Etape 04: De Cabrerets à St Cirq-Lapopie

St Cirq-Lapopie, le village préféré des Français

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du parcours. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-cabrerets-a-bouzies-st-cirq-la-popie-par-le-gr651-44345465

Ce n’est évidemment pas le cas pour tous les pèlerins d’être à l’aise avec la lecture des GPS et des cheminements sur un portable, et il y a encore de nombreux endroits sans connexion Internet. De ce fait, vous pouvez trouver sur Amazon un livre qui traite de ce parcours.

 

 

 

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Le calcaire, si friable dans cette région, a sculpté un véritable labyrinthe naturel : grottes, galeries et cavités innombrables s’y entremêlent, dessinant des corridors secrets dans la roche. Depuis la préhistoire, l’homme a investi ces espaces comme autant de refuges et d’ateliers, qu’il s’agisse des habitations troglodytiques ou des cavités naturelles. Pech Merle est sans doute l’exemple le plus éclatant de cette union entre nature et mémoire humaine : là, mammouths, bisons et chevaux dansent encore sur les parois, tandis que les empreintes de mains et de pas, vieilles de plus de vingt mille ans, témoignent d’une humanité fascinée et respectueuse. La grotte se transforme en une galerie d’art préhistorique, où le temps suspend son vol et où la pierre raconte les premières histoires de l’homme.

Les pèlerins qui empruntent ces parcours entre Figeac et Cahors ont de très nombreuses options. Il n’est pas notre propos de définir qele est le meilleur parcours.  Chacun décide selon ses envies. En vérité, pour certains pèlerins, Saint-Cirq-Lapopie n’est pas un détour, mais une halte naturelle, presque inévitable. À Bouziès, le choix devient affaire de tempérament. Deux parcours s’offrent au marcheur pour rejoindre Cahors, et quelle que soit celle qu’il empruntera, il lui faudra deux jours de marche, deux journées pleines, du moins pour un randonneur de rythme paisible. Le premier itinéraire, le GR46, s’en va par Vers. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce parcours n’est pas une sinécure. Pour atteindre Vers, il faut affronter à nouveau le causse, le plus sévère, le plus aride de la région. Le chemin s’y accroche, obstiné, au flanc des collines, sous les chênes têtus. C’est une marche exigeante, dépouillée, presque ascétique. Et depuis Vers, le parcours se prolonge longuement dans la plaine, à distance du Lot. Le paysage s’ouvre, mais perd un peu de son âme. L’horizon s’étire sans surprise, la nature y devient plus sage, moins farouche, belle encore, mais sans cette âpreté qui fait battre le cœur du Causse. C’est un itinéraire qui apaise, mais qui n’émeut guère. C’est aussi à Vers que rejoint la variante de Rocamadour, l’autre itinéraire entre Figeac et Cahors, fréquenté par ceux qui suivent le grand fil des chemins de pèlerinage. Mais pour qui cherche la beauté sauvage, le souffle du Lot n’est pas le plus inspiré. Aussi, si le cœur vous en dit, préférez la voie du GR36, celle qui passe par Saint-Cirq-Lapopie, Concots et Vaylats. Là, le voyage s’anime à nouveau. C’est le chemin des poètes, des rêveurs et des amoureux de la lumière. Saint-Cirq, joyau suspendu au-dessus du fleuve, veille sur cette route comme un phare sur le temps.

A Bouziès, vous tournez le dos au Célé pour le Lot. Mais voilà ! A deux pas du pont sur le Lot se trouve le petit bijou de St Cirq-Lapopie. Si vous n’y êtes jamais allé, allez-y. André Breton, un grand auteur français, a dit de ce village : “Par-delà bien d’autres sites, d’Amérique, d’Europe, St Cirq a disposé sur moi du seul enchantement : celui qui fixe à tout jamais. J’ai cessé de me désirer ailleurs. Ses toits, c’est toi. L’énumération de ses autres ressources est très loin d’épuiser ce secret”. Pour ceux qui n’ont pas foulé les pavés ou arpenté les ruelles pentues d’un des plus beaux villages de France, l’occasion est belle d’y aller à pied, ce que ne fera pas le 95% des touristes qui s’y agglutinent. Perché sur sa falaise dominant les méandres du Lot, c’est un des chefs-d’œuvre absolus du Moyen-âge. Les détracteurs diront que St Circq-Lapopie n’est pas Conques. Et avec raison. A Conques règne une atmosphère feutrée, quasi religieuse. Ici les marchands du temple ont plus largement étendu leurs fils d’araignée. Mais cela n’enlève rien à la magie d’un lieu unique, de grande plénitude. La visite de St Cirq vaut d’autant plus pour y aller de Bouziès, il y a le célèbre “Chemin de Halage”.

Aujourd’hui, nous vous invitons donc à une petite incartade vers St Cirq-Lapopie, si proche de Bouziès qu’il serait presque impardonnable de ne pas y jeter un regard. Accroché à sa falaise, ce village, classé parmi les plus beaux de France, semble défier la gravité. Ses maisons médiévales aux pignons aigus, aux toits de tuiles brunes, aux fenêtres à croisées finement moulurées, s’alignent en une chorégraphie parfaite. Les arcades des échoppes et les ruelles pavées, où jadis le caniveau recueillait eaux de pluie et déchets, s’enlacent autour de l’église fortifiée. À chaque détour, l’histoire surgit des murs, et chaque ruelle grimpe jusqu’à un éperon rocheux d’où le regard embrasse le Lot, paisible, qui glisse comme un ruban de lumière dans la vallée.

Difficulté du parcours : Certes, c’est une étape très courte avec peu de dénivelés (+443 mètres/-362 mètres), mais il y a deux passages assez exigeants, d’abord la montée à Pech Merle, sévère, et la montée à St Cirq-Lapopie.

État du parcours : Ici, on marchera surtout sur des chemins, voire pour certains sur de vieux rails de chemins de fer :

  • Goudron : 2.5 km
  • Chemins : 9.5 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1 : Une première montée exigeante sur le causse à Pech Merle

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : une partie sportive de l’étape, à près de 15%-30% de pente par endroits sur le premier kilomètre, puis parcours sans problème.

Laissons Cabrerets, son château de Biron et le magnifique moulin au bord de la rivière. La rivière s’étend comme un ruban d’argent.

Le centre du village de Cabrerets n’est pas au bord de la rivière, mais un peu plus haut sur la colline, près de l‘église. Une route goudronnée y mène, serpentant doucement sur la colline. 

À Cabrerets, la grande partie des visiteurs de Pech Merle fait halte. Les restaurants sont rangés en ordre sur la place. Le village s’étire sur la colline comme un livre ancien, chaque maison semblant raconter une histoire à qui sait regarder.

Pour les pèlerins et les randonneurs, l’épreuve commence sur la place. Moins d’un kilomètre pour gagner la grotte, une paille, non ? Le parcours semble modeste, presque dérisoire. Pourtant, chaque pas sur cette courte distance est une initiation, un prélude à la découverte d’un monde souterrain où le temps s’est figé. L’air est vif, et le cœur, malgré lui, s’ouvre à la promesse du mystère.

Alors, en guise d’hors-d’œuvre, voici un petit raidillon pour gagner le cimetière au sommet du village. Le site de Pech Merle est à moins d’un kilomètre d’ici. La montée se fera sur un sentier étroit et sauvage, comme un trait d’encre sur la colline. 

Au sommet de la première rampe, le cimetière se déploie comme un théâtre silencieux, gardien des âmes anciennes et témoin des siècles passés, prélude majestueux à la grotte qui nous attend.

Au bout du cimetière, la rampe s’annonce dans un sous-bois clair moucheté de chênes et de buis. On ne peut pas se perdre. C’est tout droit, tout raide, sur un mauvais petit chemin rocailleux, dans le maquis de buis, sous l’arcade ombragée des chênes. Vous remarquerez que vous marchez sur les traces d’un GR, avec ses bandes rouge/blanc. C’est encore le GR651 jusqu’à Bouziès. 

En-dessous, Cabrerets se fait plus petit et disparaît progressivement derrière les feuillages. Le sentier devient presque un couloir secret, où la lumière joue à cache-cache avec les feuilles. Les buis sentent le soleil et la terre sèche, les chênes dressent leurs bras noueux comme pour nous protéger. En contrebas, le village se réduit à un simple décor, un jouet miniature perdu dans l’écrin vert de la vallée, tandis que vos pas s’élancent vers l’inconnu.

Le chemin pentu se perd alors dans les buis au-dessus de Cabrerets. Le cœur s’ouvre avec plaisir aux impressions à la fois de douceur et de sauvagerie que le paysage lui inspire. Les pierres roulent sous les pas, le souffle se fait plus profond, et les yeux cherchent déjà la ligne lointaine de la vallée. 

La vue se porte sur les environs mieux qu’on peut le décrire. Lorsqu’on monte dans le sous-bois, on jouit d’une belle perspective. On aperçoit le village en bas adossé au bois touffu. La vallée fait comme un amphithéâtre, coincée entre des falaises de deux côtés du village. L’horizon est fermé par les forêts qui se prolongent au-delà des collines. Chaque tournant révèle un tableau nouveau : les couleurs s’entrelacent, l’ombre et la lumière dansent sur les pierres et le feuillage. La vallée, en amphithéâtre naturel, enferme le village comme une scène, tandis que les forêts au loin s’étendent, mystérieuses et profondes, gardiennes silencieuses des secrets du temps.

Un kilomètre, ce n’est pas le bout du monde, non ? Alors, ici le chemin tourne la colline pour trouver les parasols et les marchands de glace, ces hauts lieux du tourisme dont raffolent les touristes. Vous êtes à Pech Merle. Le chemin se déploie en douceur, accueillant les promeneurs comme une main tendue. Les parasols colorés ponctuent le paysage de touches vives, tandis que l’air embaume les crèmes glacées et les souvenirs d’enfance. Et pourtant, derrière cette animation légère, la grotte vous rappelle la grandeur et le mystère du monde souterrain, où le temps s’est arrêté et où chaque pierre raconte une histoire millénaire.

Pech Merle mérite la visite. Les grottes sont exceptionnelles. Un musée très didactique est présent sur le site. Les Pech sont truffés de cavités inaccessibles au public, véritables sanctuaires d’ombre et de silence. Pech Merle est une exception : ici, la terre s’est ouverte comme une mémoire, livrant à la lumière la splendeur intacte d’un art préhistorique vieux de vingt-neuf mille ans. C’est une galerie d’art naturelle, une cathédrale minérale sculptée par le temps et l’eau, composée de sept salles déployées sur plus d’un kilomètre. Sur les parois, les mammouths, les bisons, les chevaux ponctués et les mains négatives se répondent dans un silence habité. Les pigments ocre et noir vibrent encore, comme si l’artiste venait de quitter son atelier de pierre. Dans ces draperies de calcite, parmi les stalactites et les stalagmites aux formes étranges, le visiteur avance avec précaution, comme s’il marchait dans un rêve. Les lampes électriques révèlent une beauté fragile, presque irréelle. Et soudain, dans la glaise solidifiée, la trace du pied d’un adolescent, scellée là depuis des millénaires, surgit comme une signature bouleversante de l’humanité. Cette empreinte, simple et nue, relie nos vies d’aujourd’hui à celles d’hier, abolissant d’un instant l’abîme du temps. Chaque salle s’ouvre comme un livre vivant, où la mémoire des hommes et des bêtes s’écrit sans mots. Les parois, couvertes de figures et de signes, témoignent d’une sensibilité aussi fine que mystérieuse : ici un cheval tacheté, là une silhouette humaine, ailleurs un bouquet d’empreintes de mains soufflées à la poudre d’ocre, comme un souffle d’âme figé sur la pierre. Les géologues admirent la lenteur de la formation des concrétions ; les archéologues, eux, y lisent l’intuition première du symbole. Pech Merle, c’est l’alliance rare du sublime naturel et du génie humain. Alors, passez ici si vous le pouvez, avant que le flot des touristes ne s’engouffre à son tour. Entrez dans la pénombre, écoutez le ruissellement discret de l’eau qui sculpte encore la roche, laissez-vous happer par l’éternité du lieu. Pech Merle ne se visite pas seulement : elle se vit, elle se respire, elle se rêve.

Le GR651 traverse sur le goudron les parkings de la civilisation au-dessus des grottes, pour rejoindre le causse. C’est la direction de la ferme équestre. Le parcours suit pendant près d’un kilomètre la route de gravier vers la ferme. La transition entre la foule et la nature se fait en douceur : les parkings cèdent la place au gravier, le goudron s’efface comme un rideau, et le regard retrouve l’espace, le vent et le chant des oiseaux. Le causse s’annonce, vaste et ouvert, promesse de silence et de liberté. 

Peu après, le parcours quitte l’axe. On annonce Conduché à 4 kilomètres.  

Le chemin s’élance dans la lande, serpentant entre herbes et buissons, et l’horizon s’élargit progressivement. Chaque pas semble plus léger, porté par la beauté simple et sauvage de la campagne. Un magnifique et très large chemin de terre caillouteux qui ondule et serpente dans la lande va nous accompagner presque jusqu’à Conduché, dans la plaine. Le GR651 épouse sur un tronçon un sentier didactique nommé “Chemin du Temps“. Il est parfois bon de se faire raconter l’univers en pleine nature. Le chemin, large et caillouteux, devient une invitation à la rêverie. Il serpente comme un ruban de lumière à travers la lande, et le “Chemin du Temps “ murmure les histoires du monde, révélant la géologie, la flore et les siècles enfouis sous vos pieds. La nature, ici, devient professeur et guide.

Le chemin longe alors la crête. Il monte et descend, en douceur, dans un tourbillon de couleurs. La terre rouge tranche sur le vert des buis, aux couleurs vives, aux branches basses, aux troncs torturés, parfois crevassés, qui font des arabesques savantes. L’horizon est barré par la profondeur des forêts qui s’étalent dans la ligne ondulante des collines. Chaque crête révèle un tableau changeant, une symphonie de tons et de textures. Le rouge vif de la terre contraste avec le vert sombre des buis, tandis que les arbres, torturés par le temps, composent des arabesques qui semblent dictées par une main invisible. La profondeur des forêts en arrière-plan offre une sensation de mystère et d’infini, et l’âme du promeneur s’y abandonne avec délice. 

Section 2 : Descente vers le Lot

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : quelques pentes assez prononcées en descente vers la plaine, mais rien de conséquent.

Peu après, le chemin change de registre pour quelques centaines de mètres. Le chemin, de lisse se transforme en un champ de cailloux ocre dans une végétation plus exubérante.

Le paysage est si envoutant que l’on ne voit pas défiler le temps et les kilomètres. Bientôt, vous arrivez à 2 km de Conduché.

Puis, le causse s’ouvre à nouveau, magnifique, d’abord dans la végétation basse, presque méditerranéenne.

Plus loin, sur de longs faux-plats, les épicéas marquent parfois le paysage. Les chênes généreux leur ont accordé un laisser-passer. Alors ils profitent pour étendre leurs branches, comme de larges parapluies, sur le silence.

Plus loin, le chemin s’enfonce progressivement dans le sous-bois, qui devient plus dense.

Mais il faut bien descendre du causse. La descente ici est raide et longue. Elle se  pratique au milieu des buis et des chênes  sur un chemin plus étroit. Les cailloux du chemin accompagnent le plus souvent le marcheur.

Au bas de la descente, on annonce la pause à Conduché.

Le chemin, à la sortie de la forêt arrive à la gare de Conduché, dans la fraîcheur du vallon, dans la plaine. Conduché fait partie de la commune de Bouziès. Conduché faisait partie du réseau ferroviaire reliant Cahors à Decazeville. La ligne a été définitivement fermée au trafic en 2011. La gare a été transformée en gîte.

Pour gagner Bouziès, il n’est hélas qu’une solution, à savoir marcher sur le grand axe de la D662, la route départementale qui va de Cajarc à Cahors.

Ce n’est pas long, un petit kilomètre. Mais, en saison, cette route est très chargée et il n’y a pas de trottoir.

Au bout du pensum, le parcours tourne à gauche pour traverser le Lot. 

Sur un pont de fer, le parcours passe sur la majestueuse rivière, direction Bouziès. 

Le site ici sur la rivière est d’un charme incroyable. 

A Conduché, on peut aussi opter pour une solution alternative, une solution que connaissent tous les marcheurs informés. Il suffit de prendre la voie ferrée désaffectée, qui va de Conduché à Bouziès. Mais voilà ! Nous sommes passé par ici, il y bientôt dix ans. Alors il n’est pas sûr que le passage soit encore possible. On pourra vous renseigner à ce propos au gîte de la gare. Vous pourrez sans doute encore, faire une centaine de mètres pour aller découvrir le charme du pont de fer sur le Lot. Alors, prenons le train, ou du moins ce qu’il en reste. En avant toute ! 

Rapidement, la voie de chemin de fer arrive sur le pont au-dessus du Lot. Il y a toujours sur le chemin des endroits où la magie opère. Celui-ci fait partie des hauts-de-gamme dans le registre. Les pieds sur les poutres de chênes qui pourrissent doucement au milieu des enchevêtrements de ferraille, laissent au piéton le temps de se perdre dans le spectacle inoubliable du Lot qui coule lentement, inlassablement, comme le dit la chanson. Cette eau verte, placide, qui tranche avec la rouille du pont, c’est un peu comme le sourire des enfants qui rend la vie plus belle. 

De l’autre côté du pont, les taillis envahissaient la voie ferrée, mais ici ce n’était pas encore la brousse. Cela viendra, c’est inexorable, si on n’intervient pas en conséquence. La nature gagne toujours ses combats.

Bouziès n’est pas loin, une toute petite commune de moins de 100 habitants. Bouziès, c’est aussi un port sur le Lot, qui présente une certaine activité économique fluviale. On trouve à s’y loger.

Section 3 : Balade au bord du Lot vers le merveilleux village de St Cirq-Lapopie

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : balade jusqu’à la montée sévère vers St Cirq-Lapopie.

Le GR651 se termine ici. Vous allez quitter la vallée du Célé pour d’autres horizons. Comme nous l’avons dit en introduction, nous allons passer par St Cir-Lapopie et ne pas suivre le parcours direct vers Cahors. C’est alors le GR36/46 1ui prend le relais.

De nombreux touristes arrivent ici, à Bouziès, pour emprunter le fameux “Chemin de Halage”, ce ruban mythique qui conduit au pied de St Cirq-Lapopie.

Quatre kilomètres à peine séparent les deux lieux, mais quel voyage ! Un petit chemin de terre s’élance à plat, suivant docilement le cours du Lot. Il passe sous la vieille voie ferrée, celle-là même que vous auriez peut-être foulée avez foulée en bravant les buissons depuis Conduché sur le rail, comme si le passé lui-même se penchait pour saluer les marcheurs d’aujourd’hui. Le Lot, ici, est navigable. Les eaux y glissent lentement, portant au fil des heures les reflets changeants des falaises et des nuages. De petites croisières, paisibles et joyeuses, remontent ou descendent le fleuve, traçant sur l’eau un sillage d’argent.

Le chemin s’enfonce un instant dans le sous-bois, longeant la rivière dans un silence humide. Puis, peu à peu, la falaise s’approche, dressant devant le marcheur sa muraille calcaire, éclatante sous la lumière.

Et soudain, c’est le choc, la révélation : la rencontre prodigieuse avec les pavés lustrés du Chemin de Halage. Ils serpentent sous la falaise, épousant ses plis, ses teintes de gris, d’ocre et de bleu, jusqu’à se confondre avec l’eau elle-même. Le halage, construit en 1845, permettait autrefois aux chevaux de tirer les bateaux lourds de marchandises, vins de Cahors, robinets de tonneaux, prunes séchées. L’écho de leurs pas semble encore vibrer sous les sabots invisibles des bêtes.

La beauté de ce site saisit quiconque s’y attarde. On reste muet, comme frappé d’un émerveillement ancien. Et pourtant, il n’est pas inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Un oubli, peut-être, ou un simple péché de jeunesse du classement. 

C’est ici que Daniel Monnier, sculpteur moderne, a laissé son empreinte : de grands bas-reliefs taillés dans le calcaire de la paroi, célébrant la vie fossile du lieu : coquilles, poissons, fougères, empreintes d’anciennes marées. L’art rejoint la pierre dans un murmure minéral.

Un peu plus loin, une écluse apparaît, modeste et belle, pièce d’ingénierie ancienne permettant encore aujourd’hui aux bateaux de franchir les caprices du Lot. 

Au bout du “Chemin de Halage”, le chemin retrouve la campagne. Il suit le fleuve, fidèle compagnon, sous l’ombre des falaises, comme s’il hésitait à le quitter.

Par endroits, il s’écarte pour longer les canaux de dérivation. Car ici, le fleuve a ses humeurs : brusques montées, reflux, remous imprévisibles. Les écluses en sont les gardiennes patientes. Le marcheur longe alors une galerie végétale : peupliers argentés, robiniers tordus, aulnes glutineux, frênes graciles, et faux roseaux qui s’inclinent au vent. Parfois, les troncs se penchent sur l’eau comme pour y tremper leurs feuilles. 

Puis le chemin quitte doucement le bord du fleuve et retrouve le goudron, les champs ouverts.

La route, désormais, déroule son ruban sous la falaise. Les parois ruissellent d’ombres et de lumière, offrant aux promeneurs la sensation d’être minuscules au pied de ces murailles.

Puis vient une bifurcation.  Là, deux options : suivre la route et grimper tranquillement plus loin jusqu’à St Cirq-Lapopie, avec le flux des touristes qui montent du parking au bas du village, ou bien s’élancer sur le sentier des sportifs, raide et vibrant, plus direct. Ceux qui ont affronté les montagnes russes du GR651 dans la vallée du Célé reconnaîtront la cadence : la pente, ici, ne leur fera pas peur.

Suivons-les, ces intrépides. Le sentier s’accroche à la falaise et grimpe en lacets serrés dans un sous-bois dense. L’air se fait plus frais, plus vert, plus humide ; la pente est rude, mais le regard oublie la fatigue. À chaque trouée, un rayon glisse, une senteur de mousse monte du sol. Il n’y a aucun danger, seulement le plaisir brut de l’effort.

Le sentier, de plus en plus étroit et sinueux, dépose enfin les randonneurs sur les hauteurs du village. Les autres, les touristes, venus par la route, arrivent de l’autre côté, souvent depuis les parkings en contrebas. Leurs pas sont moins essoufflés, mais leur émerveillement n’en est pas moins grand.

Dans ces entonnoirs de verdure, le marcheur découvre soudain, tout en bas, le Lot où glissent les petites croisières, et là-haut, tout là-haut, le profil dentelé des maisons de Saint-Cirq-Lapopie. L’union de la pierre et de l’eau, du ciel et du temps, s’y donne en un seul regard.

Et voici Saint-Cirq-Lapopie. Les mots deviennent inutiles. Le village se dévoile comme un tableau que l’on connaît déjà sans l’avoir jamais vu : les toits bruns, les ruelles pavées, les façades aux fenêtres étroites, les ombres tièdes du soir sur les tuiles. Il n’y a plus rien à dire. Seulement regarder, respirer, écouter.

Grâce à cette position stratégique, le site fut probablement occupé dès l’époque gallo-romaine, mais le village se développa surtout à partir du IXe et du Xe siècle. Au Moyen Âge, il devint une place fortifiée importante du Quercy, partagé entre plusieurs familles puissantes, notamment les Lapopie, les Gourdon et les Cardaillac, qui construisent des châteaux et des maisons fortes au sommet du rocher. Le village prospéra grâce à l’artisanat et au commerce liés à la navigation sur le Lot, où circulent marchandises et matériaux. Puis, il connut des périodes difficiles pendant la guerre de Cent Ans aux XIVe et XVe siècles, puis durant les guerres de Religion au XVIe siècle. Certaines fortifications et bâtiments furent endommagés, mais le village conserva une grande partie de son architecture médiévale. Au XIXe siècle, la population diminua, ainsi que l’activité économique. Cependant, au XXe siècle, le lieu fut redécouvert par des artistes et des écrivains séduits par son paysage spectaculaire et son atmosphère médiévale. Aujourd’hui, Saint-Cirq-Lapopie est considéré comme l’un des plus beaux villages de France et constitue un site touristique majeur de la région. 

 

Logements répertoriés sur la Voie du Célé

 

  • Gîte du Pech Merle, ferme équestre, Pech Merle; 06 67 90 49 24 ; Gîte, Ch. d’hôte, repas, petit déj.
  • Gîte-Restaurant des Deux Vallées, Conduché ; 05 64 24 58 92/06 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Hôtel-Resuturant les Falaises**, Bouziès; 05 65 31 26 83 ; Hôtel repas, petit déj.
  • Chambre d’hôtes La Maison du Ganil, Castan ; 07 87 72 49 80/06 42 04 34 30 ; d’hôte, petit déj,
  • Gîte de St Cirq-Lapopie, St Cirq-Lapopie ; 05 65 30 29 04/06 87 43 62 64 ; Gîte, repas, petit déj.
  • Hôtel-bar-restaurant L’Auberge du Sombral**, St Cirq-Lapopie ; 05 65 31 26 08 ; Hôtel, petit déj.

Ces données ont été actualisées en 2026. Si vous ouvrez ce site par la suite, il n’est pas sûr qu’il en sera toujours ainsi. Sur ces parcours, des établissements ouvrent chaque année, d’autres ferment. La solution est d’acheter, entre autres, Miam Miam Dodo, la bible pour manger et se loger, et qui donne aussi des logements hors du parcours. Pour notre part, nous ne donnerons que les logements sur le parcours, ou à proximité très immédiate. Il existe aussi d’autres possibilités, comme des guides, ou Internet, qui liste aussi les Airbnb. Cependant, même si la vallée est touristique, les logements Airbnb sont rares.  Mais aucune application n’est aussi bien documentée que Miam Miam Dodo, d’autant que le petit livre, que vous trouvez aussi sur Internet est renouvelé chaque année. Si vous ne disposez pas de Miam Miam Dodo, on vous conseille de réserver et de vous renseigner chez les logeurs, des modalités de leur logement (repas, draps, WC, douche, autres commodités). De même, renseignez-vous à l’étape précédente sur les heures d’ouverture des épiceries, des bars, souvent fermés au cours de la journée ou de la semaine. Sur la variante du Célé, les possibilités de logement sont très restreintes, mais il n’y a que peu de pèlerins qui passent par ici. Par contre, il y a aussi des randonneurs. Réservez donc, si c’est possible. Un lit trouvé au dernier moment est parfois un coup de chance ; mieux vaut ne pas s’y fier tous les jours.

Dans cette étape, le logement est très discret, même si St Cirq-Lapopie est un haut lieu touristique. De manière générale, les touristes n’y font qu’un saut et ne s’arrêtent pas. D’ailleurs, les logements sont minimaux, Airbnb inclus. Les touristes se logent à Tour de Faure. Cahors ou dans la région.  Par contre, les boutiques et les restaurants sont en abondance. Pour les gens qui veulent faire transporter le sac ou eux-mêmes, la Malle Postale ou le Transport Claudine sont de bonnes dispositions.

N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
Etape suivante : Etape 5: De St Cirq-Lapopie à Vaylats
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