Entre Figeac et Cahors, le pèlerin qui poursuit sa route vers Santiago traverse l’un des paysages les plus caractéristiques du Quercy. Entre Figeac et Cahors, le pèlerin de Chemin de Saint‑Jacques‑de‑Compostelle pénètre dans l’un des paysages les plus caractéristiques du Quercy, celui des causses calcaires et des vallées profondes creusées par les rivières. Ici, plusieurs parcours permettent d’avancer vers l’ouest. Le plus connu est le GR65, la voie traditionnelle du Puy. Mais d’autres itinéraires, comme la variante de la vallée du Célé (GR651 puis GR36 et GR46) ou encore certaines sections du GR6, offrent au marcheur des paysages et des ambiances sensiblement différentes, comme autant de façons d’habiter ce territoire minéral. Chacun de ces parcoursrévèle un visage différent du Lot et des causses du Quercy.
Le GR65, itinéraire traditionnel
En quittant Figeac, la ville médiévale aux ruelles étroites et aux maisons de pierre blonde, le marcheur s’élève progressivement vers les premiers reliefs du causse. Le chemin serpente entre des murets de pierres sèches, franchit des combes herbeuses, traverse des bois de chênes pubescents. La terre devient plus pâle, presque blanche par endroits : c’est le calcaire qui affleure, pierre maîtresse de tout le pays. Sur ces plateaux austères mais lumineux, les horizons s’ouvrent largement. Ici, le causse impose son rythme. Le regard porte loin, sur une mosaïque de champs maigres, de buissons épineux et de petits hameaux serrés autour d’un clocher. C’est l’univers du causse, rude et dépouillé, mais d’une beauté discrète qui se révèle peu à peu au marcheur attentif. Plus loin, le parcours plonge vers la vallée du Lot, et l’on atteint Cajarc, village étiré au bord de la rivière. L’eau apporte ici une douceur nouvelle : jardins, peupliers, prairies vertes contrastent avec l’aridité du plateau. Mais la pause est brève. Sitôt franchi le village, le parcours remonte sur le causse, vers Limogne-en-Quercy, et reprend son long cheminement à travers ces paysages ouverts où dominent le silence et la pierre. Les dolines, ces dépressions naturelles du relief karstique, apparaissent comme de petites clairières circulaires où la terre plus profonde permet quelques cultures. Par endroits, des cazelles de pierre sèche surgissent au détour du chemin, témoins d’un patient travail paysan. À partir de là, la marche reprend sur les plateaux du Quercy, à travers les dolines, les cazelles de pierre sèche et les petits villages dispersés. Peu à peu, le relief s’adoucit, la vallée du Lot s’élargit, et la silhouette de Cahors apparaît dans un large méandre du fleuve.
Nous ne ferons pas de description de ce parcours. Il est disponible sur le site en suivant la via Podiensis (Étape 13 à 16, De Figeac à Cahors, en passant par Cajarc, Limogne-en-Quercy, et Vaylats).
La variante de la Vallée du Célé (GR651, puis GR36/46)
Voici les étapes de Figeac à Cahors sur la Variante de la Vallée du Célé. Cliquez sur les étapes pour les ouvrir :
Etape 02 : Espagnac à Marcilhac-sur-Célé
Etape 03 : Marcilhac-sur-Célé à Cabrerets
Etape 04 : Cabrerets à St Cirq-Lapopie
Etape 05 : St Cirq-Lapopie à Vaylats
Vous pouvez soit entrer dans l’étape de votre choix ou suivre la navigation d’une étape à l’autre. Bon voyage.
La variante par la vallée du Célé constitue l’une des grandes alternatives au chemin principal entre Figeac et Cahors sur le chemin de Saint‑Jacques‑de‑Compostelle. Elle est aujourd’hui balisée comme une variante de la voie du Puy et suit principalement le GR651, avant de rejoindre plus loin le GR36 ou le GR46 selon les options retenues pour atteindre Cahors. Cet itinéraire, un peu plus long que le tracé du GR65, traverse l’un des paysages les plus spectaculaires du Lot : la vallée encaissée du Célé, profondément entaillée dans les plateaux calcaires du Quercy.
À la sortie de Figeac, le parcours demeure d’abord identique à celui du GR65. Les deux parcours cheminent ensemble jusqu’au village de Béduer. Là, la voie de la vallée du Célé se sépare du tracé principal et suit le GR651. Très vite, le paysage change de caractère. Les plateaux ouverts du causse s’effacent peu à peu pour laisser place à un relief plus resserré et plus verdoyant. Le marcheur s’enfonce progressivement dans la vallée du Célé, où la rivière devient le fil discret mais constant du voyage. Après quelques kilomètres, apparaissent les premières falaises calcaires qui annoncent la vallée proprement dite. Le Célé serpente entre des versants abrupts où alternent bois ombreux, prairies étroites et barres rocheuses. Le chemin rejoint alors Corn, petit village dont l’atmosphère semble presque médiévale. Ici, la pierre domine tout : murs, maisons, escaliers, terrasses. Les façades calcaires paraissent surgir directement du sol, comme si le village avait poussé à même la roche. Dans cette partie de la vallée, les falaises grises s’élèvent parfois directement au-dessus de l’eau. Les pentes boisées plongent vers la rivière et la lumière se glisse entre les feuillages. Le parcours longe par endroits le Célé, puis s’élève légèrement sur les versants afin de contourner certaines barres rocheuses. La marche devient plus variée, alternant passages au bord de l’eau et petites montées vers les replats suspendus. Le parcours conduit ensuite à Espagnac-Sainte-Eulalie, village étroitement adossé à la rivière. Le lieu est dominé par l’ancien prieuré augustinien, fondé au IXe siècle, dont l’église et les bâtiments conventuels rappellent l’importance spirituelle de cette vallée sur les routes médiévales. L’ensemble possède une harmonie remarquable : la pierre blonde des maisons, la rivière calme et les falaises qui ferment l’horizon. En poursuivant vers l’ouest, la vallée devient plus spectaculaire encore. Le parcours traverse Brengues, puis atteint St Sulpice. Là, certaines maisons semblent littéralement habiter la falaise. Des habitations troglodytiques apparaissent dans les parois calcaires, creusées dans la roche au fil des siècles. Les falaises deviennent plus hautes, plus impressionnantes. Plusieurs cavités naturelles, grottes et abris sous roche témoignent d’occupations humaines très anciennes, remontant parfois à la préhistoire. Cette section du parcours est souvent considérée comme l’une des plus physiques de la vallée. Le chemin caillouteux épouse les reliefs du causse, alternant montées et descentes parfois raides. Les chemins quittent la rivière, gagnent les plateaux, redescendent vers le fond de vallée, puis remontent encore. Cette succession de dénivelés donne au parcours un caractère sportif mais aussi très vivant. Le marcheur progresse entre bois, falaises et clairières calcaires, dans un paysage d’une grande diversité. Plus loin apparaît Marcilhac-sur-Célé, sans doute l’un des sites les plus marquants de la vallée. Le village s’organise autour des ruines monumentales de son abbaye bénédictine fondée au XIe siècle. Les hautes arcades de pierre dominent les toits du bourg et témoignent de l’importance qu’a longtemps eue cette vallée dans la vie monastique du Quercy. Le paysage demeure ici profondément encaissé : la rivière, les falaises blanches et les maisons de pierre composent un ensemble d’une grande harmonie. Au-delà de Marcilhac, le parcours retrouve sans cesse les reliefs du causse. Les chemins montent sur les plateaux, redescendent vers la vallée, croisent de petites routes qui se terminent souvent en impasse dans quelque hameau isolé. La solitude y est fréquente : on n’y rencontre guère que quelques marcheurs. Puis le chemin rejoint Cabrerets, autre lieu singulier de la vallée du Célé, où les maisons troglodytiques s’accrochent encore aux falaises calcaires qui dominent la rivière. Le paysage y conserve cette alliance étonnante entre eau, roche et habitat humain qui fait tout le caractère de la vallée.
Depuis Cabrerets, le parcours quitte un temps l’intimité de la vallée pour remonter sur le causse. La montée est progressive mais soutenue, et le paysage change à nouveau de visage. Les falaises s’éloignent derrière soi, la rivière disparaît peu à peu, et l’on retrouve les grands espaces ouverts des plateaux calcaires. Le parcours traverse alors une terre rude, presque austère, où la végétation se fait basse et fruste : chênes rabougris, genévriers, buissons épineux accrochés à la roche claire. Le parcours passe à proximité de la remarquable Grotte du Pech Merle, l’un des grands sites préhistoriques du Quercy. Dans ces profondeurs calcaires, les hommes de la préhistoire ont laissé des peintures et des empreintes vieilles de plus de vingt mille ans. La présence de cette grotte rappelle combien ces falaises et ces plateaux ont été habités bien avant les routes de pèlerinage. Après cette traversée du causse, le parcours redescend progressivement vers la vallée du Lot et rejoint Bouziès, village situé non loin du confluent du Célé et du Lot. C’est ici que le pèlerin quitte le GR651 et se trouve devant un choix d’itinéraire. Il est possible de rejoindre directement Cahors en empruntant le GR36. Mais beaucoup préfèreront (et avec raison) faire le détour par Saint-Cirq-Lapopie en suivant les itinéraires du GR36 et du GR46. Ce crochet ajoute une journée de marche, mais il constitue l’un des moments les plus mémorables du parcours. Le trajet qui mène à Saint-Cirq-Lapopie est en effet l’un des passages les plus singuliers de la région. À la sortie de Bouziès, le marcheur emprunte l’ancien chemin de halage creusé dans la paroi rocheuse qui longe la rive du Lot. Ce passage étroit, sculpté directement dans la falaise, avance sous la roche blonde et les surplombs calcaires. La rivière coule tranquillement en contrebas, tandis que la paroi protège le chemin d’une ombre fraîche. Par endroits, la roche est ornée de sculptures végétales contemporaines qui se fondent dans la pierre. Peu à peu, le parcours s’approche de Saint-Cirq-Lapopie. Le village apparaît alors, suspendu au sommet d’une falaise qui domine la vallée du Lot. Les maisons aux toits bruns et aux façades de pierre semblent accrochées à la paroi. Les ruelles étroites, les échoppes anciennes et les maisons médiévales donnent au lieu une atmosphère intacte. Le village a souvent été cité parmi les plus beaux de France et fut notamment rendu célèbre par l’écrivain André Breton, qui y trouva refuge et inspiration. Depuis ce promontoire spectaculaire, le regard embrasse toute la vallée du Lot. Le pèlerin sait alors qu’il lui reste encore quelques kilomètres à parcourir avant d’atteindre Cahors, mais cette étape marque souvent l’un des sommets esthétiques et émotionnels de la traversée entre Figeac et Cahors.
Depuis Saint-Cirq-Lapopie, le parcours quitte l’un des plus spectaculaires belvédères de la vallée du Lot pour retrouver peu à peu les espaces plus ouverts du causse. Le parcours s’éloigne progressivement de la rivière pour remonter vers les plateaux calcaires. Très vite, l’atmosphère change : les falaises disparaissent derrière soi et la marche retrouve le rythme ample des paysages du Quercy. Le parcours gagne d’abord les hauteurs du causse, où dominent les pelouses sèches, les chênes bas et les genévriers. Les sols pierreux, parfois blanchis par le calcaire, réfléchissent la lumière. Ici, le paysage s’étire largement, ponctué de murets de pierres sèches, de petites fermes isolées et de cazelles disséminées dans les champs maigres. Cette traversée donne au marcheur l’impression d’entrer dans un pays silencieux, presque immobile, où les villages apparaissent seulement après de longues marches. Le parcours atteint alors Concots, village posé au cœur du causse. Autour du bourg, les terres agricoles s’organisent en petites parcelles entourées de murs de pierre. Le paysage garde quelque chose d’austère mais aussi d’harmonieux, marqué par l’équilibre ancien entre l’homme et cette terre sèche. Depuis Concots, le parcours continue à travers les plateaux ondulés du causse de Limogne, alternant chemins pierreux, petites routes rurales et sentiers bordés de buissons. Plus loin apparaît Bach, autre village typique du Quercy. Les maisons y sont bâties dans la pierre blonde locale, aux toits de tuiles brunes qui se confondent presque avec la couleur du sol. Les alentours sont marqués par la présence de dolines et de combes, ces dépressions naturelles caractéristiques du relief karstique. Par endroits, les bois de chênes se referment sur le chemin, apportant un peu d’ombre dans ce paysage largement ouvert. La marche se poursuit ensuite vers Vaylats. Le village se distingue par son ancien ensemble hospitalier et monastique, dont l’église et les bâtiments rappellent l’importance de ces lieux d’accueil sur les routes de pèlerinage. Autour du village, le causse reprend son apparence minérale : herbes rases, pierres claires, petits chemins bordés de murs qui serpentent entre les champs.
À Bach ou à Vaylats, le parcours a rejoint le GR65. Le paysage reste fidèle à l’âme du Quercy : une terre claire et pierreuse, où les champs semblent parfois surgir d’une mince couche de terre déposée sur le calcaire. Les murets de pierres sèches dessinent de longues lignes basses à travers les parcelles, témoins d’un patient travail paysan accumulé au fil des siècles. Le parcours serpente entre prairies maigres et bois de chênes pubescents dont les troncs courts et tourmentés semblent lutter contre le vent et la sécheresse. La marche y est paisible mais régulière. Le sol alterne entre dalles calcaires affleurantes et chemins terreux où roulent parfois quelques pierres blanches. Par endroits, des cazelles surgissent dans les clairières : petites cabanes de pierre sèche aux voûtes parfaites, autrefois utilisées par les bergers et les cultivateurs. Ces constructions discrètes rappellent que ces plateaux, aujourd’hui silencieux, furent longtemps intensément exploités. Le pèlerin marche ici sur le Cami Ferrat, que l’on appelle aussi le chemin de César. Cette ancienne voie traverse le causse avec une remarquable rectitude, filant à travers le paysage sans réellement rencontrer de villages. Cette longue progression solitaire constitue l’un des grands moments du chemin de Compostelle : une marche ample et silencieuse, où l’espace semble s’étirer à perte de vue. Le parcours alterne entre sentiers pierreux et petites routes rurales qui desservent quelques fermes isolées. Après la longue traversée de l’autoroute, le chemin retrouve rapidement sa tranquillité et joue à nouveau avec les reliefs doux du plateau. Il monte légèrement, redescend vers une combe, remonte encore sur une ligne de crête. Ces ondulations donnent au parcours un rythme presque musical. Peu à peu, le relief commence à s’infléchir. Les ondulations du causse annoncent l’approche de la vallée du Lot. La marche se fait plus descendante, comme si le plateau lui-même conduisait doucement le pèlerin vers la rivière. La descente finale vers Cahors marque un changement sensible d’atmosphère. Après la rudesse minérale du causse, le paysage devient plus habité, plus humain. La vallée s’ouvre progressivement, et l’on devine bientôt les méandres du Lot. Puis apparaît la ville, posée dans une large boucle de la rivière. Les toits bruns se serrent autour des clochers et des vieilles rues. Là, les tours massives du Pont Valentré se dressent au-dessus du Lot. Cette forteresse médiévale de pierre marque depuis des siècles le passage des voyageurs et des pèlerins. Après les longues traversées silencieuses du causse, l’arrivée à Cahors possède quelque chose de solennel : comme si la route, après tant de plateaux et de chemins pierreux, retrouvait soudain la présence pleine et vivante d’une grande ville du chemin de Compostelle.
La variante de Rocamadour (G46 et GR6)
Voici les étapes de Cahors à Figeac par la Variante de Rocamadour. Cliquez sur les étapes pour les ouvrir :
Pour notre part, nous avons entrepris le voyage à l’envers, de Cahors à Figeac.
Etape 01 : Cajarc à Vers
Etape 02 : Vers à Labastide-Murat
Etape 03 : Labastide-Murat à Rocamadour
Etape 04 : Rocamadour à Gramat
Etape 05 : Gramat à Lacapelle-Marival
Etape 06: Lacaplle-Marival à Figeac
Vous pouvez soit entrer dans l’étape de votre choix ou suivre la navigation d’une étape à l’autre. Bon voyage.
La variante de Rocamadour constitue l’un des grands détours possibles du chemin de Saint‑Jacques‑de‑Compostelle entre Cahors et Figeac. Elle quitte la logique directe du GR65 pour traverser une autre partie du Quercy. Ce détour conduit le marcheur vers l’un des grands sanctuaires médiévaux d’Europe : Rocamadour. Les pèlerins arrivant à Figeac, peuvent aussi emprunter le GR6 pour rejoindre Rocamadour. A partir de là, c’est le GR46 qui conduit les randonneurs vers Cahors.
En quittant Cahors, le chemin franchit d’abord le Lot. Peu à peu, la ville s’efface derrière la large boucle de la rivière. La marche débute tranquillement, encore proche de l’eau, le long des champs fertiles, des bosquets et des jardins maraîchers qui occupent les terres alluviales de la vallée. L’atmosphère reste douce et habitée, rythmée par la présence de l’eau et des cultures. Puis le chemin s’éloigne progressivement de la rivière et commence à s’élever. La montée est lente mais régulière. Peu à peu, l’horizon s’ouvre et le paysage change de nature. Les terres grasses de la vallée disparaissent derrière soi et la marche gagne les plateaux calcaires du Quercy. Le causse réapparaît avec ses traits familiers : sols pierreux, herbes sèches, et petits chênes pubescents accrochés aux pentes. Le parcours alterne alors entre sentiers pierreux et petites routes rurales qui desservent quelques fermes isolées ou de rares hameaux. L’espace s’élargit, le paysage devient plus austère, plus silencieux. Après cette montée progressive, le chemin redescend un moment vers la vallée et rejoint Vers, petit village posé au bord du Lot, blotti entre la rivière et les falaises calcaires. Entre Vers et Labastide-Murat, le parcours traverse ensuite l’un des paysages les plus caractéristiques du Parc naturel régional des Causses du Quercy. Cette section marque une transition nette : on quitte définitivement la vallée pour rejoindre les grands plateaux calcaires du causse de Gramat. À la sortie de Vers, le chemin s’élève rapidement au-dessus de la vallée. La montée est sensible mais progressive. Très vite, le marcheur laisse derrière lui les rives du Lot et les coteaux cultivés pour pénétrer dans un paysage plus sauvage. Le parcours grimpe à travers bois et rocailles, puis débouche sur les premiers replats du causse. La lumière y devient plus franche, presque dure, réfléchie par la pierre blanche qui affleure partout. La marche se poursuit alors dans un paysage karstique typique : combes étroites, dolines herbeuses, petits plateaux pierreux ponctués de chênes. Les murets de pierres sèches dessinent de longues lignes irrégulières à travers les champs maigres. Par endroits apparaissent des cazelles, ces petites cabanes de berger construites en pierre sèche, dont les voûtes parfaitement ajustées témoignent d’un savoir-faire ancien. Le parcours traverse de vastes espaces presque déserts. Les villages sont rares et souvent dissimulés derrière un pli du relief. Le silence domine. Au fil des kilomètres, le parcours ondule doucement sur le causse. Les montées et descentes restent modérées mais régulières, donnant au marcheur la sensation d’avancer sur une mer de pierre figée. La végétation demeure fruste. En approchant de Labastide-Murat, le paysage devient légèrement plus habité. Les parcelles cultivées apparaissent plus nombreuses et les routes convergent vers le bourg. Le village occupe une position centrale sur le causse de Gramat, ancien carrefour de routes et de chemins. Ses maisons de pierre blonde, son église et ses places ouvertes contrastent avec les vastes espaces silencieux que le marcheur vient de traverser. Le lieu possède aussi une page d’histoire singulière : Labastide-Murat est en effet la ville natale de Joachim Murat, maréchal de Napoléon devenu roi de Naples au début du XIXᵉ siècle. Ainsi, au cœur de ces plateaux austères du Quercy, le parcours croise soudain l’ombre d’une destinée qui mena l’un des enfants du pays jusqu’aux trônes d’Europe.
Depuis Labastide-Murat, le parcours poursuit sa traversée du causse de Gramat en direction de Rocamadour. Cette étape traverse l’un des paysages les plus caractéristiques des Causses du Quercy : un vaste plateau calcaire, austère en apparence, mais riche de détails pour le marcheur attentif. À la sortie de Labastide-Murat, le chemin quitte rapidement les dernières maisons du village pour retrouver l’espace ouvert du causse. Le paysage s’étire en larges ondulations pierreuses où dominent toujours les chênes pubescents et les herbes sèches. Les sols sont clairs, parfois presque blancs, et la lumière s’y reflète vivement. Le parcours alterne toujours entre chemins pierreux et petites routes rurales qui desservent quelques fermes isolées ou de rares hameaux. La marche se déroule toujours et encore dans un paysage karstique typique, sur un plateau pauvre et sauvage. Des combes boisées entaillent parfois le relief. Les murets de pierres sèches, omniprésents, délimitent les parcelles et témoignent du patient travail des générations paysannes qui ont façonné ce territoire austère. Le parcours traverse plusieurs hameaux discrets comme Couzou ou Montfaucon, villages de pierre blonde qui semblent surgir directement du calcaire. Les maisons y sont basses, couvertes de tuiles brunes, serrées autour de l’église ou d’une petite place. Au fil des kilomètres, le paysage reste largement ouvert. La marche est régulière, presque méditative, rythmée par les ondulations douces du causse. Puis, progressivement, le relief change. Le plateau s’interrompt brusquement et la terre semble se déchirer. Le marcheur approche du canyon de l’Alzou. Le chemin quitte alors les espaces ouverts du causse et plonge dans une vallée profonde, boisée et ombragée. Les falaises calcaires apparaissent, hautes et abruptes, et la végétation devient plus dense. La descente sévère conduit peu à peu vers Rocamadour. Le village surgit alors de manière spectaculaire, accroché à la falaise au-dessus de la vallée de l’Alzou. Les maisons semblent empilées contre la paroi, dominées par le sanctuaire et ses chapelles. Depuis des siècles, ce site attire pèlerins et voyageurs venus vénérer la Vierge noire du sanctuaire. L’arrivée à Rocamadour constitue souvent l’un des moments les plus saisissants de cette variante du chemin. Après la longue traversée silencieuse des plateaux du causse, la découverte soudaine de cette cité suspendue dans la roche donne au voyage une dimension presque irréelle. Rocamadour demeure un des lieux privilégiés du tourisme en France. Et il le mérite bien.
En quittant Rocamadour, le marcheur s’engage d’abord dans l’un des paysages les plus singuliers du Quercy : la vallée de l’Alzou. Cette petite rivière, aujourd’hui souvent discrète ou intermittente, a pourtant creusé au fil des millénaires une gorge profonde dans le calcaire des Causses du Quercy. Dès que l’on quitte les terrasses du sanctuaire, le chemin plonge vers ce vallon étroit et sauvage où la nature reprend vite ses droits. Le contraste est saisissant. Derrière vous, la cité suspendue de Rocamadour attire encore les visiteurs. Mais à peine quelques centaines de mètres plus loin, le silence s’installe. La vallée se resserre entre des falaises calcaires abruptes, souvent couvertes de chênes et de buissons. La lumière y devient plus douce, filtrée par la végétation. L’humidité du fond de vallée nourrit une flore plus dense que sur les plateaux du causse : mousses, fougères et sous-bois ombragés accompagnent la marche. Cette gorge fut autrefois bien plus animée qu’aujourd’hui. L’Alzou faisait tourner plusieurs moulins dont les ruines jalonnent encore le vallon. Le marcheur découvre successivement les vestiges de ces installations hydrauliques, accrochées au bord de la rivière ou dissimulées dans la végétation. Parmi les plus connus figure le moulin du Saut. Ces bâtiments de pierre, parfois à demi envahis par les arbres, témoignent d’une activité meunière autrefois essentielle pour les villages du causse. L’ensemble possède aujourd’hui un caractère presque mystérieux. Les murs écroulés, les arches de pierre et les anciens canaux d’amenée d’eau apparaissent entre les racines et les broussailles. On imagine aisément l’époque où ces moulins utilisaient la force de la rivière pour moudre le grain venu des plateaux voisins. La vallée devait alors résonner du bruit de l’eau et du travail des meuniers. Le parcours suit un moment le fond du vallon, longeant la rivière ou franchissant de petits passages rocheux. Par endroits, le sentier se glisse entre les falaises et les arbres, donnant au lieu une atmosphère presque secrète. Cette portion du parcours est souvent considérée comme l’une des plus sauvages du secteur de Rocamadour. Peu à peu, cependant, la vallée s’élargit et le chemin commence à remonter vers les plateaux. La montée conduit progressivement le marcheur hors de la gorge de l’Alzou. Les bois se font plus clairs, les falaises disparaissent derrière soi et l’on retrouve bientôt la lumière franche et les horizons ouverts du causse en direction de Gramat. L’arrivée dans cette petite ville marque une transition. Après les espaces sauvages du causse et les reliefs spectaculaires de Rocamadour, Gramat apparaît comme un centre vivant du causse de Gramat. Ses rues, ses commerces et ses maisons de pierre claire contrastent avec les vastes plateaux que le marcheur vient de traverser.
En quittant Gramat, le marcheur s’engage vers l’est en direction de Lacapelle-Marival en suivant toujours le GR6. La sortie de la petite ville est rapide : quelques rues encore animées, puis le parcours retrouve aussitôt l’espace ouvert du causse de Gramat, avec son architecture typique, fruste et sauvage. Le plus souvent, les rares parcelles agricoles sont délimitées par de longs murets de pierres sèches, et les prairies maigres alternent avec de petits bois de chênes. Prs de Issendolus, le pays est un peu plus habité. Et même si le causse reste omniprésent, le paysage est maintenant plus ouvert. Le parcours continue d’alterner entre chemins pierreux et petites routes rurales. Plus loin, le marcheur atteint Thémines. Le village s’étend au pied d’une légère dépression du relief, entouré de prairies et de champs. Les maisons y sont bâties dans le calcaire blond du pays et regroupées autour de l’église et de quelques ruelles étroites. Le paysage commence déjà à changer : les sols deviennent plus profonds, les prairies plus vertes et les haies plus nombreuses. Après Thémines, le chemin traverse encore plusieurs hameaux et exploitations rurales. La transition entre causse et Limargue devient de plus en plus perceptible. Les plateaux pierreux s’adoucissent, les bois se densifient et les pâturages s’élargissent. Le marcheur quitte progressivement l’univers minéral du causse pour entrer dans une région plus fertile. Le parcours approche alors de Rueyres. Le village apparaît au milieu des prairies, avec ses maisons groupées autour de l’église et quelques fermes dispersées dans les alentours. Ici, l’agriculture est plus présente : champs, pâturages et haies composent un paysage plus doux que celui du plateau. Enfin, le parcours rejoint Lacapelle-Marival. L’arrivée est marquée par la silhouette imposante de son château médiéval. Ses hautes tours de pierre dominent le village et rappellent l’importance historique de ce lieu au Moyen Âge. Après les étendues silencieuses du causse et la transition progressive vers le Limargue, Lacapelle-Marival offre au marcheur une étape animée et accueillante avant de poursuivre la route vers Figeac.
En quittant Lacapelle-Marival, le parcours reprend sa route vers l’est en direction de Figeac. Le marcheur s’engage toujours sur le GR6, dans une région qui marque la transition entre les plateaux calcaires du causse et les paysages plus doux du Limargue et du Ségala, caractéristiques du département du Lot. À la sortie du village, le paysage change déjà de ton. Les grandes étendues pierreuses du causse laissent place à des terres plus profondes et plus fertiles. Les prairies deviennent nombreuses, les haies bordent les chemins et les arbres se font plus hauts. La marche se déroule entre champs, bosquets et petites vallées verdoyantes où l’eau réapparaît sous forme de ruisseaux ou de sources. Au milieu du parcours, c’est Cardaillac, l’un des villages les plus remarquables du secteur. Le bourg médiéval s’accroche à une colline et conserve un caractère très ancien. Trois hautes tours dominent encore les maisons serrées autour de ruelles étroites. L’ensemble possède une atmosphère intacte, presque hors du temps. Depuis les hauteurs du village, le regard porte sur les collines boisées et les prairies qui annoncent déjà la vallée du Célé. En poursuivant la marche, le parcours traverse plusieurs hameaux et exploitations rurales dispersées dans la campagne. Les paysages deviennent plus vallonnés. Les champs alternent avec des bois et des pâturages où paissent les troupeaux. Les murets de pierre sèche, encore présents, laissent parfois place à des haies et à des talus plus typiques des terres agricoles du Limargue. Les fermes sont entourées de prairies et de vergers, et les chemins serpentent entre champs cultivés et bois. À mesure que l’on se rapproche de Figeac, le relief devient plus marqué. Les collines s’enchaînent et les vallons se creusent davantage. La marche alterne alors entre petites montées et descentes, donnant au paysage un caractère plus vivant. La végétation se fait plus dense et l’on sent la présence proche de la vallée du Célé. Enfin, le parcours atteint les hauteurs qui dominent Figeac. La ville apparaît peu à peu au fond de la vallée, reconnaissable à ses toits serrés et à ses clochers. Après les villages tranquilles et les campagnes verdoyantes du Limargue, l’arrivée à Figeac offre un contraste marqué : une ville médiévale vivante, riche d’histoire, dont les ruelles étroites et les maisons de pierre témoignent de l’importance qu’elle occupa jadis dans les échanges et sur les routes de pèlerinage.

