Dans la sublime vallée du Célé
DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS
Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du parcours. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.
Pour ce parcours, voici le lien:
https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-marcilhac-sur-cele-a-cabrerets-par-le-gr651-44336259
| Ce n’est évidemment pas le cas pour tous les pèlerins d’être à l’aise avec la lecture des GPS et des cheminements sur un portable, et il y a encore de nombreux endroits sans connexion Internet. De ce fait, vous pouvez trouver sur Amazon un livre qui traite de ce parcours.
Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page. |
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Loin de la foule, des routes et du vacarme du monde, le Célé déroule son tapis d’eaux gris-vert dans un murmure patient, de Figeac jusqu’à Bouziès, où il s’abandonne enfin dans les bras du Lot. Ce cours d’eau secret traverse l’un des plus beaux théâtres naturels que la France puisse offrir. À chaque méandre, la rivière semble hésiter, se contorsionner, caresser les rives avant de s’enfuir plus loin, comme un serpent lumineux glissant entre les collines. Dans ses boucles s’abritent une constellation de villages miniatures, délicatement posés sur les berges, où le temps paraît suspendu. Espagnac, St Sulpice, Marcilhac, Cabrerets, autant de perles anciennes accrochées au fil de l’eau, aussi harmonieuses que des refrains murmurés au fond d’une gorge verte. Si la plaine alluviale s’enrichit assez pour nourrir les moissons de maïs, les champs de céréales et quelques maraîchers obstinés, ailleurs, le sol s’amenuise, s’épure, se durcit. Les prairies clairsemées accueillent un maigre bétail, patient comme la pierre, tandis que sur les hauteurs, le causse étend sa rude beauté. C’est un monde âpre et lumineux, une garrigue silencieuse, semée de chênes pubescents, de buis, de genévriers et de rares feuillus. Rien ici ne crie : tout chuchote. Le vent, la poussière, les pierres et les herbes parlent bas. Ce pays est un souffle. Un royaume de silence où la beauté ne se donne qu’à celui qui sait écouter.
Le Célé, fidèle à sa lenteur, trottine au pied des falaises vertigineuses, comme un animal docile suivant la main de son maître. Les parois changent de teinte au fil des heures : ocre à midi, grises au crépuscule, bleutées sous la lune. Ces falaises calcaires, percées de grottes et d’anfractuosités, semblent respirer. On dirait des parois vivantes, tremblantes au-dessus de la rivière, travaillées par le temps comme un fromage d’Emmental géant dont chaque trou cacherait une histoire. Combien de mystères, de cavités, de sources secrètes, d’abris encore ignorés se tapissent dans leurs entrailles ? Ici, la géologie prend des airs de légende. Les falaises ont servi de refuge autant que de demeure. Les hommes y ont creusé leur nid, sculptant dans la roche tendre leurs maisons troglodytes, accrochées au vide comme des hirondelles de pierre. Certaines s’avancent à peine hors du roc, d’autres s’y fondent si bien qu’on les devine plus qu’on ne les voit. Parfois, la vallée se rétrécit à tel point qu’il ne reste d’espace que pour un chemin et un mur. Alors l’habitat s’est fait falaise, se hissant dans la verticalité du paysage. Ces “villages-rues” épousent la roche avec une grâce qui confine au miracle. Espagnac, St Sulpice, Marcilhac-sur-Célé : chacun dévoile un pan de cette alliance entre la main de l’homme et la patience du calcaire. Mais ne rangez pas encore vos carnets : Sauliac-sur-Célé et Cabrerets attendent au détour du sentier. Là, encore, vous croiserez encore l’ombre obstinée des “maudits Anglais”, perdue dans la poussière des siècles.
Difficulté du parcours : Les dénivelés (+583 mètres/-580 mètres) sont toujours aussi importants et conséquents d’une étape à l’autre dans la vallée du Célé. Nous avons dessiné les étapes de manière à ce qu’elles ne soient pas trop longues ou trop pénibles. Mais, pénible, c’est encore le cas pour l’étape en cours. Aujourd’hui, on monte et on descend toute la journée, comme la veille. On va jusqu’à 5 fois sur le causse, mais on ne redescend jamais jusqu’à la rivière, comme dans les étapes précédentes. Alors, ce sont presque les vacances, non ?
État du parcours : Dans l’étape du jour, les trajets sur les routes sont un peu plus nombreux que dans les étapes précédentes :
- Goudron : 8.1 km
- Chemins : 10.5 km
Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.
Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.
Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.
Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1 : Une première montée exigeante sur le causse
Aperçu général des difficultés du parcours : une partie sportive de l’étape, à près de 15%-30% de pente par endroits.
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Le GR651 traverse les ruelles sinueuses du village jusqu’à la sortie. |
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À la sortie de Marcilhac-sur-Célé, il faut choisir le bon parcours, car ici les chemins se croisent, s’entrelacent, se défient presque. Le marcheur hésite entre les multiples voies qui s’offrent à lui, comme à un carrefour du destin. C’est un lieu de passage et de choix, un nœud de chemins où l’on sent battre le cœur du causse. Parmi eux, le plus fameux sans doute, le circuit des “caselles“, ces humbles huttes de bergers, bâties de pierres sèches et patinées par le vent. Tous partent, dont le GR651, du sommet du village, près de l’école. Un panneau, simple mais sincère, annonce Sauliac-sur-Célé à deux heures trente de marche, promesse de route et d’effort. |
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Le GR651 file d’abord sur le goudron, luisant sous le soleil comme une cicatrice d’asphalte, le long des dernières maisons du village. |
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Mais cela ne dure guère. Très vite, il s’échappe, comme un cheval rétif, pour reprendre sa liberté dans l’herbe. Pas de répit ici : la terre impose sa loi. À peine quitté le village, déjà le sentier s’élève, d’abord doux et herbeux, puis caillouteux, dur, âpre. Toujours plus étroit, il grimpe sur le causse avec la ténacité d’un vieux mulet. |
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C’est la première ascension du jour, celle qui réveille les muscles engourdis et fait chanter les articulations. Mais elle reste clémente, presque amicale ; la pente, bien qu’inclinée, se laisse apprivoiser. On annonce Les Combes Basses à un peu plus d’un kilomètre, niché au bas du premier causse de la journée. Ici, la bosse ne dépasse pas les 260 mètres, une centaine de mètres de dénivelé : une bagatelle, dirait le pèlerin aguerri, un simple prélude à la danse du relief. Sur le replat, un regard en arrière offre à nouveau la vision attendrissante de Marcilhac-sur-Célé, posé comme un bijou dans son écrin de pierre. |
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Le sentier continue alors de s’élever, suivant la crête, traversant les landes et les buis. Les petits chênes s’y mêlent aux frênes et aux érables ; surtout ces érables de Montpellier, reconnaissables à leurs feuilles trilobées, qui semblent saluer le passant d’un geste ancien. Et toujours la question du buis : est-il encore là, ou le cornouiller l’a-t-il supplanté ? Il faudrait revenir pour le dire, tant le causse change sous nos yeux comme un être vivant. La vue, ici, s’ouvre un peu, timide, vers un horizon que borne le prochain sous-bois, la prochaine montée, la prochaine épreuve. |
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Dans un virage, le parcours fait un peu de route, mais ce n’est que fugace. |
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Plus loin, il retrouve la route. On approche du hameau du Picarel, sans vraiment le toucher ; la route, elle, s’y rend, mais le GR651 choisit l’écart. Un court passage sur le bitume, puis déjà l’appel du sol rocailleux reprend le dessus. |
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Car la loi des causses est impitoyable : après chaque montée vient la descente, ici assez clémente, qui vous jette dans les bras de la forêt. |
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Un panneau annonce la Mas de Picarel, qui chante comme une promesse. |
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Une belle “caselle“ guigne depuis le sous-bois, témoin muet du travail ancien. Elle signale le Mas de Picarel, où un logement attend sans doute quelque marcheur. La pierre y respire la paix. |
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Le GR651 plonge ensuite vers le vallon des Combes Basses, comme s’il voulait s’effacer du monde. Ici, la civilisation se tait. Le sentier, raide, vous entraîne sur les cailloux et la terre ocre, et vos genoux protestent. Mais quelle splendeur ! Les buis bordent la descente de leurs formes rondes ; sur les corniches ensoleillées, les filaires et les pistachiers des terres chaudes rappellent la Méditerranée. Quelques rares bouleaux bravent les chênes, insolents et gracieux. La nature ici semble une mosaïque où chaque plante tient son rôle dans la lumière. |
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Bientôt vous apercevrez en dessous le hameau perdu des Combes Basses. |
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Au bas du chemin, la fraîcheur surprend : une petite mare, dissimulée sous la falaise, repose dans l’ombre du lierre. L’eau y dort, tranquille, à peine ridée par le vent. On s’y arrête volontiers, le souffle court et l’âme calme. |
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Aux Combes Basses, quelques paysans subsistent encore, obstinés gardiens d’un territoire maigre. Ils travaillent les lopins que les bois leur laissent, rapiècent la terre avec patience. Le goudron, la voiture, le tracteur : autant de signes ténus de leur présence. Mais les volets sont souvent clos, les portes absentes, les maisons figées dans un demi-sommeil. Et sur le bord du chemin, fidèle compagne, une croix. Sobre, mais belle : un repère de foi et de fatigue. |
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Vous voilà redescendu à la plaine, à 170 mètres d’altitude, bien que le hameau soit un peu en retrait du Célé. Le marcheur le sait : ce qui descend devra remonter. Devant lui, s’étire une bande de goudron abîmé, s’élevant dans le sous-bois comme un serpent fatigué, annonçant la prochaine ascension, jusqu’à près de 300 mètres au-dessus de la mer. |
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Bientôt, le bitume cède la place à un large chemin de terre. Sa largeur trompe l’œil, car la pente, elle, reste redoutable. Les chênes se serrent, épaulés par les buis et les érables de Montpellier. La montée s’étire, implacable, belle dans sa rigueur. Dix minutes d’un bonheur rude, presque pur : 20% de pente, parfois davantage. |
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Puis, soudain, un répit : la forêt s’ouvre, les murets de pierres sèches bordent la voie, la lumière joue dans les clairières. La pente s’adoucit un instant, avant de repartir, farouche. Enfin, la récompense : les prés apparaissent, clairs sous le ciel. |
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Une grande maison de pierre, sans doute abandonnée, se dresse au bord du chemin, mélancolique sentinelle du passé. Autour, les buis et les genévriers cades s’entremêlent, espiègles, parmi les murets effondrés. L’air sent la pierre chaude et la mousse. Un vrai bonheur de marcheur. |
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Section 2 : Une longue traversée du causse
Aperçu général des difficultés du parcours : parfois quelques pentes plus sévères, en montée comme en descente.
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Mais le chemin monte encore un peu, quoique plus doucement, jusqu’à atteindre une route goudronnée qui coiffe la deuxième bosse du jour. Là-haut, le vent semble se perdre dans la lande infinie. Tout paraît immobile, suspendu, comme si le temps lui-même retenait son souffle. La lande ajoute au mystère, prolonge la solitude à perte de vue. C’est une symphonie de désordre et d’harmonie : un entassement de branches, de troncs morts, de buissons et d’herbes folles qui s’enchevêtrent, se bousculent, bouleversent les lignes d’horizon. Cette confusion naturelle a quelque chose de grand, d’émouvant, une beauté qui échappe à la main de l’homme et se nourrit du silence. |
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La descente s’amorce, direction Montagnac, sur un ruban de goudron tiède qui suit la combe. Ici, la lande se fait somptueuse, presque luxuriante dans sa sécheresse. Les vents l’ont peignée, sculptée, jusqu’à lui donner la souplesse d’une mer verte. Le chemin serpente au cœur du grand Pech de Montagnac, parmi des senteurs de thym, de romarin et de genévrier, avec ce parfum de solitude heureuse que seuls les causses savent offrir. Sur cette route goudronnée, le marcheur pourrait croire, l’espace d’un instant, qu’il regagne le monde des humains. Mais le parcours n’ira jamais sur la route à Montagnac. Toute la région est barrée de petites routes dont de nombreuses sont des impasses. L’illusion d’une plaine prochaine, d’un retour vers la vie ordinaire, traverse le marcheur. Mais qu’il se détrompe : nulle voiture, nul bruit. Le GR651 descend encore un peu vers Montagnac, puis s’abandonne soudain à nouveau à la forêt. |
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Un sentier quitte la route comme on quitte un mensonge, retrouvant la vérité de la terre. Il longe alors de vieux murets de pierres, ourlés de mousse, qui semblent garder la mémoire des siècles. |
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Dans le bois, le sentier ondule avec une grâce tranquille, épousant le relief sans forcer, glissant souplement, presque sans effort. Les pas se font doux, amortis par la litière des feuilles mortes. On n’entend que le froissement discret des herbes et le souffle du vent parmi les branches. Mais bientôt, les cailloux réapparaissent, petits, sournois, légion. Le marcheur prudent serre ses lacets et remercie ses bonnes chaussures. Dans les causses, la pierre n’est jamais loin, fidèle compagne ou ennemie selon le jour. |
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Assez rapidement, le chemin rocailleux rejoint une autre route, perdue elle aussi, qui traverse le Pech de Montagnac. |
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Le goudron y est comme effacé par le temps, rongé de mousse et de poussière, à peine vivant encore. |
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Plus loin, c’est le retour du chemin de terre dans les sous-bois du causse. |
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Cependant, le parcours du jour aime vous balader d’une route à un chemin et du chemin vers une nouvelle route. |
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Vous êtes redescendu à deux cents mètres d’altitude. Devant vous s’élève déjà la prochaine épreuve : remonter au sommet du causse, là-haut, à près de trois cents mètres d’altitude. Une bande de bitume s’enroule dans la pente en grands lacets. Elle semble ne jamais finir, serpent noir au flanc de la colline. Un kilomètre et demi pour quatre-vingts mètres de dénivelé : le pèlerin en viendrait presque à maudire sa persévérance. |
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Par bonheur, quelques bouquets d’arbres veillent sur le bord de la route. De grands chênes, quelques frênes, dressent leurs silhouettes ombrées au-dessus de l’asphalte, offrant au marcheur une halte de fraîcheur. Les prés alentour, vastes et ouverts, semblent endormis. |
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On y voit des chevaux qui paissent en liberté dans l’herbe fleurie, quelques bocages épars d’où s’élancent des arbres isolés. Là-haut, au sommet, l’herbe est rase, pelée : les moutons sont passés avant vous, laissant derrière eux l’odeur simple de la laine et du soleil. Ici, la vue s’étend à l’infini. La montagne se tait, mais son silence est vaste, habité. Au-delà du pâturage, la crête ferme l’horizon d’un trait bleuâtre. Vous passez à Mas del Rey, ultime éclat de pierre avant la descente, à deux kilomètres et demi de Sauliac-sur-Célé, à treize kilomètres et demi des Cabrerets, terme de l’étape. |
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Le GR651 descend alors en pente douce pendant un demi-kilomètre… |
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… suivant encore un moment la route avant de s’en écarter, attiré vers les terres du Mas de Nadal. Là-bas, la forêt reprend ses droits, le goudron s’efface, et la marche retrouve son vrai visage. |
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Section 3 : Le charme malheureusement disparu du vieux Sauliac
Aperçu général des difficultés du parcours : à nouveau un trajet très sportif.
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On retrouve alors un chemin qui fait toujours l’unanimité et le bonheur des pèlerins : une pente douce, des murets de pierre ourlés de mousse, une terre tendre sous les pas, comme un souffle de répit après tant de pierres et de montées. La nature y respire en paix : les buis se frôlent, les mousses étendent leurs coussins veloutés, et les arbres forment des voûtes de lumière. Il ne manque que le murmure des oiseaux et le parfum discret des champignons pour parfaire ce décor de rêve. |
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Mais cette douceur ne dure pas. L’approche de Sauliac devient irrésistible, presque brutale. Par endroits, la descente se change en toboggan minéral : les cailloux roulent, les jambes se tendent, le souffle se retient. À plus de 30% de pente, il faut savoir dompter ses pieds pour ne pas s’y laisser glisser. Malheureux les marcheurs surpris ici par la pluie : ce serait une danse périlleuse entre glissades et jurons ! Pourtant, la beauté du lieu rachète tout. Le paysage s’ouvre comme une gorge d’émeraude, et au loin déjà se devine la vallée du Célé. |
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Au bas de cette terrible descente, le sentier rejoint une intersection, à deux pas de Sauliac. Le GR651, fidèle à sa logique d’ermite, semble éviter le village et préfère bifurquer vers le Musée de Cuzals et Cabrerets, dix kilomètres plus loin.
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Une avenue de terre battue mène près des falaises au-dessus du village. |
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Sauliac-sur-Célé, pour qui prend la peine de lever les yeux, semble suspendu entre ciel et pierre. Accroché à une falaise de calcaires ocre et gris, le village s’enroule autour de ses strates, incrusté comme une pensée ancienne dans la mémoire du roc. La falaise elle-même est truffée de murs antiques, de cavités, de grottes qui servirent jadis de refuges. En des temps troublés, on y hissait les bêtes et les malades dans des paniers, tandis que les plus vaillants grimpaient par des échelles branlantes jusqu’à ces abris suspendus. . |
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Ici, il ne reste pas grand-chose de la grandeur passée. On devine encore, à certains détails du relief, que des maisons troglodytes habitaient jadis ces parois. Les vieilles gravures en témoignent : des toits pointus se pressaient contre la falaise, des fenêtres s’ouvraient à flanc de vide. Le temps, impitoyable, a rongé tout cela, ne laissant que la nostalgie d’un village taillé dans le vent. |
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Il ne subsiste que quelques soubassements de l’ancien Château des Anglais, “Anglais d’apparence seulement, car point n’en étaient les occupants. Pauvres faux envahisseurs, victimes de la légende ! Ah, la perfide Albion qui n’était même pas là ! |
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Juste de l’autre côté du Célé, à portée de regard, s’élève le très beau château de Geniès. Sa silhouette se reflète dans l’eau tranquille, avec, à son entrée, un pigeonnier du XIVe siècle couvert de lauzes, restauré avec un soin admirable. Ce pigeonnier, classé monument historique, abrite aujourd’hui un logement de vacances, et parfois, pour le bonheur des marcheurs, une nuit d’accueil rare et précieuse. Le lieu respire la sérénité des vieilles pierres baignées de silence. Le château captive le regard du randonneur. Le GR651, qui suit le chemin du Vieux Sauliac, l’enveloppe d’un long regard circulaire, le contourne, le frôle, comme pour ne jamais le quitter. À chaque tournant, il se révèle sous un autre angle : ici majestueux, là mélancolique, toujours fidèle à la beauté immobile des causses. |
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Puis le chemin, rocailleux et poudreux, s’éloigne du village. En contrebas, le château s’amenuise, s’efface dans la verdure. Une croix de pierre se dresse un peu plus loin, silhouette solitaire qui bénit le passage. Derrière elle, l’immense amphithéâtre des falaises et des forêts engloutit toute mesure. Le château paraît soudain minuscule, jouet de pierre perdu dans la majesté du Célé. |
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| En dessous, la rivière se cache sous les feuillages épais. On ne la devine qu’à son murmure, un bruissement discret qui roule entre les racines. Le chemin, maintenant momentanément plus large, s’enfonce dans la falaise. Il croise la grotte-étable de Crosa de Poursonet, abri mi-naturel, mi-humain, où la lumière joue sur les calcaires comme sur un vitrail mouvant. Les nuances d’ocre, de gris, de bleu s’y fondent avec une douceur de pastel. Qu’on se rassure : malgré ces abîmes apparents, aucune portion du GR651 n’est réellement dangereuse dans la vallée du Célé. | |
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Bientôt, la pente reprend, mais avec plus de mansuétude. Un sentier monte de nouveau sur le causse. Ici, les pentes dépassent encore les 10%, mais le décor, somptueux, fait oublier l’effort. Les buis et les cornouillers s’entrelacent, les chênes dressent leurs troncs noueux, et la mousse tapisse les blocs de calcaire comme une peau vivante. |
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Un peu plus loin, la descente revient, vive mais brève, un simple caprice du relief. Les chênes se font plus rares et laissent place aux érables de Montpellier et à quelques pins. Le sol s’orne de pives éparses, comme autant de petits soleils tombés du ciel. |
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Peu après, c’est encore une montée, exigeante et fière. Les buis ont disparu, mais les chênes s’inclinent, parfois jusqu’à frôler la terre. Leurs branches enlacent les vieux murets, tressant des ombres mouvantes où glisse la lumière. Rien ici n’est droit ni aligné : la nature a refusé le compas du géomètre. Par endroits, les pins forment des arcades, comme des portiques d’église verte. |
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À Combe Cave, le chemin frôle presque le sommet du causse. La vie humaine semble s’être retirée d’ici : pas de champs, pas de bêtes, rien qu’un silence vibrant. L’air paraît plus clair, plus léger. Vous êtes à huit kilomètres de Cabrerets, et déjà la vallée se prépare à vous reconduire. |
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Alors, un large chemin de terre s’étire, paisible, sur le plateau. Les pas s’y font lents, presque contemplatifs. Contre toute attente, quelques châtaigniers s’y sont aventurés, rareté dans ce pays de pierre, comme une note étrangère, un souvenir du Ségala venu respirer ici. |
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Puis la route refait surface, lente et grise, comme le signe discret du retour vers la civilisation. Dans un paysage de petites combes, elle ondule jusqu’au parking du Musée de Cuzals. |
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Cuzals, c’est la mémoire ouverte des causses : un musée à ciel ouvert où l’on redécouvre, grandeur nature, l’histoire rurale et agricole du pays. Peu de foule, peu de hâte : on y marche comme dans un livre ancien, parmi les outils du passé et les gestes disparus. |
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Depuis la bifurcation du musée, le GR651 poursuit sur la route goudronnée, vers Cabrerets. Le voyage continue, entre ombre et lumière. |
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Section 4 : Encore une montée sur le causse, juste pour le plaisir
Aperçu général des difficultés du parcours : un causse moins sportif que les autres, mais ce ne sont pas les vacances. Point s’en faut !
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Plus bas, le GR651 quitte la route et s’enfonce de nouveau en sous-bois. |
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| Le chemin, de terre claire, descend doucement sous les chênes, comme une respiration apaisée après les grands vents du causse. Les pas s’y font feutrés, amortis par l’humus, et la lumière, filtrée par les feuillages, tisse sur le sol un jeu d’ombres mouvantes. | |
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| Un peu plus loin, le marcheur se trouve face à un choix. Deux voies s’offrent à lui : remonter sur le causse pour poursuivre l’itinéraire principal, ou bien descendre vers le gîte d’étape de la Flèche Bleue, blotti plus bas dans la vallée. Les distances, pour rejoindre Cabrerets, se valent. Alors, que choisir ?
Peut-être vous direz-vous que vous n’avez pas encore assez goûté la beauté des causses, et qu’il serait dommage de ne pas saluer une dernière fois leurs cimes blondes et leurs combes secrètes. Si tel est votre choix, vous continuerez à danser de pech en combe, apprivoisant les bosses de ce pays rebelle jusqu’au lieu-dit du Bout du Lieu, si proche déjà de Cabrerets. Mais peut-être aussi sentirez-vous que la fatigue vous tire doucement vers la vallée, et qu’ajouter encore un causse à votre collection du jour serait excès de zèle. Alors vous descendrez vers la Flèche Bleue, là où le parcours flirte avec la rivière. Et après tout, venir dans la vallée du Célé sans vraiment suivre le fil de son eau, n’est-ce pas passer à côté de son âme ? |
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| Pour l’heure, restons pèlerins disciplinés et poursuivons sur le GR651.
Depuis la bifurcation, le chemin remonte dans la lande, sur une belle piste de terre, parfois un peu pierreuse, bordée de buis et de chênes trapus. Rien de difficile ici : après les rudes montées des jours passés, cette étape ressemble à une promenade. Le sentier s’élargit, s’adoucit, se prête à la rêverie. Par endroits, quelques pins et épicéas s’invitent, silhouettes inattendues dans le décor calcaire. L’horizon, souvent dégagé, respire à pleins poumons. |
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Mais une question se glisse, presque triste : les buis auront-ils survécu à votre passage ? Ils étaient le grand charme des causses, ces petits arbustes aux feuilles vernissées, compagnons fidèles des chemins pierreux. Près de Cahors, ils ont presque tous disparu. Aujourd’hui, nombre d’entre eux ont disparu, victimes des pyrales du buis, ces chenilles asiatiques arrivées en Europe au début du siècle. Leurs mandibules infatigables dévorent tout sur leur passage, laissant des buissons nus, gris et fantomatiques. Leur histoire est celle d’un déséquilibre : introduites sans prédateur, les pyrales ont conquis les causses comme un feu lent. Leurs larves vert clair, striées de sombre, tissent leur soie sous les feuilles, se transforment en papillons blancs, et recommencent le cycle. Les jardiniers peuvent les traiter, mais ici, dans la nature sauvage, nul remède ne peut enrayer la faim du vent. Pourtant, la vie sait attendre. Sous la terre, les racines patientent, prêtes à renaître dès que l’équilibre reviendra. Le buis dort, il n’est pas mort. |
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Plus haut, l’horizon s’élargit. De petites collines boisées, les fameux Pechs du Quercy, rythment le paysage. Le chemin, large et ferme, avance au milieu de la steppe blonde. Sous le soleil, les pierres miroitent comme des écailles de lézard. |
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Bientôt, la terre cède la place au goudron. À l’approche du hameau d’Espinières, le GR651 retrouve pour un temps la route, qu’il longe sans hâte. |
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Le parcours suit un peu la route qui va vers Cabrerets, puis s’en écarte pour gagner Espinières. |
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Le hameau n’est qu’effleuré : quelques toits, des volets clos, un puits ancien. Le chemin quitte vite le bitume pour replonger sur la terre battue. |
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La pente se fait douce, presque imperceptible. Le paysage se déploie dans la lumière, parsemé de cornouillers en fleurs, qui étirent leurs branches fines sur les murets. Les buis, là où ils ont survécu, s’entrelacent encore avec grâce. |
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Puis le pays s’ouvre soudain. Les prés succèdent aux bois. Les chênes, plus hauts, se déploient en larges couronnes : ils ont grandi en paix, loin des tronçonneuses et des troupeaux. Le sol, d’une terre rouge et souple, se prête à une marche sans effort. C’est une belle traversée, paisible et lumineuse, où l’on se prend à ralentir juste pour écouter le vent dans la nature vierge. |
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Vers le Pech de Fomot, le parcours croise un court tronçon de goudron. Le plateau y semble suspendu dans l’air. |
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Puis un chemin s’évapore de nouveau dans les buis et les hautes herbes, ondulant doucement comme s’il voulait s’effacer dans la nature. |
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Peu après, le sentier s’élève à nouveau, mais cette fois sans rudesse. Une montée en pente légère, presque joyeuse, conduit le marcheur jusqu’à un large plateau. |
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Là, le chemin se fait doux et régulier, traversant des prés ouverts, baignés de lumière. Quelle surprise, après tant de jours dans les causses pierreux, de fouler une herbe souple, sans cailloux ni racines, de marcher enfin sur un plateau dégagé jusqu’à l’horizon. C’est une vraie révolution pour le pèlerin, une respiration, un apaisement. |
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Le causse, ici, est splendide, d’un vert plein et franc, presque printanier. Tout autour, les Pech alentour se couvrent d’un manteau de forêts épaisses, et leurs lisières jouent avec les lignes du ciel. Le vent y circule librement, portant l’odeur de la terre. Dans les prés, la nature s’amuse à varier ses couleurs : de petites fleurs sauvages bordent le chemin, mêlant leurs corolles aux tiges de chèvrefeuille qui s’enroule autour des pierres. Par endroits, une abeille ou un papillon s’attarde, comme pour bénir le marcheur de ses dernières heures sur le causse. |
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Mais le répit, ici, ne dure jamais sur un parcours si accidenté. Au bout du plateau, la pente se réveille, fidèle compagne du voyage. Un petit sentier rocailleux s’enfonce dans les sous-bois, amorçant une descente sévère vers Cabrerets. Les buis réapparaissent, obstinés, fidèles. Les chênes referment leurs branches au-dessus du sentier, et les murets de pierres grises reviennent border le chemin comme des gardiens silencieux. |
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Et puis soudain, la récompense : une ouverture, un balcon sur le monde. Le regard plonge dans la vallée, et là, tout en bas, apparaît Cabrerets, blotti au creux du vallon. Le Célé s’y enroule avec lenteur, dessinant une boucle parfaite autour d’une falaise dorée. Juste au-dessus, accrochée presque à la roche, une chambre d’hôtes attire l’œil, la “Maison atypique”, suspendue entre ciel et pierre. Vue d’ici, elle semble flotter dans le vide, comme une halte rêvée avant le retour aux hommes. |
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Mais la beauté a son prix : il n’y a pas que le regard qui plonge, les genoux aussi. La descente, sur près d’un demi-kilomètre, affiche des pentes à 20%, voire plus, rude épreuve pour les mollets déjà fatigués. Pourtant, comment se plaindre ? Le paysage est si grandiose qu’on oublie la douleur. Chaque pas rapproche du Célé, de sa fraîcheur, de son murmure. |
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Au bas du chemin, tout s’apaise à nouveau. Vous atteignez le lieu-dit Le Bout du Lieu, à deux pas de Cabrerets. C’est ici que rejoint également la variante, celle qui passe par les Granges, avant de se fondre à nouveau dans le GR651. Les deux chemins se retrouvent comme deux rivières, unies avant leur embouchure. La boucle est bouclée : le marcheur a dompté les causses.
Section 5b : La variante par Les Granges
Alors, retournons un peu en arrière, à cette bifurcation du chemin où deux parcours s’offrent au marcheur. Après une longue journée à gravir et redescendre les causses, certains pèlerins, las mais curieux, choisiront la seconde voie, celle de la descente vers la vallée.
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La voie s’annonce franche, directe. Un sentier plonge dans les herbes folles et les sous-bois, comme si la nature voulait reprendre le voyageur dans ses bras. Sur près d’un kilomètre, la pente s’impose, rythmée par le bruissement des feuilles et les parfums des arbustes odorants. |
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Le sentier gagne bientôt le hameau des Granges, reconnaissable à son vieux pigeonnier de pierre, posé comme un veilleur au bord du chemin. Ici, l’atmosphère change : un peu plus de vie, un peu de douceur. Et pour cause : l’un des avantages notables de cette variante est de pouvoir se reposer et se restaurer à la Flèche Bleue, charmant gîte d’étape où les randonneurs trouvent chaleur humaine et repas simple, mais franc comme la terre qu’ils traversentt. |
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Des Granges, la route n’est plus qu’à deux cents mètres. |
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On rejoint la D41, une route tranquille qui serpente jusqu’à Cabrerets, sur à peine trois kilomètres. |
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Là, la vallée du Célé se dévoile sous un jour nouveau. L’eau de la rivière glisse entre des berges ourlées de vert sombre, contrastant avec le tendre éclat des feuillages. Le ciel s’y mire, se fondant dans le miroitement des flots. Marcher ici, c’est suivre un ruban d’émeraude, où chaque méandre semble respirer. |
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Rapidement, la route se rapproche des falaises impressionnantes que la rivière à creusées au cours du temps dans le vallon encaissé. |
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La D41 longe la rivière et mène au singulier Musée de l’Insolite, royaume d’un esprit fantasque et poétique. Vous n’y prendrez pas de photographies. L’artiste préfère garder pour lui le mystère de son univers foisonnant. Mais même de l’extérieur, le promeneur perçoit quelque chose de ce délire tendre : des formes improbables, des couleurs échappées d’un rêve, des objets qui semblent dialoguer avec le vent. |
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Plus loin, la route joue à cache-cache avec la falaise, passe sous un tunnel sommaire creusé dans la roche. Au détour d’un lacet, apparaît le moulin de la Pescalerie, un lieu enchanté. Il se love au pied de la paroi, drapé de mousse et de lierre, entouré d’une fraîcheur de source. L’eau dévale en cascade d’une résurgence souterraine, libérée du ventre du causse. Jadis, ce moulin troglodytique, moitié dans la roche, moitié dans la lumière, servait de résidence de pêche aux seigneurs des environs. Tout ici parle encore d’eau et de pierre, de silence et de travail patient. |
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La route poursuit sa course tranquille jusqu’au Bout du Lieu, avant Cabrerets. |
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Les parois de schiste grisâtre vous font comme une haie d’honneur pour saluer votre passage. |
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En levant les yeux, vous apercevrez la célèbre Maison atypique, qui se balance sur la falaise.
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C’est là que le GR651, redescendant du causse, rejoint la vallée. |
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Faites un détour par la “Maison atypique” : un hébergement suspendu à la falaise, où l’accueil est aussi lumineux que la vue. Un peu plus haut, une autre maison d’hôtes vous tend ses murs clairs. Le Bout du Lieu, vu de la route, ressemble à un petit musée de pierre : chaque maison, chaque creux de falaise semble conter un morceau d’histoire. |
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Le Bout du Lieu est en effet un véritable musée à ciel ouvert. Les premières maisons troglodytes s’y nichent dans la falaise grise, leurs fenêtres ouvertes sur le vide. Les murs y sortent littéralement du rocher, comme si la pierre, lasse de rester muette, s’était faite maison. |
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Levez les yeux vers la falaise : là-haut, à peine visible derrière une touffe d’herbe accrochée à la paroi, se devinent les vestiges d’un château. C’est le fameux Château du Diable, ou Château des Anglais, qui alimente depuis des siècles les légendes locales. Édifié au XIIe siècle par les seigneurs de Barasc, il s’étendait jadis sur quatre-vingt-dix mètres de long pour trente de haut, flanqué d’une tour ronde dont on distingue encore la base. Durant la guerre de Cent Ans, les Anglais, ou plutôt des compagnies de brigands sans foi ni loi, s’en emparèrent, ce qui valut au château son nom infernal. Dix ans plus tard, les seigneurs de St Sulpice reprirent la forteresse et la rasèrent presque entièrement. Aujourd’hui, suspendu à la falaise, il semble toujours imprenable, un mirage de pierre défiant le temps. |
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Ne peut-on jamais se lasser de contempler ces maisons de pierre qui semblent à la fois habiter la montagne et en rêver ? Certaines vivent encore, d’autres dorment, mais toutes portent sur elles l’empreinte d’un passé immobile. |
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Enfin, voici Cabrerets, où la vallée s’élargit un peu. La rivière, placide est comme un havre de bonheur. |
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À cet endroit précis, une petite rivière, la Sagne, se jette dans le Célé en bondissant, comme une enfant pressée de rejoindre la grande sœur.
Le village, modeste (228 habitants), s’accroche au pied de la falaise de Rochecourbe, un vaste surplomb où reposent, accrochées à une corniche, les ruines du Château du Diable. Son nom même, Cabrerets, vient du mot chèvre. Et pour cause : les causses alentour furent longtemps le royaume des chèvres et des chevriers. Sur ces plateaux fissurés, où l’eau se perd dans les profondeurs, seules les bêtes agiles savaient trouver leur pitance.
La légende de la Chèvre Blanche hante encore les nuits du village. On raconte qu’à Noël, le seigneur du château festoyait lorsqu’un archer amena devant lui une jeune bergère venue mendier un peu de pain pour sa grand-mère mourante. Séduit par la beauté de la jeune fille, le duc voulut acheter ses faveurs. La porte se referma sur elle, et, épouvantée, la pauvre s’élança dans le vide, se noyant dans les eaux glacées du Célé. Depuis, dit-on, les soirs de pleine lune, une petite chèvre blanche hante les ruines du château : c’est l’âme de Mariette, la bergère. Et au bord de la route, une fontaine discrète recueille encore ses larmes.
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L’hôtel des Grottes est un peu le lieu favorisé des randonneurs. |
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Un peu plus loin, un autre château veille encore : le château de Biron, bâti au XIIIe siècle, puis rebâti un siècle plus tard par le duc du même nom. À ses pieds, un moulin rénové murmure au bord de la rivière, témoin paisible d’un passé industrieux. Les pèlerins trouvent souvent ici le repos. La plupart logent dans la cité basse, où les hébergements sont plus nombreux, avant de repartir le lendemain vers la cité haute, ultime étape avant le grand silence des causses à venir. |
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Logements répertoriés sur la Voie du Célé
- Gîte-Camping Mas de Nadal, Sauliac-sur-Célé ; 05 65 31 20 51 ; Gîte, chalet, repas, petit déj, cuisine
- Gîte O cœur des Sens, Sauliac-sur-Célé ; 06 31 05 28 02 ; Gîte, repas, petit déj, cuisine
- Gîte-Chambres d’hôtes d’Espinières, Espinières ; 05 65 21 43 36/06 63 01 16 64 ; Gîte, Ch. d’hôte, repas, petit déj.
- Chambres d’hôtes atypiques, Le Bout du Lieu/Cabrerets; 05 65 21 48 97 ; Ch. d’hôte, repas, petit déj.
- Un Jardin dans la Falaise, Le Bout du Lieu/Cabrerets; 07 84 11 91 15 ; Ch. d’hôte, cuisine
- Camping municipal, Cabrerets-Rivière; 06 42 64 01 58 ; tentes à louer
- Refuge du Célé, Cabrerets-Rivière ; 06 65 31 20 15 ; Gîte et Ch. d’hôte, repas, petit déj.
- Hôtel-restaurant des Grottes, Cabrerets-Rivière; 05 65 31 27 02 ; hôtel, repas, petit déj.
- Gîte-restaurant du Barry, Cabrerets- Village ; 07 88 62 81 18; Gîte, Ch. d’hôte, repas, petit déj., cuisine
- Gîte de la Flèche bleue Les Granges /Cabrerets ; 05 65 23 36 72/06 32 31 97 09; Gîte, repas, petit déj., cuisine
Ces données ont été actualisées en 2026. Si vous ouvrez ce site par la suite, il n’est pas sûr qu’il en sera toujours ainsi. Sur ces parcours, des établissements ouvrent chaque année, d’autres ferment. La solution est d’acheter, entre autres, Miam Miam Dodo, la bible pour manger et se loger, et qui donne aussi des logements hors du parcours. Pour notre part, nous ne donnerons que les logements sur le parcours, ou à proximité très immédiate. Il existe aussi d’autres possibilités, comme des guides, ou Internet, qui liste aussi les Airbnb. Cependant, même si la vallée est touristique, les logements Airbnb sont rares. Mais aucune application n’est aussi bien documentée que Miam Miam Dodo, d’autant que le petit livre, que vous trouvez aussi sur Internet est renouvelé chaque année. Si vous ne disposez pas de Miam Miam Dodo, on vous conseille de réserver et de vous renseigner chez les logeurs, des modalités de leur logement (repas, draps, WC, douche, autres commodités). De même, renseignez-vous à l’étape précédente sur les heures d’ouverture des épiceries, des bars, souvent fermés au cours de la journée ou de la semaine. Sur la variante du Célé, les possibilités de logement sont très restreintes, mais il n’y a que peu de pèlerins qui passent par ici. Par contre, il y a aussi des randonneurs. Réservez donc, si c’est possible. Un lit trouvé au dernier moment est parfois un coup de chance ; mieux vaut ne pas s’y fier tous les jours.
Dans cette étape, le logement est très discret pour ne pas dire plus sur le parcours. Plusieurs établissements ont fermé ces dernières années. Il faut aller jusqu’à Sauliac, pour trouver deux possibilités, les deux légèrement en retrait du parcours. Par contre dans la région de Cabrerets, il ne devrait pas y avoir de gros problèmes sauf en saison très touristique. La grotte de Pech Merle et St Cirq-Lapopie sont à deux pas. A Cabrerets, on peut se loger, se restaurer, se ravitailler. Il n’y a pas de points d’eau sur le parcours. Pour les gens qui veulent faire transporter le sac ou eux-mêmes, la Malle Postale ou le Transport Claudine sont de bonnes dispositions.
N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
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Etape suivante : Etape 4: De Cabrerets à St Cirq-Lapopie |
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