La pierre de Rosette est une plaque gravée trouvée en 1799, près de la ville de Rosette en Basse-Egypte. Cette stèle de granit porte un décret de 196 av. J-C du pharaon Ptolémée V, composé de 3 écritures: hiéroglyphes, démotique et grec. Elle est exposée au British Muséum de Londres. On sait bien que le déchiffrage de cette stèle a été établi par Jean-François Champollion (1790-1832), dit Champollion le jeune, natif de Figeac, dans la rue de la Boudousquairie, le septième et dernier enfant d’un père libraire et d’une mère tisserande.
Situons l’étape sur la carte générale de la Via Podiensis. La première partie du parcours est dans le département de l’Aveyron, que nous quittons bientôt pour le département du Lot. L’étape du jour passe donc sans transition des Ségalas à la Limargue. L’étape s’achève à Figeac, la ville de Champollion, au bord de la Célé. Cette étape a été modifiée ces dernières années, et quelques tronçons ont été modifiés, mais cela ne change pas vraiment la géographie de l‘étape, si ce n’est que le parcours de jadis a perdu plus de 3 kilomètres.
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Aujourd’hui, nous sommes situés entre les Ségalas et la Limargue. Ces territoires sont assez contrastés. |
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Le sous-sol des Ségalas, qui repose sur le massif granitique du Massif Central est souvent transformé en roches métamorphiques que sont les gneiss et les schistes. Les sols qui en sont issus sont acides, pauvres et peu productifs pour l’agriculture. C’est la raison pour laquelle cette région appelée ségala doit son nom au fait qu’on ne pouvait guère que faire pousser du seigle ici, et non du blé. Seuls, les fonds des vallées, avec le dépôt d’alluvions, permettaient de meilleures cultures. Bien sûr, avec le temps, de nombreux terrains ont été amendés. Cependant, sur les versants des vallées, rien n’a vraiment changé. La forêt recouvre encore largement les versants exposés au sud de chênes et de châtaigniers formant des taillis ou de hêtres et de résineux sur les versants exposés au nord. Parfois une prairie apparaît sur un replat, au bord d’un ruisseau, là où il y a des alluvions. Des vestiges de landes avec genêts, fougères et bruyères subsistent encore largement. L’arbre symbole de toute la région est incontestablement le châtaignier, qui a constitué pendant des centaines d’années la base de la nourriture locale. S’ils ont disparu des fonds de vallées, ils restent encore en nombre sur les versants non cultivables, où ils peuvent même former des taillis presque impénétrables. En contraste, la Limargue, c’est de la roche sédimentaire (calcaires, marnes, grès). Ces roches fournissent un sol riche et fertile. La Limargue est un pays de douces collines verdoyantes. Elle abrite Figeac.
Difficulté du parcours : Les dénivelés aujourd’hui (+476 mètres/-488 mètres) sont très raisonnables pour une étape assez longue, même si, entre Lot et Célé, la journée promet quelques bosses à gravir, quoiqu’assez supportables. La première qui mène à Montredon n’est pas légère. Le reste du parcours équivaut à un jeu de pistes où on passe souvent du goudron au chemin de terre, souvent boueux en cas de pluie. Une longue descente le long des collines nous conduit à Figeac.

L’étape du jour se passe nettement plus sur le goudron que sur les chemins, comme il est souvent l’usage sur le Chemin de Compostelle :
- Goudron : 14.5 km
- Chemins : 9.0 km
Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.
Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.
Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Section 1 : Le parcours remonte sur le plateau

Aperçu général des difficultés du parcours : quelques pentes sévères sur le parcours avant Pérols et Feydel le Haut, sinon le parcours est sans problème.

| Le GR65 quitte Livinhac-le-Haut sans heurt, presque à l’horizontale, glissant sur le goudron jusqu’à un carrefour situé aux confins du village. |
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| Il s’engage ensuite sur une modeste route départementale qui serpente tranquillement entre les prés et les premières haies de campagne. |
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| Quelques centaines de mètres plus loin apparaît le premier lieu-dit, La Planque, blotti près d’une petite croix de pierre oubliée au bord du chemin. |
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| Là, le GR65 tourne le dos au goudron et se lance à l’assaut de la colline, en passant près d’une ferme accrochée à la pente. |
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| Le parcours devient alors un mauvais chemin pierreux, rude et cabossé, qui grimpe sèchement à la frontière des sous-bois et des terres ouvertes, dans les broussailles, sous la haute garde des chênes et des frênes. |
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| La montée est sévère, il faut bien l’admettre, et le chemin ressemble parfois à un véritable champ de bataille où les pierres semblent vouloir disputer chaque pas au pèlerin. |
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| Au sommet d’une première butte, la pente consent enfin à s’adoucir quelque peu dans les prés, même si elle reste voisine des 10 %. |
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| Un peu plus haut, le pèlerin retrouve son souffle lorsque le chemin atteint le hameau de Pérols. L’ensemble du lieu a été profondément restauré il n’y a pas si longtemps. Ce n’est plus vraiment un hameau rural, mais presque un petit village de vacances avec ses appartements et son grand gîte. Peu de pèlerins de Compostelle doivent sans doute y passer la nuit. |
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| Mais l’ascension est loin d’être terminée. Le chemin débouche bientôt sur une petite route de campagne qui poursuit obstinément la montée. |
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| Cette route goudronnée, raide et sans détour, conduit jusqu’au lotissement du Puech del Soyt, où s’alignent plusieurs villas récentes dominant la vallée. Les plus belles vues attirent souvent les demeures les plus confortables, n’est-ce pas ? |
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| En contrebas, le Lot déroule paisiblement ses eaux dans la plaine, majestueux et presque immobile sous la lumière. |
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| Puis les villas disparaissent derrière les arbres, et la route continue de grimper sous les frênes, les charmes, les hêtres et les châtaigniers qui referment peu à peu leur voûte végétale au-dessus de la route. |
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| Enfin, au lieu-dit du Thabor, la rude montée s’achève. Le parcours retrouve alors la terre battue et s’étire longuement dans une pente devenue presque imperceptible. |
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| Le pèlerin y retrouve pleinement son bonheur, ce type de chemin qui redonne de l’élan au pas et allège presque la fatigue : un large ruban de terre battue courant à l’ombre des haies ou longeant les piquets de clôture destinés à contenir le bétail. |
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| Dans cette campagne apparaissent des bouleaux, des hêtres et des châtaigniers, mais le chêne devient peu à peu le maître des lieux. À mesure que l’on approche des causses, il impose sa présence avec une évidence presque souveraine, jusqu’au jour où il règnera seul sur les plateaux pierreux. |
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| Souvent, les vieux chênes dressent leurs troncs massifs au bord du chemin, avant de se partager en puissantes branches maîtresses qui soutiennent une immense canopée mouvante. Les Aubrac, dans les prés voisins, gardent toujours ce regard paisible et un peu mélancolique en voyant défiler les pèlerins. |
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| Il est rare, sur le Chemin de Compostelle, de rencontrer des passages d’une telle sérénité, où tout semble respirer la douceur : les arbres, la lumière, la lenteur du chemin et jusqu’au silence même de la campagne. |
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| Un peu plus loin, le beau chemin atteint le lieu-dit de La Treille. Ces paysages possèdent le charme discret des vieux chemins ruraux qui ne cherchent jamais à impressionner, mais qui finissent pourtant par s’ancrer profondément dans la mémoire. Rien ici n’a la brutalité du spectaculaire ; tout repose au contraire sur une alliance subtile entre la terre, les arbres et la lumière. |
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| Plus loin encore, le chemin de terre se rapproche de la route montant de Livinhac-le-Haut à Montredon, sans jamais vraiment la rejoindre. Tout continue à se dérouler sous les châtaigniers et les chênes, parfois accompagnés de quelques frênes en lisière des bois. Le sentier serpente sous une voûte végétale où les grands chênes et les majestueux châtaigniers déploient leurs branches comme les piliers d’une antique cathédrale rustique. Dans ces sous-bois règne une fraîcheur silencieuse, presque protectrice, qui enveloppe le pèlerin et l’éloigne peu à peu du monde moderne. |
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| Les chemins eux-mêmes participent à cette impression d’intimité. Ce ne sont pas de vastes pistes ouvertes, mais de modestes voies de terre façonnées par le temps, parfois ravinées, bordées de hautes herbes, de talus et de clôtures paysannes. On devine que des générations de paysans, de troupeaux et de marcheurs les ont lentement modelées au fil des siècles. La terre semble y conserver encore la mémoire des anciens passages. |
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| Puis le chemin se rétrécit et recommence à grimper dans la campagne, au milieu des broussailles. Le charme de ces paysages vient aussi de leur simplicité profonde. Rien n’y paraît artificiel. Les arbres poussent librement, les chemins épousent naturellement les ondulations du relief, et toute cette campagne conserve une forme de rudesse tranquille qui touche immédiatement le marcheur. |
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| Bientôt, sous les frênes et les châtaigniers, apparaît au-dessus du chemin le hameau de Feydel-le-Haut, posé sur les hauteurs comme une discrète sentinelle de pierre. Dans cette région, les troncs des châtaigniers, souvent clairs et argentés par le temps, rappellent parfois l’écorce pâle des bouleaux. |
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| Le chemin traverse alors une petite route avant de poursuivre son ascension en pente douce. Par endroits, un vieux châtaignier solitaire découpe sa silhouette dans le bleu du ciel, comme le dernier survivant d’un âge révolu. Il semble se souvenir du temps où lui et ses congénères formaient d’immenses châtaigneraies, lorsque leurs fruits nourrissaient les paysans et constituaient ici une véritable richesse de subsistance. |
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| Le chemin gagne lentement les fermes de Feydel-le-Haut. C’est la campagne dans ce qu’elle a de plus authentique : une terre demeurée intacte, sincère, préservée des artifices modernes. Dans les prés, les montbéliardes paressent à l’ombre des bouquets de chênes et de châtaigniers, comme indifférentes au passage des pèlerins. |
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| Juste au-dessus, le chemin passe près du socle de la nouvelle Croix des Trois Évêques. Il est curieux de constater que, sur le Chemin de Compostelle, les croix semblent souvent aller par trois, comme ce fut déjà le cas sur les hauts plateaux d’Aubrac. Celle-ci possède une histoire singulière. Longtemps disparue, puis retrouvée en partie seulement, elle fut finalement reconstruite en pierre de grès par les trois communes voisines : Montredon pour le Lot, Montmurat pour le Cantal et Livinhac pour l’Aveyron. L’ancienne croix, un temps déplacée loin de son emplacement d’origine, a ainsi retrouvé sa place. Aujourd’hui, elle se dresse de nouveau entre ciel et terre, fière et silencieuse, sur ce site chargé d’histoire qui remonterait au XVIIe siècle. |
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Ici, le parcours entre dans le département du Lot, que le pèlerin aura bientôt le loisir de traverser presque d’un bout à l’autre, au rythme lent des vallons, des causses et des vieux chemins de pierre.

Section 2 : Par monts et par vaux sur le haut plateau

Aperçu général des difficultés du parcours : montagnes russes sans grande difficulté.

| À partir de la Croix des Trois Évêques, la pente s’adoucit nettement, comme si le parcours consentait enfin à offrir un peu de répit au pèlerin. Le GR65 file alors sur le goudron, parfois à l’ombre des grands noyers, en direction du petit hameau de Cagnac blotti au bord de la route. |
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| Peu après, la route traverse un sous-bois assez dense où se mêlent les chênes et les châtaigniers, avec ici ou là quelques épicéas sombres. Pourtant, les grandes châtaigneraies qui couvraient jadis cette région ont largement disparu au fil du temps, souvent remplacées aujourd’hui par les noyers dont les silhouettes accompagnent souvent le paysage. |
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| Le GR65 hésite alors entre les prés ouverts et les lisières boisées, passant sans cesse de la lumière à l’ombre. Puis, au détour de la route, apparaît bientôt Montredon, posé tranquillement sur sa colline. |
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| La petite route rejoint ensuite la départementale D21 qui monte de Livinhac-le-Haut jusqu’à l’entrée du village. |
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| Au bas du village, à la croisée des routes, une petite église discrète sert de lieu de culte aux habitants du pays. |
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| Montredon signifie « le mont arrondi », et le nom épouse parfaitement le paysage. Ce village pittoresque s’étage sur un mamelon doucement bombé dominé par l’église St Michel. Il faut gravir les ruelles pour atteindre le cœur du village, installé au sommet de la colline. |
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| Le GR65 traverse le village avant de redescendre de l’autre côté, en passant près d’une simple croix de bois dressée au bord de la route. |
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| Puis la route plonge dans la campagne. La descente y est soutenue, sous les feuillus dont les branches referment peu à peu leur ombre sur le marcheur. |
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| Au bas de la pente, la route atteint le carrefour de Lalaubie, perdu dans le calme des vallons. |
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| Là, une vaste ferme semble presque déborder sur la route elle-même, comme si l’exploitation agricole avait fini par absorber tout l’espace alentour. |
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| La route remonte alors en pente douce le long de la ferme avant de tourner brusquement à angle droit en pleine campagne, comme si elle hésitait un instant sur la direction à prendre dans cette mer de prairies et de haies. |
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| Elle file ensuite vers le hameau de Tournié, discrètement posé dans les ondulations du paysage. |
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En se retournant vers Montredon, on ne peut qu’être frappé par la beauté paisible de cette nature lorsque le ciel est clair et la lumière généreuse. Et puis il y a ces petits clochers qui émergent des villages comme des repères familiers dans le paysage ; sans eux, la campagne semblerait presque incomplète.

| La nature, ici, ne connaît pas les lignes rigides tracées au cordeau avant que l’homme ne décide de l’ordonner. Les paysans ont simplement bordé le goudron de tranquilles haies de châtaigniers pour laisser passer les tracteurs et relier les fermes dispersées dans la campagne. |
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| La route atteint bientôt Tournié, charmant petit hameau agricole ramassé au milieu des champs où flotte l’odeur fraîche de l’herbe et de la terre. On y découvre même un vieux puits qui semble encore parfois servir, à en juger par la corde récemment changée. Heureux pays où le patrimoine vernaculaire n’a pas entièrement disparu sous les assauts de la modernité. Quelques panneaux publicitaires se sont certes invités dans le décor ; il faut bien que chacun trouve de quoi vivre. |
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| La route traverse ensuite le village entre les fermes et les granges. Le Chemin de Compostelle a toujours eu un faible pour les chemins de traverse, et c’est sans doute ce qui fait son charme. Aux gros bourgs agités, il préfère les hameaux reculés où survivent encore des fragments de la vie d’autrefois. Ici, point de lotissements modernes venus défigurer les campagnes ; le paysage a conservé son âme rurale et son équilibre ancien. |
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| À la sortie du hameau, la route descend doucement vers Lacoste à travers une campagne paisible. Parfois, au loin, le regard s’attarde sur un hameau oublié, parfois seulement sur quelques maisons ou fermes isolées perdues dans l’immensité des prés et des bois. |
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| Vous approchez peu à peu de la Limargue. Le paysage change subtilement : les collines s’adoucissent, les horizons deviennent plus ouverts, plus accueillants, comme si la campagne elle-même cherchait à retenir le voyageur. Dans ces vastes prairies, les vaches travaillent tranquillement à brouter l’herbe grasse avant de venir paresser à l’ombre des chênes et des châtaigniers. Et que dire de ces longues lignes de piquets qui accompagnent les rus ou épousent les croupes des collines ? Elles donnent au paysage cette simplicité paysanne et harmonieuse qui fait tout son charme. |
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| La route passe bientôt près des maisons de Lacoste, bâties de gros moellons aux teintes chaudes. Le hameau semble habité par la vieille sagesse des pierres et des charpentes anciennes, comme si le temps y avançait plus lentement qu’ailleurs. |
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| À Lacoste, le parcours abandonne une nouvelle fois le goudron pour retrouver la terre battue. Le chemin s’engage alors parmi les arbres fruitiers avant de gagner doucement la fraîcheur du sous-bois. |
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Section 3 : Légers vallonnements, en passant par le bel étang de Guirande

Aperçu général des difficultés du parcours : sans difficulté, si ce n’est dans le sous-bois avant la chapelle de Guirande par mauvais temps, un parcours qui peut être délicat sur les cailloux.

| Un petit chemin descend d’abord dans l’herbe haute, avant de devenir plus pierreux en approchant du sous-bois, partagé entre la terre nue et les cailloux roulants. |
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| C’est alors un mauvais petit sentier qui se faufile en pente dans les fourrés. Sous les chênes, les buissons, le houx et les châtaigniers chétifs mêlent leurs branches maigres dans un enchevêtrement presque impénétrable où la lumière du jour peine à se frayer un passage. Le pas devient hésitant, le pied glisse souvent sur les gros cailloux instables, et, par temps de pluie, la boue transforme rapidement l’endroit en bourbier. Cela paraît anodin au premier regard, mais ce genre de chemin casse les jambes bien plus sûrement que les longues montées. |
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| Heureusement, le passage n’est pas très long. Bientôt, le chemin retrouve un peu d’air et de lumière lorsqu’il rejoint, plus bas, une petite route conduisant à la chapelle de Guirande. |
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| La chapelle Sainte-Marie de Guirande se tient au bord de la route, adossée à son petit cimetière. Construite aux XIIe et XIIIe siècles, elle est inscrite aux Monuments historiques, non pour son extérieur assez sobre et sans véritable éclat, mais pour les remarquables peintures murales du XVIe siècle qu’elle abrite en son sein. |
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| Le GR65 quitte ensuite la chapelle et sa magnifique croix de fer dressée sous les grands chênes. Il suit durant quelques instants la départementale D2 en direction de Figeac, avant de bifurquer brusquement à angle droit pour remonter vers le hameau de Guirande. |
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| Le parcours gravit alors doucement le hameau sur le goudron, entre les vieilles maisons de moellons aux pierres patinées par les siècles. Il en va souvent ainsi pour les randonneurs : plus les pierres vieillissent, plus leur charme semble grandir, comme si le temps lui-même venait déposer sur elles une forme de noblesse silencieuse. |
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| À la sortie du hameau, le chemin poursuit tranquillement sa route à plat sous les grands chênes et les magnifiques châtaigniers qui étendent leurs branches au-dessus du passage. |
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| Les arbres prennent ici une allure presque majestueuse dans cette allée de campagne douce et paisible, où l’ombre et la lumière jouent sans cesse sur la terre du chemin. |
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| Au bout de cette allée, un large chemin de terre traverse les prés et les champs ondulant sur de molles collines, parfois interrompus par de petits sous-bois où abondent les feuillus. |
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| Le chemin vagabonde alors longuement dans cette campagne sereine, avançant sans hâte entre les pâtures, les haies et les bouquets d’arbres. |
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| Puis il redescend doucement vers la route au bas de la colline, comme ramené peu à peu vers le monde des hommes. |
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| Là, le GR65 retrouve le goudron pour remonter sur la petite départementale D41. |
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| Le parcours suit alors cette modeste route jusqu’au hameau du Terly. Après plusieurs étapes, le pèlerin finit souvent par devenir plus placide, presque fataliste. Il ne s’agace plus vraiment devant les rubans de goudron qui barrent parfois son chemin. Il faut bien s’y résigner : il n’est qu’un discret passager d’un territoire façonné non pour le rêve ou la marche, mais pour les nécessités quotidiennes des hommes. Pourtant, tandis qu’il monte lentement, son regard peut encore s’échapper vers l’étang de Guirande qui scintille en contrebas dans la lumière. |
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| À Terly, le GR65 abandonne la départementale au niveau d’une élégante croix de fer forgé, puis une petite route descend doucement vers l’étang de Guirande. |
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| C’est une étendue d’eau paisible, presque immobile, qu’un chemin inondable traverse d’un bout à l’autre. Ce petit paradis discret, suspendu entre ciel et terre, ressemble à une parenthèse de sérénité où le temps semble ralentir. Sur les rives silencieuses, quelques pêcheurs solitaires viennent parfois taquiner la truite ou le gardon. Le plus souvent, seul le cri soudain d’un canard sauvage vient troubler le calme profond des lieux. |
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| L’étendue d’eau change d’aspect au fil des saisons et des caprices du climat. Certaines années, l’eau déborde largement sur les berges ; d’autres fois, l’étang paraît presque asséché, laissant apparaître ses fonds vaseux et ses herbes couchées. |
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| La route quitte ensuite l’étang et passe un peu au-dessus, près de fermes discrètement abritées sous les grands arbres qui veillent sur la campagne. |
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Section 4 : Légers vallonnements entre campagne et sous-bois

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

| C’est presque un soulagement de retrouver rapidement un chemin de terre qui file à nouveau sous les châtaigniers et les chênes, loin du goudron et du bruit des routes. |
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| Puis les arbres se clairsement peu à peu, et le chemin bifurque brusquement à angle droit avant de monter légèrement dans une sorte de lande confuse envahie de buissons, de cynorhodons et de ronces emmêlées. |
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| Ici, la nature sauvage semble avoir repris ses droits. Les anciennes haies de feuillus se sont dissoutes dans une végétation libre et broussailleuse où l’homme paraît avoir renoncé depuis longtemps à imposer de l’ordre. |
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| Le chemin rejoint bientôt le hameau de Bord, installé au bord d’une petite route discrète. |
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| Autrefois, on trouvait ici un établissement où les randonneurs pouvaient se restaurer et faire halte. Aujourd’hui, l’endroit semble définitivement fermé, comme abandonné au lent effacement des campagnes. |
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C’est ici également que le parcours du GR65 a été modifié. Jadis, le chemin traversait les champs et les sous-bois en direction de la Cipière. Désormais, le balisage reste assez confus : le GR65 quitte le hameau par la gauche, suit un moment la route avant de bifurquer plus loin sur la droite vers Saint-Félix, annoncé à vingt-cinq minutes de marche.

| Un sentier forestier s’engage alors à la lisière du sous-bois sous les feuillus. |
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| L’ombre y est généreuse sous les grands arbres qui referment leurs branches au-dessus du sentier. |
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| À la sortie du bois, le chemin longe un vaste champ avant de revenir près de la départementale D2. Toute cette gymnastique du parcours mérite d’ailleurs quelques explications. Par le plus grand des hasards, nous avons rencontré ici la responsable des Amis de Saint-Jacques pour le secteur de Figeac, une charmante dame qui compte plus de 5 000 kilomètres parcourus sur les chemins de Compostelle. À Bord, certains agriculteurs ne souhaitaient plus voir le GR traverser leurs prés. Mais un propriétaire plus généreux a accepté de céder une bande de terrain afin de maintenir le passage des pèlerins. C’est ainsi que le Chemin se transforme sans cesse au fil des années. Les pèlerins naïfs qui pensent marcher exactement dans les traces de leurs ancêtres se trompent souvent. Il suffit de se souvenir qu’une grande partie des forêts françaises appartient à des propriétaires privés : sans leur accord et leur bienveillance, jamais le Chemin de Compostelle n’aurait pu traverser une telle diversité de paysages en France. |
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| Au bout du champ, le GR65 traverse la départementale avant de poursuivre par la route en direction de Saint-Félix. Ici aussi, le tracé a été modifié. Jadis, un petit sentier suivait discrètement la rivière à travers les sous-bois. Aujourd’hui, c’est le goudron qui a pris le relais… et désormais, vous savez pourquoi ces changements se produisent si souvent sur le Chemin. |
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| La route descend alors doucement dans les prés, souvent au milieu des troupeaux qui regardent passer les pèlerins avec leur calme indifférence coutumière. |
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| Elle traverse ensuite le discret ruisseau de Donazac, presque caché sous la végétation. |
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| Puis la petite route remonte vers le village sous les chênes qui accompagnent la montée de leur ombre tranquille. |
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| L’arrivée à Saint-Félix a beaucoup de charme. L’église romane Sainte-Radegonde, claire et lumineuse, abrite notamment un remarquable tympan du XIe siècle représentant Adam et Ève. . |
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| Saint-Félix semble entièrement bâti de pierres anciennes qui respirent encore les traditions rurales et murmurent les confidences du passé. Il y avait jadis ici une auberge, apparemment fermée aussi. Le parcours quitte ensuite le village en contrebas de cette petite place. |
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| Un étroit sentier grimpe alors assez sèchement sur le flanc de la colline avant de musarder sous les chênes en contournant lentement le relief. |
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| De l’autre côté de la colline, le GR65 rejoint une petite route qui serpente doucement dans un paysage devenu plus résidentiel. |
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| Un peu plus loin, le GR65 abandonne la route pour retrouver un chemin qui replonge dans le sous-bois. Il en va presque toujours ainsi : dès que les maisons se multiplient, le goudron suit inévitablement. Pourtant, certains vieux chemins vicinaux résistent encore à l’effacement, et le pèlerin s’y engouffre aussitôt avec soulagement. |
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| Cette courte respiration entre les haies, sous les chênes et les châtaigniers, apporte encore un peu du charme des campagnes traversées jusque-là. |
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| Mais le répit est de courte durée, et le GR65 retrouve rapidement le goudron. |
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| Le parcours monte alors longuement sur la route dans ce qui ressemble déjà aux abords de Figeac, jusqu’au village de Saint-Jean-Mirabel. Il faut bien le reconnaître : l’approche des villes refroidit souvent l’enthousiasme du pèlerin qui s’était habitué au bonheur simple des chemins creux, aux bocages silencieux et aux vieilles demeures de pierre qui semblaient traverser les siècles avec une forme d’éternité. Peu à peu, il redescend vers la réalité contemporaine. Il se rappelle que lui aussi vit parfois au milieu de ces lotissements modernes sans véritable âme, derrière des clôtures de thuyas uniformes qui cachent les hommes au regard de leurs voisins autant qu’au paysage lui-même. |
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Section 5 : De longs trajets sur la route

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

| Cette longue montée en pente douce sur une route rectiligne vous paraîtra sans doute interminable. Le GR65 progresse ici au milieu des villas modernes, parfois égayées seulement par quelques vaches dans les prés voisins qui apportent un peu de vie et de couleur à la banalité tranquille des lieux. Pourtant, un peu plus haut, l’espoir renaît soudain sous la forme d’un petit chemin qui s’enfonce enfin dans le sous-bois. |
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| Alors apparaît un bref intermède forestier : un étroit chemin de terre nerveux et irrégulier qui serpente sous les arbres. |
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| Mais l’illusion ne dure guère. Très vite, le chemin retrouve le goudron, traverse une nouvelle fois la départementale D2 et poursuit sa montée vers le cimetière et le point d’eau de St Jean-Mirabel. |
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| Là-haut, sur l’esplanade de l’église St Jean-Baptiste, près du point d’eau, se dressent côte à côte la statue de Jeanne d’Arc et une étonnante bicyclette pourpre élevée en hommage à Montcoutié, un cycliste lotois victorieux d’une étape du Tour de France 2004 dans la région. L’ensemble surprend autant qu’il amuse le voyageur. |
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| Depuis l’esplanade, une petite route redescend vers la départementale. |
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| C’est ici que commence un long tronçon de plus de deux kilomètres sur le goudron. Un étroit chemin de terre a bien été aménagé au bord de la route, mais cela ne change guère la monotonie du parcours. Le paysage, largement ouvert, permet cependant de voir les pèlerins qui avancent devant et derrière, semblables à des grains de chapelet dispersés sur la colline, penchés sous le poids de leur sac. Les voitures qui passent rappellent aussi que le pèlerinage n’échappe jamais complètement au monde moderne. |
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| Deux kilomètres ainsi paraissent longs, monotones et sans grand charme, même si la présence d’une croix au bord du chemin invite parfois à quelques pensées plus méditatives. |
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| Notre organisatrice des Amis de Saint-Jacques tente depuis des années de faire passer le parcours par les sentiers forestiers entre Saint-Félix et Figeac. Jusqu’à présent, sans succès. Peut-être aurez-vous un jour le privilège d’inaugurer ce nouveau tracé lorsqu’il verra enfin le jour ? |
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| Au lieu-dit Bel-Air, un habitant sensible à la fatigue des pèlerins a dessiné sur sa boîte aux lettres un petit motif du Chemin et gravé sur un mur quelques mots d’encouragement et de foi. Il en faut, car la montée sur le goudron n’est pas encore terminée. Il faut reconnaître aussi qu’il existe, presque partout sur le Chemin, une forme de solidarité discrète entre les habitants et ceux qui passent sac au dos devant leurs maisons. |
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| Puis, soudain, vient enfin la délivrance. Au lieu-dit Panacard, le GR65 quitte la route et retrouve un petit chemin qui descend la colline le long des haies et des prés. |
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| Alors revient enfin le plaisir du vrai chemin, celui qui musarde sous les chênes et les châtaigniers, au milieu des herbes folles qui débordent sur les bas-côtés. |
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| Mais ce répit ne dure guère. Les routes finissent toujours par reprendre leurs droits lorsqu’il faut desservir les lotissements et les nouvelles habitations dispersées dans la campagne. |
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| Le GR65 retrouve donc une nouvelle fois le goudron pour rejoindre les abords du carrefour des Crouzets. |
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| Là, une petite voie de terre battue redescend doucement le long des haies champêtres. |
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| Puis le parcours retrouve enfin un chemin de traverse plus discret et plus intime. |
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| Ici, le passage sous les arbres se prolonge davantage qu’auparavant. Les majestueux chênes y règnent toujours en maîtres, accompagnés de châtaigniers plus fatigués et de quelques frênes élancés. Les bords du chemin sont souvent soulignés de solides murets de pierre recouverts de mousse, comme si la forêt cherchait lentement à les reprendre dans son silence végétal. |
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| Le chemin ondule alors avec douceur sous les feuillus, avançant sans heurt dans une lumière tamisée de sous-bois. |
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| Puis il se rapproche à nouveau de quelques habitations perdues dans cette nature presque sauvage, discrètement cachées sous les arbres. |
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| Autrefois, lorsque l’on arrivait au bout de ce chemin, le parcours descendait vers Pipy. Là, ceux qui voulaient éviter Figeac pouvaient emprunter le GR6 qui filait directement vers la Cassagnole. Mais il fallait vraiment être pressé pour choisir cette option, car Figeac mérite largement qu’on lui consacre du temps et une longue visite. Le tracé, autrefois assez confus dans ce secteur, a donc été modifié une nouvelle fois afin de remonter plus directement vers la départementale D2. |
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| Alors, demi-tour, et voici de nouveau le retour sur le goudron pour quelques instants. La vie du pèlerin est ainsi faite : après la pluie vient le beau temps, et après les chemins de terre reviennent toujours quelques portions de route. Il faut apprendre à accepter cette alternance comme une part même du voyage. |
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| Le GR65 remonte alors un moment la départementale D2 jusqu’au carrefour de la Pierre Levée. Le parcours paraît ici assez chaotique, il faut bien l’avouer. Espérons que notre infatigable organisatrice des Amis de Saint-Jacques parvienne un jour à faire aboutir ses projets afin d’offrir aux pèlerins un itinéraire plus harmonieux et plus fidèle à l’esprit du Chemin. |
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| À partir de là, les hésitations cessent enfin : le parcours file désormais tout droit vers Figeac. D’abord sur une large route de gravillons qui avance sous les châtaigniers, les frênes et les nombreux noyers qui peuplent cette campagne. |
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Section 6 : Entre chemins et routes dans les environs de Figeac

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté, avant la descente terminale sur Figeac, vraiment très pentue.

| Plus loin, les voitures et les tracteurs disparaissent enfin. La terre battue reprend ses droits sur le bitume au pied des vieux murets de pierre lentement envahis par les mousses rampantes. |
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| On se rapproche alors de Figeac, presque à plat, sous l’ombre tranquille des feuillus qui accompagnent le chemin. |
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| Au détour du chemin surgit une petite tour de pierre assez curieuse. Elle rappelle les “chibottes” que l’on rencontre dans le Dolaison près du Puy-en-Velay. Il existe d’ailleurs des dizaines de noms vernaculaires pour désigner ces modestes constructions de pierre sèche. Dans le Lot, on les appelle le plus souvent des “caselles”, tandis que le terme de “gariotte”, pourtant le plus célèbre, n’est véritablement employé qu’autour de Cahors. Ces abris n’ont généralement guère plus de deux siècles. Ils sont nés de l’épierrage des terres agricoles : les paysans retiraient les pierres des champs afin de faciliter les cultures, puis les réutilisaient pour bâtir ces petites constructions destinées à abriter les bergers, ranger les outils ou se protéger des intempéries. Aujourd’hui souvent abandonnées, elles font néanmoins l’objet de nombreuses initiatives locales de sauvegarde. |
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| Le chemin commence ensuite à descendre vers l’antenne de télévision, sous les chênes, les châtaigniers et les frênes, toujours accompagné des murets de pierre qui serpentent dans la pente. Déjà, tout en bas, apparaît Figeac avec ses toits rouges si caractéristiques qui émergent des arbres. |
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| Le chemin traverse alors un environnement presque sauvage qui laisse penser que, par bonheur, quelques endroits ont encore échappé à l’appétit des agences immobilières, malgré la proximité immédiate de la ville. Ces paysages possèdent cette beauté discrète et profondément rurale que l’on rencontre encore parfois sur les derniers chemins de campagne préservés. Rien ici ne cherche l’effet spectaculaire ; tout repose sur l’harmonie entre la lumière, les arbres, la pierre et les ondulations paisibles du relief. |
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| Le chemin serpente entre de vieux murets de pierres sèches à demi effondrés, peu à peu colonisés par les mousses, les ronces et les herbes sauvages. Ces pierres semblent appartenir au paysage depuis toujours, comme si elles avaient lentement poussé avec les arbres et les haies. Elles racontent silencieusement le patient travail des générations paysannes qui ont façonné ces collines pierre après pierre. |
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| Les chemins eux-mêmes possèdent quelque chose d’intime. Étroits, légèrement creux, parfois bordés de clôtures rustiques, ils donnent l’impression de pénétrer dans une campagne encore secrète et préservée. |
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| Puis soudain, le paysage s’ouvre. Ce qui frappe surtout ici, c’est la sensation de calme profond qui émane de ces lieux. Le chemin semble avancer hors du temps, dans une campagne qui a conservé quelque chose d’ancien et d’essentiel. On comprend alors pourquoi tant de pèlerins gardent longtemps ces paysages en mémoire. En sortant des taillis, le chemin atteint l’extrémité de la crête où paissent les Aubrac. À les regarder, on pourrait croire qu’elles passent davantage de temps à somnoler qu’à travailler réellement. Il est vrai qu’ici on ne leur demande guère de produire du lait, mais plutôt d’offrir cette viande réputée qui fait aussi la richesse du pays. |
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| À partir de là, le chemin se met à descendre sérieusement, avec des pentes oscillant entre 10 et 15 %, comme si Figeac cherchait encore à tenir le pèlerin à distance. |
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| Peu à peu, le parcours abandonne le chemin herbeux pour retrouver une terre battue plus compacte et plus ferme sous les pas. |
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| Alors les chaussures se mettent à crisser sur cette terre sèche et parfois caillouteuse qui roule légèrement sous les semelles. |
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| Plus bas, près d’une croix de granit dressée au bord du passage, le parcours rejoint une petite route où apparaissent les premières maisons des hauteurs de Figeac. |
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| Puis la pente devient encore plus sévère, approchant parfois les 20 %, sous une profusion de chênes, mêlés à des châtaigniers et à quelques frênes dispersés dans la pente. |
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| Oui, c’est raide. Et pourtant, malgré cet effort, le centre-ville demeure encore assez éloigné. Figeac ne se livre pas facilement ; elle se mérite pas à pas. |
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| C’est ici que la descente atteint sa plus forte inclinaison, juste avant de rejoindre la voie ferrée au fond du vallon. Vous voyez le panneau d’entrée de la ville, mais le centre-ville est encore à 1 kilomètre et demi d’ici. |
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| Alors la route sort peu à peu de la forêt dense, abandonnant progressivement l’ombre épaisse des sous-bois. Elle passe sous la voie ferrée avant de rejoindre le camping du Surgié, installé au bord du Célé. |
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| Le parcours suit ensuite les rives du Célé, cette rivière paisible qui coule ici avec une belle limpidité à la hauteur du camping, avant de perdre un peu de sa pureté plus en aval dans la traversée urbaine. |
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| La route poursuit alors longuement sa course sous les grands arbres jusqu’au carrefour marquant l’entrée dans la ville, au début de l’Allée Victor-Hugo. |
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| Cette Allée Victor-Hugo, qui correspond en réalité à la grande départementale D840, semble interminable. |
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| Peu avant le centre-ville, une petite route de traverse permet heureusement d’éviter cette longue avenue en se rapprochant du cours d’eau sous les arbres. Il suffit alors de suivre ce passage plus paisible jusqu’au pont qui permet enfin de gagner le cœur historique de Figeac. |
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Visite de Figeac
Figeac, avec ses 10’000 habitants, est une très belle cité médiévale, qui est née d’une abbaye dominicaine que l’on trouvait ici, et qui a fleuri à cause des pèlerinages du Chemin de Compostelle. C’était une étape obligatoire, entre Conques et Cahors. La légende ou la réalité veut aussi que Figeac tire son nom d’une expression latine Fige acum. Les pèlerins se perdaient souvent dans les très nombreuses forêts autour de Figeac. Un abbé aurait répondu : Fige acum, ce qui se traduit par Plante une aiguille. Ceci explique du moins la présence dans la région de monuments appelés aiguilles, des obélisques plantés dans le terrain pour indiquer la direction. Au Moyen-âge les marchands deviennent si puissants qu’ils s’opposent à l’abbé. Le roi intervient alors et met le pays sous tutelle d’un viguier. La suite de l’histoire, c’est la Grande Peste, la Guerre de Cent ans, un nouvel essor de la ville où on construit de beaux hôtels particuliers, qui subsistent encore. Hélas, la prise de pouvoir par les protestants réfrène l’élan. On se met plutôt à raser les églises qu’à construire. Heureusement pour nous, la ville a conservé de très beaux vestiges. Le Célé coupe la cité en deux, mais la ville médiévale est sur la rive droite de la rivière.

| Alors, un petit tour dans Figeac, non ? Champollion, le génial déchiffreur des hiéroglyphes est né à Figeac, en 1790. Bien qu’il n’y ait en fait jamais vécu, à part dans sa petite enfance, la ville a transformé sa belle maison natale en musée. Tout près du musée, enchâssée dans des bâtiments médiévaux se loge la Place des Écritures, une immense reproduction de la pierre de Rosette, sculptée dans du granit noir du Zimbabwe par l’américain Joseph Kosuth. Le mieux est de grimper sur le jardin suspendu pour admirer cette œuvre inaugurée en 1991. |
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| L’église St Sauveur date à l’origine du XIe siècle, mais elle fut amendée au cours des siècles. Elle contient de magnifiques peintures sur bois et de beaux vitraux. |
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| Une belle halle trône au centre-ville, comme une oasis de cafés à l’ombre. Certains pèlerins fortunés feront peut-être au magnifique hôtel du Vigier au centre-ville. L’hôtel de luxe vient de rouvrir après de nombreuses années de fermeture. |
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| L’Office du tourisme distribue de petits dépliants. Il suffit de suivre les clefs dans la ville et le petit guide narre l’historique des monuments. Le sentiment ici est de se retrouver du temps de l’abbaye bénédictine. Dans toute la ville se succèdent des maisons à pans de bois, avec des encorbellements, des fenêtres en réseau. L’hôtel de la Monnaie, transformé récemment à l’intérieur, abrite l’Office du tourisme. |
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| Dans certaines ruelles, les édifices grimpent jusqu’au ciel, avec leur solheio, tout là-haut sous le toit, une sorte de grenier à ciel ouvert, qu’on utilisait pour sécher les peaux ou pour conserver les aliments. Les architectes d’ici n’ont-ils pas fait plusieurs fois le voyage d’Italie pour reproduire à plusieurs endroits dans la ville des Pont des Soupirs ? |
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