15: Figeac à Cajarc

Entre Lot et Célé, sur les chemins célébrés par l’UNESCO

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DALLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-Cajarceac-a-cajarc-par-le-gr65-30115420

Tous les pèlerins ne sont pas forcément à l’aise avec la lecture des GPS ou la navigation sur un portable, d’autant plus qu’il existe encore de nombreuses zones sans connexion Internet. C’est pourquoi, pour faciliter votre voyage, un livre dédié à la Via Podiensis du Puy-en-Velay à Cahors est disponible sur Amazon. Bien plus qu’un simple guide pratique, cet ouvrage vous accompagne pas à pas, kilomètre après kilomètre, en vous offrant toutes les clés pour une planification sereine et sans mauvaises surprises. Mais au-delà des conseils utiles, il vous plonge dans l’atmosphère enchanteresse du Chemin, capturant la beauté des paysages, la majesté des arbres et l’essence même de cette aventure spirituelle. Seules les images manquent : tout le reste est là pour vous transporter.

En complément, nous avons également publié un second livre qui, avec un peu moins de détails mais toutes les informations essentielles, décrit le parcours global du Puy-en-Velay à St Jean-Pied-de-Port. À vous de choisir votre parcours.

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Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Nous sommes dans des causses, une terre aride sur les plateaux, et plus verte dans les canyons. Les causses les plus importants dans la région sont le causse de Gramat, près de Rocamadour, et le causse de Limogne, sur lequel se déroule une bonne partie de l’étape. Ces deux causses appartiennent au Parc régional des Causses du Quercy. Qu’est-ce qu’un causse ? Ce mot vient de l’occitan Cauce, qui veut dire chaux, donc calcaire. Contrairement à ce que l’on croit généralement, son origine est plus culturelle que géologique. Elle a donc un sens paysan, représentant les plateaux érodés et les versants supérieurs des vallons creusés par les rivières du Massif Central, où on s’adonne surtout à l’élevage, avec un peu de cultures céréalières, dont le triticale, l’orge et un peu de blé. Les géologues attribuent à cette région le dénominatif de relief karstique. Un karst, c’est en fait un massif calcaire le plus souvent, fracturé, fissuré, dans lequel l’eau circule en dessous. Disons quelques mots sur le karst. Ce mot, qui peut apparaître barbare, provient d’une région de Slovénie connue pour la diversité de ces formations géologiques calcaires. En France, on appelle karst un causse. Dans les reliefs karstiques, l’eau, plutôt de couler en surface comme dans de nombreuses régions, s’infiltre dans le sous-sol. L’eau va ronger progressivement les roches. Il en résulte un réseau complexe de cavités, de grottes et de rivières souterraines. Le gouffre de Padirac, près de Rocamadour, en est l’exemple le plus célèbre. Le parcours de Figeac à Cajarc ne nous permettra pas, hélas, de contempler ces merveilleuses grottes offertes par la nature. Il faudra se contenter de cheminer sur des hauts plateaux arides, avec parfois de très légers canyons.

Lorsque, peu après Figeac, le pèlerin arrive à Béduer, il a devant lui un choix difficile, soit continuer sur le GR65, le chemin du pèlerinage, soit emprunter le GR651, la variante de la vallée du Célé. Aujourd’hui, nous suivrons le GR65. Jusqu’à Béduer, le GR65 et le GR651 se confondent. La variante par la vallée du Célé sera traitée dans un autre chapitre. Le parcours est entre le Célé et le Lot, sur le causse de Limogne, dit aussi Causse du Quercy. Nous entrons jusqu’à Cahors dans une immense forêt de chênes. Ici ce ne sont pas les élégants chênes lièges. Ce sont des chênes communs, le plus souvent rabougris et maigres, que l’on baptise aussi chênes pubescents. Mais leur ombre est généreuse pour le pèlerin qui chemine. Parfois, l’agriculture et l’élevage s’expriment sur le haut du causse, lorsque la forêt se fait moins pressante.

Le grand humoriste Coluche a immortalisé Cajarc, où il venait souvent passer ses vacances. Les Moulinot sont encore légion ici. Le village se rappelle aussi du célèbre Papi Mougeot du sketch, qui ne posait des questions que pour faire avancer les gains du Schmilblick.

Jadis, le GR65 montait au-dessus de Figeac pour passer à L’Aiguille du Cingle, où se trouve un bel obélisque, près d’une zone industrielle. Puis, une petite route transitait dans la campagne pour gagner La Cassagnole. Depuis, l’itinéraire a été modifié, pour éviter le passage par la zone industrielle. Le GR65 emprunte un autre parcours pour arriver à la Cassagnole.

Difficulté du parcours :  Les dénivelés aujourd’hui (+595 mètres/-618 mètres) sont prononcés, mais l’étape est longue. On monte autant qu’on descend. Pourtant, si ce n’est à la sortie de Figeac où la pente est très soutenue et la descente sur Cajarc, l’étape du jour ne pose guère de gosses difficultés. Sur le causse, l’altitude varie de 300 mètres à 400 mètres.

 

État du GR65 : Aujourd’hui, vous voyagerez plus souvent sur le goudron que sur la terre battue. Heureusement, la plus belle partie, sur le causse, est avant tout sur de magnifiques chemins en sous-bois :

  • Goudron : 17.9 km
  • Chemins : 13.1 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les vrais dénivelés, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Section 1 : Il faut remonter sur le haut plateau

 

Aperçu général des difficultés du parcours : la montée est souvent pénible, parfois à nettement plus de 15%. Une fois arrivé sur le plateau, il n’y a plus de difficulté.

Le Célé, calme et bleu, déroule son ruban tranquille au cœur de la vallée. Il glisse entre les rives comme un rêve apaisé. Le GR65, fidèle compagnon du fleuve, en épouse le cours un instant avant de s’en détacher, frôlant le pont où l’eau semble retenir son souffle.

Bientôt, le parcours traverse le fleuve. Sur l’autre rive, il s’étire à pas discrets le long d’un parking désert encore engourdi, rappel timide de la modernité dans ce décor presque suspendu.

Une petite route s’enfonce sous la voie ferrée, disparaissant un instant dans l’ombre du pont avant de retrouver la lumière. À plat, elle file le long des rails d’acier, guidée par leur éclat terne, telle une ligne droite vers un horizon incertain.

Longtemps la route longe la voie, obstinée, patiente, comme si elle hésitait à s’en éloigner.

Puis, dans un souffle, elle bifurque à gauche, sur la Route de Malaret, quittant la compagnie du fer pour celle de la pierre et des herbes folles. 

Mais les vacances sont finies, et la route, soudain, se cabre. Voici la bosse redoutée, une montée sans détour qui met le marcheur à l’épreuve. Il faut affronter cette pente impitoyable, gravir pas à pas la Combe de Malaret, là où la terre se redresse pour éprouver la volonté de ceux qui la foulent. Dans la combe, le jour s’éveille lentement. La brume s’effiloche sur les prés, les bêtes s’ébrouent, et les cloches des vaches tintent comme des notes éparses dans l’air neuf du matin. Tout respire la promesse d’un jour neuf.

Mais rapidement le parcours laisse la route de Malaret à son destin et file sur la droite sur le Chemin du Bois de Pailhasse.

Le GR65 entame sa rude ascension sur une route érodée, à demi dévorée par le temps. Des chênes nombreux dressent leurs silhouettes puissantes, gardiens de ces causses pierreux. Parmi eux, quelques érables et charmes élancés viennent rompre la monotonie du feuillage, élevant leurs cimes au-dessus de la charmille buissonnière.

Plus haut, le GR65 abandonne l’asphalte pour s’enfoncer dans un sous-bois. Le chemin, d’abord presque plat, trompe le marcheur d’un répit illusoire. Car bientôt, la pente s’impose de nouveau, implacable, à 20%, rappelant que toute récompense se mérite. 

Sous les arbres, le chemin devient caillouteux, fidèle à la rudesse du causse. Les murets de pierre bordent la voie, coiffés de mousse et de lichen, témoins silencieux des siècles passés. Ils encadrent le chemin comme des gardiens verts et humides d’un royaume minéral.

Encore un effort, et le bois s’ouvre soudain.

Le marcheur émerge à la lumière, retrouvant une petite route qui surplombe la grande départementale D802. La vue s’élargit, l’air circule de nouveau. 

La route grimpe encore, mais la pente s’adoucit. Le pas se fait plus léger. La route serpente paisiblement vers Balajou.

Balajou n’est pas un hameau véritable, seulement quelques fermes disséminées, perdues dans l’étendue des champs.

Çà et là, un chêne ou un frêne solitaire se dresse, tel un veilleur immobile du paysage. Le silence ici n’est pas vide : il respire la vie lente de la campagne.

Plus haut, le GR65 rejoint alors la petite route qui s’échappe de Malaret pour gagner Faycelles.

Sous les chênes, le long des haies épaisses, l’ancien tracé du GR retrouve la nouvelle variante. Les deux parcours se saluent, se mêlent avant de poursuivre ensemble.

Après la montée, le corps réclame un répit. Le marcheur reprend souffle tandis que la route ondule doucement à travers les prairies, ponctuées de quelques bosquets, comme si elle berçait la fatigue.  Ce sont avant tout des prés, et les cultures sont rares.

Ce n’est pas une route très circulante, qui monte en douceur en douce longtemps vers le sommet de la colline. C’est un moment suspendu, un balancement tranquille avant la descente.

Puis la pente se fait plus vive en descente. La route plonge vers le carrefour de La Cassagnole, où murmure la vie, On sent déjà l’ombre des villages prochains, la promesse d’un repos.

Section 2 : Vers le petit bijou de village de Faycelles

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté, sur le goudron.

À la bifurcation de La Cassagnole, la route s’élance en hauteur vers une contrée tranquille et profondément paysanne. Ici, tout respire la douceur des terres élevées.

C’est une sorte de haut plateau où s’étendent des prairies d’un vert tendre, qu’interrompent parfois la silhouette solitaire d’un frêne ou, plus souvent, la masse bienveillante d’un grand chêne offrant son ombre. La marche est rythmée, sur cette langue de bitume qui s’allonge sans fin. Parfois, à l’horizon, on distingue de minuscules silhouettes de pèlerins, perles mouvantes sur le fil du chemin, avançant en silence ou en petits groupes. La route s’élève en pente douce, serpente vers le sommet d’une colline, flânant entre les prairies, indifférente au temps. De rares véhicules passent, pressés de rejoindre Figeac, car cette route est l’axe vital entre Faycelles et la ville.

Vous ne marchez pas encore sur le causse véritable. Vous en foulez les marges, les contreforts, un pays de collines ondulantes, couvertes de prairies larges et de bosquets épars. Ici, quelques champs cultivés s’accrochent à la terre, là, une maison isolée veille sur l’horizon. C’est un paysage d’équilibre, à la fois apprivoisé et sauvage, où chaque arbre semble avoir choisi sa place.

La route se traîne doucement à travers la campagne. Au détour d’un champ, une vieille “caselle“ de pierre s’abrite dans le pli d’un bois. Elle penche un peu, lasse, mais résiste encore, témoin obstiné du temps des bergers,

Puis, la pente se réduit et la route redescend un peu. Un peu plus loin, une maison de pierre en ruine se dresse, ses poutres calcinées tordues comme des doigts noirs. Le vent y siffle entre les pierres crevassées, rappel d’une vie passée, d’un feu trop ancien pour qu’on s’en souvienne. “Privé“, annonce une pancarte branlante. L’inscription semble ironique, presque dérisoire. Que protéger ici, sinon des gravats, des souvenirs, un peu de poussière ? On imagine à peine qu’on puisse encore y pique-niquer, ou voler quelques pierres, juste pour emporter un fragment de mémoire.

C’est le début de l’été. Dans les champs, le blé tendre verdit encore, mêlé au triticale et à l’avoine. Mais le blé d’hiver, lui, a déjà livré sa moisson, et les prairies, fauchées, reposent sous le soleil. L’air est embaumé de chaleur et d’herbe sèche ; le sol craque sous les pas.

La pente se creuse à nouveau ; la route s’enfonce sous la voûte fraîche des chênes. Au lieu-dit La Montagnette, un grand parc s’étend, paisible, refuge de verdure et de silence. L’ombre y a le goût d’une halte.

Puis, la route, capricieuse, se remet à flâner. Elle s’invite au milieu des prés, joue avec le vallon.

Elle finit par atteindre les premières maisons de Ferrières.

Ferrières n’est pas un village compact, mais un collier de demeures éparpillées sous les chênes, les frênes et les noyers. Par endroits, des pins s’élancent, effleurant le ciel, mêlant leur parfum résineux à celui de la terre. Chaque maison semble cachée, comme pour préserver un secret.

Les “caselles“, ces humbles abris de pierre sèche qui accueillaient jadis les bergers, ponctuent encore le paysage. Ici, certaines ont été restaurées : petites et rondes, elles ressemblent désormais à des pigeonniers. Ces constructions de pierre blanche ajoutent une note d’élégance champêtre, comme un clin d’œil à l’histoire.

La route quitte doucement Ferrières pour s’élever vers La Croix Blanche, hameau voisin, presque jumeau de Faycelles.

Sous les arbres, une belle maison de pierre se devine à demi. À ses côtés, une “caselle“ rutilante, restaurée avec soin, attend le voyageur : ici, on peut dormir, se reposer, peut-être même rêver un peu.

Faycelles n’est plus qu’à deux pas. Le GR65 traverse la route principale qui contourne le village, puis s’engage entre les murets de pierre. La marche se fait douce à l’approche du bourg.

Un escalier de pierre permet l’accès au centre du village. 

Faycelles, six cents âmes à peine, mais tant de charme. Le village, perché sur sa colline, domine la vallée comme un nid de pierre suspendu. Ses ruelles étroites s’enroulent autour de maisons fleuries aux façades blondes, et l’on y sent flotter l’âme du Moyen Âge. Ici, on peut loger, se restaurer, refaire ses provisions avant de poursuivre la route. Au cœur du bourg s’étend une grande place animée.

L’église, récente mais née des pierres de l’ancienne, veille sur le lieu. Son clocher sobre et clair semble écouter le vent.

Un peu plus loin, la tour ronde de guet, la tour Gaillarde, surplombe la vallée. C’est le dernier vestige d’un château détruit sur ordre de Richelieu au XVIIᵉ siècle. Seule, fière encore, elle garde la mémoire des murailles effacées. D’ici, la vue sur la vallée du Lot est un émerveillement. L’œil embrasse un océan d’arbres, des forêts denses qui s’étendent jusqu’à l’horizon. Tout en bas, le Lot déroule son fil argenté, s’enfonçant dans une vallée encaissée. Au loin, les plateaux se succèdent, se fondent les uns dans les autres, comme des vagues immobiles sous le ciel.

Jadis, le parcours quittait le village pour se diriger par la route départementale vers Béduer. Rien de tout cela aujourd’hui, il emprunte un autre axe. Les chemins de Compostelle ne sont jamais éternels comme le pensent de nombreux pèlerins.

Maintenant, le parcours s’échappe du cœur de Faycelles. Il dévale la Rue du Tonnelier, étroite et pavée, bordée de vieilles maisons qui semblent encore chuchoter des histoires de pèlerins. Bientôt, les toits s’effacent derrière soi, et le village n’est plus qu’un souvenir suspendu au-dessus de la vallée.

Un petit chemin s’amorce, discret, presque timide. Il descend en se glissant entre les herbes folles et les murets de pierre patinés par les saisons. Sous la frondaison dense des feuillus, l’air devient plus frais, plus humide, presque odorant de terre et de sève. On avance dans une pénombre verte où chaque pas semble feutré.

Bientôt, la pierre s’ouvre. Sur la droite, une vaste caverne s’enfonce dans le calcaire nu, comme une bouche géante dans la falaise. On imagine qu’elle pourrait, à la nuit tombée, abriter un pèlerin égaré, un marcheur sans gîte ou simplement un jeune en quête d’aventure. Ils sont nombreux, ces voyageurs de fortune, à chercher un abri sous les étoiles plutôt qu’un lit d’auberge.

La descente se poursuit, sinueuse. Le chemin dodeline, hésitant entre les roches et les herbes, tantôt glissant sur de gros cailloux, tantôt s’adoucissant sur un tapis de terre plus tendre. Les rochers, tapissés de mousse épaisse, étincellent de vert dans la pénombre. Autour, les troncs serrés filtrent la lumière, laissent passer des éclats d’or comme des miettes de soleil perdues. C’est un monde de fraîcheur et de silence. 

Un peu plus loin, on devine un lieu-dit : La Source. Peut-être tarie, peut-être encore vivante, qui sait ? Mais qu’importe. Le lieu, sauvage et paisible, possède la beauté simple de ce qui échappe aux hommes. On s’y arrêterait volontiers, ne serait-ce que pour écouter couler le temps.

Section 3 : Ondulations dans la campagne

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

Le chemin quitte peu à peu la forêt, s’échappe de l’ombre pour remonter vers les premières maisons de La Graville Basse, petit hameau tranquille dispersé dans la campagne. Les pierres blondes de ses murs accrochent la lumière, les toits moussus fument encore de la rosée. Ici, le temps semble respirer lentement.

Le chemin poursuit sa course, bordé de haies broussailleuses qui bruissent au passage du vent. Par endroits, un champ maigre de blé ou d’avoine s’accroche à la terre, tache dorée dans le vert des prairies.

Plus loin, le chemin rejoint la route, Commence alors une longue section de bitume, une de ces “manivelles” qu’on redoute parfois sur le GR. La pause de pique-nique fait face sous les frênes à une croix de fer.

Mais ici, la beauté du paysage efface la fatigue. La route qui tournicote sous les arbres, le long des murets moussus, semble couler dans un océan de verdure, et chaque pas devient contemplation.

Plus loin, une belle demeure de pierre repose sous de majestueux frênes. On dirait qu’elle trône là depuis toujours, noble et tranquille, gardienne des chemins.

Le pays s’étend, vaste et lumineux, composé de prairies à perte de vue. Par moments, une maison solitaire se dresse au bord de la route, posée comme un point d’équilibre dans cette immensité. Leur présence ponctue le silence, rompt la monotonie, offre une respiration au pèlerin distrait par la répétition du pas.

Et la route file, obstinée, dans ce paysage régulier, seulement animé de quelques îlots d’arbres : des chênes, parfois un bouquet d’érables ou un frêne isolé. Les ombres courent sur les herbes, dessinant des îles mouvantes sous le ciel.

Voici un troupeau d’Aubrac. Les vaches, au pelage clair et aux yeux cernés de noir, semblent sorties d’un rêve pastoral. Leur regard doux et profond accroche la lumière. Plus loin, le taureau, massif et sombre, nous observe d’un œil attentif, presque jaloux. On se prend à sourire : ne vient-on pas troubler son royaume en admirant trop longuement ses reines paisibles ? 

La route atteint bientôt le lieu-dit La Vaysse. Là, un petit lac sommeille dans un creux du terrain, minuscule miroir d’eau qui reflète les nuages et les branches penchées.

Ici, vous ne savez pas toujours si les maisons de pierre qui dégoulinent de charme sont habitées ou non.

Peu après, le nouveau tracé du GR65 rejoint l’ancien. Le parcours se stabilise, fidèle à lui-même, comme s’il retrouvait une mémoire ancienne, une voie sûre vers le sud.

Alors, un sentier étroit s’échappe à nouveau, se perdant entre les fourrés et les broussailles. On s’y glisse prudemment, car la terre y devient meuble ; par temps de pluie, ce passage se transforme vite en bourbier. Le pèlerin y laisse parfois plus d’efforts que prévu, mais aussi un peu de lui-même.

À la sortie de ce passage, un court tronçon d’asphalte s’étire jusqu’au Mas de la Croix. L’endroit respire la transition, comme un carrefour entre deux mondes.

C’est là où le GR65 et le GR651 (qui passe par la vallée du Célé) se séparent. Depuis ici, aujourd’hui, nous suivrons le GR65 vers Cajarc. La variante par la vallée du Célé est traitée dans un autre chapitre.

Section 4 : Le GR65 se rapproche progressivement du causse

Aperçu général des difficultés du parcours : quelques bosses sans grande importance.

Une petite route s’élève depuis le Mas de la Croix en direction du causse. Au fil de la montée apparaissent çà et là de belles demeures de pierre, solidement ancrées dans le paysage depuis des générations.

Plus haut, la route se rétrécit progressivement avant de s’enfoncer dans une nature plus profonde, où la présence humaine devient plus discrète.

Près d’une croix de fer, le GR65 abandonne la route pour emprunter un sentier étroit et caillouteux en direction du lieu-dit Pech Rougié. Cette fois, il n’y a plus de doute : vous avez gagné le causse. Ceux qui ont déjà fréquenté ces plateaux calcaires reconnaîtront immédiatement le décor. Leurs pieds aussi s’en souviennent. Pour les autres, l’initiation ne fait que commencer.

Le sentier pierreux s’élève discrètement dans une végétation foisonnante qui semble vouloir effacer jusqu’au souvenir du travail des hommes. Il progresse dans un étroit corridor de verdure où la lumière peine parfois à se frayer un passage jusqu’au sol. De chaque côté, la nature a repris possession des lieux. Les troncs sont enlacés par le lierre, les herbes débordent sur le passage et les vieux murets de pierres sèches disparaissent peu à peu sous les mousses et les broussailles.

Le sentier serpente ensuite entre d’anciens murets envahis par la mousse, vestiges silencieux d’un paysage autrefois entretenu. Au-dessus du marcheur, les arbres composent une véritable voûte végétale, tandis que les pierres couvertes de lichens et de mousse confèrent aux lieux une atmosphère presque enchantée. Dans ce décor sauvage et ombragé, le sentier semble se faufiler à travers un jardin oublié du temps.

Le calcaire ne manque pas sur ces hauteurs. Les pèlerins se prêtent volontiers au jeu en édifiant de petits cairns, chacun ajoutant parfois sa pierre à l’ouvrage collectif, comme un discret témoignage de son passage.

À travers les broussailles, les lianes rampantes et les nombreux rejets de chênes pubescents qui colonisent les abords du chemin, le sentier poursuit sa progression jusqu’au sommet de la bosse. Là, à Pech Rougié, apparaissent un gîte et, selon la saison, une petite buvette bienvenue après cette sévère montée.

Depuis Pech Rougié, le GR65 s’engage résolument sous les chênes. Bientôt apparaît une première ruine. Nous l’avouons volontiers : nous avons un faible pour ces bâtisses abandonnées, majestueuses malgré leur déclin, drapées de mousses et lentement reprises par la végétation. Elles racontent toutes, à leur manière, l’histoire d’un labeur disparu, d’une vie qui ne reviendra plus. Le temps semble s’y être arrêté. Ne subsiste que la mémoire des lieux.

Dans ces bois, les chênes règnent sans partage ou presque. Pourtant, en observant attentivement la végétation, on découvre aussi quelques érables champêtres et un arbre particulièrement caractéristique des causses : l’érable de Montpellier. Ses petites feuilles à trois lobes triangulaires permettent de le reconnaître aisément. Le chemin passe également devant une nouvelle ruine de pierre, admirablement conservée malgré les années. Certaines silhouettes de pierre semblent posséder une âme tant elles s’intègrent harmonieusement à leur environnement. .

Plus bas, le sentier longe la pittoresque fontaine de Fontieu, dont l’allure ancienne semble surgir tout droit d’un autre siècle. À proximité, le paysage s’ouvre quelque peu sur une petite prairie qui apporte une respiration bienvenue après les sous-bois.

Parfois, lorsqu’il quitte momentanément la forêt, le chemin paraît lui aussi aspirer à davantage de douceur. Les cailloux rugueux cèdent alors la place à l’herbe tendre. La présence de l’eau n’est sans doute pas étrangère à cette métamorphose. L’atmosphère devient plus paisible. Quelques moutons et quelques vaches paissent tranquillement sous les vernes, dans un décor pastoral empreint de sérénité.

Mais sur les chemins de Compostelle, les parenthèses de douceur sont rarement longues. Le terrain retrouve bientôt du relief lorsque le parcours rejoint une petite route qui grimpe en direction de Surgues-le-Haut.

Rapidement, le goudron laisse place à une large allée de terre battue qui s’élève vers un minuscule hameau. Quelques maisons de pierre bordent le chemin. Il est parfois difficile de savoir si elles sont encore habitées ou si elles attendent simplement, dans le silence du causse, le retour improbable de leurs occupants.

Vous êtes ici à peu près à mi-parcours de l’étape. Certains pèlerins choisissent de poursuivre jusqu’à Puy Clavel afin de répartir plus équitablement leurs efforts. Pendant ce temps, la piste continue de grimper, mais avec davantage de bienveillance qu’auparavant.

Au bord du chemin se dresse une caselle aux pierres grises. Comme toujours, ces petites constructions suscitent l’interrogation. Isolées dans les champs ou au bord des pistes, elles possèdent quelque chose de mystérieux, presque fantomatique, comme si elles montaient encore la garde sur un monde disparu.

Plus haut, toujours en légère montée, le GR65 se dirige vers la Combe de Salgues en suivant une piste gravillonnée bordée de murets de pierres sèches.

Combe de Salgues ne se résume guère qu’à une grande ferme installée au bord de la forêt. C’est pourtant ici que le parcours s’apprête à quitter pour longtemps les dernières traces d’occupation humaine.

Quelques vestiges rappellent encore la présence des hommes, comme cette vieille voiture rouillée qui semble lentement rendre les armes au bord du chemin. 

Puis le GR65 retrouve les bois, ce royaume de silence que tant de pèlerins affectionnent. Les arbres referment leur voûte au-dessus du sentier. La solitude reprend ses droits, profonde et bienveillante. Il ne reste plus que le murmure du vent dans les feuillages et le rythme régulier des pas sur le chemin.

Encore une caselle surgit au bord du chemin, immobile sentinelle de pierre veillant sur ces terres depuis des générations. Puis le parcours longe quelque temps le sous-bois avant de s’enfoncer à nouveau dans une nature qui paraît presque vierge de toute présence humaine.

Un étroit sentier, souvent encombré de pierres comme les causses savent si bien en produire, s’élève alors plus franchement dans une forêt profonde et silencieuse. Il serait vain de dresser ici l’inventaire complet des plantes qui accompagnent le marcheur. La tâche serait immense, et il faudrait être un botaniste expérimenté. Pourtant, l’œil attentif remarquera rapidement l’absence relative des buis et des genévriers, si fréquents ailleurs sur les plateaux calcaires. Ici dominent plutôt les cornouillers, les prunelliers sauvages qui colonisent les moindres espaces libres, les viornes, les cistes et les ronces qui composent un sous-bois dense et parfois presque impénétrable.

Ces innombrables murets qui accompagnent le chemin intriguent inévitablement le marcheur. Ils témoignent d’un temps où chaque parcelle de terrain avait une utilité. Jadis, ils servaient probablement à délimiter les pâturages ou à contenir les troupeaux de moutons qui occupaient largement ces espaces aujourd’hui reconquis par la forêt. La nature est devenue si vigoureuse, si envahissante parfois, qu’il est difficile d’imaginer l’activité pastorale qui animait autrefois ces sous-bois désormais presque sauvages.

Au-dessus de vos têtes, les feuillus dispensent une ombre bienvenue. Ne vous attendez toutefois pas à rencontrer ici de grands arbres majestueux. Les causses préfèrent les silhouettes modestes : chênes pubescents aux troncs souvent tortueux, érables champêtres de petite taille et érables de Montpellier qui semblent parfaitement adaptés à ces terres pierreuses et austères.

Plus haut, le sentier serpente dans un sous-bois devenu moins dense. La lumière pénètre davantage entre les branches et le paysage paraît soudain plus accueillant, presque apprivoisé.

Au sommet de la montée s’ouvre une vaste clairière où les arbres ont été coupés. Après l’enfermement relatif de la forêt, cet espace dégagé procure une véritable sensation de respiration. Quelques clôtures apparaissent çà et là. Servent-elles encore à accueillir des moutons sur ces hauteurs isolées du monde ? Le doute demeure.

Puis le chemin reprend ses ondulations familières à travers les bois avant de rejoindre une modeste route goudronnée.

Section 5 : La balade se poursuit sur le causse

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté, sur de magnifiques chemins.

Du goudron sous les pieds, cela signifie théoriquement la possibilité de croiser quelques véhicules. Dans ce coin retiré du causse, toutefois, les chances d’en rencontrer restent bien minces.

Plus loin, le parcours abandonne la petite route pour retrouver un large chemin de terre aussi paisible qu’accueillant.

La pente s’adoucit sous l’ombre bienveillante des feuillus. Des arbres, encore des arbres, toujours des arbres. Une forêt presque ininterrompue accompagne désormais le pèlerin. Pour certains, cette répétition finit par engendrer une légère lassitude. Pour d’autres, elle procure au contraire une sensation de plénitude et d’apaisement. Chacun y trouvera ce qu’il est venu chercher.

Le chemin atteint bientôt un carrefour où un panneau indique Puy Clavel à moins de deux kilomètres de marche. Cajarc s’est un peu rapproché, mais demeure encore à 14,4 kilomètres de distance. Dans les causses, les kilomètres se gagnent lentement.

Puis, au milieu de cette nature qui paraît intacte depuis des siècles, on pressent confusément un changement. Une clairière apparaît soudain. Les premiers signes de l’activité humaine réapparaissent avec quelques prés fraîchement fauchés et des espaces ouverts qui rompent momentanément la monotonie forestière.

Mais cette ouverture n’est qu’une parenthèse. Très vite, le chemin de terre reprend sa course tranquille, ondulant avec grâce le long des haies de feuillus qui bordent le parcours. Le décor familier des causses reprend possession des lieux.

Pourtant, jamais le paysage ne devient véritablement monotone. Plus loin réapparaissent quelques maigres parcelles fauchées, discrètes traces d’une présence humaine qui n’est finalement jamais très éloignée.

Et voici que le scénario change une nouvelle fois. Le chemin, devenu plus pierreux, se redresse progressivement pour franchir des pentes dépassant parfois les 10 %. Les arbres se font plus rares et la lande reprend ses droits. Le regard découvre alors une végétation différente. Parmi les herbes et les broussailles apparaissent quelques genévriers et même du houx, espèces plus familières des espaces ouverts du causse. Après les longues traversées forestières, le paysage retrouve soudain un visage plus austère et plus sauvage.

Plus haut, le paysage prend soudain des allures de forteresse. Un imposant mur de pierre domine le chemin et semble barrer l’horizon, comme si quelque place forte oubliée veillait encore sur les hauteurs du causse.

La fin de la montée annonce bientôt un retour discret à la présence humaine. Le GR65 rejoint une petite route goudronnée au hameau de Puy Clavel. Nul tumulte cependant, ni animation particulière. Quelques bâtisses de pierre s’abritent derrière leurs murs et conservent jalousement leurs secrets. Et pourtant, sur cette hauteur isolée, un amoureux de la nature a créé un véritable petit bijou d’hébergement. Les pèlerins qui choisissent d’y faire halte semblent rapidement adopter le rythme des lieux. On les voit volontiers s’abandonner dans une chaise longue, contemplant sans hâte les ondulations du paysage, avec ce sentiment rare que le temps peut parfois ralentir.

Depuis Puy Clavel, le GR65 poursuit sa route en ondulant doucement. Les montées restent plus nombreuses que les descentes. Tantôt le parcours s’abrite sous les arbres, tantôt il traverse de petites clairières baignées de lumière.

Par endroits, le chemin devient même herbeux. Les chênes et les érables de Montpellier demeurent les maîtres des lieux, mais ils sont désormais accompagnés de quelques frênes, plus fréquents dans les espaces dégagés. Les arbres ont également gagné en hauteur et en ampleur. Ils disposent ici de davantage d’espace pour étendre leurs branches et rivaliser avec le ciel.

Puis le chemin retrouve de la pente à la lisière des sous-bois. Une modeste source ou quelques zones humides rappellent qu’il existe encore un peu d’eau sur ces plateaux. Dans les causses, l’eau est un bien si précieux qu’il convient toujours de signaler sa présence, même lorsqu’elle n’est pas potable. Ici, point de véritables rivières ni de ruisseaux permanents. Depuis toujours, la rareté de l’eau conditionne la vie des hommes. Sans elle, aucun développement durable n’est possible. Cette pauvreté hydrique explique largement la très faible densité de population qui caractérise encore aujourd’hui ces vastes espaces calcaires. Plus haut, le chemin redevient franchement pierreux. Sous d’impressionnants murets qui ressemblent parfois à de véritables murailles, la pente se redresse jusqu’à atteindre environ 10 %. 

Puis l’effort s’atténue progressivement à mesure que l’on approche de Gréalou.

En arrivant dans ce secteur, vous pourriez croire qu’un village important vous attend. La route s’étire en effet assez longtemps sur un petit plateau ponctué de maisons isolées et de quelques habitations dispersées. Pourtant, le véritable village demeure encore caché. Ce n’est qu’après une légère descente qu’il finit par apparaître, discrètement installé dans le paysage du causse.

Section 6 : En passant près du magnifique dolmen de Pech Laglaire

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté, sur de magnifiques chemins.

Et pourtant, Gréalou ne compte que 250 habitants dans cette halte fort appréciée par les pèlerins. Ici l’eau coule, ce qui explique la présence d’un plus gros village. Une place de pique-nique est aménagée, avec un vrai robinet d’eau pure.

À Gréalou, le pèlerin trouvera une épicerie et même de quoi se restaurer. Jadis, le village accueillait également un hébergement tenu par une Suissesse venue s’installer sur ces plateaux reculés. Le lieu était à l’image de sa propriétaire : singulier, attachant, un brin fantasque et totalement hors du commun. Hélas, cet hébergement ne semble plus exister aujourd’hui. C’est une disparition regrettable, car il permettait à certains pèlerins de faire étape dans le village. Désormais, il n’existe plus de possibilité de logement à Gréalou.

Le GR65 quitte Gréalou par une petite route goudronnée qui se transforme rapidement en chemin gravillonné à proximité du Mas de Trémoulet.

Très vite, le parcours devient une large piste de terre qui progresse presque à plat, tantôt à travers la campagne ouverte, tantôt sous le couvert des arbres.

Au détour du chemin apparaissent même quelques vignes isolées, perdues au milieu des buissons et des friches, comme les vestiges d’une activité agricole aujourd’hui réduite à quelques parcelles dispersées.

Une caselle surgit parfois dans un pré. Plus loin, une barrière de contention rappelle que l’élevage n’a pas totalement disparu de ces plateaux. Les chênes demeurent omniprésents et composent, avec les murets de pierre sèche et les vastes espaces ouverts, un paysage immuable. Rien ne semble vraiment changer ici. Lorsque le regard porte au loin, on aperçoit encore Gréalou derrière les champs de céréales ou l’immensité des causses qui se déploie jusqu’à l’horizon.

Cette campagne semi-ouverte s’achève à proximité du remarquable dolmen de Pech Laglaire. Face à lui se dresse une croix de pierre, discrètement dissimulée parmi les genévriers. L’ensemble compose un site d’une rare intensité. À l’orée du bois, les pierres dressées depuis des millénaires dialoguent avec les symboles de la foi chrétienne. Le lieu semble suspendu hors du temps, à la frontière entre l’histoire, la spiritualité et les croyances les plus anciennes. C’est dans de tels endroits que l’émerveillement renaît spontanément et que la nature invite le voyageur à ralentir le pas pour laisser place à la contemplation.

Alors le GR65 s’enfonce dans la forêt de Coston. Pourquoi ne pas l’avouer ? Comment ne pas se sentir apaisé sur ce large chemin qui ondule entre les murets de pierre recouverts de mousse, les anciennes gariottes et, surtout, les innombrables chênes pubescents qui étendent leurs silhouettes noueuses dans le paysage ? Beaucoup sont probablement plusieurs fois centenaires. Leurs troncs torturés et leurs branches tourmentées semblent porter la mémoire de ces plateaux depuis des siècles.

Ces chemins possèdent un parfum d’autrefois. Ils racontent le temps long, celui des générations disparues, celui peut-être des millions de pèlerins qui, avant vous, ont frappé de leurs souliers les mêmes pierres. Qui pourrait l’affirmer ? Qui pourrait le nier ? Ici, le marcheur traverse assurément l’un des paysages les plus emblématiques du Chemin de Compostelle. En parcourant ces sous-bois chargés d’histoire, on comprend aisément pourquoi cette portion de l’itinéraire figure parmi les chemins inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le chemin demeure large et généreusement caillouteux, comme les causses savent les façonner. Partout s’étend un océan de verdure ponctué de murets bas et de chênes aux silhouettes décharnées. La magie opère toujours avec la même simplicité : les pierres du chemin, la terre ocre, les mousses épaisses, les lichens accrochés aux vieux troncs et cette multitude de petits chênes silencieux qui peuplent l’horizon. Rien ne vient distraire le regard. Partout, des arbres et des pierres. Rien ne trouble vraiment le silence. Seul le frottement régulier des pas sur les cailloux accompagne la marche.

Au terme de cette descente remarquable, presque hors du temps tant elle semble appartenir à un autre monde, le chemin ne fait que traverser une modeste route avant de replonger aussitôt dans son univers minéral et forestier.

Et la magie continue de l’autre côté. Quelques vaches Aubrac broutent une herbe rare entre les pierres. Pourtant, dans ce paysage, le bétail paraît presque plus discret que les chênes eux-mêmes.

Le chemin passe bientôt à proximité de la ferme de Martignes. On y produit notamment le célèbre Rocamadour. Les chèvres, en revanche, restent invisibles au regard du promeneur. Les exigences de l’appellation imposent en effet une alimentation rigoureusement contrôlée qui ne les conduit pas nécessairement à pâturer librement dans les prés voisins.

À partir de la ferme, la forêt s’éclaircit progressivement. Les chênes demeurent présents, mais ils cèdent davantage de place aux érables champêtres et aux érables de Montpellier, qui apportent une légère diversité à la palette végétale du causse.

Puis le paysage amorce une nouvelle transformation. Dans les clairières apparaissent de vastes prés et quelques modestes champs de céréales dont les rendements ne rivaliseront jamais avec ceux des riches plaines agricoles. De loin en loin, le regard distingue parfois la tache brune d’un petit troupeau disséminé sur les pentes, apportant une discrète touche de vie à l’immensité paisible du plateau.

Section 7 : Montagnes russes légères entre campagne et sous-bois

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté.

Un large chemin de terre apparaît alors à l’approche du Pigeonnier, modeste hameau aux rares maisons de pierre coiffées de tuiles rouges. Lors de notre dernier passage, plusieurs bâtiments étaient en cours de restauration. Dans les causses, les hameaux semblent souvent se réduire comme peau de chagrin. Le voyageur y rencontre davantage de demeures désertées que de maisons véritablement habitées. La nature, elle, poursuit inlassablement son œuvre. Elle se renouvelle sans cesse, puisant sa force dans ses propres ressources. Les constructions humaines sont plus fragiles. Dès qu’elles perdent leur fonction, elles entament lentement leur retour vers la pierre et la poussière. La ruine est peut-être, au fond, la destinée ultime de toute architecture. On peut alors se demander quel sera l’avenir de ces plateaux. Verra-t-on un jour les causses devenir un archipel de hameaux abandonnés, dispersés au milieu des friches, des forêts et des landes évoluant selon leurs propres lois ? Les chênes, eux, prospèrent depuis des siècles sans rien demander à personne. Peut-être est-ce aussi l’une des raisons qui expliquent pourquoi les 22,5 kilomètres du Chemin de Compostelle entre Faycelles et Cajarc figurent parmi les tronçons inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ici, la nature et l’histoire semblent avoir trouvé un équilibre rare. Le voyage à travers les causses demeure, quoi qu’il en soit, une expérience singulière et profondément marquante.

Le paysage s’adoucit ensuite progressivement. Les espaces deviennent plus ouverts, moins farouches, tandis que le chemin gagne les abords du Verdier.

Ici, le pèlerin doit faire un choix. Soit il poursuit sur le GR65, qui rejoindra Cajarc après encore 6,6 kilomètres de marche, soit il emprunte la variante, longue de 5,7 kilomètres. La grande majorité des marcheurs demeure toutefois fidèle à l’itinéraire principal et peu nombreux sont ceux qui s’aventurent sur l’autre parcours.

Au Verdier, le chemin se transforme rapidement en route goudronnée. La traversée des différents hameaux qui composent cette petite localité s’effectue sur l’asphalte, en légère montée.

Le paysage présente ici un visage un peu différent. Les érables se montrent plus nombreux, de belles maisons de pierre apparaissent derrière les feuillages et de superbes murs recouverts de mousse rappellent l’ancienneté de l’occupation humaine.

Le parcours passe bientôt devant une croix de fer qui marque la sortie du hameau. 

Le GR65 quitte alors Le Verdier par le chemin des Vignes. Le nom pourrait laisser espérer quelques rangs de ceps à l’horizon. Pour l’instant, pourtant, seuls les feuillus du causse occupent le paysage.

Plus haut, quelques pieds de vigne apparaissent finalement parmi les hautes herbes. Ils semblent presque oubliés. Aucun raisin ne mûrit toutefois sur ces ceps dispersés qui bordent une courte montée, affichant entre 10 % et 15 % de pente.

La pente redevient alors sérieuse pour gagner un modeste plateau qui émerge progressivement au-dessus des collines environnantes.

Au sommet de la montée, le GR65 suit la petite route qui file à travers un plateau relativement ouvert, où le regard peut à nouveau s’échapper au-delà des haies et des murets de pierre.

Un chemin s’élance alors parallèlement à la chaussée, d’abord sous les feuillus, puis à travers quelques prairies. Vous êtes ici à proximité de Pech Granat, que le GR65 effleure. Cajarc n’est plus qu’à six kilomètres de marche.

Le chemin retrouve ensuite les sous-bois. Au-dessus des arbres domine la grande antenne de Pech Granat. Au printemps, les crapauds qui peuplent l’étang voisin offrent parfois un concert aussi bruyant qu’inattendu. Aujourd’hui, ils ont choisi le silence.

Certains chênes présentent ici des silhouettes étonnantes. Leurs branches dénudées dressent vers le ciel des formes squelettiques qui évoquent les mâts d’un navire échoué. On les croirait privés d’eau et de nourriture depuis des siècles, alors qu’ils continuent pourtant à survivre sur ces terres austères.

Peu après, le parcours longe brièvement la route départementale D12 qui relie Figeac à Cajarc.

Mais la parenthèse routière ne dure guère. Le chemin, ici moins pierreux qu’ailleurs, reprend rapidement possession du paysage. Il serpente dans la nature sauvage, accompagné de murets recouverts de mousse qui semblent émerger du sous-bois comme les vestiges d’un monde oublié.

À proximité du lieudit Somberot, le promeneur découvre soudain d’étranges murailles de pierre. Les siècles, les mousses, les lichens, le soleil et les pluies ont lentement travaillé ces constructions jusqu’à leur donner un aspect presque irréel. À première vue, on pourrait imaginer les restes d’un village disparu ou les vestiges d’un établissement ancien dont la fonction s’est perdue dans l’oubli. Nous n’avons pas poussé plus loin l’enquête, laissant au lieu une part de son mystère. Pourtant, ces ruines racontent sans doute une histoire plus simple et peut-être plus émouvante. Elles ne sont probablement ni les vestiges d’un château ni ceux d’une abbaye oubliée. Elles témoignent plutôt de la vie rude des familles paysannes qui occupaient autrefois ces plateaux calcaires. À mesure que les hommes sont partis, les toitures se sont effondrées, les murs se sont ouverts et les chênes ont lentement repris possession des lieux. Dans les causses, la pierre survit souvent plus longtemps que la mémoire des hommes.

Cette ruine semble résumer à elle seule le destin de nombreux hameaux du causse. Les hommes ont bâti, cultivé, élevé des troupeaux, puis sont partis ailleurs. Les pierres sont restées. Année après année, les murs se sont affaissés, les toits ont disparu et la végétation a reconquis son territoire. Aujourd’hui ne subsiste qu’un dialogue silencieux entre la pierre et le végétal, entre l’œuvre des hommes et la patience infinie de la nature.

Peu après, le chemin, à nouveau très caillouteux, descend sèchement dans le sous-bois. Tout autour règne une maigre vie agricole.

Puis le chemin remonte un peu plus loin, avec toujours autant de cailloux sur le chemin et presque autant de pente jusqu’à une petite route au Mas de Langarre. C’est la loi du Chemin de Compostelle, en haut, en bas. Mais quand les denses feuillus apportent leur ombre, l’exercice est moins dommageable.

Section 8 : Descente sur Cajarc

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : pentes sévères dans les falaises au-dessus de Cajarc.

D’ici, le chemin poursuit encore quelque temps son ascension sur les pierres du causse. Le décor végétal change peu. Ce sont toujours les mêmes compagnons de route qui accompagnent le pèlerin depuis des kilomètres : des chênes à profusion, quelques modestes érables, des frênes en lisière des espaces ouverts, des charmilles, des cornouillers et des ronces qui débordent parfois sur le sentier. Les châtaigniers, les hêtres ou les noyers sont pratiquement absents du paysage. Quant aux genévriers et aux buis, emblématiques des causses, ils se font étonnamment rares. Les buxaies ont d’ailleurs été sévèrement touchées ces dernières années par la pyrale du buis, qui a profondément transformé certains paysages du Quercy.

Puis le parcours amorce progressivement sa descente vers la vallée. Un large chemin de terre serpente sur le flanc de la colline, tantôt en pente soutenue, tantôt plus modérée, toujours accompagné de remarquables murs de pierre sèche. Certains atteignent des dimensions impressionnantes et évoquent presque les murailles d’une forteresse. On mesure ici l’immense travail accompli par des générations de paysans. Ils étaient sans doute plus nombreux autrefois pour édifier ces ouvrages destinés à contenir la terre et à traverser les siècles.

Peu à peu, la forêt se retire. Les grands bois continus disparaissent et ne subsistent plus que quelques bouquets d’arbres dispersés dans le paysage.

Le chemin passe ensuite à proximité de La Deille, une ferme dont la belle caselle est intégrée aux bâtiments du domaine.

La descente vers Cajarc est désormais bien engagée. Une large piste de terre perd progressivement de l’altitude sans difficulté particulière. Elle traverse un paysage harmonieux où alternent bosquets, prairies et espaces agricoles.

À mesure que l’on approche de la vallée du Lot, l’activité agricole reprend davantage de place. Quelques champs de céréales aux rendements modestes occupent les replats, tandis que des vaches Aubrac pâturent paisiblement dans les prés.

Le parcours atteint ensuite le hameau du Touron, où il rejoint une petite route goudronnée.

Ici, vous évoluez encore à près de 300 mètres d’altitude. Cajarc, lui, repose à environ 150 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il reste donc une importante dénivellation à perdre. La route se fait bientôt plus pentue et amorce sa descente vers la vallée.

Puis, soudain, depuis la crête, le paysage s’ouvre dans toute son ampleur. La vue sur la vallée du Lot est saisissante. Au fond de son écrin de verdure apparaît Cajarc, blotti au bord de la rivière. La petite cité semble posée comme une perle au cœur d’une conque de falaises calcaires, tandis que le Lot déroule paisiblement ses méandres au pied des escarpements. Après la longue traversée solitaire des causses, cette apparition possède quelque chose de presque théâtral.

Plus bas, la route goudronnée cède brusquement la place à un mauvais sentier qui plonge vers le Roc de la Combe et le Travers de Glaudy, les falaises qui dominent Cajarc. La descente change alors radicalement de caractère. Finie la douceur des chemins du causse. Le sentier dévale les pentes rougeâtres qui tombent vers la vallée du Lot avec une vigueur peu commune. Les genoux sont immédiatement mis à contribution. Par endroits, la pente dépasse allègrement les 30 %. Certaines portions sont si directes qu’il faut presque lutter contre la gravité pour ne pas se laisser entraîner jusqu’au fond de la vallée.

À certains endroits, le chemin n’est guère plus qu’un pierrier instable où chaque pas demande un minimum d’attention.

Plus bas encore, le sentier se rétrécit entre les hautes herbes et les cornouillers. Pourtant, malgré ce changement de décor, la pente demeure tout aussi sévère. 

Le parcours passe alors à proximité d’une grotte ouverte dans la falaise. Ici, la roche devient spectacle. Au fil des heures, la lumière joue avec les reliefs du calcaire et transforme continuellement le paysage. Les ombres soulignent les profondes anfractuosités creusées dans la paroi, tandis que les corniches prennent tour à tour des nuances grises, bleutées ou argentées. L’ensemble possède parfois quelque chose d’irréel, comme si la montagne révélait pour quelques instants son architecture secrète.

Et la descente continue sans véritable répit. Les cailloux roulants et les passages escarpés se succèdent jusqu’au bas de la falaise. Le sentier ne consent finalement à s’adoucir qu’à l’approche de La Peyrade, premier faubourg de Cajarc.

Cajarc, qui compte aujourd’hui un peu plus de 1 200 habitants, a conservé une partie de son caractère médiéval. Le centre ancien est ceinturé par le boulevard du Tour de Ville, qui suit approximativement le tracé des anciennes fortifications. La petite cité s’étire au pied du causse, sur la rive du Lot, entre la rivière et les falaises qui dominent la vallée. Les maisons du centre historique possèdent beaucoup de charme. Souvent hautes et étroites, elles présentent des rez-de-chaussée et des premiers étages bâtis en pierre calcaire. Les niveaux supérieurs sont parfois construits en pans de bois et avancent légèrement au-dessus de la rue grâce à des encorbellements qui rappellent l’architecture médiévale du Quercy.

L’église St Étienne, dont les origines remontent au XIIe siècle, a connu une histoire mouvementée. Endommagée lors des guerres de Religion, elle fut notamment détruite en partie par les protestants avant d’être reconstruite et remaniée à plusieurs reprises au fil des siècles. Son apparence actuelle résulte ainsi d’une longue succession de restaurations.

Peu de villages de cette taille peuvent se prévaloir d’avoir accueilli autant de personnalités. Françoise Sagan vécut longtemps à Cajarc et repose aujourd’hui dans les environs. Georges Pompidou possédait une résidence sur le causse voisin. Quant à Coluche, il fréquentait régulièrement le café Chez Moulinot lors de ses séjours dans la région. La légende locale veut que ce soit ici, en 1975, qu’il ait trouvé l’inspiration pour son célèbre sketch du Schmilblick. Le café Moulinot existe toujours et conserve précieusement le souvenir de l’humoriste. Son portrait orne encore les lieux, tandis qu’une avenue porte désormais son nom. Monsieur Moulinot, marchand d’articles de pêche dans le sketch, appartient désormais à la mémoire collective. Quant au fameux Papi Vougeot, il semble s’être définitivement perdu dans les brumes de l’imagination de Coluche. Aujourd’hui, Cajarc vit largement du tourisme. Certains visiteurs viennent sur les traces de Coluche, d’autres découvrent simplement l’une des plus belles cités de la vallée du Lot. Les pèlerins de Compostelle, reconnaissables à leurs sacs à dos et à leurs sandales de repos, se mêlent aux vacanciers qui déambulent dans les ruelles ou s’attardent aux terrasses des cafés. En été, les touristes sont généralement plus nombreux que les pèlerins. Le Chemin de Compostelle, qui transforme parfois profondément l’économie des petits villages traversés, demeure ici plus discret. Cajarc possède sa propre identité, forgée bien avant le retour en grâce des itinéraires jacquaires.

Cette prospérité ne date d’ailleurs pas d’hier. Cajarc fut longtemps une petite cité active et commerçante. Les tanneries, les moulins, les mines de phosphate et surtout le port sur le Lot ont assuré sa richesse durant plusieurs siècles. Depuis les quais partaient autrefois le phosphate, le bois et le vin en direction de Cahors et des autres villes de la vallée. Aujourd’hui, les gabares ont disparu depuis longtemps. Un élégant pont suspendu franchit désormais la rivière. Mais lorsque le soleil décline sur les eaux tranquilles du Lot, il n’est pas difficile d’imaginer l’animation qui régnait jadis sur ce port dont dépendait une grande partie de la vie économique du pays.

Logements sur la Via Podiensis

 

  • Gîte Les Cabrioles de Balajou, Balajou ; 06 42 38 35 02/06 89 20 95 73 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • Gîte Le Relais de St Jacques, La Cassagnole ; 05 65 34 03 08/06 31 83 20 98 ; Gîte donativo, repas, petit déj.
  • Chambres d’hôtes La Caselle, La Croix Blanche ; 05 65 34 05 68/06 31 83 20 98 ; d’hôte, petit déj.
  • Chambres d’hôtes Bleu Lumière, Mas du Rou, Faycelles; 06 86 71 1314 ; d’hôte, repas, petit déj.
  • Gîte La Maison Médiévale, Faycelles; 06 7979 12 47 ; Gîte, petit déj., cuisine
  • Café La Petite Pause, Faycelles; 05 65 34 65 09/07 7027 84 00 ; d’hôte, repas, petit déj.
  • La Mythié, Chemin du Château, Béduer; 06 42 47 92 93/05 65 34 22 25 ; d’hôte, repas, petit déj.
  • La Coquille, Chemin du Château, Béduer; 06 38 94 10 47/05 65 11 40 86 ; d’hôte, petit déj.
  • La Soursonette, Pech Rougié/Béduer; 06 4796 25 92 ; Gîte et Ch. d’hôte, repas, petit déj.
  • La Forge de Béduer, Béduer; 06 31 83 51 42 ; Gîte et Ch. d’hôte, repas, petit déj.
  • L’Hirondelle du Bourg, Béduer; 06 71 17 83 23 ; d’hôte, repas, petit déj.
  • Gîte Ecoasis** ; Puy Clavel; 06 71 00 48 30/09 50 07 74 68 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Gîte de la Tounisse, Le Pigeonnier; 06 17 98 90 93 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Gîte Arnasse, Le Pigeonnier; 06 22 37 20 00 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Gîte communal, Rue de la Cascade, Cajarc; 06 14 66 54 69 ; Gîte, petit déj., cuisine
  • Gîte Pat Pèlerine, 723 Avenue Georges Pompidou, Cajarc; 06 76 06 93 19 ; Gîte, repas, petit déj., cuisine
  • Gîte Le Pèlerin, 11 Rue Lacaunhe, Cajarc; 06 85 60 44 37 ; Gîte, petit déj., cuisine
  • Chambres d’hôte Alain Schlumberger, 66 Avenue Georges Pompidou, Cajarc; 06 22 89 47 69 ; d’hôte, petit déj.
  • Gîte Hôtel La Peyrade**, 52 Rue de Lapeyrade, Cajarc; 05 65 10 42 03 ; Gîte et Hôtel, repas, petit déj.
  • Hôtel La Ségalière, 380 Avenue François Mitterrand, Cajarc; 05 65 40 65 35 ; Hôtel, repas, petit déj.
  • Camping municipal du Terriol**, Rue du Cazpul, Cajarc; 07 66 49 73 15 ; bungalow, mobil homes, petit déj., cuisine

D’année en année, le Chemin de Compostelle se transforme, se réinvente au gré des saisons et des pas des pèlerins. Certains hébergements ferment leurs portes tandis que d’autres, modestes ou inattendus, voient le jour. Il serait dès lors illusoire de prétendre en établir une liste immuable et exhaustive. Celle-ci ne recense que les logements situés directement sur l’itinéraire ou à moins d’un kilomètre de celui-ci. Cette sélection a été actualisée en 2026 ; elle ne devrait donc pas connaître de bouleversements majeurs dans les prochaines années. Pour qui souhaite aller plus loin, un seul ouvrage fait figure de référence incontournable : Miam Miam Dodo, aisément accessible en ligne. Ce guide, dont le mérite essentiel réside dans sa mise à jour annuelle, ne se limite pas aux hébergements du tracé strict, mais mentionne également des adresses en dehors du parcours, comme ressource précieuse lorsque l’affluence rend les étapes plus incertaines. On y trouve en outre une mine d’informations pratiques : bars accueillants, restaurants de passage et boulangeries providentielles, autant de haltes qui ponctuent le voyage. À cette cartographie traditionnelle s’ajoute désormais une présence devenue incontournable : Airbnb. Cette plateforme s’est imposée comme une référence majeure dans le paysage touristique, y compris dans les régions les plus discrètes ou les moins favorisées. Toutefois, comme chacun le sait, les adresses exactes n’y sont pas directement visibles, ce qui suppose une certaine anticipation. Car sur le Chemin, trouver un lit à la dernière minute relève parfois du hasard heureux. Mais le hasard, par nature, ne saurait constituer une stratégie. Il est donc vivement recommandé de réserver en amont. Enfin, lors de vos démarches, prenez soin de vous renseigner sur les possibilités de repas ou de petit-déjeuner : ces détails, en apparence anodins, peuvent grandement adoucir une étape.

Si l’on fait l’inventaire des logements, il y a 120 lits avant d’arriver à Cajarc, ce qui montre que de nombreux pèlerins s’arrêtent en route. A Cajarc, il y a 150 lits disponibles. Le nombre de pèlerins sur la Via Podiensis se situe généralement entre 100 et 200 personnes. Il ne devrait pas y avoir de problème de logements dans cette étape, d’autant que de nombreux ne pèlerins ne font pas l’étape entière, étant donné sa longueur importante.

 Ces itinéraires, qui serpentent à travers des territoires souvent peu densément peuplés, offrent peu de commerces. Les restaurants y sont rares, tout comme les épiceries, et celles-ci prennent souvent la forme de modestes dépôts de pain, proposant quelques légumes et produits laitiers. Il est toutefois possible de se restaurer à Faycelles. Une petite épicerie st présente à Faycelles, Béduer, Gréalou. Les points d’eau jalonnent assez régulièrement le parcours : on en trouve à Faycelles, Béduer, Gréalou. Ils sont parfois accompagnés de sanitaires, souvent des toilettes sèches, notamment à Faycelles et à Béduer. À l’arrivée, Cajarc offre tout le confort. Enfin, de nombreuses entreprises proposent des services de transport de bagages ou de rapatriement vers le point de départ. Parmi elles, une s’impose comme une référence incontournable : La Malle Postale. 

N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
Etape suivante : Etape 16: De Cajarc à Limogne-en-Quercy 
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