’Estrade, puis les pentes vont s’accentuer progressivement.
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Le sentier poursuit sa course le long de la crête, frôlant les haies dans une campagne désormais ouverte. Jusqu’à l’Estrade, le paysage s’éclaircit et s’étire sur plusieurs kilomètres, presque à plat ou en très légère descente. Sous les hêtres, les frênes et les chênes, s’étendent des prairies où paît le bétail. Par endroits, le chemin étroit ondule comme des montagnes russes entre buissons et fougères ; ailleurs, il s’élargit, offrant une marche plus libre. |
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Plus bas, le regard se laisse happer par la faille profonde où serpente la Boralde de St Chély, dissimulée dans une végétation luxuriante. |
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Encore un peu plus loin, le GR65 rejoint une route goudronnée. |
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Commence alors une longue descente douce sur l’asphalte, hélas, diront certains pèlerins. Et pourtant, sur ce sol régulier, le pas se fait sûr, libéré de la vigilance constante. Le regard peut enfin s’évader, s’ouvrir à des horizons plus larges, se laisser imprégner par la beauté tranquille de ces paysages façonnés par le temps et les eaux. Qui dira la plénitude ressentie ici, que l’on traverse des forêts immémoriales ou que l’on chemine dans la simplicité apparente des campagnes ? |
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Et puis, pour le plus grand plaisir de beaucoup, le GR65 retrouve bientôt les sous-bois. Les chênes, les frênes, les charmes et les hêtres réapparaissent, et le chemin redevient ce qu’il sait être le mieux : une large piste de terre, souple et peu caillouteuse, propice à une marche apaisée. |
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Le chemin s’attarde désormais le long des haies, comme s’il prenait le temps de savourer cette campagne plus ouverte. Les châtaigniers se font de plus en plus nombreux, et lorsque les haies s’écartent, le regard s’évade vers des groupes de fermes éparpillées dans le paysage. |
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Ici, le chemin est large et aisé, serpentant au cœur d’une campagne vivante, souvent partagée avec le bétail. Quelques merisiers bordent le chemin, ajoutant une touche délicate à cette scène rurale. |
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Peu à peu, le parcours approche du hameau de l’Estrade, et qui dit hameau dit présence animale : Aubrac et Salers y mêlent leurs silhouettes robustes et leurs cornes élégantes. |
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Par contraste, surgit ici un geste presque anachronique, signe des temps nouveaux : une ferme moderne a troqué la pierre pour le béton. |
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Qu’on ne s’attende pourtant pas à découvrir un véritable bourg. L’Estrade n’est qu’un petit groupe de grandes maisons de grès, coiffées de superbes toits de lauzes. En Haute Rouergue, la géologie diffère de celle de l’Aubrac : ici, les terrains se complexifient, mêlant calcaires et schistes, avec encore quelques traces de granite ou de basalte. Cette diversité s’inscrit dans les murs mêmes des habitations comme dans les pierres du chemin. |
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On y trouve surtout une halte bienvenue : une petite buvette aménagée dans un ancien four à pain. Pour une modique pièce glissée dans une boîte, le pèlerin peut s’offrir une boisson chaude ou fraîche, ou quelques biscuits. Ces modestes refuges sont toujours accueillis comme des trésors sur le parcours. |
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À l’Estrade, vous êtes encore à 830 mètres d’altitude, mais à peine quatre kilomètres plus loin, vous serez descendus sous les 500 mètres. Autant dire qu’une véritable dégringolade vous attend. Le chemin s’engage alors dans une longue descente continue vers la vallée du Lot, suivant un promontoire étroit entre la Boralde de St Chély et le discret ruisseau du Cancels. Après la douceur des champs, la forêt réapparaît peu à peu à l’horizon. |
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Dans un premier temps, la pente reste modérée. La campagne persiste encore, accompagnée du bétail, le long des haies de feuillus. |
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Mais au détour du chemin, tout bascule. On sent venir la rupture, comme une annonce silencieuse : la pente s’affirme. En guise d’entrée en matière, le chemin se transforme en une large piste couverte de pierres schisteuses, friables et instables. Ici, la géologie impose sa marque. |
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La forêt se densifie progressivement, et le chemin oscille entre argile et schistes. Sur ces terrains capricieux, où les pierres exigent une attention constante, le regard se fixe sur le sol au point d’en oublier la richesse du sous-bois. Car tout autour, s’étendent des forêts généreuses, où prospèrent notamment les châtaigniers sauvages. |
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Section 3 : Une très longue descente vers la rivière
Aperçu général des difficultés du parcours : descente raide et pénible, entre 10% et 20% de pente, souvent sur les cailloux vers le ruisseau de Cancels.
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Il est des tronçons du chemin de Compostelle qui semblent vouloir éprouver la patience autant que les jambes. Celui-ci en fait indéniablement partie. Certains pèlerins s’y abandonnent avec ferveur, d’autres s’y heurtent avec lassitude. Le sentier s’enroule en larges spirales, multipliant les détours dans un décor pierreux, où une végétation rampante s’accroche au sol et où les sous-bois de feuillus referment peu à peu l’horizon. Et la pente, elle, n’a rien d’anecdotique. |
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Souvent, le chemin progresse dans une forêt compacte, presque impénétrable au regard. |
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Mais plus bas, le paysage ménage des respirations : alternances de bois profond et de clairières furtives, comme autant de pauses dans cette descente exigeante. |
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Au milieu des hêtres et des chênes, ce sont désormais les châtaigniers qui imposent leur présence, eux qui, de l’autre côté de la colline, se faisaient presque oublier. Certains, sans doute plusieurs fois centenaires, bordent le chemin avec la gravité de vieux gardiens. Ils se dressent comme des piliers naturels, ou mieux encore, comme les bornes d’un itinéraire qui semble ne jamais devoir finir. Par endroits, leurs branches noueuses s’entrelacent en une arche tourmentée, griffant le ciel au-dessus des têtes. À leurs pieds, noisetiers graciles et charmilles mêlent leurs rameaux en un enchevêtrement dense, broussaille vive et indisciplinée. |
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Plus bas, le chemin s’extrait un instant de cette emprise forestière pour retrouver la clarté des clairières. À mi-descente, la vallée du Lot se laisse entrevoir, lointaine encore, presque irréelle dans sa distance. Puis, sans prévenir, le chemin frôle à nouveau les prairies closes de barbelés, avant de replonger dans l’ombre. |
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Et bientôt, retour à la forêt, plus dense encore. De rares pommes de pin jonchent parfois le sol, discrètes traces de conifères épars dans cet univers dominé par les feuillus. |
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À mesure que l’on descend, l’humidité s’installe. Le chemin s’enfonce dans une pénombre moite où la terre, argileuse et sableuse, se gorge d’eau et de vie. Elle se teinte de vert, se creuse ou se gonfle selon les caprices de la pluie, comme une éponge vivante. Les fougères se couchent en nappes souples sur les talus, tandis que les troncs de noisetiers et de châtaigniers se couvrent d’une épaisse mousse cotonneuse, évoquant de petites algues immobiles. D’autres mousses, plus fines, pendent en filaments, telles des chevelures humides, presque organiques, rappelant les gorgones marines échouées en forêt. |
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On croit à chaque instant toucher au terme de cette descente. Mais le chemin se dérobe : chaque virage en appelle un autre, et la pente, toujours sévère, ne semble jamais vouloir céder. |
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Enfin, tout en bas, sous une voûte d’arbres si dense qu’elle évoque un tunnel d’ombre, un grondement se fait entendre. C’est le Cancels, ruisseau vif et sauvage que l’on rejoint. Ici, les eaux de l’Aubrac. les boraldes, nées des ruissellements du plateau, ont quitté leur quiétude d’altitude pour s’élancer dans de profondes entailles, dévalant les pentes abruptes vers la vallée du Lot. |
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Au fond du vallon, le chemin franchit le ruisseau par un vieux pont, dont l’origine remonterait au temps de François Ier, restauré depuis pour ses chasses en Aubrac. À cette époque, les séjours royaux mêlaient sans doute quelques visites pieuses à une passion bien plus affirmée pour la traque du gibier, et notamment des sangliers, qui faisaient la véritable renommée de ces terres.
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Dans le bois de Cave Combe, la végétation se fait si exubérante qu’elle semble parfois vouloir engloutir le chemin lui-même. Lorsque celui-ci quitte l’asphalte pour s’aventurer sous le couvert forestier, il devient presque hésitant, difficile à suivre, comme absorbé par cette profusion de vie. À vrai dire, en ces lieux, on éprouve parfois un désir pressant d’en sortir. La nature y est foisonnante, presque envahissante. Les vipères, dit-on, y trouvent aussi leur compte : mieux vaut garder l’œil vigilant. Depuis le pont, le GR65 s’accorde un bref répit sur la route, mais ce n’est qu’une transition fugace avant de replonger dans cette luxuriance sauvage. |
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À un moment donné, une alternative se présente : suivre la route pour rejoindre St Côme-d’Olt. Mais le GR65, fidèle à son esprit vagabond, préfère souvent les détours, les échappées imprévues. Il s’élève alors résolument vers La Rozière, où, niché dans les schistes, un point d’eau attend le marcheur. Le choix ne se fait véritablement qu’un peu plus loin, après le franchissement de la Boralde de St Chély. Mais, quelle que soit l’option retenue, il faudra d’abord affronter un passage où un sentier se dissout presque dans les hautes herbes, englouti par une chlorophylle dense au fond du vallon. |
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Peu après, le GR65 retrouve la route pour franchir la Boralde de St Chély, comme une respiration avant la suite. |
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Le long de cette portion, l’humidité est omniprésente, et le vallon, profondément encaissé, impose aux arbres une étrange posture : ils semblent se dresser sur leurs racines, comme pour aller chercher plus haut la lumière et le soleil. Les frênes y règnent en géants, dépassant largement chênes, hêtres, charmes, érables et châtaigniers. Et pourtant, les frênes paraissent épargnés par un fléau venu de l’Est, le Chalara fraxinea, ce champignon redoutable qui s’infiltre par les feuilles et le collet pour condamner les frênes. Ici, par chance, il n’a pas encore laissé son empreinte. |
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Depuis la rivière, le GR65 poursuit son ascension le long de la route, toujours enveloppé dans cette végétation luxuriante, jusqu’au moment où un sentier s’en détache pour grimper dans la forêt. C’est là que se présente donc l’alternative : poursuivre vers St Côme-d’Olt par la route, ou accepter l’effort et s’engager vers La Rozière. |
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Section 4 : Un parcours casse-pattes jusqu’à St Côme d’Olt
Aperçu général des difficultés du parcours : montagnes russes souvent très prononcées, à moins que l’on se décide à suivre la route.
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Pour ceux que tente la facilité, la route ne tarde pas à s’extraire de la forêt, après quelques virages glissés sous le couvert des arbres. Elle traverse les hameaux de Martillergues et de la Ragaldie, où de belles maisons de pierre rappellent la permanence des lieux, avant de rejoindre sans heurt l’entrée de Saint-Côme-d’Olt. Le parcours y est presque plat, sans surprise ni effort notable. Mais, bien sûr, vous êtes de ceux qui marchent autrement, un pèlerin véritable, pour qui la pente n’est jamais un obstacle, mais une invitation. Et ce n’est pas la montée vers La Rozière qui saura vous détourner. Elle s’annonce d’emblée, assez raide, dans un chemin creux qui s’enfonce sous les grands arbres, bordé de buissons et de noisetiers. |
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Longtemps, le chemin semble hésiter entre l’ombre des sous-bois et la lumière des clairières. Tantôt souple et régulier, lissé par la terre ocre battue, tantôt rude et inégal, semé de pierres massives, il impose son rythme au marcheur. De loin en loin, quelques épicéas et pins surgissent, discrets, au milieu de la domination des feuillus. |
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Dans cette nature dense, presque indomptée, les fougères s’élèvent en touffes épaisses, si hautes qu’on les prendrait volontiers pour de jeunes arbustes. Et toujours, inlassablement, les châtaigniers, les hêtres, les charmes, les chênes et les frênes accompagnent la progression, comme autant de guides silencieux. |
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À mesure que le chemin pierreux s’élève, le regard parvient parfois à s’échapper entre les branches, découvrant par fragments des lambeaux de prairies, et surtout cette profusion de châtaigniers qui habille la colline d’un manteau dense et presque continu. |
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Enfin, la montée s’apaise. Le chemin atteint La Rozière, hameau discret que l’on devine plus qu’on ne le voit, tant il semble se fondre dans la végétation qui l’enveloppe. |
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La Rozière est un hameau singulier, presque hors du temps, composé de vieilles demeures aux larges pierres de calcaire et de schiste, comme courbées sous le poids des années. Tout semble y murmurer l’abandon. Il est probable que plus personne n’y vive réellement. Un paysan, rencontré un peu plus bas, nous a confié qu’ils n’étaient plus que deux à subsister ici, tirant quelques ressources d’un élevage modeste et des maigres subsides européens. Le lieu, pourtant, n’est pas désert pour tous : nombre de pèlerins s’y arrêtent volontiers, le long de ce mur d’où jaillit un robinet d’eau fraîche, offrande simple mais précieuse. |
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Le facteur, sans doute, ne s’aventure pas jusqu’ici chaque jour. À cet endroit, vous n’êtes pourtant qu’à trois kilomètres et demi de St Côme-d’Olt, et déjà le monde semble s’être éloigné. |
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Le chemin traverse le hameau à la hâte, comme poussé par le vent, sans vraiment s’y attarder. |
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Bientôt, un sentier pierreux s’engage dans un sous-bois dense et profondément ombragé, pour descendre vers un petit affluent de la Boralde de St Chély. Ici, les chênes reprennent leur domination, imposant leur présence plus massive. |
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Après le discret franchissement du ruisseau, le sentier remonte de l’autre côté sur de gros cailloux, toujours enveloppé dans cette végétation luxuriante faite de feuillus et de hautes herbes. |
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La montée reste brève, et bientôt apparaissent quelques maisons isolées, plus récentes, qui ont délaissé les pierres de taille pour des matériaux plus modernes, comme un signe discret d’un temps qui change. |
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Puis le chemin s’apaise. Il se déploie presque à plat, dans une poussière légère, sur un petit plateau où il serpente à travers les prés. Au-dessus, les antennes et les lignes à haute tension tracent leurs silhouettes tendues dans le ciel. |
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Peu après, le chemin amorce sa descente vers la plaine, glissant le long des haies qui découpent la campagne. Ici, le paysage semble entièrement voué aux prés ; aucune culture ne vient rompre cette impression d’herbe souveraine. |
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À mesure que l’on approche de Cinqpeyres, le regard se porte plus loin : en contrebas apparaît St Côme-d’Olt, reconnaissable à la silhouette élancée de son clocher. Autour, les noyers et les arbres fruitiers annoncent une terre plus domestiquée, plus habitée. |
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La traversée de Cinqpeyres se fait sur le goudron, entre de belles maisons de pierre taillée, qui donnent au village une allure résolument paysanne, simple et solide. |
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Le GR65 poursuit sa route à travers le village, se rapprochant de la départementale reliant Laguiole à Espalion. Sous l’ombre des frênes et des noyers, près d’une croix discrètement posée là comme un repère ancien, le parcours marque un instant de pause. |
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Mais il ne s’attarde guère sur la route : très vite, il s’en échappe pour s’engager dans un sentier étroit, encaissé entre murets et hautes herbes, retrouvant cette nature un peu sauvage, presque indisciplinée, qui semble lui être plus familière. |
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Cette incursion reste brève, et le chemin retrouve bientôt le goudron, en frôlant le hameau de la Rigaldie. |
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Ici, la présence humaine se fait de nouveau plus sensible : l’habitat se densifie peu à peu, signe que l’on approche de la périphérie de St Côme-d’Olt. |
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En arrivant au bourg, c’est la chapelle des Pénitents qui s’offre d’abord au regard, comme un seuil chargé d’histoire. Autrefois appelée Saint-Pierre de la Bouïsse, elle constitue le monument le plus ancien de la ville, dont l’origine remonte au XIe siècle. Elle se trouvait jadis à proximité d’un hospice dédié à saint Côme et saint Damien, deux frères jumeaux, médecins, infirmiers et martyrs de la fin du IIIe siècle. Cet hospice accueillait et soignait les pèlerins venus d’Aubrac, et transmit son nom au village lui-même, saint Côme étant devenu le patron des médecins. L’église demeura paroissiale jusqu’au XVIIIe siècle, malgré la présence d’un autre édifice concurrent. Elle fut ensuite confiée à la confrérie des Pénitents blancs, ce qui explique qu’on la désigne aujourd’hui sous le nom de « chapelle des Pénitents ». |
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St Côme-d’Olt, qui compte environ 1 300 habitants, se déploie en un bourg presque circulaire, conservant une empreinte profondément médiévale. Les anciens remparts ont été intégrés aux habitations et forment désormais les façades extérieures des maisons tournées vers la rivière. Le cœur de la ville dessine une sorte de vaste fer à cheval, ponctué de petites places qui s’organisent autour de l’église et du centre historique. Quelques portes anciennes permettent encore d’accéder à la cité, rappelant son passé défensif. Classé parmi les plus beaux villages de France, le lieu dégage un charme évident. |
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Ses venelles étroites, ses ruelles parfois sinueuses, ses placettes intimes et ses maisons fleuries composent un décor vivant et harmonieux. On y découvre aussi de belles demeures, dont certaines remontent au XVIe siècle, témoins silencieux d’une prospérité ancienne. |
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Au XIIe siècle, les seigneurs de Calmont d’Olt dominaient toute la région depuis leur château principal, perché au-dessus d’Espalion. Ils possédaient ici un manoir, maintes fois remanié au fil des siècles. Ce bâtiment abrite aujourd’hui l’hôtel de ville, situé à proximité de l’église, prolongeant ainsi, d’une certaine manière, la continuité du pouvoir et de la vie locale. |
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Au XIVe siècle, le château des seigneurs de Calmont d’Olt possédait également une chapelle en ces lieux. Devenue trop exiguë au fil du temps, elle fut agrandie pour donner naissance à l’église actuelle dédiée à saint Côme et saint Damien. Dans cette petite cité médiévale au charme intact, le regard est aussitôt capté par le clocher tors de l’église gothique, édifiée dans le style flamboyant du XVIᵉ siècle. Il surgit au-dessus des toits de lauzes, ces pierres plates de schiste, d’ardoise, de gneiss ou de basalte, qui couvrent la ville d’une teinte minérale et austère. Les portes de l’église, massives, sculptées dans le chêne et hérissées de clous de fer forgé, semblent garder jalousement leurs secrets. L’édifice étant fermé, son intérieur demeure inconnu, mais sa présence s’impose partout : où que l’on se trouve dans le village, le clocher accompagne le regard, comme un repère constant. |
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Et puis, tout près de l’église, se dresse cet incroyable et presque mythique gîte del Roumiou. Ses fenêtres étroites, semblables à des meurtrières, donnent à la bâtisse une allure mystérieuse, comme si elle enfermait en ses murs d’antiques récits. C’est l’une des perles rares du chemin de Compostelle en France. L’hébergement et les possibilités de restauration restent toutefois modestes dans le bourg, rappelant que l’essentiel, ici, n’est peut-être pas le confort, mais l’expérience du lieu. |
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Logements sur la Via Podiensis
- Gîte de Lestrade***, L’Estrade ; 06 75 59 00 91 ; Gîte, repas, petit déj.
- Camping Belle Rive**, St Côme d’Olt ; 06 98 22 91 59 ; tentes, cabanes, cuisine
- Accueil chrétien La Casa de Anne, 8 Rue Malhat, St Côme d’Olt ; 06 37 20 96 76 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
- Gîte La Halte d’Olt, Lucie Guiral, 15 Route de Boraldette, St Côme d’Olt; 06 76 26 69 89/06 79 08 38 72 ; Gîte, repas, petit déj.
- Gîte Antidote, Laurent (pèlerin), 22 Chemin des Plantiers, St Côme d’Olt; 06 41 90 62 89 ; Gîte, repas, petit déj.
- Couvent de Malet, Espace Angèle Merici**, St Côme d’Olt; 05 65 51 03 20 ; Gîte, repas, petit déj.
- Gîte del Roumiou, Sophie e Gaétan (pèlerins),12 Rue Crémade, St Côme d’Olt; 06 35 59 16 05 ; Gîte, repas, petit déj.
- Les Jardins d’Éliane, 3 Avenue d’Aubrac, St Côme d’Olt; 05 65 48 28 06/06 82 64 04 49 ; d’hôte, repas, petit déj.
- La Bisquine de Jean, 8 Place de la Porte du Théron, St Côme d’Olt; 06 81 07 43 31 ; d’hôte, repas, petit déj.
- Au Pont d’Olt, Cintia et Alex, 25 Av. de St Geniez, St Côme d’Olt; 06 52 46 24 20 ; d’hôte, repas, petit déj.
Si l’on fait l’inventaire des logements, il n’y a que 10 lits à L’Estrade. A St Côme d’Olt, il n’y a que 100 lits. Le nombre de pèlerins sur la Via Podiensis se situe généralement entre 100 et 200 personnes. La situation est donc délicate. Réservez donc, sinon il faut aller plus loin, à Espalion, ce que font de nombreux pèlerins.
D’année en année, le Chemin de Compostelle se transforme, se réinvente au gré des saisons et des pas des pèlerins. Certains hébergements ferment leurs portes tandis que d’autres, modestes ou inattendus, voient le jour. Il serait dès lors illusoire de prétendre en établir une liste immuable et exhaustive. Celle-ci ne recense que les logements situés directement sur l’itinéraire ou à moins d’un kilomètre de celui-ci. Cette sélection a été actualisée en 2026 ; elle ne devrait donc pas connaître de bouleversements majeurs dans les prochaines années. Pour qui souhaite aller plus loin, un seul ouvrage fait figure de référence incontournable : Miam Miam Dodo, aisément accessible en ligne. Ce guide, dont le mérite essentiel réside dans sa mise à jour annuelle, ne se limite pas aux hébergements du tracé strict, mais mentionne également des adresses en dehors du parcours, comme ressource précieuse lorsque l’affluence rend les étapes plus incertaines. On y trouve en outre une mine d’informations pratiques : bars accueillants, restaurants de passage et boulangeries providentielles, autant de haltes qui ponctuent le voyage. À cette cartographie traditionnelle s’ajoute désormais une présence devenue incontournable : Airbnb. Cette plateforme s’est imposée comme une référence majeure dans le paysage touristique, y compris dans les régions les plus discrètes ou les moins favorisées. Toutefois, comme chacun le sait, les adresses exactes n’y sont pas directement visibles, ce qui suppose une certaine anticipation. Car sur le Chemin, trouver un lit à la dernière minute relève parfois du hasard heureux. Mais le hasard, par nature, ne saurait constituer une stratégie. Il est donc vivement recommandé de réserver en amont. Enfin, lors de vos démarches, prenez soin de vous renseigner sur les possibilités de repas ou de petit-déjeuner : ces détails, en apparence anodins, peuvent grandement adoucir une étape.
Si l’on dresse l’inventaire des capacités d’accueil, on dénombre environ 125 lits sur l’étape. La fréquentation de la Via Podiensis oscille généralement entre 100 et 200 marcheurs : dans ces conditions, cette étape pose de sérieuses difficultés, sans précaution préalable, si forte affluence. En cas d’échec, il faut continuer sur Espalion, ce que font aussi de nombreux pèlerins qui vont d’une traite de St Chély d’Aubrac à Espalion.
Ces itinéraires, qui serpentent à travers des territoires souvent peu densément peuplés, offrent peu de commerces. Les restaurants y sont rares, tout comme les épiceries, et celles-ci prennent souvent la forme de modestes dépôts de pain, proposant quelques légumes et produits laitiers. Dans cette étape, il n’y a qu’une halte bienveillante à L’Estrade. Il y deux points d’eau, un à l’Estrade, l’autre à La Rozière. À l’arrivée, St Côme d’Olt offre tout le confort d’une petite ville disposant de l’ensemble des commerces nécessaires. Enfin, de nombreuses entreprises proposent des services de transport de bagages ou de rapatriement vers le point de départ. Parmi elles, une s’impose comme une référence incontournable : La Malle Postale.
N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
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Etape suivante : Etape 10: De St Côme d’Olt à Estaing |
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