Dans le Parc Naturel des Causses du Quercy
DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS
Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du parcours. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.
Pour ce parcours, voici le lien:
https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/saint-cirq-lapopie-vaylats-103126901
| Ce n’est évidemment pas le cas pour tous les pèlerins d’être à l’aise avec la lecture des GPS et des cheminements sur un portable, et il y a encore de nombreux endroits sans connexion Internet. De ce fait, vous pouvez trouver sur Amazon un livre qui traite de ce parcours.
Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page. |
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Vous avez quitté, la veille encore, la vallée du Célé à Cabrerets, pour gagner celle du Lot, à Bouziès, et remonter jusqu’à St Cirq-Lapopie, suspendu au-dessus des eaux. Aujourd’hui s’ouvre une nouvelle étape : le parcours s’enfonce plus au sud, vers Cahors, par Concots, Bach et Vaylats, en deux journées de marche. L’itinéraire traverse le causse de Limogne, au cœur du Parc naturel régional des Causses du Quercy, un royaume de pierre et de silence. Ici, la lumière filtre à travers les chênes serrés, la terre s’effrite sous les pas, et les murets de pierre sèche, que des générations ont patiemment assemblés, bordent les chemins comme des lignes d’écriture anciennes. Marcher ici, c’est lire le paysage à même la roche.
Les grands chemins de randonnée, GR et boucles locales, s’entrecroisent sans relâche dans cette partie du Quercy. Ils se mêlent, se frôlent, se croisent, au point que le marcheur distrait pourrait facilement s’égarer, happé par un balisage trompeur ou un panneau mal orienté. Le pays tout entier semble tissé de ces chemins qui vont, reviennent, s’éparpillent, comme les veines d’une même terre. Mais qu’on se rassure : l’erreur ne guette que l’imprudent. Avec un peu d’attention, et l’œil ouvert sur les marques rouges et blanches, on ne se perd pas. Depuis Bouziès, le fil directeur, le grand guide de vos pas, c’est le GR36/46. Il mène à travers les collines et rejoint Saint-Cirq-Lapopie avant de poursuivre sa course. Vous le suivrez presque tout au long de cette étape, fidèle compagnon de route. Mais prenez garde : la carte réserve ses pièges. À Concots d’abord, un détour possible que nous préciserons plus loin. Et surtout, avant Bach, où les chemins s’enchevêtrent dangereusement. Là, dans un vallon pierreux, le GR36/46 rejoint le GR65, le chemin de Compostelle venu de Limogne-en-Quercy et de Varaire. Les panneaux se superposent, les directions se croisent, et la confusion peut naître d’un simple pas de trop. À la bifurcation des Moulins, il faut quitter le GR36/46 pour suivre le GR65 vers Bach. Quant au GR36/46, il s’élève à nouveau, longe un moment le GR65 avant de filer vers Varaire. Un peu après la sortie de Bach, vous délaisserez à votre tour le GR65 pour gagner Vaylats. Ici, la bifurcation est nette, sans équivoque : le parcours s’ouvre devant vous comme une promesse. Il n’y a plus qu’à suivre le tracé, à laisser le pas s’accorder au rythme du causse pour rejoindre le couvent de Vaylats. Bonne route, donc. Elle vous mènera à travers les pierres et les chênes, sous le regard ancien des murets et des chemins blancs du Quercy.
Nous avons pris le parti pris de favoriser les étapes effectuées par temps clément, étant passés souvent plusieurs fois dans cette région, et ailleurs. Alors, aujourd’hui, on va commencer sous la pluie, qui est souvent une variable commune sur les Chemins de Compostelle. Cela vous permettra d’apprécier ces paysages hors du commun, sous une autre lumière. Mais rassures-vous. Cela ne va pas durer toute la journée. La météo annonce des averses matinales qui devraient se dissiper rapidement.
Difficulté du parcours : Les dénivelés (+370 mètres/-273 mètres) sont aujourd’hui moyens. Ce n’est souvent que de la balade, si ce n’est la rude montée au départ vers l’Oratoire de Sainte-Croix.
État du parcours : Voici une belle étape où les magnifiques chemins prennent nettement l’avantage sur l’asphalte :
- Goudron : 8.0 km
- Chemins : 13.0 km
Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.
Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.
Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.
Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1 : Une montée sévère vers l’Oratoire avant la traversée du causse
Aperçu général des difficultés du parcours : pentes prononcées jusqu’à L’Oratoire.
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Il pleut donc à verse au départ de l’étape. Les rares pèlerins s’enfoncent sous leurs larges capes qui virevoltent sous le vent. La pluie dégouline sur les visières. Du haut du village de St Cirq-Lapopie, le regard s’étire sur la plaine, vaste tapis vert où la rare lumière aujourd’hui joue avec les traits de pluie fine. Vous pouvez suivre la route qui descend en serpentin vers ce monde ouvert, ou bien traverser le village jusqu’au cimetière, comme si l’on voulait frôler le silence des pierres et écouter le murmure du temps. |
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Vous apercevrez bientôt un panneau de bois rustique, posé au bord de la route, comme un veilleur attentif. Il indique un chemin qui serpente sur les hauteurs du village, à proximité d’une croix de fer plantée là depuis des décennies, témoin immobile des saisons. Une autre direction suggère le GR36, mais ignorez-la et laissez-vous guider par le sentier pierreux qui s’élance au niveau de la croix, promesse d’une aventure solitaire et vivante. |
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La pente s’élève sans relâche, sévère et fière, sur un sentier étroit tapissé de pierres instables. Le paysage devient parfois irréel : la mousse, telle une poudre d’émeraude, s’accroche aux arbustes et aux buissons, comme si le sous-bois avait décidé de s’habiller de lumière. Le pas glisse sur le sol humide et sévère. |
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Ce parcours n’est pas, au sens strict, un véritable Chemin de Croix, mais il en a l’âme : une succession de balises silencieuses qui guident le marcheur dans une méditation naturelle. |
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Parfois, une trouée dans la haie dense laisse apparaître, comme un tableau inattendu, la vallée qui s’étend en contrebas, majestueuse et tranquille, même sous le crachin.
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Et les croix se succèdent, inlassables, ponctuant le chemin comme des respirations. Ici, les arbres ne sont pas de majestueux géants, mais des petits chênes pubescents, des érables de Montpellier et des cornouillers foisonnants, qui s’entrelacent et semblent raconter une histoire ancienne. Les buis ont aujourd’hui disparu d’ici. |
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Plus haut, un panneau confirme que vous progressez bien sur le GR36/46, et un sentiment de sécurité mêlé d’exaltation s’installe. |
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Le sentier s’élève alors plus raide vers l’oratoire, sur un tapis de pierres blanches, qui semblent danser sous les pas des marcheurs et résonner de souvenirs anciens. |
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Sur une butte, l’oratoire domine la vallée du Lot, tel un phare silencieux, offrant une vue panoramique où l’air lui-même semble vibrer dans le temps suspendu. |
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Mais la montée n’est pas encore terminée, même si la pente s’adoucit légèrement. Chaque pas devient alors une méditation, un dialogue avec le vent et les pierres. |
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Plus haut, le sentier rejoint une route goudronnée qui serpente sur la crête, ondulant entre ombre et lumière, campagne et sous-bois, comme un ruban paresseux flottant au sommet du monde. |
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| La route hésite entre les prairies et les rares cultures, offrant à l’œil la poésie d’un paysage rural où le temps semble respirer lentement. | |
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Les arbres ont pris de la hauteur : de robustes chênes dominent, entrecoupés de rares épicéas, créant un plafond de feuillage qui joue avec la lumière et les ombres. |
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Plus loin, la route commence à descendre doucement, invitant à la contemplation et à la lenteur. |
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Elle conduit au carrefour du Lac Lagat, un petit miroir d’eau où le chemin ne s’aventure pas, mais qui reflète le ciel et les rêves des promeneurs. |
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La route descend alors avec une pente plus soutenue, serpentant entre sous-bois et prairies, comme un ruisseau de pierre et de verdure. La pluie a cessé, mais les nuages restent lourds. |
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Plus bas, la route frôle les maisons dispersées de La Gravette, modestes refuges où le temps semble s’être arrêté. |
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Elle longe un petit étang bordé de roseaux et de joncs, témoin d’une nature paisible, où quelques paysans survivent encore, plantant parfois un peu de vigne, réinventant la vie avec patience. |
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Plus loin, le GR36/46 quitte le goudron pour un chemin qui s’élance sous les chênes rabougris du causse, offrant un spectacle d’une simplicité bouleversante. |
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C’est un chemin caillouteux et charmant, qui murmure aux promeneurs le secret des siècles passés, loin des hommes. |
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Comment pourrait-on se lasser de ces murets tapissés de mousse, de ces petits chênes chétifs et de ces haies de cornouillers ? Chaque pierre, chaque feuille semble chanter la beauté fragile et persistante de la vie. |
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Parfois, l’œil se perd dans l’immensité du causse, où l’horizon se dérobe, laissant à l’imagination le soin de compléter le paysage infini. Aujourd’hui, le bleu du ciel guigne progressivement. La journée sera plus belle.
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Plus bas, le chemin retrouve une route goudronnée, comme un fil d’or reliant la solitude des hauteurs au monde des hommes. |
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Cette petite route rejoint bientôt la départementale D42, qui relie St Cirq-Lapopie à Concots, bouclant le parcours et offrant au marcheur le doux sentiment d’avoir voyagé à travers le temps et la lumière. |
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Section 2 : Dans le causse
Aperçu général des difficultés du parcours : parcours casse-pattes.
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Le GR36/46 longe encore quelques centaines de mètres la route départementale, comme pour s’assurer que le marcheur n’a pas perdu le fil du monde civilisé, avant de bifurquer à nouveau vers un chemin discret, s’enfonçant sous le couvert silencieux du sous-bois, où la lumière filtre par touches d’or et de vert. |
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Assez rapidement, la solitude du chemin laisse place à des signes de vie humaine, subtils mais rassurants : un portail entrouvert, un banc usé par le temps, le murmure lointain d’une ferme. |
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Le chemin rejoint bientôt une petite route qui serpente entre les maisons de pierre du hameau des Bories Basses. Là, quelques fermes se tiennent comme des îlots de vie, entourées de champs rares, cultivés avec soin et patience, témoins d’une ruralité qui persiste contre l’oubli. |
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À la sortie du hameau, la route s’étire encore, douce, oscillant entre clairières ensoleillées et ombres feutrées du sous-bois, comme un dernier souffle de quiétude avant que la route de terre battue ne reprenne sa fougue. |
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Plus loin, un large chemin apparaît, hésitant lui aussi entre prairies et forêt, avant de se fondre dans le bois pour rejoindre une route goudronnée discrète et désossée, vestige d’une circulation ancienne. |
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Dans le bois, les chênes prennent parfois une stature imposante, mais la plupart restent serrés, élancés et frêles comme un faisceau de baguettes d’un artisan invisible, formant un plafond de feuillage qui joue avec la lumière. |
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Peu après, le chemin croise un carrefour de petites routes goudronnées menant à des fermes isolées, ces havres solitaires où le temps semble s’être arrêté, comme si chaque pierre racontait une histoire ancestrale. |
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Pourtant, le GR36/46 ne s’attarde pas et reprend son cours sur un chemin caillouteux, qui s’enfonce à nouveau dans le sous-bois, prolongeant cette période d’intimité avec la nature profonde et sauvage. |
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Puis, le parcours tourne et un sentier retrouve en montant l’aridité du causse, étendue minérale et silencieuse où les cailloux innombrables tapissent le sol comme des éclats d’histoire figés depuis des siècles. |
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Le sol, parfois ocre, parfois rouge brûlé, raconte la mémoire de la terre. Ici, les cornouillers ont remplacé les buis décimés par les spirales du temps, et leur feuillage épars ajoute de la couleur à cette aridité majestueuse. |
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Et toujours ces petits murets couverts de mousse, comme autant de bijoux verts posés par les siècles, ponctuent le chemin facile et tranquille, révélant la poésie discrète des causses. C’est divin, par ici. |
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Plus loin, l’espace s’ouvre soudain devant le Mas d’Albert, maison solitaire et vigilante, posée sur la terre ingrate, où le vent caresse les pierres et les champs presque nus. |
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Ici, rien ne pousse vraiment sur la terre sèche. Le paysan confie qu’après avoir tout essayé, il s’est tourné vers des cultures courageuses : plantes médicinales, lavande, et parfois, un peu de safran ou des truffes, qui offrent à ce coin aride un petit trésor discret, secret comme la beauté de ce paysage.
Section 3 : Concots, au milieu du causse
Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.
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Plus loin, le chemin s’élargit et serpente doucement à travers un paysage plus ouvert, où la vue s’étend sur des plateaux incertains, ondulant comme une mer de pierre et de buissons clairsemés, encore hésitante entre le sauvage et le cultivé. |
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Mais ce n’est pas encore la véritable campagne fertile. Le sol reste sec, aride et ingrat, incapable de nourrir facilement la vie, comme une toile que l’on ne peut peindre qu’avec des couleurs de patience et d’obstination. |
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La route passe près des premières maisons de pierre de Mas Janicou, modestes et robustes, comme si elles avaient poussé là par volonté propre, défiant le temps et le vent. |
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Au détour d’un virage, derrière une “caselle“ perdue dans la nature, le clocher de l’église de Concots apparaît, aigu et fier, perçant le ciel bas comme une flèche de mémoire et d’histoire.
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Le Mas de Janicou ressemble un peu à la banlieue de Concots, un seuil entre la solitude du causse et le village, où le quotidien se glisse entre les pierres et les champs rares. |
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La route descend alors doucement pour se trouver face au village perché sur sa butte, peuplé d’environ 500 âmes, où chaque pierre semble avoir entendu les histoires des siècles passés. |
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La route monte ensuite vers le village, où la tour féodale se dresse encore. Le village fut jadis un château fortifié, brûlé sur ordre de Louis XI, propriété des Cardaillac, famille de châtelains également installée à Varaire, sur le GR65. À cette époque, guerre et peste avaient vidé le lieu de ses habitants. Plus tard, le village fut repeuplé par des Auvergnats et des Aveyronnais, qui insufflèrent une nouvelle vie aux ruines anciennes. |
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Quand vous rejoindrez la route qui traverse le village, au niveau de la mairie, un piège se cache : devant vous, le signe d’un GR semble inviter à continuer, mais ce n’est pas le vôtre. Les marques rouge et blanc indiquent rarement le GR exact. Si vous vous y engagez, vous risquez de vous perdre. Ici, il faut impérativement suivre la route du village jusqu’à l’église, point de départ réel de la continuité du GR36/46. |
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L’église St Jean-Baptiste, construite à la fin du XIXe siècle, se dresse récente et lumineuse, rappel discret que l’histoire continue à chaque pierre. |
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C’est ici que se trouve un panneau de direction complexe, énigmatique, qui ne signale pas directement le GR36/46. Pourquoi ? Vous êtes à mi-parcours, et bientôt la civilisation disparaîtra jusqu’à Bach. Vous devez impérativement trouver la route de Bach.
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En sortant du village par la route, les marques rouge/blanc du GR réapparaissent, mais on ne sait toujours pas exactement sur quel GR l’on chemine. L’incertitude fait partie de l’aventure. |
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Plus loin, à une intersection, près d’une croix, les marques indiquent enfin la direction correcte vers Bach, confirmant que vous marchez sur le parcours exact. Aujourd’hui, le ciel s’est nettement normalisé. |
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Un large chemin de terre s’éloigne alors des dernières maisons du village, plongeant vers le Grand Bois, promesse d’ombre et de solitude, où les pas se fondent dans le silence. |
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C’est la direction du bois de la Logette, où se niche un gîte discret au cœur de la forêt. |
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Ici, la route de terre battue est large, presque douce sous les pas, peu caillouteuse, et de grandes clairières s’ouvrent de temps en temps, comme des respirations dans l’aération du bois. |
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La route de terre, presque rectiligne, file sous les chênes omniprésents, ponctuée de quelques châtaigniers solitaires, le long de haies de cornouillers qui semblent guider le regard et le pas. |
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Plus loin, le chemin change de direction, et un chemin part vers le gîte du Bois de la Logette, qui n’est pas sur le chemin. Au carrefour, une plantation de petits chênes truffiers attire le regard, promesse discrète de richesse cachée sous la terre. |
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Le chemin reprend alors, plus étroit, plongeant dans la majesté du causse. Ici, le silence est absolu, et l’on comprend que l’eau est rare, que le sol est sec jusqu’à l’os. Il faut apprendre à écouter le souffle du vent et les pierres. |
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Cette région fait partie du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, intégré depuis 2017 dans un gigantesque géoparc mondial reconnu par l’UNESCO, protégé pour son patrimoine de pierres sèches, son pastoralisme actif, et son univers minéralogique et paléontologique unique. |
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Section 4 : Balade dans le causse
Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté.
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Peu après, le chemin passe devant un refuge. Ce Refuge LPO n’est pas seulement un abri : c’est un engagement silencieux. Ici, le propriétaire du terrain, qu’il soit public ou privé, a promis de préserver et protéger la nature dans toute sa richesse : la faune fragile, la flore sauvage, le sol et l’environnement tout entier, comme si chaque pierre et chaque brin d’herbe avaient droit à leur sanctuaire. |
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| Et le chemin poursuit son cours, dans l’émerveillement sans cesse renouvelé du causse. Il frôle parfois une “caselle “ d’un autre âge, petit abri de pierres perdu dans le temps, vestige d’un monde ancien, posé là comme un témoin muet du passage des hommes et des saisons. A Cahors, on dit plutôt “gariotte“ que “caselle “. | |
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Plus loin, le chemin se rapproche d’une petite route goudronnée, fil discret qui relie les vallées et les villages, tout en laissant au marcheur le sentiment que la civilisation est encore loin. |
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Bach se trouve à seulement 4,3 km du carrefour, point de repère rassurant pour le pèlerin fatigué ou l’âme curieuse de découvrir de nouveaux paysages.
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Ici, le GR36/46 va suivre, sur près de 2 km, la route reliant Concots à Bach. La circulation y est rare, presque inexistante : le goudron devient alors un passage silencieux où l’on peut avancer en contemplant les bois, respirant le vent du causse comme une respiration profonde. |
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Au bout de cette petite pénitence bétonnée, soyez très attentif, et gardez toujours l’œil bien ouvert. Il ne faut surtout pas manquer la bifurcation qui ramène le chemin dans la profondeur du causse, là où l’ombre et la lumière jouent avec les pierres et les haies. |
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C’est alors à nouveau la plénitude de ces chemins creux, perdus sous les feuillages, bordés de murs de pierres qui semblent lécher le chemin qui s’est rétréci. Parfois, une “gariotte“ solitaire s’y cache, vivant sa belle mort dans le silence et la poésie du lieu. |
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Plus loin, le chemin s’élargit à nouveau, comme pour laisser respirer la marche et offrir une vision plus vaste de l’espace minéral et végétal du causse, le long des chênes rabougris et des érables de Montpelier. |
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Il passe ensuite devant un panneau de directions. Dans ce pays de collines et de causses, de nombreux chemins de randonnée se croisent, hors des GR, offrant mille possibilités de balades secrètes. Ici, le marcheur se rapproche bientôt du GR65, autre fil d’or du pèlerinage et de la randonnée. Il faut toujours suivre la direction de Bach.
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Le chemin progresse encore dans les bois du causse sur un demi-kilomètre, sous la lumière filtrée par les chênes et les cornouillers, avant de rejoindre la jonction avec le GR65. |
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Peu après, c’est la jonction avec le GR65, venant de Varaire. Ce carrefour est stratégique : votre parcours quitte ici le GR36/46, qui repart en sens inverse vers Varaire sur le GR65. De ce point, il est possible de gagner Les Moulins, avec ses options d’hébergement, ou les anciennes mines de phosphates de Coup d’Aral, à quelques pas. Mais les pèlerins, dans leur grande majorité, poursuivent leur route sur le chemin principal, fidèles à l’appel des causses et des villages. |
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Section 5 : En route pour le Monastère des Filles de Jésus
Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.
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À partir du carrefour, c’est une route tranquille qui mène à Bach. Le parcours est ponctué de très belles demeures de pierre, solides et fières, qui semblent avoir défié les vents et le temps, posées comme des notes figées dans un paysage silencieux. |
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La route conduit bientôt à Bach, petit village de 150 habitants, fait de maisons de pierre robustes et intemporelles, où chaque façade raconte la lente histoire de ses habitants et de leur lutte avec la terre. |
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L’église de l’Assomption a des origines lointaines : un édifice du XIIe siècle, dont il ne reste presque rien, refait au XVe puis au XVIe siècle, avant d’être transformée au XIXe siècle. Chaque pierre semble murmurer le passage des siècles et des générations. |
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Sur la place de l’église, un panneau détaille les travaux récents : la construction de deux points d’eau sur le parcours vers Cahors, un geste discret mais précieux pour le pèlerin assoiffé. Le premier de ces points d’eau se trouve à quelques pas à la sortie du village. |
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Le GR65 quitte alors le village par la route qui mène vers Vaylats, prolongeant la marche au cœur des paysages du Quercy. |
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Peu après, le parcours quitte la route pour un chemin plus intime en direction de Cahors et de Vaylats. Rapidement, on signale les possibilités d’hébergement à Vaylats ou dans les yourtes récentes de Bascot, ajout moderne sur ce parcours ancien. |
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Ici, on marche sur le Cami Ferrat, chemin de César et des armées romaines vers Cahors, un tracé historique où chaque pas résonne des pas de légions anciennes. |
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Le paysage n’est pas le plus pittoresque du causse : de longues lignes droites sur une plaine ouverte, presque steppe, où le vent semble dérouler des tapis invisibles de poussière et de lumière. |
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Bientôt, la nature reprend sa poésie : le chemin s’approche de la forêt, où l’ombre et le vert rafraîchissent le regard et l’esprit. |
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Le chemin arrive à un carrefour permettant de gagner Vaylats. Le GR65 continue tout droit sur le Cami Ferrat, que l’on retrouvera le lendemain à la sortie du village. De nombreux pèlerins venant de Bach escamotent le parcours vers Vaylats, pour gagner directement Cahors. |
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Le raccourci s’aventure un peu dans le bois, offrant un moment de fraîcheur et d’intimité avec le silence des arbres… |
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… avant de retrouver la large plaine, ouverte et lumineuse. |
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La terre semble moins ingrate par ici : quelques cultures parsèment le paysage, rappelant que même dans ce coin rude, la vie sait se frayer un chemin. |
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Le large chemin continue ainsi jusqu’à l’entrée de Vaylats, où il devient plus étroit, comme pour inviter le marcheur à ralentir et à observer les détails du village qui se dévoile. |
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Le chemin débouche à l’entrée du village, où un parc boisé central attire le regard. L’église actuelle de St Pierre-ès-Liens, de style néoroman, est une reconstruction de la fin du XIXe siècle, remplaçant l’ancienne église gothique du XVe siècle sur le même site. |
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Le village abrite également une boulangerie-épicerie-café, mais surtout le splendide Couvent des Filles de Jésus, immense édifice du XIXe siècle, construit à l’emplacement d’un ancien château détruit lors de la Révolution. Il sert également de logement pour les pèlerins. |
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En 1820, le Père Jean Lausiu fonda à Vaylats une communauté et une école pour l’enseignement des filles et le soin des pauvres, origine de la congrégation des Filles de Jésus, qui compta jusqu’à 600 religieuses au XXe siècle. Aujourd’hui, seules des sœurs âgées demeurent, aidées par des laïcs partageant leur charisme. Elles ne s’occupent plus directement des pèlerins, mais l’esprit d’accueil persiste. La grande cour arborée du couvent mène aux chapelles, au réfectoire et aux appartements des sœurs.
Autrefois, il existait ici une communion vivante entre pèlerins, bénévoles et sœurs. Tout était organisé pour aider le marcheur : laverie, repas partagés, offices matinaux. Le Covid a bouleversé cette routine : les sœurs ne participent plus aux repas, et l’édifice s’est professionnalisé. Il y a désormais des chambres d’hôtel de deux catégories, et des pensionnaires âgés vivent séparément, changeant l’ambiance d’autrefois. Néanmoins, le soin du pèlerin reste au cœur de ce lieu, même si la poésie s’est un peu évanouie.
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Le soir descend sur Vaylats. Il est temps de flâner dans le parc du couvent, puis de gagner les chambres : au cimetière, les sœurs reposent côte à côte, anonymes à l’exception de leur nom. Les portes du couvent se ferment pour la nuit. Il est 20 heures : bonne nuit. Le petit déjeuner attendra 7 heures précises, car dans un couvent, la discipline est une autre forme de bienveillance. |
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Logements répertoriés sur la Voie du Célé
- Ferme Balmes, Les Bories Basses; 05 65 31 26 02/06 88 04 13 24 ; d’hôte, repas, petit déj.
- Gîte Finca Baribal, Concots ; 06 21 09 75 64 ; Gîte, petit déj., cuisine
- La Grange St Jacques, Bach; 06 23 32 44 61 ; Gîte et d’hôte, repas, petit déj.
- La Joie du Chemin, Bach ; 07 45 83 83 24 ; Gîte, repas, petit déj.
- Le Mas de Juge, Bach ; 05 65 22 67 37/06 70 65 38 43 ; Ch. d’hôte, repas, petit déj.
- Relais Arc-en-Ciel, Les Moulins/Bach ; 05 65 09 04 82 ; Gîte, repas, petit déj.
- Couvent des Filles de Jésus, Vaylats; 06 49 44 05 46 ; Gîte et Ch., d’hôte, repas, petit déj.
- Yourtes de Bascot, Vaylats; 06 71 50 54 17 ; Gîte, repas, petit déj.
Ces données ont été actualisées en 2026. Si vous ouvrez ce site par la suite, il n’est pas sûr qu’il en sera toujours ainsi. Sur ces parcours, des établissements ouvrent chaque année, d’autres ferment. La solution est d’acheter, entre autres, Miam Miam Dodo, la bible pour manger et se loger, et qui donne aussi des logements hors du parcours. Pour notre part, nous ne donnerons que les logements sur le parcours, ou à proximité très immédiate. Il existe aussi d’autres possibilités, comme des guides, ou Internet, qui liste aussi les Airbnb. Cependant, même si la vallée est touristique, les logements Airbnb sont rares. Mais aucune application n’est aussi bien documentée que Miam Miam Dodo, d’autant que le petit livre, que vous trouvez aussi sur Internet est renouvelé chaque année. Si vous ne disposez pas de Miam Miam Dodo, on vous conseille de réserver et de vous renseigner chez les logeurs, des modalités de leur logement (repas, draps, WC, douche, autres commodités). De même, renseignez-vous à l’étape précédente sur les heures d’ouverture des épiceries, des bars, souvent fermés au cours de la journée ou de la semaine. Sur la variante du Célé, les possibilités de logement sont très restreintes, mais il n’y a que peu de pèlerins qui passent par ici. Par contre, il y a aussi des randonneurs. Réservez donc, si c’est possible. Un lit trouvé au dernier moment est parfois un coup de chance ; mieux vaut ne pas s’y fier tous les jours.
Dans cette étape, le logement est très discret jusqu’à Bach. Mais il n’y a pas beaucoup de randonneurs sur ce parcours. Mais à Bach, vous retrouvez le GR65, et alors le nombre de pèlerins augmente. En saison forte, Le nombre de pèlerins sur la Via Podiensis se situe généralement entre 100 et 200 personnes. La situation peut donc être parfois délicate, si affluence. Réservez, surtout pour le couvent de Vaylats, très demandé. Sinon, il faut aller plus loin, et les logements ne sont guère nombreux plus loin. Sur votre parcours, il a un restaurant à Concots et à Bach, ainsi qu’une épicerie e à Concots et Vaylats. Il n’y a aucun point d’eau répertorié avant Bach. Pour les gens qui veulent faire transporter le sac ou eux-mêmes, la Malle Postale ou le Transport Claudine sont de bonnes dispositions.
N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
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Etape suivante : Etape 6: De Vaylats à Cahors |
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